
« OSS 117 » : l'agent secret le plus français divise les riverains

Unanimement salué par la critique, le second opus d'OSS 117 a créé l'évènement pour sa sortie, la semaine dernière. Les riverains de Rue89, plus réservés, n'ont pas tous été convaincus par les aventures de l'agent secret franchouillard et auto-satisfait incarné par Jean Dujardin.
Le tapage médiatique autour d'OSS 117 a découragé plus d'un spectateur. Homemade, comme d'autres internautes, a renoncé à faire le déplacement : « Overdose avant même sa sortie. merci les médias. » Skeltryx, lui, est allé voir le film, mais il est sorti très déçu de la salle :
« Blagues racistes, sexistes et antisémites toutes les trois phrases. N'aimant pas l'humour primaire, je pensais trouver mon compte avec l'histoire qui était malheureusement sans fond… »
Même réaction pour Smooky57. Il n'est pas tombé sous le charme bien français de l'agent secret :
« Je ne dois pas être réceptif à ce type d'humour, mais je trouve ce genre de scénario lamentable… un bon film français dirons nous ! »
Blagues potaches et enjeux historiques
Vilo a passé un bon moment, mais pour lui, le deuxième épisode ne tient pas toutes ses promesses :
« Certes, Dujardin en fait beaucoup, mais on est quand même là pour ça, non ?
Les dialogues font mouche (il y a quand même des tirades qui risquent d'être prises au 1er degré par le beauf raciste moyen), mais l'histoire n'est guère intéressante et reste un prétexte à un enchaînement de gags : on pourrait retirer facilement vingt minutes au film, on ne verrait pas la différence… »
De son côté, Le Soudanais considère que Michel Hazanavicius, le réalisateur, parvient à redonner une certaine de fraicheur à la comédie française :
« On retrouve la même ambiance désuète que dans le premier, mais j'ai de loin préféré le dernier opus, tout en autodérision sur la France et les Français et beaucoup plus potache (…)
Je ne peux que conseiller “OSS 117 à Rio” à tous les amateurs de comédies faciles et fraîches, ce n'est pas du “grand” cinéma, mais personne ne l'a jamais prétendu non plus. »
Beuvrette adoré les deux volets des aventures d'OSS 117 et assume totalement être amatrice de films grand public :
« C'est un film pour rire et qui m'a bien fait rire. Peut-être faut-il pour cela un background d'historienne ? Et ne pas se prendre au sérieux ? »
Pour Yéti86 , OSS 117 est une comédie, mais le film aborde également des enjeux plus profonds :
« Il y a tout de même un regard critique sur une époque, sur “l'oubli” collectif à la fin de la guerre sur les collaborateurs et puis les vannes racistes d'OSS117 sont malheureusement encore d'actualité aujourd'hui. »
Un sentiment que partage Un Certain Mr. Klms :
« Ce film aborde mine de rien (sur un ton résolument enjoué et décalé) des question historiques importantes, comme la Collaboration, le statut d'un fils de bourreau nazi (un peu comme dans “Le Liseur” mais en diablement plus funky) ou encore la France du Général (dont la description en une phrase est délicieusement indélicate). »
Un air du Belmondo du « Magnifique »
Les riverains s'accordent a dire que le film repose essentiellement sur la performance de Jean Dujardin. Pour Mathieu.Tuffreau , le personnage d'Hubert Bonisseur de la Bath incarne parfaitement le cliché français :
« Le cinéma français nous a offert beaucoup de personnages de Parisiens et de Provinciaux, mais finalement assez peu de Français, et c'est l'intelligence de la reprise de la série du plus imbécile des espions français, Hubert Bonisseur de la Bath, par Michel Hazanavicius et avec Jean Dujardin dans le rôle titre, que d'insister sur le mélange unique de chauvinisme et de charme qui fait l'image de nos concitoyens dans le monde entier. »
Déluge y a retrouvé avec plaisir l'autre bellâtre des services secret français, le Belmondo du « Magnifique » :
« Voir cet espion, censé être l'arme fatale des services français, être d'une telle connerie en acier trempé, pourri des pires à priori de l'époque m'a franchement fait marrer. »
Photo : Jean Dujardin dans « OSS 117 : Rio ne répond plus » (Emilie de la Hosseraye).
