« Gran Torino » : Clint Eastwood éclaire l'Amérique sombre
De retour des deux côtés de la caméra dans « Gran Torino », Clint Eastwood met en scène ses contradictions politiques, son âge et ses émotions secrètes. Résultat : un grand film qui rappelle que Clint reste le seul héritier crédible de John Ford. Inusable.
Walt Kowalski est un vieux con. Un vieux con tout seul, de surcroît. Son épouse à peine mise en bière, il insulte ses enfants, des ploucs quarantenaires qui ne pensent qu'à leur futur héritage. Il macère dans ses vieux souvenirs de la guerre de Corée où, dixit lui-même, il ne dégomma pas assez de « faces de citron ». Il passe ses journées à grommeler des jurons à l'encontre de ses voisins asiatiques. Il biberonne des bières. Il engueule le prêtre du quartier qui veut l'entraîner à confesse. Il bichonne sa vieille bagnole (la « Gran Torino » du titre), vestige de la splendeur ostentatoire d'un autre temps. Le sien et celui de l'Amérique des fifties.
Bref, Walt est une sorte de Dirty Harry à la retraite, et le spectateur, un rien sidéré, retrouve dès les premières scènes de « Gran Torino » un Clint haineux et ultra-droitier qui rappelle, versant présénile, le jeune homme idéologiquement douteux des débuts.
Le retourDepuis cinq ans et « Million Dollar Baby », Eastwood n'avait plus joué dans ses films, se « contentant » d'ajouter quelques pierres de choix à son édifice personnel de réalisateur (« Mémoires de nos pères », « Lettres d'Iwo Jima », « L'Echange »). Pour son retour des deux côtés de la caméra, il endosse donc son vieux costume viril (sérieusement mité avec le temps) et, comme on dit, il ne fait pas le voyage pour rien. Insulte aux lèvres, rictus crispé et fusil à portée de main, il profite d'un conflit de voisinage pour remettre un peu d'ordre dans son quartier, microcosme d'une Amérique déchirée par les conflits communautaires et une délinquance salissant les valeurs du travail et de la morale.
Ça fait peur ? Ça fait, oui. Mais « Gran Torino » raconte bien entendu autre chose sur l'Amérique et sur Eastwood lui-même… La raideur du personnage et son racisme outrancier ne sont que des paravents minables. Progressivement, des traumatismes anciens refont surface, ceux d'un pauvre type parmi d'autres envoyé à la guerre, au casse-pipe, et qui a planqué sa culpabilité king-size derrière de dérisoires apparats patriotiques. Le culte de la force et la grosse bagnole sont des leurres. L'Amérique fait la gueule et le vieux blanc du quartier aussi…
Depuis des lustres, Eastwood, pourtant guère suspect de gauchisme, n'en finit plus d'autopsier la face noire du patrimoine historique américain. Après « Mémoires de nos pères », formidable précis de décomposition sur les mensonges et la manipulation en temps de guerre, le voilà qui, avec son personnage a priori tout d'un bloc, démolit consciencieusement les discours bellicistes et les délires nationalistes toujours en vogue sur sa terre natale.
Vive les nems
Au fil du temps et du film, le masque horrifique de Walt se craquelle. Devenu le mentor spirituel de deux gamins asiatiques de la maison d'à-côté, Walt dévoile une humanité inattendue, une fragilité extrême, une émotivité à fleur de peau enfouie depuis des décennies sous le masque du machisme grognon. Mieux, l'anti-héros ridé de partout devient quasiment un aficionado de la culture jaune, s'empiffrant de nems et abandonnant la bière tiède pour les joies plus variées des alcools fort made in Extrême-Orient.
Le retournement pourrait être une simple astuce scénaristique. Il touche en plein cœur. Voir le vieux Walt (et le vieux Clint, 78 piges au compteur) apprendre à ses cadets (et se réapprendre à lui-même) la possibilité du dialogue, du pardon et le mépris de tous les diktats (religieux, politiques, familiaux…) fait singulièrement du bien au regard. Pour ne rien dire de cette scène terrassante où Walt appelle son connard de fils aîné et se montre incapable, alors qu'il est plus que l'heure, de lui murmurer un simple « Je t'aime malgré tout. Prends soin de toi. »
Tout en auto-parodie, tendresse sans trémolos et regard perçant sur l'époque, « Gran Torino » entraîne dans son scrupuleux clacissime et sa sensibilité pudique. Dans la stimulante agitation américaine du moment (« Les Noces rebelles », « The Wrestler », « Benjamin Button », « Milk » de Gus Van Sant la semaine prochaine), « Gran Torino » toise ses cadets avec la sérénité du vieux sage. Au long de sa carrière admirable, Eastwood a signé un nombre conséquent de chef-d'œuvres (« Bird », « Impitoyable », « Sur la route de Madison », on en passe). En voici un autre…
► Gran Torino De et avec Clint Eastwood - sortie 25 février.
