
« Louise-Michel » : tuer son patron, une idée qui vous a plu

Hilarant. C'est le terme qui revient le plus souvent pour qualifier le nouveau film du duo grolandais Gustave de Kervern et Benoît Delépine. Le jeu d'acteurs de cette comédie burlesque vous a tout bonnement réjoui.
En cette période de fêtes mais aussi de crise économique et sociale, ce film drôle qui met en scène la vengeance d'ouvrières envers un patron peu scrupuleux, pouvait s'attendre à rencontrer un vif succès. Le public passe « un vrai moment d'humour et de simplicité » selon Fra.
Pour ceux qui n'ont pas le moral, le film est un remède radical. Flou est ressorti de la salle avec le sourire :
« A une époque où la morosité et la déprime sont les sentiments dominants, ce film est un grand moment de soleil. Espérons qu'il réchauffera les coeurs, mobilisera les esprits, et aidera nombre d'entre nous à se dire que la déprime ne change rien, mais que la colère et la volonté suffisent pour bousculer bon nombre de principes établis. »
Julos est conquis lui aussi, et compte parmi les fans du film :
« Louise-Michel est un film absolument jouissif, en tout cas pour moi. Il y avait du monde cet aprème froid et venteux au MK2 Quai-de-Loire, dans le XIXe arrondissement de Paris. Et les rires qui fusaient réchauffaient le coeur et l'âme. On peut rire de tout, même de la crise et des patrons voyous ! »
« Comment arrivent-ils à faire rire avec des scènes aussi sordides ? »
Faire une comédie burlesque sur un thème d'actualité brûlant et sensible, c'était un défi difficile à relever. Pari réussi pour malpoli, qui classerait ce film parmi les meilleures sorties de cette fin d'année :
« C'est le film le plus réussi de Delépine et De Kervern. Un enchaînement de scènes cultes. Je n'aime pas le mot génial mais il convient ici. Où vont-ils chercher des trucs pareils ? Comment arrivent-ils à faire rire une salle entière avec des scènes aussi sordides ?
A l'époque du tout politiquement correct et de l'hypocrisie généralisée ça fait un bien fou. Le fond est sympa aussi, ça donne un bon coup de frais au vieil idéal coco. »
Numérosix n'a pas boudé pas son plaisir :
« L'histoire fonctionne bien, et les à-côtés sont à mourir de rire, comme le paranoïaque qui veut expliquer l'effondrement des tours du Word Trade Center (qui rappelle certains posteurs de Rue89) ou Kassovitz en triste écolo (qui rappelle certains posteurs de Rue89 aussi). Je me suis marré comme une baleine.
Une comédie gratinée, mais aussi une satire sociale
Le public se rend dans les salles obscures pour passer un bon moment. Mais pas seulement. Louise Michel est le reflet de notre société, et de ses entreprises qui ferment ou délocalisent. Les fous rires laissent un goût amer. Selon Fantou, ils sont salvateurs :
“C'est un rire cathartique et jaune à la fois : ça exprime bien sur le mode humour noir la situation sociale actuelle, nos rêves les plus fous et notre relative impuissance. Pas de simplification non plus car les bons sentiments ne sont pas vraiment au rendez-vous, chacun a sa part d'horreur finalement, même si certains n'ont que le pouvoir des pauvres tandis que d'autres ont le pouvoir sur les pauvres.
Bref, plutôt que de lire les critiques, allez le voir ne serait-ce que pour entendre le rire fou de Yolande Moreau face à une image télé dont je ne dirai rien pour ne pas ôter l'envie à ceux qui ne l'ont pas vu.”
Le rire permet aux salariés stressés qui doivent supporter des patrons insupportables, d'évacuer toute la tension. Pour Sekhmet Sekhmet, ce film, c'est “un coup de poing en ces temps de moutonnerie et de courbures d'échine”. Tout le monde peut se reconnaître dans les ouvrières vengeresses :
“Le côté comédie n'est là que pour faire écran à ce que chacun de nous voudrait faire parfois [ tuer son patron, ndlr]. Quelques longueurs, mais le sujet est si actuel qu'il est en cela difficile à traiter, donc forcément imparfait.”
