
Et vous, auriez-vous donné la palme d'or à Almodovar ?
(De Cannes) Il n'a jamais décroché la palme d'or, malgré bien des tentatives… Almodovar revient à Cannes avec « Etreintes brisées », l'histoire d'un cinéaste aveugle qui se souvient d'une idylle brûlante avec une actrice.
Une fiction entre film noir et mélodrame, qui sort ce mercredi et mériterait de se retrouver très haut au palmarès dimanche.C'est le film choisi par la rédaction pour ls critiques de La Bande du ciné cette semaine.
Il s'appelle Harry Caine. Non, pardon, il s'appelle Mateo Blanco. Confusion ? Rien d'étonnant, puisque son identité s'est fracassée en chemin…
Quinze ans auparavant, l'homme, un cinéaste, a subi un terrifiant accident de voiture. Il y a perdu la vue et aussi (surtout) la femme qu'il aimait : Lena, actrice principale du film qu'il venait de tourner.
Depuis, Mateo Banco, son nom de baptême et de metteur en scène, ne se fait plus appeler que Harry Caine, son pseudo de scénariste. Comme s'il lui fallait effacer toute trace de ce passé qui, pourtant, se refuse obstinément à passer…
Ecriture, joies épicuriennes, dragues, vague mélancolie…
Devenu aveugle, Harry partage son temps entre écriture, joies épicuriennes, dragues, vague mélancolie… Mais un jour, les fantômes du passé viennent méchamment se rappeler à son souvenir.
Et Harry plonge dans une folle aventure pendant que, sur l'écran, un vertigineux flash-back raconte parallèlement les événements ayant précédé le fatal accident de bagnoles. (Voir la bande annonce)
L'imagination n'a jamais manqué à Pedro Almodovar. Avec le temps, son génie de scénariste ne s'étiole pas, bien au contraire. « Etreintes brisées », son nouveau film, embarque dans un récit-gigogne où le passé cherche des noises au présent, où les morts dérangent les vivants, où les fils emmerdent leurs pères et où les amours anciennes continuent d'agiter chaque heure de la vie.
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Comment Harry a-t-il rencontré Lena ? Comment l'époux dingue de jalousie de cette dernière est-il venu semer le trouble dans leur idylle ? Comment la fidèle amie d'Harry a survécu a ce grand bordel ? Quels rôles les enfants des uns et des autres ont-ils joué dans cette funeste histoire ?
Plusieurs scènes laissent pantois d'admiration et d'émotion
Le scénario entremêle les fils, ceux-là et bien d'autres encore, mais la mise en scène d'Almodovar, incroyablement fluide, ne multiplie pas les arabesques inutiles.
Elle enregistre la jalousie mortifère de l'un, la passion féroce de l'autre. Et, surtout, la détresse d'une héroïne (Penélope Cruz, admirable, comme toujours chez Almodovar), à la fois marionnette ballottée par le déterminisme social, petite fille ambitieuse et femme amoureuse à en crever.
Plusieurs scènes de « Etreintes brisées » laissent pantois d'admiration et d'émotion. Pour espionner son épouse infidèle, le mari de Lena la fait suivre par son fils, un petit mec mal dans sa peau qui filme tout ce qu'il voit avec une petite caméra.
Le mari se fait projeter les images, chaque soir, et convoque une experte qui lit sur les lèvres des amants leur dialogue amoureux et traduit. L'image, le son, les apparences… Almodovar créé une salle de projection dans son propre film et donne à voir (et à entendre) des bribes d'un secret douloureux.
Plus tard, Mateo, devenu aveugle, retourne sur les lieux de son ancienne idylle. Un gamin l'accompagne. Les deux déambulent sur une plage. Dans le ciel, des cerfs-volants. Le gamin raconte à son aîné ce qu'il voit. Lui est comme statufié, la mémoire encombrée par les images d'avant.