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De nemo3637
Déchoukeur | 22H16 | 20/04/2009 |
Ce film a sans doute un discours trop subtil pour certains. Sa dénonciation d'un conformisme éculé - mais qui sévit encore de nos jours ! - doit mettre mal à l'aise un certain nombre de beaufs. C'est l'idéologie conservatrice inavouée, soutendant ce genre de film qui est ici consciencieusement sapée. Le machisme et le racisme sont mis à nu, apparaissent ridicule.
Je n'en ai vu que des passages, comme tout le monde. Mais on y distingue un humour fin et décalé qui n'a rien à voir avec les pochades à la Belmondo.
Très français. Et « illisible » pour beaucoup, notamment pour ceux qui recherchaient un film d'action classique ou une pochade à l'américaine.
De Pelusa
génial et inspiré | 23H12 | 20/04/2009 |
C'est hallucinant de voir à quel point certaines personnes sont fermées d'esprit. Refuser d'aller voir le dernier OSS en raison du battage médiatique, c'est stupide. Depuis quand une importante campagne de promotion est-elle synonyme de nullité artistique ? Il faut arrêter l'amalgame « fric = mauvaise qualité ». Alors certes, la majorité des films français à gros budget sont mauvais, mais il faut être capable d'avoir un jugement nuancé (apparemment, c'est trop demander).
Pour une fois, nous avons une bonne comédie française. Quelque chose qui n'a rien à voir avec les Astérix aux jeux olympiques, les Bienvenue chez les Chtis et autre Dents de la nuit. Pour une fois, nous avons un film bien réalisé (énorme travail sur la photo, le montage, les décors), beaucoup plus proche du pastiche que de la parodie, finalement, un film intelligent qui joue habilement des références (en une même scène, Vertigo et la Mort aux trousses sont génialement cités) et des clichés. Pour une fois, on a un humour réellement incorrect politiquement (car le personnage de beauf incarné par Dujardin est toujours d'actualité, et il n'est même pas rare d'en retrouver des avatars inconscients en lisant certains commentaires postés sur Rue89). Et surtout, pour une fois, on a un film drôle, vraiment drôle (que ce soit dans le dialogue, la mise en scène, les mimiques des acteurs ou les références) et à la fois pas dupe de certais de ses effets (la plupart des vannes balancées par De la Bath sont à prendre au second degré, par le décalage entre leur faiblesse et l'autosatisfaction du personnage - bref, de façon sans doute trop subtile pour ses détracteurs, Hazanavicius critique le cinéma comique français et son humour dit « gaulois »).
Mais tout ça, la plupart des gens ne prennent même pas la peine de le voir, amnésique qu'ils sont, incapables qu'ils sont de soupçonne l'existence d'une profondeur de discours dans une comédie (genre jugé mineur - comme si on avait déjà oublié Preston Sturges, Leo McCarey, Blake Edwards, Mario Monicelli et autres Woody Allen), comme si, étant trop imbus de leur second degré, ils en avaient déduit que personne d'autre qu'eux ne disposait d'autodérision.
Bonne soirée, tristes sires.
De G-Free
membre de la FM Team | 23H19 | 20/04/2009 |
Film complètement énorme.
Alors, c'est sûr, n'y amenez pas de gens susceptibles. Toutes les blagues sont au 20e degré, donc ce sera sans doute dur pour certains.
Mais moi, j'ai ri pendant tout le film (ce qui est rare ! ) avec 2 ou 3 fous rires (encore plus rare ! )
Dujardin est excellent dans son personnage. Parfois, c'est comme si on était au théâtre. On parvient à se demander si ce n'est pas Dujardin qui a improvisé la blague sur le moment.
