
« Two Lovers », film bipolaire : mi-navet, mi-chef d'œuvre

« Two Lovers », de James Gray, est un film qui ne laisse pas indifférent nos riverains : pour les uns, c'est un chef-d'œuvre d'une force formidable, pour les autres, un mièvre mélo. A part un « bof » (émis par chent, carbobilanisé), les jugements sont tantôt extatiques, tantôt enragés.
« Du cinéma beau à chialer »
Laissons d'abord à un fan absolu, MisterMagoo (qui a été pris à la gorge « dès le premier plan ») le soin de résumer l'intrigue :
« Leonard (Joaquin Phoenix, époustouflant), homme entre la trentaine et la quarantaine post-ado, un peu gauche et mal à l'aise dans son corps, est revenu vivre au foyer familial à Brighton Beach suite à un chagrin d'amour qui l'a rendu dépressif. Il va devoir faire face à un nouveau conflit affectif : se déterminer entre Sandra (Vinessa Shaw, tout en retenue), femme protectrice et sage que ses parents aimeraient le voir épouser et Michelle (Gwyneth Paltrow, belle à mourir), sa voisine qu'il vient de rencontrer, instable et fragile, terriblement attirante. L'amour raisonné qui s'inscrit dans la réalité ou la passion dévorante qui vous crève le cœur de ses maux déchirants et abstraits.
“Course contre la montre, course contre la mort de soi, Leonard se découvre dans les multiples reflets de ce qu'il est, de ce qu'il peut être et de ce qu'il va devenir.”
Bref, pour MisterMagoo, c'est du “cinéma beau à pleurer, du cinéma beau à chialer”.
Comme MisterMagoo, JDep est lui aussi ressorti secoué :
“Les ingrédients sont ceux d'un vaudeville, ou d'un Woody Allen, mais c'est tout autre chose que nous donne à voir et à éprouver ce film, dont une dernière superbe scène, le soir devant la mer, nous laisse dans un curieux état de détresse et de réconfort mêlés.”
Homemade déconseille ce film aux personnes qui sortent d'une histoire d'amour compliquée :
“C'est convaincant, voire bouleversant, et pourtant c'était plutôt casse gueule comme script, vu la banalité de la situation. Il y a une continuité dans la façon de filmer au plus près les émotions des personnages, par rapport à ses précédents films, donc pas vraiment de rupture : ceux qui aiment James Gray aimeront ce film. Et sortiront le coeur brisé de la séance.”
Bearboz, illustrateur, a adoré l'interprétation “sur la corde raide” de Joaquin Phoenix :
“Il semble suffisamment barré pour qu'on le croit capable de tout : suicide, meurtre passionnel, braquage de pressing… Et des actrices à même de poser les questions cinéphiliques essentielles : ‘Tu préfères la blonde ou la brune ? '’
‘Au secours Woody reviens ! ’
Passons aux anti. Charonnewood, consultant socio-économique, ne comprend pas comme ce ‘navet’ a pu être autant encensé par la critique. Il dit avoir ‘perdu son temps’ et appelle à résister à la ‘pensée unique’ :
‘Des poncifs à gogo. C'est ça l'american dream ? C'est ça les rapports homme/femme ? Au secours Woody reviens ! ’
SIM93, infirmiere en psychiatrie, est elle aussi sortie ‘en colère’ (ça lui fait ça quand elle voit un film qu'elle considère comme un navet). ‘Two Lovers’ est un film ‘surfait’ à propos d'un sujet ‘abordé mille fois’, avec des dialogues ‘d'une bassesse abyssale’… Autre riveraine en colère, zazou.y, architecte, juge le film ‘long et plat’, ‘et en plus ça arrive à vous coller une bonne angoisse ! ’. legrosschmoll a trouvé Phenix ‘très bon’ et la photographie ‘excellente’ mais le scenario est selon lui ‘insipide’, à la limite du théâtre de boulevard”.
“'Friends” contre Hitchcock/Bunuel »
Pourquoi trouve-t-on soit des fans béats, soit des contempteurs radicaux ?
valzeur, quidam, avance une explication :
« Comme son héros maniaco-dépressif, “Two Lovers” a deux versants -l'un qui lorgne vers la sitcom, l'autre du côté de l'auteurisme à trauma intégré– “Friends” contre Hitchcock/Bunuel. »
En gros : « Friends » pour les les décors new-yorkais génériques, les personnages immatures… Hitchcock/Bunuel pour le voyeurisme généralisé et la figure féminine séparée en deux :
« Difficile d'unifier ces deux univers et “Two Lovers” progresse en scènes paires et impaires (…). Grippant par endroits, la mécanique du film tient par la qualité des acteurs et la fluidité de la mise en scène friande en chutes et syncopes dont on se relève toujours. On peut reprocher un usage occasionnel de la mièvrerie en guise de lubrifiant mais le film a dans sa poche des atouts bien plus forts -un sens magistral de la séquence qu'elle soit down (la tentative de suicide inaugurale) ou up (la fête extravertie dans la boîte). »
Selon lui, une scène justifie à elle seule le film :
« A-t-on vu plus belle scène de séduction cette année que le moment magnifique où Vinessa Shaw séduit un Phoenix sur sa réserve avec une SEULE phrase de retrait “On n'est pas forcés de se voir' ? ”
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De fboubert
france | 23H03 | 24/11/2008 |
film navrant , quelle catastrophe , il y a longtemps que je n'avais pas vu un film aussi creux , vide et en plus tres mal joué …..trés etonnant
à fboubert
De charlotte cordier
01H02 | 25/11/2008 |
Pas d » accord avec vous , je trouve que ce film est plutot bien fait
ce garçon , qui ne sait pas trop ce qu'il veut , depuis que sa fiancée est partie pour icompatibilité médicale ,
des indécis de ce genre , il y en a pas mal , et cela se termine plutot bien
conclusion , j » ai aimé …comme le précédent du réalisateur , la nuit nous appartient………….