Un film-monstre pétri de toutes les obsessions de Pedro
La beauté intense du film, sa puissance de feu, confirment combien Almodovar a changé depuis quinze ans. L'ex-figure de proue de la Movida, spécialisé dans les outrances frivoles pendant ses années « Femmes au bord de la crise de nerfs » (dont il signe ici un hilarant pastiche), a cédé la place à un cinéaste majeur, ultra-singulier, changeant de registre à chaque film et touchant chaque fois en plein cœur.
La fantaisie et l'invention sont toujours là, mais au service d'histoires intimes et bouleversantes.
Après « Parle avec elle » (l'amour plus fort que les mots), « La Mauvaise Education » (la vengeance et la pédophilie dans l'Espagne de Franco), « Volver » (le mélodrame au féminin), Almodovar, avec « Etreintes brisées » signe une sorte de film-monstre où toutes ses obsessions (la maladie, la création, le désir, les troubles de l'identité et, bien sûr, le cinéma) se rejoignent dans un récit d'une richesse et d'une force émotionnelle inouïes.
Les références abondent dans ce film où se bousculent les ombres d'Hitchcock, Sirk et Rossellini. Mais, contrairement à d'autres cinéastes cinéphiles, Almodovar ne se contente pas, tel le fétichiste ou le bon élève, d'aligner les citations.
En empruntant ceci ou cela à ses glorieux aînés, il dope sa propre créativité, réinvente des plans pourtant vus cent fois et donne naissance à un style unique où la mise en scène règne, élégante et impériale.
Si au royaume du jury, les aveugles ne sont pas rois, ce film-là ne devrait pas repartir bredouille à l'issue du palmarès. Et le jury de Rue89, il en pense quoi ? A vous de laisser vos critiques dans les commentaires.
► Etreintes brisées de Pedro Almodovar - avec Penélope Cruz, Lluis Homar… - sortie le 20 mai.
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De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H27 | 20/05/2009 |
Almodovar : la finesse d'une enclume qui vous en met plein la vue ..
à Numerosix
De vinz13
bisounours gauchiste | 17H56 | 20/05/2009 |
Je te trouve vache là quand même
De désactivé à la demande du riverain 18 juin
Born again | 16H52 | 20/05/2009 |
Je pense qu'il lui manque un petit quelque chose, un tout petit quelque chose, pour être vraiment un grand, un très grand. Beaucoup trop d'esbroufe et de fausse profondeur !
à désactivé à la demande du riverain 18 juin
De Banana ex de juanitoto
Je déteste rue89, tous les riverain... | 17H18 | 20/05/2009 |
Bel autoportrait . Olé !
à Banana ex de juanitoto
De zotraz
02H06 | 21/05/2009 |
La femelle tue le mâle au nom d'un autre mâle… Un vieux classique.
à zotraz
De Banana ex de juanitoto
Je déteste rue89, tous les riverain... | 10H43 | 21/05/2009 |
Mon dieu ! et pourquoi voudrais-je le tuer
il est juste un pseudo dont les idées
point ne m'agrèent ; mais si je le croisais
dans la vie, quand même , je le saluerais.
à Banana ex de juanitoto
De Utilisateur désinscrit à sa demande
nc | 11H20 | 21/05/2009 |
Salut Banana !
Oui, trois fois oui : il faut l'imaginer dans la vie du dehors, comme tous ceux que nous croisons ici. C'est une attitude salutaire.
Ça ne me dérangerait pas de boire un coup avec… et je n'ai pas le moindre désir de l'assassiner, bien au contraire.
On ne tue pas les gens : on les chatouille : -)
Et la bise !
à Utilisateur désinscrit à sa demande
De Banana ex de juanitoto
Je déteste rue89, tous les riverain... | 11H57 | 21/05/2009 |
Salut à toi, ami sage et rigolo !
la bonne journée et l'amitié !
Et la bise, non mais !
à Banana ex de juanitoto
De zotraz
22H59 | 23/05/2009 |
Pas de bise pour le Triste Fou : deux morts.