A quand un film sur la vraie Louise Michel, la Vierge rouge ?
Un film d'actualité et réaliste, confirme Le bouffon :
“L'œuvre se nourrit d'une urgence sociale bien réelle et délivre un constat sur l'état du monde sidérant par sa vérité et sa cruauté.
Les situations cocasses et burlesques et les dialogues percutants, omniprésents, relèvent avant tout d'un humour du désespoir, également sensible dans le grand travail formel accompli par les deux créateurs, à la fois audacieux, réfléchi et contrasté, une qualité assez rare dans le cinéma hexagonal pour être soulignée.”
L'ancrage dans la situation sociale de 2008 fait incontestablement le succès du film. Cette Louise Michel du XXIe siècle, qui défend les opprimés dans une lutte des classes féroce, ravive le souvenir de son héroïque aînée. A quand un film sur la Vierge rouge, “révolutionnaire atypique” ? Pour Arnaud.champagne, “la ‘vraie’ Louise Michel mériterait sûrement un film retraçant sa vie”.
► A lire aussi : “Louise Michel”, votre film de la semaine
Photo : Bouli Lanners et Yolande Moreau dans “Louise Michel” (Ad Vitam).
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De sorry
panseuse | 21H52 | 29/12/2008 |
Yes ! j'ai adoré…
De aa77
Bâti | 22H43 | 29/12/2008 |
C'est du cinéma engagé, le choix est vite fait.
On est parti de suite le voir, de peur d'avoir le même problème que le film « quand la mer monte » , les salles de cinéma l'ont déprogrammé rapidement sur Lille. Je me souviens, il y a eu une fronde, depuis les cinémas fast-food c'est fini, maintenant je privilégie les salles modestes.
Je suis du Nord, et je peux vous dire qu'on se reconnaît facilement dans le film
Tout ce qu'on est capable de faire pour un travail
il m'a fait rire mais pas seulement mais c'est ça aussi le cinéma !
De Bison
des prairies ... | 22H58 | 29/12/2008 |
A vrai dire, je n'ai pas vraiment aimé…
J'ai vu dans les commentaires qu'on parlait d'un film décalé… J'aime beaucoup le décalage…
Ici, franchement, j'espère qu'ils ne voulaient pas d'un film décalé (assez prévisible finalement) ; burlesque, peut-être … mais c'est raté. Le décalage a été tenté dans quelques scènes (la cousine en tutu, le pigeon à bouffer …), mais pour moi, ça n'a pas marché (en fait, à bien y penser, c'est nul.) et parfois, je me suis même demander si c'était une tentative de décalage ou simplement de la négligence (genre allez les gars, on se fait pas chier et hop hop hop)…
On dirait un mauvais « dumb and dumber » qui veut se donner une conscience sociale et un fond « politique » ; parfait pour les français ; -) (et allez hop ! une révolution sur la rue ! )
Sinon, beaucoup trop de scènes inutiles à l'histoire et les acteurs ne vont pas au bout de leur personnage, qu'on ne découvre pas très bien finalement.
une exception, la scène du renard à la perruque ; c'est très drôle (45 secondes sur 1h30).
De louloute.
enseignante | 22H58 | 29/12/2008 |
Dommage qu'au cinéma « le Liberté » à Brest, l'affiche de ce film ne soit absolument pas visible, ni à l'entrée extérieure du cinéma, ni dans le hall.
On voit l'affiche uniquement si on tourne le dos aux caisses, à tel point qu'au départ on voulait repartir.
Finalement il est bien projeté dans ce cinéma le plus discrètement possible… mais pourquoi donc ?
On a beaucoup aimé : humour décalé et jubilatoire,parfaite satire des temps modernes.Allez-y ! !