Des calembours à la mode françois pérusse/les 2 minutes du peuple qui ne peuvent que me réjouir.
Un film drôle. A voir.
De lemarsupial
webaddict | 23H35 | 20/04/2009 |
Par contre personne n'évoque la sexualité d'Hubert Bonisseur de la Bath. Dans le premier opus il « aimait qu'on enduise son corps d'huile », s'ensuivait des rires moqueurs du Nazi … Là plus de doute possible sur son homosexualité (non-avouée) non ?
De sgtpoivre
- | 10H29 | 21/04/2009 |
Je suis assez surpris des remarques des riverains car il y a bien longtemps que je n'ai pas ri autant pour une comédie. On ne rit pas des blagues racistes, on rit de celui qui les dit avec tant de stupidité et de candeur, je ris devant l'incompréhension des agents du Mossad regardant sidérés l'agent français le plus réputé. Ce film est une belle partie d'autodérision, un regard sur une époque pas si vieille et peu glorieuse. Le regard porté me semble être différent de l'éternelle exercice d'auto-flagélation ou de l'éternel silence. OSS-117 n'évite pas les sujets, n'atténue pas leur gravité, mais choisit un angle qui permet de se regarder, de regarder notre histoire en y décelant ce qu'elle comporte d'absurde et de grave.
De Bolide
tourisme | 13H52 | 21/04/2009 |
Au vu de certaines réactions lamentables complètement sous-argumentées que l'on trouve ici, qui prennent bien sûr le soin d'éviter tout débat avec d'autres rédactions bien plus soignées et moins stéréotypées (on tape sur la promo du film, les critiques du film, donc évidemment on n'a pas vu le film allons donc…) je militerais une fois de plus pour Hazanavicus, Dujardin et leur bonne humeur, leur bon goût total et leur prise de risque géniale : J'irais voir une troisième fois ce film, ayant manqué le plaisir d'avoir pu regarder le premier au cinéma.
Je crois d'ailleurs que Chronik'art avait bien résumé ce qu'il faut dire de ces deux films (qu'on peut réunir en une seule et même comédie finalement) : « Une comédie miracle en 2007, le film qu'on attendait en 2009 ».
En attendant, pour ceux qui trouvent qu'un tel article n'a rien à faire ici, pétez un coup vous risquez l'explosion, quant aux autres, qu'ils continuent dans l'aseptisation coulante et mielleuse de notre société Française, où même sous couvert d'un humour dévastateur et tout en finesse (mais balancé il est vrai d'une façon tellement brute pour provoquer une émotion psychique et physique : le rire) on n'a plus le droit de rien dire sur quoi que ce soit sans risquer le lynchage en règle d'abrutis moralisateurs et complètement hors sujet, bien de leur époque. M'enfin, le film est porté médiatiquement bien comme il faut, et supporté ensuite par ses appréciateurs en salles donc finalement, pour les deux ou trois perplexes : Tant pis pour eux.
Ces deux comédies sont des diamants bruts, c'est bien dit, c'est un travail d'artisan et d'orfèvre sur l'interprétation, la photo, l'ambiance 60's, les décors, les dialogues évidemment, des piques et un rythme de vannes hallucinants, travaillés jusque dans le rythme de prononciation pour que rien ne tombe à plat : La caméra d'Hazanavicus et l'interprétation de Dujardin sont en osmose, et pourtant (et en plus) l'on n'oublie pas le cinéma, le vrai, plan par plan, rien n'est laissé au hasard, tant au niveau de la photo, du cadrage, que du travail sur les personnages secondaires. On ne se fout pas de la gueule du spectateur, on l'invite à se prendre au plaisir de rire, à se surprendre d'en rire, à réfléchir à son rire, magnifique.
Merci à Pelusa pour son travail d'orfèvre et ses belles références.