De Artemisia.G
Lulucarabine | 17H05 | 20/05/2009 |
La fantaisie des débuts, celle-là même qui avait fait de lui un metteur en scène unique, a malheureusement disparu laissant entièrement place au mélo à la Sirk.
à Artemisia.G
De moijepense
17H14 | 20/05/2009 |
c'est très injurieux pour Sirk …
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 17H24 | 20/05/2009 |
A force de crier au génie il a fini par le croire. Mais le Almodovar d'aujourd'hui est bien rangé comparé à ces premières oeuvres, ces trois derniers étaient un peu fades, mais ce sont ceux la que la critique a retenu….va comprendre.
à Lemmy_Nothor
De Un compte supprime
nc | 17H39 | 20/05/2009 |
Ben quoi, parle avec elle, c'etait quand meme vachement bien non ?
à Un compte supprime
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 17H49 | 20/05/2009 |
Je ne dis pas qu'il est mauvais, loin de la….je le trouve bien rangé….un peu répétitif . Vu que la question de départ est : Doit on lui donner la Palme d'Or…..moi je dis que non, mais ça n'engage que moi.
Si, Habla con Ella était bien.
à Lemmy_Nothor
De Un compte supprime
nc | 18H10 | 20/05/2009 |
ah bon, je me disais aussi. La palme d'or, perso je m'en balance… peut etre pas lui remarque bien…
à Lemmy_Nothor
De k-you
pseudophilanthropophobe soupçonneus... | 21H45 | 20/05/2009 |
Si, comme l'article le laisse entendre, ce dernier Almodovar est en compétition avec Bright Star, que dire de l'aspect répétitif concernant les films de Jane Campion ?
Effectivement elle travaille, manipule, étudie, avec talent les relations homme-femme, mais elle reste étrangement toujours proche de ce même champ lexical…
Concernant l'aspect répétitif des films d'Almodovar, je ne peux que le remettre en question. Il est vrai qu'il impose sa touche personnelle à chacune de ses oeuvres, et c'est d'ailleurs pour celle-ci que nous allons voir ses films. Et cette touche a quelque peu évolué, changé au fil des années.. Mais n'est-ce pas le propre de l'homme que l'évolution ?
En ce qui concerne Almodovar, seule sa manière d'exprimer une trame de fond immuable, a évolué.
Et, loin d'être fantaisiste, son sujet principal : la femme, ses sentiments et surtout sa manière d'exprimer ceux-ci, est un sujet profond, dense.
En 35 ans de carrière, Almodovar ne s'est pas rangé, comme a l'air de le penser Lemmy_Notor, au contraire. Il parait redécouvrir en permanence cette femme, ces femmes, dont il fait le centre d'intérêt de ses films. Et il a acquis en maturité et en puissance, dans sa manière de retranscrire à l'écran ce qu'il découvre chez ses héroïnes.
Donc cette palme d'Or serait l'aboutissement mérité de cette carrière exceptionnelle, de cet hommage à la femme d'une durée de 35 ans.
à k-you
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 10H39 | 21/05/2009 |
Almodovar ne parle pas des femmes dans ses films….il parle de sa mère, à qui il ressemble de plus en plus en vieillissant.
Il adore Penelope, parce qu'elle represente la mère qu'il aurait voulu avoir, et qui se trouve aux antipodes de la sienne.
Et ce que vous appelez touche personelle, moi je dis que c'est une recette, qu'il connait très bien, et qu'il ressort à chaque film.
Mais chacun voit les choses à sa manière, je n'impose pas mes idées, et je peux aussi comprendre votre point de vue.
à Lemmy_Nothor
De Banana ex de juanitoto
Je déteste rue89, tous les riverain... | 12H02 | 21/05/2009 |
Bonjour et la bise, Lemmy,

je viens faire un hors sujet pour te demander :
que signifient les mots « pachuco cadaver » ?
à Banana ex de juanitoto
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 12H50 | 21/05/2009 |
Banana….
