
Et vous, pourquoi irez-vous voir « Millenium » ?

C'est le carton en librairie depuis trois ans : un million d'exemplaires vendus en France, pour le seul premier tome de la trilogie « Millénium ». Dont l'adaptation sort en salles ce mercredi, pour ce qui est un des grands évènements de l'année. Ira-t-on le voir par attachement pour la série ? Par nostalgie pour Blomkvist ? Ou par amour pour Lisbeth Salander ? Tour et détours de la relation livre-film. En attendant toutes vos réactions la semaine prochaine !
Parce que « Millénium » est une femme ? Qui, évidemment, se nomme Lisbeth Salander. Hackeuse, goth, intense, rebelle, renfermée, violente et vengeresse. Une des créatures les plus magnétiques de la littérature de genre contemporaine.
« Millénium » est une femme grâce à Nooni Rapace, jeune comédienne jusqu'ici inconnue. Dorénavant à jamais installée à l'écran. Agée de vingt-neuf ans, l'actrice incarne à merveille la jeune fille asociale, ornée de piercings, regard noir de vengeance, source blanche au fond de l'âme capable de renverser une montage par minute. La punkette douce et bastonneuse comme seuls ceux qui ont touché un certain fond savent que telle rage féminine existe.
A aucun moment l'actrice ne surjoue. Plus le film avance, moins il se passe d'elle. Lorsqu'on la voit pour la première fois, au début du film, on tremble. Non par peur. Mais parce que rarement on avait pu se dire, à ce point et avec cette évidence : « C'est exactement ainsi que je la voyais ».
Parce que « Millénium » est un homme ? Mikael Blomkvist est le pendant nordique et journaliste du Fabio Montale de Jean-Claude « Chourmo » Izzo. Homme bluesy, saigné, néanmoins volontaire, qui œuvre dans une trilogie fleurant trop les bons sentiments civiques et anti-corruption -et antiracistes pour Izzo, mais c'est une question d'époque et de contexte…
Mais Blomkvist a de la chance. Il a échappé à Delon -qui avait, au grand dam de la famille Izzo, de la ville de Marseille et de toute la littérature policière, incarné Montale à l'écran. Michael Nyqvist est un peu énervant au début, il joue peut-être un peu trop bluesie, mais plus le récit avance, plus il campe le film avec une mâlitude toute de finesse et de force rédemptrice constituée. (Voir la bande annonce)
Parce que le film est fidèle au livre ? Oui, mille fois oui : « Millenium », adaptation ciné des « Hommes qui n'aimaient pas les femmes », premier tome de la trilogie, est fidèle au livre. Avec les écarts d'usage, lorsqu'on passe de la forme écrite au langage de l'image. Et lorsqu'on s'attaque à un pavé de 570 pages, ramassées ici en deux heures et demi.
On connaît l'histoire (du roman) : journaliste à « Millénium », revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par Henrik Vanger, patriarche d'un puissant groupe industriel familial, pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans sur la disparition de sa nièce Harriet.
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle mais hacker de génie, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. En établissant un lien entre la disparition de Harriet et une série de meurtres abominables commis il y a plus de quarante ans, les deux enquêteurs découvrent une histoire familiale sombre et odieuse : la face nazie des Vanger. Dont certains membres encore vivants sont prêts à tout pour cacher ce passé.
Mis à part quelques modifications peu essentielles dans la dernière partie, le film est fidèle au roman, jusque dans la relation entre Lisbeth Salander et Blomkvist. Jusque dans le viol sur la jeune femme.
Parce que « Millénium » règle un non-dit : la Suède durant la Seconde Guerre ? C'était un des intérêts du roman, un peu atténué par le film qui doit transformer une matière littéraire en message. A l'instar de quelques polars nordiques récents, « Millenium » avait le bon goût de reconvoquer le passé collabo de la Suède.
