Votre critique ciné : « Il Divo », bio du controversé Andreotti

Terminons l'année de la « Bande du ciné » en beauté avec une plongée dans les ténèbres de l'histoire italienne. Rome l'a affublé de tous les surnoms : Nosferatu, le Pape noir, la Salamandre, l'Inoxydable… L'insubmersible président du Conseil italien Giulio Andreotti est le sujet principal d'« Il Divo » (traduisez : « le seigneur »).

Ce film de Paolo Sorrentino retrace l'oeuvre au noir de celui qui fut le pilier de la Démocratie chrétienne à l'italienne. Jamais très loin de la Mafia ou du Vatican, Andreotti et les personnages qui l'entourent incarnent une certaine période (révolue ? ) de la vie politique italienne.

Condamné pour corruption puis gracié, longtemps soupçonné d'être l'animateur de la loge affairiste P2 et enfin banni de la vie politique, l'homme n'a pas apprécié son portrait cinématographique. Le film a obtenu le prix du jury du dernier festival de Cannes : ce label va-t-il vous convaincre ?

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« Il Divo » est projeté dans 55 salles partout en France.

Il Divo de Paolo Sorrentino - avec Toni Servillo, Anna Bonaiuto, Giulio Bosetti…

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Portrait de Serge Quadruppani

De Serge Quadruppani

Nomade italo-bellevilois | 18H28 | 31/12/2008 | Permalien

Excellent film, déjà vu en Italie. La stylisation cinématographique (très réussie) permet, aussi bien qu'un doc, de transmettre une vérité du personnage réel.

Portrait de mute

De mute

marié ;-) | 19H52 | 31/12/2008 | Permalien

Je sors de la séance et pour moi le film est une déception malgré un acteur époustouflant. Andreotti est sans doute un phénomène, mais Dieu que c'est compliqué de suivre l'action du film, les différents intervenants, les flashbacks, les procès, les attentats, les différentes périodes que ce film couvre. Et pourtant j'ai une modeste connaissance de l'Italie, mais il faut s'accrocher pour saisir les innombrables nuances de « Il divo ». Un film réservé aux italophiles avertis ? Et puis le côté divin du bonhomme n'est pas assez mis en exergue ou alors je ne l'ai pas saisi, il y avait sans doute quelque chose à faire de ce côté plutôt que de le présenter comme simple chrétien acharné.

Portrait de sub____versiffff

De sub____versiffff

chômeur professionnel et RMISTE de ... | 21H36 | 31/12/2008 | Permalien

je compte le voir et j'ai vu récemment gomorra (toujours sur la mafia).
il y a des « soupçons » qui pèsent sur Berlukozy, et effectivement dans un pays comme l'italie ou la mafia est partout, comment l'homme le plus riche du pays fait-il ?

Portrait de NildeNassau

De NildeNassau

(Parisien) | 00H48 | 01/01/2009 | Permalien

Ambiance très spéciale, ce film n'en est pas vraiment un : il n'y a ni début ni fin, ce n'est pas un « bio pic » (pour les amateurs du genre, s'il en est). Déroutant pour les non initiés à la politique italienne, et pour les non italiens en général je pense.
Mais la mayonnaise a fini par prendre et je suis sorti de la salle avec la ferme intention d'en savoir plus sur le personnage.

Portrait de matrasov

De matrasov

13H32 | 01/01/2009 | Permalien

Tous les faits relatés dans ce film me sont connus (comme pour la majorité des italiens). Pour cela, j'ai donc baucoup aimé le film.
Je l'avais vu à Naples à sa sortie. Mais je me demandais comment on pouvait réagir à ce film hors d'Italie. Sans trop connaître la politique italienne des Années 50, 60, 70, 80, 90, 2000. Toni Servillo est époustouflant. Mais le plus époustouflant reste le « héros » de l'histoire, Andreotti dont on dit qu'après une grosse colère avant d'avoir vu le film, il a demandé narquois, après l'avoir vu, « où sont mes droits d'auteur ». Il faut savoir qu'Andreotti malgré toutes les casseroles qu'il a accrochées au cours de son incroyable carrière politique (commencée en 1945 avec De Gasperi et qui continue en 2009 - sébateur à vie). Malgré Mafia, Mani puliti, P2, Vatican, etc, Andreotti continue a fasciner ses pires ennemis. 99% des Italiens ont - malgré tout - de la sympathie ou tout du moins de l'admiration pour lui, pour son intelligence, son humour, italiens de droite comme de gauche. C'est ça le vrai mystère du divo Andreotti.