Photo : Clint Eastwood et Bee Vang dans « Gran Torino » (DR).
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De sinclair
11H33 | 22/02/2009 |
C'est quand même d'une toute autre qualité que les navets demagogiques et commerciaux de Jean Luc Besson.
De Nem0
Mobilis in mobili | 11H43 | 22/02/2009 |
Il y a du Ford chez Clint, c'est certain, et c'est délicieux : un coté Sesame Street en diable et en tolérance, une démonstration renouvelée du talent republican light de l'auteur.
Pour ma part, c'est la bonne nouvelle cinématographique du moment !
J'attends avec impatience que Mr Eastwood nous refasse un grand western…
De Le Yéti
yetiblog.org | 14H24 | 22/02/2009 |
UNE BONNE DROITE SUIVIE D'UN CROCHET GAUCHE
Au fil des quelques 1278 commentaires que j'ai pu laisser à ce jour sur Rue89, on m'a souvent demandé si être de droite était pour moi une tare congénitale. Je ne savais trop que répondre tant ce qu'on me présentait comme « de droite » s'assimilait surtout, dans mon esprit, à de la connerie profonde et à la justification de toutes les saloperies élitistes.
Eh bien, je la tiens ma réponse. Clint Eastwood est de droite (il vote clairement républicain dans son pays). Mais je tiens ce monsieur en très haute estime. Comme un modèle, même. Respect.
à Le Yéti
De bloozmarch
15H45 | 22/02/2009 |
Totalement d » accord, en ajoutant que Ford, lui aussi classé à droite a signé les films les plus humanistes qui soient, et le pamphlet le plus anti-libéral qui soit, « Les raisins de la colère », qu » on devrait projeter et reprojeter à notre Autiste Ier, des fois qu » il écouterait.
à Le Yéti
De bruno boucq
vrai militant | 18H25 | 22/02/2009 |
Pour ma part je suis de la « bonne » gauche et je préfère des gens qui ont de vrais convictions de droite (comme vous) que des pseudo gauchistes bcbg bobo à la Ségolène qui ne savent même plus où ils se situent sur l'échiquier politique, bref quand la gauche se radicalise et qu'elle redevient dangereuse électoralement le PS revient à gauche … Quand elle se fragilise elle repart vers le centre droit ! Qu'on soit de droite ou de gauche on a tous les deux au moins ce point commun : LES CONVICTIONS… Alors, oui, Respect.
à bruno boucq
De chocobon21
papillon | 19H24 | 22/02/2009 |
bien d » accord !
ou ces bobos, soit disant de gauche , et qui placent leurs enfants dans une une autre ecole, des qu » il y a trop d » etrangers ….dans la classe de leurs bambins …..
De hassan
etudiant | 11H57 | 22/02/2009 |
Entre 23et 45euros le casse toi pov con !
rue89 vous savez qu'on et con
De déluge
menuisier | 12H15 | 22/02/2009 |
Eastwood n'est pas un républicain classique.
Sur les sujets moraux (avortement par exemple) il a des positions nettement plus à « gauche » que les démocrates, lorsqu'il était maire, sa politique sociale n'avait rien de l'obscurantisme reaganien.
De la même façon, son rôle de Dirty Harry n'est pas à confondre avec celui qu'a tenu Charles Bronson dans la série du « justicier dans la ville », par exemple, avec l'apologie de l'auto défense.
Il est peint clairement comme un salopard, charismatique, mais « dirty ».
Ce sont les critiques de l'époque (1972) qui ont voulus en faire un salopard de fachiste, les mêmes aujourd'hui le considèrent comme un génie..
Mais de « Honkytonk man » à « Bird » en passant par « Pale Rider », il a amplement montré et son talent et sa complexité.
Ces dernières années, seul « Space cow boys » ma clairement déçu.
Et si c'était possible à 78 ans d'avoir la même énergie (et un tout petit peu de sa classe), je suis preneur.