Parce que le film aseptise le propos du livre ? Comme évoqué plus haut, l'intérêt politique des « Hommes qui n'aimaient pas les femmes » est le passé collabo de la Suède. Mais cette dimension est aseptisée dans le film, alors qu'elle étaiit au centre de l'intrigue du livre. Second thème qui passe à la trappe du film : la corruption économico-politique, évaquée après un début de film qui résume ce thème-ci du roman de Larsson.
Parce que ce film suédois fait un peu « film à l'américaine » ? On peut reprocher deux choses au film. Un montage hyper rapide, pour commencer. Certes, il fait faire tenir 570 pages dans 150 minutes, on l'a dit. Si le début est bien résumé par ellipses, d'autres moments du roman auraient mérité plus de résumé.
Ensuite, la musique. Trop omniprésente. Une musique qui maintient le suspense, se fait obsédante. Mais l'histoire à elle-même fait suspense. Dans « Millénium », le film, c'est trop, la musique.
Parce que « Millénium », c'est des millions ? Ce n'est pas une raison. Juste des informations. « Millénium », c'est 12,5 millions d'exemplaires vendus dans le monde depuis 2005, dont 2,6 millions en France. Deux millions et demi, c'est le nombre de Scandinaves qui ont vu le film, sorti dans les pays d'Europe scandinave entre le 27 février et le 27 mars.
Parce que personne ne sait ce que sera le futur de la saga ? Lire à ce sujet l'interview d'Eva Gabrielsson, concubine trente ans durant de Stieg Larsson.
Parce que le mystère du livre reste entier ? Oui, entier.
► Vous avez maintenant jusqu'à lundi midi pour nous laisser vos critiques du film dans les commentaires (à toutes fins utiles, nous rappelons qu'il est toujours mieux d'attendre de l'avoir vu pour se livrer à l'exercice). Nous en publierons ensuite la synthèse.
- 11570 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque






















48
(Pour réagir, connectez-vous)
De pierrot123
14H56 | 13/05/2009 |
Ai-je le droit de dire…que je n'irai pas ?
En ai-je seulement le droit, compte tenu de votre titre… ?
(dont je veux bien admettre qu'il soit du second degré… quoique…)
à pierrot123
De Ubu Trodvers
Glisseur d'instant | 15H07 | 13/05/2009 |
As t'on le droit de dire qu'on ne va plus au cinéma car c'est devenu trop cher ! et ceci quel que soit le film, quel que soit l'histoire, les acteurs, la production…
Merdre
à Ubu Trodvers
De a.guillaume
16H25 | 13/05/2009 |
oh tu as tout a fait le droit ! a quatre-vingt dix neuf pour cent les adapts cinoches se ramassent la gueule dans les grandes largeurs…mais quand en plus elles sont inspirées d'un de ces trucs d'évasion qui se vendent a des millions d'exemplaires (millioins d'exemplaires vendus= pléonasme pour connerie grand public),tu vois a quel genre de navet racoleur tu peux t'attendre…allez plutôt voir le dernier Tavernier tant qu'il est encore present sur les écrans et SURTOUT lisez James Lee Burk !
à a.guillaume
De Tyb
(par ici, par là) | 16H30 | 13/05/2009 |
le dernier Tavernier n'a pourtant pas grand chose pour lui…
à a.guillaume
De Pictulo
18H32 | 13/05/2009 |
« Millions d'exmplaires vendus= pléonasme pour connerie grand public ».
Question : Aimes-tu les Beatles ? Les Stones ? Alain Bashung ? Tarentino ? De Palma ? Le vin ? Le pain ? Les tomates ?
De tout ceci, il s'est vendu des millions d'exemplaires, et je ne suis pas sûr que le grand public en soit ressorti plus con.
De gillettedelatourette
precaire | 15H33 | 13/05/2009 |
A t-on le droit de dire que lorsqu'on est une grande lectrice les adaptation cinématographique des livres est et resteras toujours une mauvais adaptation ? ? ?
Ba tant pis je le dit ! ! !
Et je suis ausi d'accord pour dire que la place de cinéma est de plus en plus chere, faite le calcul pour une famille de 4 personnes….