De titLuciole
procrastineuse | 23H02 | 29/12/2008 |
Un film qui sort des sentiers battus, à voir vraiment !
Les acteurs sont très bons, les personnages habités, drôles, pleins d'humanité, et beaux - contrairement @ ce que pense rémi.dordogne.
Le film joue sans cesse entre la morale (patrons voyous, solidarité entre les ouvrières, révolte contre la misère) et l'amoralité (scène de carnage où tout le monde y passe, bébé etc.). On rit de ce dont il est défendu de rire, on retrouve là l'esprit Grolandais et ça fait du bien.
De scoubidouhah
nobody | 23H43 | 29/12/2008 |
Autant le dire tt de suite : j'ai adoré !
ce film, c'est la revanche des minables… je sais pas pourquoi il m'a autant plu, alors que, la plupart du temps, quand un film est trop triste, trop sordide, j'ai tendance à décrocher parce que, la vie réelle est si triste, si décevante, que… quand je vais au ciné, c'est pour voir autre chose, pour me remonter le moral… mais là… décor triste, personnages les plus au fond du trou… c'est le 36eme dessous intégral, et pourtant… c'est tellement surréaliste dans la laideur et le découragement, que ça en devient beau, poétique…
J'ai surtout aimé le montage loufoque de Benoit Poelvorde, avec les 2 twins towers en miniature… et puis surtout, vers la fin, cet accès de révolte par Yolande Moreau : « t'en a pas marre, de cette vie, tu trouves que c'est une vie, celle qu'on mène ? »
C'est vrai, on en a tous marre de cette vie, et les vrais minables, ce n'est pas nous, ce sont tous ces golden boys et culs dorés qui mènent la danse au fin fond de leurs paradis fiscaux…
Bravo pour ce film ! ça m'a redonné la patate ! maintenant, j'ai une pêche d'enfer !
Vive Yolande Moreau ! Elle est trop géniale, cette fille !
à scoubidouhah
De Efim
metteur en songes | 01H51 | 30/12/2008 |
Comment tu peux dire des choses sérieuses en faisant rire ?
Comment tu peux parler de la crise sans être didactique ou anti capitaliste primaire ?
Comment tu prouves que t'as pas besoin de Depardieu pour faire un film ?
Comment parler des paradis fiscaux ?
Magnifiques personnages, et dérision cynique.
va falloir s'attaquer au capitalisme, et seul l'humour pourra vaincre le capitalisme.
Faut toujours penser au dictateur de Chaplin, oeuvre fondamentale qui fait encore rire sur Hitler.
et puis il y a une vraie surprise à la toute fin du générique, ne sortez pas trop vite.
Je déteste la formule « allez y »
Pas obligé. on a le droit de rester passif, endormi, asthénique et se faire cueillir par le capitalisme pendant son sommeil.
Ceux qui ont encore envie de mourir debout, pour eux c'est important.
à Efim
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 08H20 | 30/12/2008 |
C'est quoi la surprise à la toute fin du générique ?
Je suis parti avant , quel idiot je fais !
à Numerosix
De MAGENTA
Pesteux génétique | 10H10 | 30/12/2008 |
He bien c'est … et puis non , je le dis pas , après tout t'as qu'a y retourner ! ! !
à MAGENTA
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H15 | 30/12/2008 |
Bon , hé ben tant pis . j'en toucherai un mot à mes vrais amis rééls que je peux toucher ..
à Numerosix
De trobador
10H18 | 30/12/2008 |
SVP - ne répondez pas ici … pensez à ceux qui vont aller le voir ce film.
Merci.
De yan
loin | 05H04 | 30/12/2008 |
J'adore l'humour à la Groland.
Le message politique est sympa car tellement rare au cinéma.
Mais mise à part la bande annonce dans laquelle était toutes les bonnes scènes, je n'ai pas trouvé le film terrible.
De Léofil
08H58 | 30/12/2008 |
Euh, d'après l'affiche et Allociné, le titre du film est « Louise-Michel » avec un pitit tiret, et non « Louise Michel » comme vous le mettez en une.