à déluge
De Jack Sullivan
en boule | 12H59 | 22/02/2009 |
« Ce sont les critiques de l'époque (1972) qui ont voulus en faire un salopard de fachiste, “
Pauline Kael au premier rang. Elle a toujours fait preuve d'un manque de flair ébouriffant, cette chère dame : -)
‘Et si c'était possible à 78 ans d'avoir la même énergie (et un tout petit peu de sa classe), je suis preneur.’
Oui, quand on voit Clint Eastwood ou Claudia Cardinale (ou Fanny Ardant ! ), on se dit que le jeunisme, c'est très surfait.
à déluge
De Glam
juste ce type, vous savez ? | 13H55 | 22/02/2009 |
C'est un libertarien, donc un homme de droite inspiré des idées libertaires (comme les créateurs de South Park, au risque de faire une comparaison plus qu'osée).
Cependant, je ne pense pas qu'il apprécierait de voir ses films être « classés » politiquement. Ils m'évoquent plus une sensibilité sincère qu'un engagement quelconque.
Pour en revenir à Gran Torino, j'ai vu la bande-annonce hier et son jeu, est, commé prévu, génial. Sans aucun doute parce qu'il le comprend de A à Z.
De Yoyi
Cadre | 13H14 | 22/02/2009 |
Il est évident que ce Clint Eastwood semble être une réussite…une de plus… Cependant je ne comprends pas les propos de Sinclair lorsqu'il compare ce film avec des films d'un certain « Jean-Luc Besson » ! ! ! Peut-être le fils caché de Luc Besson et jean-luc Godard soit dit en passant…
Autant comparer Citizen Kane et Monstres et compagnie…Aucun intéret.
De GWERN
Ex militant du vaste mouvement des ... | 13H29 | 22/02/2009 |
Bel effort de psychanalyse cinématographique semble-t-il ? Comme souvent chez lui, mais même sans avoir vu celui-là : quel talent !
Salaud va ! : il me ferait voter républicain !
Non, là je vais trop loin mais on l'aime bien ce mec !
à GWERN
De DBL8
Retraité | 13H50 | 22/02/2009 |
« il me ferait voter républicain »
On s'en fou… nous sommes en France ! !
De T.Daniel
lycéen | 13H39 | 22/02/2009 |
je suis pret a le voire joué.
à T.Daniel
De Compte supprimé le 23 janvier 10
en territoire apache | 14H16 | 22/02/2009 |
c est homme debout avec ces contradictions :
« tout homme est une guerre civile »
c est Clint Eastwood, pardon c est MONSIEUR Clint Eastwood
De Bardamu
difficile | 14H15 | 22/02/2009 |
Clint Eastwood, avant, c'était un affreux fasciste à la John Wayne ou à la Charlton Heston.
Un jour, Godard, par jeu sans doute, pour se désennuyer, a décrété que pas du tout, que c'était un grand génie, tout ça quoi, même que oui.
Le gauchiste moyen, à la personnalité fondamentalement panurgique, affolé comme toujours à l'idée de ne pas être dans le coup, a emboîté le pas, et depuis le lumpen bolcheviquat français ne cesse de tresser des couronnes à notre pale rider…
Clint, lui, n'a pas changé. Mais qu'est-ce qu'il doit rigoler, s'il lui arrive de lire nos pauvres critiques français…
à Bardamu
De Jack Sullivan
en boule | 16H11 | 22/02/2009 |
Je ne sais pas si Clint se poile à lire les critiques qui le portent aux nues, mais moi à lire ceci :
« Le gauchiste moyen, à la personnalité fondamentalement panurgique »
je me tiens les côtes ! C'est vrai que l'homme de droite c'est le rebelle par essence, le blouson noir « born to be wild », le maverick ! Y'a qu'à regarder Frédéric Lefèbvre ou Jean-François Copé !
Plus sérieusement, vous inversez tout : ce sont au contraire les critiques américains qui confondaient Eastwood avec son personnage de Dirty Harry qui l'ont étiqueté comme fachiste.
à Jack Sullivan
De déluge
menuisier | 16H31 | 22/02/2009 |
Barda effectivement ne recule devant rien.
Des gens « de gauche » déclarant aimer un artiste « de droite », les voilà « panurgiques ».
Les mêmes se déclarant imperméables au même type d'artiste, les voilà obscurantistes.