à gillettedelatourette
De Pelusa
génial et inspiré | 18H02 | 13/05/2009 |
C'est un peu bidon, comme argument. Un nombre important de films sont des adaptations de romans ou de nouvelles, et ce sont des chefs d'oeuvre du 7° art ; il arrive fréquemment, d'ailleurs, qu'ils dépassent le bouquin dont ils sont adaptés.
Citons, pêle-mêle (et parmi tant d'autres), Le Guépard (Visconti), Le Mépris (Godard), Le Parrain (Coppola), Rebecca (Hitchcock), Scaramouche (Sidney), L'Impasse (DePalma) : tous sont meilleurs que le livre qui les a inspirés.
Il n'y a pas de règle absolue, et pou peu qu'on ait l'intelligence de considérer l'objet film en tant que tel, et non en tant que mise en image d'un roman (confusion que font parfois les réalisateurs eux-même), on s'aperçoit que de nombreuses adaptations sont de véritables chefs d'oeuvre de cinéma.
De citrouille 33365
gerboulade permanente | 15H36 | 13/05/2009 |
HADOPI ?
Cinema non merci.
à citrouille
De ZonZon la MouChe
ni dieu ni maître ! | 18H51 | 13/05/2009 |
idem

HADOPI ?
cinéma non merci.
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H11 | 13/05/2009 |
Je ne suis pas sur qu'aller voir le film parce qu'on est un fan du livre soit une bonne idée…
Les adaptations fidèles, dans la forme et dans le fond, se comptent sur les doigts d'une main.
J'en oublie certainement, et je n'ai pas lu tous les livres dont sont tirés les films que j'ai vu, mais de mémoire je peux n'en citer que quatre : Fight club, La ligne verte, Orange Mécanique (sauf la fin) et 2001 l'odyssée de l'espace (mais c'est facile vu que Clarke a écrit le scénario et le livre en même temps).
De toutes façons, je doute voir le livre ou lire le film, après le cyle des vampires de Rice et surtout les Ames perdues de Brite, toute histoire de vampire me parait fade.
à Keldan
De la panthère verte
17H31 | 13/05/2009 |
Dans les films que tu cites ( à raison), deux sont de Kubrick, on peut d'ailleurs ajouter Shining à la liste sans prendre trop de risques, ou même le Las Vegas Parano de Gilliam ; ) …
Et on peut donc constater qu'avec un réalisateur génial, adapter un best seller ne pose aucun soucis.
Je parle bien d'adapter un best-seller, car quand un film est adapté d'un obscur roman que personne n'a lu, il n'y a pas de fans pour hurler à la trahison.
à la panthère verte
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H47 | 13/05/2009 |
Soit t'as pas vu Shining, soit t'as pas lu le livre, parce que le film est un véritable massacre du bouquin, il ne respecte même pas l'histoire.
Et on m'a dit la même chose à propos de Lolita écrit par Nabokov et réalisé par Kubrick.
Mais bien qu'une mauvaise adaptation peut choquer les fans du livre original, cela n'empêche pas que le film peut être génial. Il arrive même parfois que le film soit mieux, comme c'est le cas pour Frankenstein ou Minority Report, qui poussent plus loin que ce qui est écrit pour donner quelque chose de mieux.
Et bien sur il arrive aussi qu'un film soit très fidèle et pourtant ne soit pas terrible sur le plan cinématographique.
à Keldan
De la panthère verte
18H13 | 13/05/2009 |
Vu et lu Shining, mais je ne parlerai pas d'un massacre, bien au contraire ; c'est une adaptation, que le film respecte à la lettre le livre, je m'en fous un peu du moment que le film est bon (je préfère nettement la fin du film à celle du bouquin) ; mais c'est peut-être parce que j'ai vu le film avant de lire le livre…
à Keldan
De freakfeatherfall
back to the primitive - fuck all yo... | 20H03 | 13/05/2009 |
« Il arrive même parfois que le film soit mieux, comme c'est le cas pour Frankenstein ou Minority Report »
Minority Report ? ? ? ?
mais c'est une daube ! ! !