Et longue vie au Royal Rabbin, au passage, qui à en croire certains ici ne ferait plus rire personne aujourd'hui. Bin voyons.
De lebuffalo
17H10 | 21/04/2009 |
Ce fut une très agréable surprise !
Toujours méfiant sur les films à suite, j'ai préféré me rendre compte par moi même plutôt que de participer à des conversations au sujet du film provenant de personnes dont la plupart ne l'ont pas vu. Et oui, c'est vrai que c'est un sport national à tendance parisianiste que d'avoir un avis sur tout et surtout sur ce qu'on n'a pas vu/entendu/lu.
Il est donc encore meilleur que le premier, plus drôle et jouant encore plus sur la dérision et la reconstitution désuète de la fin des années 60. Effectivement, l'humour n'est pas forcément à mettre entre toutes les oreilles, étonné que je suis de ne pas entendre encore les hurlements habituels de la communauté juive.
Quant à Dujardin il est parfait en agent secret naze et imbu. Et une bonne surprise en prime avec Pierre Bellemare (vi vi Mr Téléachat) hilarant en patron des services secrets.
Un seul bémol peut être, la fadeur de la partenaire de Hubert Bonisseur de la Bath Dujardin : Louise Monod parait bien fade et apporte peu de dérision à son personnage de partenaire de « combat » contrairement à Bérénice Béjo dans le 1er.
Mais je suis ressorti de la salle avec la banane, et ça c'est pas gagné à chaque film dit comique !
http://buffalosergio.canalblog.com/
De abcd
retraitée | 17H11 | 21/04/2009 |
Ben oui, à part qques bons moments subtils, il n'est pas ce que j'attendais ; toujours les mêmes ficelles à longueur de film. Dujardin par contre est bon,prendre l'air aussi tarte tout le long éatit un exploit.Bof, pas de quoi fouetter un chat, sortis un peu décus mais pas trop. Un film sur le racisme, ? faut pas pousser trop loin quand même .Le prix des places, même pour les seniors, est par contre un repoussoir.Cela fait mal au coeur de mettre 50 balles ou plus pour ça…
De Paname
22H31 | 21/04/2009 |
J'ai vu le second volet de l'espion made in France… J'ai rarement autant rigolé au cinéma. On peut déblatérer pendant des heures sur tel ou tel point et créer des polémiques artificielles. C'est fin, énorme, malin, et surtout hilarant…
De Hawkmoon
(enseigant en Vendée) | 00H23 | 22/04/2009 |
Je ne comprends pas les commentaires du type : « Blagues racistes, sexistes et antisémites toutes les trois phrases. N'aimant pas l'humour primaire, je pensais trouver mon compte avec l'histoire qui était malheureusement sans fond… »
ou alors on n'a pas vu le même film… vu que ce qui s'en prend plein la vue, c'est entre autre notre pays, mais aussi la mysoginie, le machisme, le discours raciste qui s'ignore…
On ne rit pas des propos antisémites ou autre du personnage, non, mais plutôt justement de ce flottement, de son ridicule, de son aspect grotesque… un personnage plus stupide, plus crétin, plus franchouillard que dans le premier film…
Et qui égratigne bien plus que la France des années 60… la scène finale avec des petites remarques attaque une certaine vue française qu'on voit se développer depuis quelques années. Comment ne pas voir dans le personnage de Pierre Bellemare un certain Maurice Papon… ?
De plus, sur certaines scènes, j'ai vraiment ri de bon coeur, ce qui pour moi est très rare…
Et il y a ce soin dans la mise en scène, dans le montage, toutes ces petites références tant cinématographiques qu'historiques.
Enfin, tous les goûts sont dans la nature….
Mais en France, il est vrai, il est de bon ton de critiquer les oeuvres du pays et, à côté, de porter aux nues des oeuvres d'ailleurs qui dans le discours ou dans le ton sont de fait similaires.