En fait, pour Barda, seul Barda a le bon gout (y compris celui de citer indirectement Brassens et « Saturne“- ‘ pour se désennuyer un peu’. Mais chez lui ce n'est pas du plagiat mais un homage).
Bref Barda n'aime pas les gauchistes.
Et il s'imagine que l'on n'est pas encore au courant.
A moins qu'il ne s'emmerde le dimanche…
à déluge
De Jack Sullivan
en boule | 17H07 | 22/02/2009 |
« Bref Barda n'aime pas les gauchistes.
Et il s'imagine que l'on n'est pas encore au courant.
A moins qu'il ne s'emmerde le dimanche… »
Dans la même catégorie, on a Paul-Marie et Pierrrre, qui effectivement de savent plus quoi faire de leurs dix doigts aujourd'hui. Il n'en manque qu'un pour la belote.
à déluge
De Bardamu
difficile | 17H16 | 22/02/2009 |
Mon cher Déluge, je décris un phénomène moutonnier bien connu : tant que la bien-pensance n'avait pas donné son aval à ce vieux cow-boy de Clint, il était persona non grata (non sinistra si vous voulez…)
Depuis, il continue, film par film à délivrer le même message qu'avant, mais il est devenu de bon ton de s'extasier devant ses performances d'acteur, et de voir du second degré partout, ce qui fait bien rire les connaisseurs…
Je me moque pas mal de savoir si tel ou tel artiste est de gauche ou de droite, voyez-vous… Mais on peut quand même sourire devant le grégarisme des philistins…
Non, on ne peut pas ? Bon, désolé.
à Bardamu
De déluge
menuisier | 18H00 | 22/02/2009 |
Ce qu'il y a de bien avec vous Barda, c'est qu'à aucun moment vous pouvez penser qu'il y ait un peu de sincérité…
En ce qui me concerne, par exemple (excusez la cuistrerie), je ne souffre pas les Cahiers, les Inrocks m'insupporte, je conchie allègrement Frodon et la dernière fois que j'ai ouvert un Télérama, ce devait être chez mon dentiste…
La « couleur » politique des artistes m'indifère le plus souvent, et en ce qui concerne Eastwood, sans en être fan absolu (du reste j'ai passé l'âge de coller des posters dans ma chambre), quelques uns de ses films figurent dans mon Panthéon.
Je l'aime pour son classicisme, pour justement l'abscence de second degré dans ce qu'il raconte : C'est un pur conteur, un peu effectivement comme l'était Ford.
Pour le reste, a votre manière vous soufrez du mal même que vous croyez dénoncer :
Le grégarisme qui vous pousse à penser l'adversaire comme intrinsèquement dénué de colone vertébrale, poussé là où le vent de la mode le porte.
Vous le faites par paresse intélectuelle peut être.
Manque d'imagination, très certainement.
à Jack Sullivan
De Bardamu
difficile | 17H18 | 22/02/2009 |
Dans les milieux du cinéma en France, et plus généralement dans les milieux cultureux, être de droite est une posture anticonformiste, en effet, étant donné le gauchisme obligatoire qui y règne. Le confort intellectuel, dans ces coteries, c'est être de gauche.
Vous pouvez vous tenir les côtes tant que vous voulez, c'est un fait.
Quant à la réception de Clint, elle est conforme à ce que j'ai indiqué. vous pouvez réécrire l'histoire (tout en vous tenant les côtes, mais ça va finir par être gênant) si vous voulez, ça n'y changera rien.
à Bardamu
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H35 | 22/02/2009 |
Que ce soit vrai ou faux, ce que vous dites, Barmadu . Vous apportez quoi avec vos vielles critiques lancinantes , repétées et convenues qu » on entend depuis des années ?
Vous n » aimez la gauche et vous nous prenez pour des niais , et alors ?