nan sérieux, là, keldan, t'es bourré, c'est pas possible !
bon je rectifie : minority report n'est pas une daube, c'est vrai, mais c'est un film hyper calibré, sans originalité, qui rajoute des effets spéciaux pour mieux se démarquer de la nouvelle…
à Keldan
De guerzit
Incomprenant majeur | 09H36 | 14/05/2009 |
Le Frankesteine de Marie Shelley est tellement plus évocateur que tous les Boris Karliff boulonnés du monde…
Quant à Minority Report, que retirer du film ? L'ordinateur tactile de Tom Cruise ? Rien à Voir avec la parano complètement schizoide-morbide de Philipp Dick…
Où vous avez vu des films plus réussis ?
à guerzit
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 13H27 | 14/05/2009 |
Le bouquin de Shelley est craignos à mort, avec sa morale horrible où la créature n'a rien d'humaine parce qu'elle n'a pas d'âme et autres conneries bigotes du genre. Certes ce livre à été écrit à une époque lointaine où ces sornettes étaient communément acquises.
Alors que le film de Branagh (le seul et unique qui mérite de porter le titre de Frankenstein) fait ressortir l'humanité de la créature et relègue son créateur au rang de barbare qui flippe devant un truc défiguré.
Quant à Minority Report, le film est clairement mieux que la nouvelle. Cette dernière se limite à 50 pages, avec une intrigue tournant autour d'un unique point, et un contexte minimaliste. En clair une nouvelle sans prétention écrite à ses débuts et reléguée loin de ses grandes œuvres.
Alors que le film a grandement développé la nouvelle pour créer une intrigue plus complexe, il étoffe fortement le background et il insère des tonnes de détails, que la main de maître de Spielberg pour les effets spéciaux a su rendre superbes.
à Keldan
De Tyb
(par ici, par là) | 13H49 | 14/05/2009 |
Euh tu devrais relire Frankenstein alors parce que t'as un peu tout compris de travers à priori…
à Keldan
De guerzit
Incomprenant majeur | 14H52 | 14/05/2009 |
Votre analyse manque à mon avis d'objectivté. Que vous n'aimiez pas le mentalité anglaise du début 19ème siècle est une chose mais ca suffit pas à juger de la qualité d'une oeuvre, m'est avis… Je crois en plus que vous vous trompez en affirmant que le monstre n'a pas d'âme selon Shelley.
C'est bien parce qu'elle à une âme qu'elle ne supporte pas qu'on lui dénie la possibilité d'en avoir une et qu'elle entre dans la detestation absolue des hommes.
Son créateur, dans le livre comme dans le bouquin ne flippe pas devant le monstre, mais devant la monstruosité de ce que lui à fait ; dévoyer les lois de la nature, et de Dieu. Il craint la damnation et ne voit dans le monstre que son propre péché…
Pour Minority report, c'est sûr que les effets spéciaux sont meilleurs dans le film. Mais ce film se contente d'être un polar futuriste correct. La nouvelle de Dick, glauque à souhait, est un concentré de flippe paranoiaque…
à guerzit
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H46 | 14/05/2009 |
Une analyse objective d'un bouquin ?
Oula, c'est ma meuf le docteur es lettres, moi je fais dans l'ultra subjectif quand je donne un avis sur un livre.
Je lis avec mes tripes, pas avec ma tête, sauf si c'est de la hard-science, ce qui est loin d'être le cas de Frankenstein (je comprends même pas en quoi on le désigne comme le premier livre de SF, vu que ce n'est que fantastique).
De toutes façons, le style d'écriture vieux de deux siècles est super lourd à lire, alors je me doute bien que certaines subtilités ont dû m'échapper (ce qui n'est pas bien grave, je préfère oublier ce livre qui ne casse pas la baraque).