C'était tout (le film lui-même, je ne l'ai pas vu ; )
De bwed
retraitée de l'Ed.Nat | 09H01 | 30/12/2008 |
En ces moments de grisaille, j'ai ri, beaucoup ri,…à en pleurer….
Oui c'est parfois un peu lourd,….mais,….on est dedans….le sujet nous touche, et on ne peut résister….
J'ai apprécié le clin d'oeil à Godin, au Familistère, aux petits chemins de Thiérache, à l'assiette de fromages, et à cette Naissance à Jersey, et donc aux références freudiennes dans un humour à vous décoiffer ( réf : le rire de Louise devant le poste de TV, en l'écrivant je ris encore.
MERCI ….
De pete sampras
étudiant | 10H13 | 30/12/2008 |
Il n'y a bien qu'en France ou les gens adorent un film ou l'on tue un patron…
http://carpediempolitique.hautetfort.com
à pete sampras
De trobador
10H36 | 30/12/2008 |
Forcément, vous ne pouvez pas aimer ça ! (je suis absolument sur que vous ne l'avez pas vu et n'irez pas le voir).
Je viens de faire un tour sur carpediem politique (carpediem - c'est particulièrement mal choisi pour des pisses froid).
J'ai quité ce site des que j'ai lu :
Blogs (aux idées intéressantes…) --> (entre autres) UMP - blog FILLON et j'en passe…
à trobador
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 12H24 | 30/12/2008 |
C'est pas des pisse froid ,C'est pire que ça . Je crois que c'est le genre hyper libéral completement dingue , style , il faut mettre n » importe quoi en vente libre du moment qu » il y a un marché ( l » héroine , vos organes à greffer , votre petite soeur etc etc )
Si c'est pas ça , Je m'excuse , hein , j » ai pas vraiment lu , rien que de voir le mot libéral apres les conneries d » escroquerie a grande échelle et de crises économiques et sociale qu » ils nous ont fait , et qu » ils osent encore parler au lieu de se cacher , ca me fout le bourdon ..
à pete sampras
De trobador
10H38 | 30/12/2008 |
Sinon-j'espère bien qu'ici, au Québec on aimera aussi !
De Fantou
11H32 | 30/12/2008 |
Merci d'avoir corrigé mes fautes ; -)
De gustavinho
salarié | 14H17 | 30/12/2008 |
Ce film sera bientôt un film culte, intelligent, burlesque, nonsense,
peu de poncif (on n'est pas chez les chtis) peu de temps morts, superbement interprèté, pas de lourdeur - ce qu'on aurait pu craindre chez Groland - et peut être revu une deuxième fois avec plaisir, ce qui est rare pour un comique français ; il est mêmeun peu british, dans le bon sens du terme.
De ernesto68
23H25 | 30/12/2008 |
Un doux rêve en pleine agitation révolutionnaire dans les esprits
De Gregtrash
Administrateur - spectacle vivant | 15H01 | 31/12/2008 |
Nous étions deux à attendre la diffusion de ce film après l'avoir loupé au Festival du Film de Quend en septembre dernier…
Grosse déception.
Une accumulation de sketches mal ficelés écrits pour des guest stars qui n'apportent eux-même pas grand chose au film.
J'imaginais que Yolande Moreau et Bouli Lanners allaient donner de la profondeur au burlesque exubérant et parfois drôle des réalisateurs.
Malheureusement nous avons retrouvé Yolande Moreau qui n'aligne pas trois mots - mais en fait c'est un homme - et Bouli Lanners, looser travesti, qui fini sur la table d'accouchement (quelle pirouette ! ) après s'être saoulé avec le champagne du patron assassiné…
Je suis sorti de la salle avec l'impression d'être pris pour un imbécile.
Le ressort truculent du comique ne masque pas le manque d'intelligence dans l'écriture.
J'espère que ce sera mieux la prochaine fois.