
« Slumdog Millionaire », le film qui va gagner des millions
Petite originalité cette semaine, avant de recevoir et de mettre en ligne vos critiques, nous vous proposons de lire celle de nos confrères d'Aujourd'hui l'Inde sur le long métrage de Danny Boyle, « Slumdog Millionaire ». Pour le reste c'est comme d'habitude, vous avez jusqu'à lundi midi pour déposer vos propres critiques dans les commentaires ci-dessous.
(De Delhi) Rares sont les films occidentaux à s'intéresser à l'Inde. Encore plus rares sont ceux qui réussissent à se faire remarquer. « Slumdog Millionaire » de Danny Boyle, qui raconte les aventures d'un enfant des bidonvilles de Bombay qui se retrouve dans l'émission « Qui veut gagner des millions ? », est l'un d'eux.
Considéré par le Times comme l'un des dix films les plus importants de 2008, il a remporté quatre Golden Globes cette année, dont celui de meilleur film dramatique, et est l'un des grands favoris pour les Oscars… Rien ne prédestinait pourtant ce film à petit budget à un tel succès critique. (Voir la bande-annonce.)
L'histoire se déroule à Mumbai où Jamal, un jeune homme issu des bidonvilles, participe à l'équivalent indien de l'émission « Qui veut gagner des millions ? ». Contre toute attente, Jamal gravit les échelons du jeu et n'est plus qu'à une question de la victoire quand il se fait arrêter par la police qui le soupçonne de tricher.
En garde à vue, il devra expliquer comment il connaissait les réponses aux questions posées. Et reviendra, pour cela, sur son enfance où chacune de ses aventures lui a apporté les connaissances nécessaires au jeu télévisé.
Un film acclamé partout où il passe
Une histoire adaptée du livre de Vikas Swarup, « Les Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire ».
Pourquoi le Britannique Danny Boyle s'est-il intéressé à ce sujet ? Le réalisateur de « Trainspotting », « 28 jours plus tard » ou encore « Sunshine », n'avait jamais mis les pieds en Inde avant de se lancer dans ce projet. Il ne parlait pas non plus un mot d'hindi, une langue pourtant utilisée dans un tiers des dialogues du film.
C'est que ce réalisateur aime les défis. Depuis des années, il clame à qui veut l'entendre que les premiers films sont toujours les meilleurs, car les plus purs. Alors, pour se mettre lui-même en situation de débutant, il a décidé de réaliser un long-métrage dans et sur un pays inconnu à mille lieues des valeurs de son Angleterre natale.
Très touché par sa découverte de l'Inde, Danny Boyle a été bouleversé par la situation des enfants des bidonvilles de Mumbai qui ont participé au film. Dans l'Hindustan Times, Danny Boyle explique :
« Un jour, nous avons entendu dire que la maison de Azza (qui joue le jeune Salim) avait été démolie. Nous avons envoyé des personnes à sa recherche, et on l'a retrouvé en train de dormir sur le toit d'une voiture. »
Un exemple parmi d'autres qui a poussé le réalisateur à créer un fonds pour ces enfants, afin de leur donner accès à l'éducation.
Depuis sa sortie, le film est acclamé partout où il passe. En Inde, sa sortie, prévue le 23 janvier, est attendue avec impatience. D'autant que le compositeur du film, A. R. Rahman, est le premier Indien à avoir remporté un Golden Globe. Une bonne partie de l'équipe est donc issue de Bollywood, mais le jeune héros, lui, est interprété par un acteur britannique nommé Dev Patel, déjà connu pour avoir joué dans la série télévisée « Skins ».
Le succès du film ne fait que commencer. Nul doute qu'en plus des récompenses, le bouche à oreille a encore un grand rôle à jouer.
Lire aussi :
► La biographie de Dev Patel (en anglais).
► La filmographie de Danny Boyle.
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De said sellali
cadre à nantes | 12H17 | 14/01/2009 |
Le film est déjà un carton au box -office américain : 37 millions de recettes pour un budget de 15 millions de dollars avec un excellent bouche à oreille qui continue.
De lorenzo68
(cadre) | 12H44 | 14/01/2009 |
Préparez vos yeux, vos oreilles et votre cœur. Car le nouveau film de Danny Boyle, loin de ne proposer qu'une bouleversante histoire d'amour, constitue également une exceptionnelle expérience visuelle et sonore de 120 minutes non-stop. Le réalisateur avait déjà fait preuve avec Sunshine de sa faculté à livrer une œuvre sensitive remarquable et hors de tout sentier battu. Il réitère l'expérience avec Slumdog Millionaire, laissant de côté la science-fiction au profit des incroyables paysages de l'Inde. Et le résultat est un éblouissement de tous les instants.
A travers l'histoire d'un jeune Indien issu des milieux défavorisés de Mumbai se trouvant sur le point de gagner 20 millions de roupies à l'émission Qui veut gagner des millions, Danny Boyle nous propose une parabole sur le destin, en suivant le parcours bouleversant du héros, de son enfance dans les bidonvilles jusqu'à sa participation à la célèbre émission télévisée, les choix narratifs de Boyle consistant en une série de flash-backs nous permettant de comprendre comment ce « pouilleux des bidonvilles “ (le slumdog du titre) a pu répondre correctement à toute une batterie de questions de plus en plus pointues. Et c'est ainsi à une plongée vertigineuse, pleine de bruits et de couleurs, de sons et d'images plus enivrantes les unes que les autres, que nous convie le metteur en scène, parvenant à transporter le spectateur dans un maelström ininterrompu d'émotions, qu'elles relèvent de l'ordre du sensoriel ou de l'émotionnel, soutenu par une formidable musique qui contribue pleinement à l'expérience qui nous est proposée. A ce titre, ce serait un crime de quitter la salle sans assister à l'extraordinaire générique de fin, véritable hommage aux films bollywoodiens à travers une danse galvanisante en diable.
Le thème central du film (le destin de l'individu, et la croyance en une destinée qui serait écrite) reprend l'un des aspects de la culture indienne, et constitue le fil conducteur du récit. Ainsi, l'immersion procurée par le film ne se veut pas que sensorielle, mais propose également une réflexion sur une croyance constituant l'un des fondements de la culture indienne.
Impossible également de ne pas souligner la prestation des acteurs, Dev Patel et Freida Pinto en tête, la beauté lumineuse de cette dernière, outre la qualité de sa prestation, emportant à elle seule l'adhésion.
C'est finalement avec les yeux et les oreilles remplies d'ivresse et une émotion au creux du ventre que l'on sort de la salle, redevables à Danny Boyle d'avoir su nous prendre par le col et nous jeter à travers l'écran, nous en faisant ressortir forts d'une expérience rare et inoubliable.