Quant à la nouvelle de Dick, je crois que le problème est que je l'ai lu après avoir lu ses meilleurs bouquins, alors du coup c'est fade, je n'y ai pas sentile délirium habituel de Dick. Il faut dire qu'à l'époque il n'était pas encore totalement ravagé par la came : D
Forcément, Spielberg a triché puisqu'il a facilement pu s'inspirer de l'œuvre complète et de toute la dualité du mélange utopie/dystopie propre à Dick. Et surtout il a évité de faire la connerie de prendre un livre entier, et de tout jeter comme l'a fait Scott avec Blade Runner.
à Keldan
De Brauti
Lectrice | 22H59 | 13/05/2009 |
Mais, il n'est pas question de vampire ? ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ? ? ? ? ? ? ?
Vous êtes de savoir de quoi vous parlez ?
De FlorenceG
européenne née en France | 17H19 | 13/05/2009 |
J'ai beaucoup trop aimé le livre pour aller voir le film !
: -))
F.
De General Subverciòn
réfractaire délocalisé | 17H50 | 13/05/2009 |
moi j'attends qu'ils soit,comme les autres, sur les sites de p2p pour avoir le bonheur immense de le télécharger,non pas pour le voir parce que je ne sais même pas de quoi ça cause et que je n'en ai rien à cirer des blockbusters,mais pour le plaisir de le foutre à la corbeille aussi sec,rien que pour emmerder les majors…HADOPI tu dis ?
De JDep
18H07 | 13/05/2009 |
Les fans du best-seller suédois sont, paraît-il, déçus par le film. Ceux qui ne l'ont pas lu voudront comprendre, après visionnage, ce succès de librairie (10 millions de ventes) pour un puzzle aussi laborieux qu'inextricable. Quelques pistes ?
Michael, journaliste d'investigation « idéaliste », mais pas naïf (dans la lignée des Tintin), est manipulé par de gros bonnets malveillants. Traîné dans la boue, il démissionne au premier round. Classique, mais payant.
Il se retrouve détective privé dans une île - Hedestad -, à la demande d'un distingué châtelain obsédé par la vengeance, et qui voit dans chaque membre de sa nombreuse famille l'assassin possible d'une demoiselle autrefois bien aimée. Manières et lieu rassurants, suspects aussi nombreux que déconcertants d'amabilité, isolement : apprises d'Hitchcock et d'Agata Christie, recettes inusables.
Michael (M. Nqvist), sain, sportif, entier, se voit faire équipe avec une jeune gothique (Noomi Rapace) tatouée - piercée, border line quasi mutique sortie d'HP (ou d'un Dracula), moins effrayée par un meurtre qu'à l'idée de dormir à deux, et qui sait faire passer à un violeur l'envie de s'y remettre. Filon creusé avec Nikita, la sphynxe plus dure que les durs, envers de l'éternel féminin tel qu'habituellement perçu, devrait faire des petites. On regrette presque d'apprendre les raisons de sa dureté. Duo improbable, femme impitoyable : effet assuré.
Ces ingrédients, auxquels peuvent s'ajouter la beauté de paysages scandinaves rarement filmés, l'excellent jeu des acteurs, l'emploi d'appels au meurtre tirés de la Bible, la poésie de photos noir et blanc des années 60, quelques scènes de sexe agressif… tiennent le spectateur éveillé une première heure surtout consacrée à la consultation de tonnes d'archives. 40 ans de passé de l'un, de l'autre, à se taper sur ordinateur ou classeurs poussiéreux, c'est certes vraisemblable, mais pas très tonique malgré la mise en scène énergique, abusant des contre-plongées, de couleurs froides, d'une musique solennelle et de défilés de listes informatiques.
Sur fond de réminiscences nazies, de perversité crapuleuse et d'explications freudiennes (les méchants ont eu une enfance difficile), l'enquête de ces bourreaux de travail que sont Michael et Lisbeth finit par décoller, malgré quelques incohérences (pourquoi Lisbeth, rompue aux tout derniers gadgets, brave-t-elle autant de dangers pour alerter Michael quand un coup de téléphone portable suffirait ? ) Si l'on a tenu une heure, on est agréablement surpris par le réel suspense et même l'émotion que réserve la seconde. Mais c'est la loi du genre.
http://www.contre-dits.com
De Brauti
Lectrice | 23H00 | 13/05/2009 |
Faux. J'ai dévoré la trilogie et j'ai adoré le film.