à Bardamu
De hershellgordon
22H25 | 22/02/2009 |
mais bardatruc, vous voyez du gauchisme partout ! d'où tenez-vous que godard (un fieffé gauchiste…) ait décrété qu'un jour eastwood soit « recevable » ? (j'écris eastwood parce que votre « clint » ne me sied guère)…si vous connaissez la filmographie de clint eastwood, ce dont je doute, elle est, selon moi (ben oui, j'ai une opinion perso) émaillée de grosses bouses (en fait j'en vois qu'une…« firefox ») et de pépites de « un frisson dans la nuit » à « mystic river »…en passant par d'autres que wikipédia vous rappelera…eastwood est un grand réal, mais ce n'est que mon opinion…que je n'ai pas cherché chez les gauchistes bobos que vous décriez à longueur de post…
je me permets juste d'ajouter que votre posture d'intello de droite qui se veut célinien n'est qu'une…ben une posture…
à hershellgordon
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 04H07 | 23/02/2009 |
Godard, le plus con des pro-chinois
( Debord)
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 17H50 | 22/02/2009 |
(Très beau papier, si je puis me permettre. Je n'ai vu que la bande annonce, pas encore de bonne copie dispo chez le dealer du coin…)
Mais ça y est ! Dès que le Clint débarque, droite, extrême toute, gauche, mais non pas du tout, c'est celui qui dit qui y est, j'en passe et des moins bonnes ! Si le panurgisme avait une couleur politique, cela se saurait depuis le temps ! Comment est-ce qu'un type « de droite » pourrait faire Bird ? Comment est-ce qu'un type « de gauche » pourrait faire Impitoyable ? Que l'une des plus belles oeuvres cinématographiques de tous les temps n'obtiennent que ce genre de commentaire est vraiment navrant…
« Le Français colle à la vie comme la moule au rocher. Ce n'est pas qu'il l'aime, il ne s'aperçoit pas de son état. Ne connaît pas l'horreur d'être moule. Et si jamais il se réveille, c'est pour déclencher une mécanique d'enfer qui finit dans la philosophie et dans l'école. Le Français est engagé ou dégagé. Révolutionnaire ou indifférent. Est “ intéressé ”. (Je suis né à Paris de parents français.) » Georges Perros (1925-1978)
De RBWL
Cineaste | 19H57 | 22/02/2009 |
Le cinéma de Clint est le cinéma le plus « humaniste » qu'il m'a été donné de voir ces dernières années. Personne ne lui arrive à la cheville sur ce registre, si ce n'est le très grand John Ford.
Si nous avions un peu de cet humanisme dans notre société, nous n'en serions pas à cette crise.
De mlab
chercheuse dans le Tout-monde | 23H24 | 22/02/2009 |
Il me semble que vous oubliez un détail important concernant le dernier film de Clint Eastwood, c'est qu'il aborde un sujet méconnu et peu (voire pas) traité au cinéma. « Les deux gamins asiatiques de la maison d'à-côté » appartiennent à un peuple de montagnards - venus de Chine, du Laos et du Vietnam essentiellement - que l'on nomme les Hmongs et qui sont un peuple qui vit dans une situation sans nom aujourd'hui. En effet, les Français d'abord puis les Américains les recrutèrent lors des guerres d'Indochine puis du Vietnam, ce sont en quelque sorte les harkis de l'Asie. Bien évidemment à la fin de ces guerres-ci les Hmongs furent abandonnés par les Français et par les Américains, traqués et persécutés pour trahison. Beaucoup ont émigré notamment aux États-Unis d'Amérique, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en France ou au Canada. Mais la situation est encore aujourd'hui très préoccupante pour ceux qui vivent au Laos ou au Vietnam. En Thaïlande ils sont parqués dans des camps de prisonniers. Un très bon article est publié dans le n°955 du Courrier International, ce sera plus complet que mon vague résumé ! Je vous conseille de le lire, c'est très instructif et le dernier film de Clint Eastwood prend un autre sens à la lumière de cette histoire méconnue et cachée de l'Histoire.
(PS : Je ne suis pas d'accord avec vous quand vous placez « Benjamin Button » dans la « stimulante agitation américaine du moment », c'est plutôt un puissant somnifère non ? 2h35 relativement ennuyeuses et décevantes pour ma part…)
à mlab
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 00H52 | 23/02/2009 |
Pas compris non plus l'engouement pour Benjamin Button… Brad Pitt okay mais c'est pas nouveau, à part ça, la montagne accouche d'une souris.
à mlab
De Olivier de Bruyn
(auteur)
Journaliste | 22H15 | 23/02/2009 |
Vous avez absolument raison concernant les Hmongs ! C'est un autre aspect (et une autre richesse) du film. Quant à « Benjamin Button », s'il n'a pas les qualités de forme et de fond des autres excellents films US du moment, il fait quand même preuve d'une invention et d'une audace dans le cadre des « grosses » productions dont on ne trouve hélas pas d'équivalent dans les « blockbusters » français.