Portrait de kz19qg

De kz19qg

21H09 | 01/01/2009 | Permalien

Un film remarquable sur la forme qui laisse sur sa faim sur le fond. Difficile de se faire une opinion sur le degré d'implication d'Andreotti dans toutes ces morts violentes.

Les brigades rouges n'étaient pas des enfants de chœur pour le peu que je m'en souvienne et l'opération « main propre » a bien eu lieu.

A la fois, le film donne une image extrêmement négative du dirigeant et à la fois donne à penser que la justice italienne a été manipulée.
Il faut être un bon connaisseur de l'Italie et de cette période pour se faire une idée. Ce n'est pas mon cas. De ce point de vue, le film est un échec car on n'en ressort pas avec un sentiment de plus grande clarté. On peut légitimement hésiter entre deux positions : Andreotti est une profonde canaille qui est passée à travers les mailles du filet, ou le réalisateur distille de la médisance tout en faisant preuve d'une pseudo-objectivité.

J'aurais aimé en savoir plus. Ceci dit, le film est tellement bien fait qu'on le regarde avec plaisir du début à la fin.

Portrait de valzeur

De valzeur

quidam | 21H41 | 03/01/2009 | Permalien

On commence donc l'année cinématographique par une mauvaise pioche, ce Divo pas divin du tout. Prétendument iconoclaste, le film surprend d'abord pas son côté cartoonesque avant d'ennuyer un peu, beaucoup et finalement à la folie. Il est vrai que Sorrentino fait des images comme une voiture fait de l« huile. Incapable de mener un récit, il noie le poisson avec des effets grossiers et un cynisme fun qui désamorce le film. En même pas 20 minutes, on nage dans le bon goût léger - politicards filmés au ralenti comme le générique de Reservoir Dogs, meurtres en montage alterné sur fond de Toop-Toop (une bombe dance de Cassius rythmée - entre autres - par des “ Shoot ! Shoot ‘, asssstuccce ! ! ! ).
Sorrentino vient lointainement des fictions engagées seventies du genre Rosi et Pietri qu'il accommode à la sauce farcesque, se gardant bien d'être frontalement à charge ou à décharge. La grande idée du film est la métamorphose d'Andreotti en chimère de cinéma - silhouette de Nosferatu, gueule de Droopy, pouvoir taiseux de Don Corleone, la belle affaire ! Passé ça ? Nada. A la complexité des affaires politiques (corruption, mafia), Sorrentino surajoute le chaos de sa mise en scène pour que surtout rien n'en sorte, si ce n'est la vague impression qu'Andreotti est coupable. Mais de quoi ? Ce qui se joue dans Il Divo - comme récemment dans W. d'Oliver Stone - c'est l'éviction à peu près totale du politique au bénéfice du petit bout de la lorgnette’. Le film peut bien foisonner de travellings avant et de mouvements de caméras alambiqués, sous-entendant : ‘ce labyrinthe de faux-semblants, moi cinéaste, je vais le percer avec ma caméra ; très vite, devant cette tâche ingrate qui nécessiterait et documentation et point de vue et découpage et progression dramatique, Sorrentino abdique : son film sera un capharnaüm branché et cafouilleux centré sur la figure opaque d'Andreotti étayée avec de la bonne vieille psychologie à deux sous (migraines à répétition = culpabilité refoulée).
Au fond, le film peut se résumer à un seul plan symptomatique : la glissade ravie d'un ministre fraîchement nommé sur le parquet d'une somptueuse antichambre vide. Difficile de ne pas y voir Sorrentino se grisant à tort d'une maestria inapte à remplir Il Divo d'un quelconque contenu.

Portrait de noufaro

De noufaro

Profession liberale | 12H25 | 04/01/2009 | Permalien

Très bon film. Je l'ai vu en Italie et j'ai écouté les commentaires des italiens. Pour eux Gomorra (excellent celui-là) et il Divo sont des douches froides probablement parce qu'ils prennent conscience que le système politique n'a nullement évolué.
A quand un film français lucide sur le incroyable cynisme politique de tonton et sa programmation de l'extrême droite ?

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