Idem pour les amis qui m'accompagnaient.
à JDep
De General Subverciòn
réfractaire délocalisé | 22H05 | 14/05/2009 |
sympa le synopsis,mais en fait ça m'intéresse pas vraiment vu que j'irai même pas chouraver les bouquins contrairement au film mais comme je le dis plus haut,juste pour le plaisir de narguer les Hadopistes,pas pour le regarder…rien à cirer des phénomènes de mode…En plus,c'est Suédois…déjà j'ai essayé de regarder un film de Bergman y a longtemps…j'en suis encore tout traumatisé…trois plombes entre deux répliques,trop trépidant pour moi.
De Isafantastica
Chef de projet | 18H44 | 13/05/2009 |
Je n'irai pas voir le film ! J'ai dévoré avec passion la trilogie et tiens à tout prix laisser mon imagination s'enflammer sur les personnages, les paysages et les situations.
La lecture permet le rêve et le fantasme et laisse à chacun la possibilité de se créer son propre film imaginaire.
J'ai fait deux ou trois dérogations : « Le nom de la rose » et avoue ne pas avoir été déçue ; « 2001 odysée de l'espace » m'a ravie pour son ambiance, par contre « Dune » au cinéma a été nullisime,
Mais depuis qu'« Un amour de Swan » (de Proust pour les ignorants) a été porté à l'écran avec Delon dans le rôle de Mr de Charlus, j'ai considéré qu'il y avait des erreurs de casting par trop cruelles pour les auteurs et je m'abstiens.
à Isafantastica
De freakfeatherfall
back to the primitive - fuck all yo... | 20H05 | 13/05/2009 |
dune était sympa
seulement ça avait pas grand rapport avec le bouquin..
à Isafantastica
De Julos
ex E.N | 20H56 | 13/05/2009 |
Pareil pour moi aussi. J'ai réagi à la trilogie comme à une drogue. Le tome 1… vite le 2 ! viiiiitttte le 3 ! ! !
Ce qui reste mystérieux c'est que je ne considère pas que cette réussite éditoriale relève pour autant de la haute littérature, alors que je suis assez exigeant dans ce domaine. Juste du bon polar, mi thriller mi roman noir… Mais très efficace et avec des gros bouts de réalité socio-économique dedans !
Qu'est-ce que le film pourrait m'apporter de plus ? Ou même de différent… J'ai pas envie de « voir » Lisbeth, ni même Mickael, en chair et en os. Je les ai imaginés, fantasmés pendant la lecture, ça me suffit amplement.
Peut-être que ça pose moins de problème dans l'autre sens. Ceux qui auront vu et aimé le film pourront sans doute faire un détour ensuite par le livre. A suivre…
à Isafantastica
De JDep
09H17 | 14/05/2009 |
Entre Proust et Stieg Larsson le degré d'ambition n'est quand même pas le même. Pour une telle gageure (Swan) il aurait fallu Visconti, Delon n'étant qu'une petite goutte dans le naufrage.
Il y a eu des défis réussis : « Mort à Venise », « Orgueil et Préjugés », « L'Ile au trésor », « Dr Jekyll », « L'inconnu du Nord-Express »…
à JDep
De Julos
ex E.N | 10H38 | 14/05/2009 |
« Il y a eu des défis réussis : “ Mort à Venise ”, “ Orgueil et Préjugés ”, “ L'Ile au trésor ”, “ Dr Jekyll ”, “ L'inconnu du Nord-Express ”…
0 vote
Le Lady Chatterley de Ferran aussi ; plus loin de nous “La Curée” de Vadim. En fait, chaque adaptation réussie semble due à une authentique re-création. Je crains d'avoir dit là une banale évidence… mais l'expression “adaptation” est tellement piégeuse et réductrice, suggérant une supériorité de fait du littéraire sur le cinématographique. J'aime bien quand un cinéaste présente son film en disant “librement inspiré de …”