à charlotte cordier
De sup. à la demande du riverain 24.09.09
12H41 | 25/11/2008 |
C'est marrant, quand on présente un film plutot réaliste sur les rapports amoureux, la banalité des situations « clichés », les dialogues « creux », la brune, la blonde etc…, on pousse de grands cris, mais c'est comme ça que ca se passe ! C'est pour ça que c'est un film intéressant et émouvant et pas un tire-larme complaisant. James Gray n'a jamais aussi bien porté son nom.
De Camille
Mauvais genre | 23H10 | 24/11/2008 |
J'étais plutôt enthousiaste, le titre me paraissait faire entrer le film dans mes sujets de prédilection… Quelle déception !
Ce film est long, long, long, long comme un jour sans fin. Les quelques bonnes scènes ne valent pas l'attente. Le scénario, en très résumé, aurait pu être intéressant (qui on aime, pourquoi, est-ce qu'on quitte jamais sa femme pour sa maitresse, la symbolique des cadeaux, mariage d'amour ou de raison, etc… ) mais j'ai failli m'endormir au milieu.
Comme les salles devraient être vides et que ce film est long, c'est, comme dirait Michel Berger, très bien d'aller au cinéma « pas pour le film mais pour ce qu'on y fera »…
à Camille
De MisterMagoo
Haut, bas et fragile | 09H09 | 25/11/2008 |
Eh bien, vous voyez, à la sortie de ce film que vous avez manifestement trouvé profondément chiant, je n'avais qu'une envie, une furieuse envie même…de faire l'amour pendant des heures, d'atteindre l'orgasme avec une inconnue qui passe.
à MisterMagoo
De Camille
Mauvais genre | 09H32 | 25/11/2008 |
: -) Tant mieux, j'aime bien les gens heureux
De abfaboune
23H11 | 24/11/2008 |
Heu, c'est écrit où que c'est un chef d'oeuvre ?
J'ai failli partir. Mais bon, je me suis dit, un truc va bien se passer avant la fin.
Ben non.
La pire scène est le moment où il vient voler un baiser à la blonde endormie. Gros travelling avant du réalisateur, genre « tention les gars, y va se passer un truc ». Ben, je sais pas, embrasser une fille qui dort qui ne nous a jamais laissé le faire avant, c'est pas correct non. Pourquoi légitimer ça avec un mouvement de caméra ? Aucune idée.
En ce qui concerne le casting, la brune est tout aussi (plus à mon avis) hot que la blonde. Sérieux, Vinessa Shaw, elle est sublime. Là ça va pas du tout. « Faudrait au moins qu'elle soit un peu moins moche que la blonde pour que ça ait du sens. Mais mieux, non là.
La scène drôle : il jette la bague. Pas dans l'eau. Nan, c'est marée basse. Elle retombe sur le sable. Pitoyable.
De azerty69
ExecutieveBranleur | 23H21 | 24/11/2008 |
Il y a un GROS problème de casting et de définition des personnages…
La femme (michelle la voisine) qui devrait être la femme fatale, la femme qui vous fait perdre la tête, belle a en mourir, énigmatique, qui vous entraine avec elle dans sa folie… N'est qu'une blondasse coton tige, pas vraiment belle, mièvre et à peine sortie de l'adolescence à débiter des bétises sur les méchants hommes mariés… UN peu Kevina d'elie semoun.
La femme (sandra la brune) sage qui devrait être juste un faire valoir, sans grande beauté, un peu plan plan, n'apportant qu'un couple de tradition… se retrouve être belle, déterminée, tendre, compréhensive, attentionnée…
Des la première partie du film je suis (moi le spectateur) déjà « amoureux » de sandra et « horripilé » de michelle. Ca n'aurait pas du être le contraire ? De là, le film n'est qu'une suite de gnangnanterie.