Ça depends de bien des choses, à l'origine un Pachuco, c'est un Mexicaméricain…cad, un Mexicain qui habite le sud de la Californie, et qui ont formé toute une sous culture bien à eux…..les fameux zoot suits, c'est eux…les premiers lead sleds aussi, ainsi que les low riders…
exemple de zoot suit, 1940…
Lead sled, et low rider
bref….beaucoup se lancèrent dans le monde de la chanson, et ont eu une certaine influence sur Zappa, et Beefheart, qui ont fait de nombreuses réferences sur les pachucos dans leurs chansons….Pachuco cadaver, est le titre d'une chanson de Beefheart, tirée de Trout Mask Replica….un des disques les plus incroyables de cette époque…
(EDIT)….j'ai suivi le lien de ton dessin…..tout est relié….le web site est un hommage a Jimmy Carl Black, décédé recemment, qui fut le batteur de Zappa dans le groupe The Mothers of Invention…..
à Lemmy_Nothor
De Banana ex de juanitoto
Je déteste rue89, tous les riverain... | 13H04 | 21/05/2009 |
Merci, tu es génial. je suis bien contente d'avoir des explications devant mon ignorance.
à Banana ex de juanitoto
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 13H17 | 21/05/2009 |
Moi je suis pas génial…..lui oui….
à Lemmy_Nothor
De Banana ex de juanitoto
Je déteste rue89, tous les riverain... | 13H20 | 21/05/2009 |
Exact pour lui
mais pour toi aussi !
à Banana ex de juanitoto
De Lemmy_Nothor
The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 21H31 | 21/05/2009 |
Tiens, une photo rarissime qui date de 1968, des Mothers of Invention…
De Yago
17H25 | 20/05/2009 |
Un film avec Pénélopé c'est toujours réussi. Almodovar n'est peut-être pas un grand maître mais il sait faire suinter les images comme personne quand une belle femme est à l'écran.
Le plus fort, c'est que papa se découvre féministe et maman se demande si un transexuel ne résoudrait pas tous ses problèmes.
à Yago
De moijepense
17H45 | 20/05/2009 |
Si tu n'es gay ris donc ….
à moijepense
De falibade
Sur la bade. | 08H46 | 21/05/2009 |
marrant, ce truc, à chaque fois, ! ça ne méritait pas « naze » ! Alors, je rééquilibre, ne serait-ce que pour l'humour.
De vinz13
bisounours gauchiste | 17H32 | 20/05/2009 |
En gros vous nous demandez de comparer un film avec d'autres films, sauf qu'à moins d'avoir une petite pastille coloré, on ne pourra pas voir certain de ces films avant quelques semaines.
Eh bien laissez moi vous dire que c'est limite malhonnête.
Quand à Almodovar, je m'étonne qu'à propos de lui, les critiques aient (presque) systématiquement versé dans la dithyrambe car ses films sont assez inégaux. J'ai malgré tout de la sympathie pour ce metteur en scène.
à vinz13
De Yann Guégan
Rue89 | 21H37 | 21/05/2009 |
Le film est sorti ce mercredi partout en France, c'est pour ça qu'on vous propose de le critiquer
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=133268.html
De Juanita Pablo de Tagéno
Epouse virtuelle de Tagada | 21H21 | 20/05/2009 |
j'allais au cinéma une petite dizaine de fois par mois.
Hadopi ayant été voté par des godillots ( http://www.deputesgodillots.info/ ) à la botte des lobbies industriels du film, je me suis engagée à ne plus y aller. Je me contente désormais de regarder les diffusions à la télévision.
J'espère que beaucoup réagiront comme moi.
De flixp
02H00 | 21/05/2009 |
Bon vous posez la question mais personne ne l'a vu ce film. Sauf les spectateurs de ce soir.
Le participatif a une certaine limite. Il attend aux internautes de se prononcer sur des choses qu'ils ne connaissent pas. Et c'est bien le problème des chroniques cinéma de rue89.