à azerty69
De CyrilM
22H20 | 25/11/2008 |
C'est assez drôle de vous lire, lisez « mensonges romantiques et vérités romanesques » de R. Girard et vous comprendrez pourquoi le physique ici n'a strictement aucune importance (les deux filles ici sont dans tous les cas magnifiques). Vous êtes dans l'erreur romantique (le sujet est la source du désir) alors que le film, parfaitement juste est dans la vérité romanesque (le désir est produit par l'obstacle ou par le désir d'un autre). La vérité de la vie tout simplement, c'est comme ça que ça se passe dans la vraie vie, arrêter de vous raconter des histoires. Ce film est un très grand film, d'une justesse incroyable. Souvent quand les avis sont bipolaires, l'histoire retiendra quand on y reviendra que c'était un chef-d'oeuvre incompris de beaucoup à l'époque : -)
à CyrilM
De azerty69
ExecutieveBranleur | 09H31 | 26/11/2008 |
Y'a bien une vingtaine de film par an qu'on nous sort : « Plus tard on s'apercevra que c'était un chef d'oeuvre ou film mytique »… Et on oublie ces films 6 mois après leur sortie et leur même pas 500.000 entrées.
Je réitère : ce film est un truc pour les lectrices de « Elle » et « marie claire », voir « Ok Magazine » tellement michelle semble dans une crise d'ado.
De Al-Ice
-_-' | 23H23 | 24/11/2008 |
Bon. La rubrique de Rue89 va trop vite pour moi. je ne suis allée voir l'échange (très très bien, presque pas pleuré) qu'hier… pas le temps de suivre !
à Al-Ice
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 23H47 | 24/11/2008 |
Moi j » ai beaucoup plus de retard : je suis allé voir « L » arrivée d'un train en gare de la Ciotat » . même pas peur !
à Al-Ice
De parti
punishment park | 10H47 | 25/11/2008 |
presque pas pleuré non plus…l'échange, quel beau film…
De E.K.
+ | 23H26 | 24/11/2008 |
Le mec dans le film il a l'air super sensible inutilement, rien que sur l'affiche les femmes sont derrière lui et lui il regarde par terre (joke) comme si il allait trouver la solution à son pseudo problème sur le trottoir. Brefons si il aimait vraiment il n'hésiterai pas quand on aime on aime pas 2 femmes. Le plus dangereux dans tout ça c'est que ce genre de film glisse dans l'esprit des plus faibles des conceptions dangereuses de l'amour. Je lisais qu'une femme disait qu'il ne faut pas aller voir ce genre de film quand tu sorts d'une séparation ? Soit tu es séparé soit tu ne l'es pas, moi je trouve que trop c'est trop, s'inventer des problèmes inutiles et des conceptions de l'amour sur fond de haine ça mène à avoir le même regard que ce mec à 40 ans, dépressif sensible à souhait.
Moi je dis une bonne baffe dans sa nuque ça lui mettrait les yeux en face des trous.
Ps je ne suis pas encore allé voir.
à E.K.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 23H53 | 24/11/2008 |
Trop fort le Ps . tu m'as bien eu , E.K !
De démocrate35
00H33 | 25/11/2008 |
Et bien, moi, j'ai bien aimé. On sent la pesanteur des non-dit dans cette famille juive new-yorkaise, la voie tracée par les parents que devra(ait) suivre le fils. On sent la timidité maladive jouée admirablement par Joaquim Phenix, le traumatisme d'une séparation…Tout dans le confinement…la promiscuité.C'est sûrement pas un film fait pour plaire à tout le monde. Mais les goûts et les couleurs…
De charlotte cordier
01H05 | 25/11/2008 |
TOUT a fait d » accord avec democrate 35
De Pouffpouff
En activité | 14H50 | 25/11/2008 |
Moi j'ai bien aimé mais je n'ai pas compris pourquoi il fallait que cela se passe dans une famille juive. Financement, réglement de compte vis à vis de la famille du réalisateur ?
à Pouffpouff
De mniosi
journaliste | 00H37 | 26/11/2008 |
Pourquoi ça ne se passerait pas dans une famille juive ? Peut-être qu'il aime filmer ce milieu c'est tout.
James Gray est un réalisateur qui a ses marottes. Faut-il vraiment le psychanalyser pour apprécier le film ? Ou y voir une référence à l'argent, ce qui en dit plus sur vous que sur lui…
à mniosi
De Pouffpouff
En activité | 10H30 | 26/11/2008 |
Non cela en dit plus sur lui que sur moi.
Moi j'aurais plutôt mis l'histoire dans une famille chinoise ou latino. Mais Gray a bien choisi une famille juive.
Votre insinuation est malsaine.
De Anabase
chti | 19H09 | 25/11/2008 |
un dilemme amoureux, c'est le matériau de base de l'histoire romantique, ça doit exister à 1 trillon d'exemplaires. C'est bien raconté, il y a quelques bizarreries déjà relevées par les précédents, puis la fille qui tombe enceinte sans le faire exprès d'un type qu'elle doute qu'il soit sincère avec elle, c'est les étasunis, ils n'ont pas la pilulle dans les pays à majorité démocrate, pauvres. Bon, ça vaut toujours mieux de voir ça que de se casser une jambe sur un trottoir verglassé.
De Kassandr
21H48 | 25/11/2008 |
Film hyperéalistes sur les amours râtés d'un homme phagocyté par son milieu social et familial.. les lâchetés et mensonges ordinaires d'une vie déprimante !
Flippant ce film,
Conclusion : mieux vaut être un célib tête froide que de s'embarquer dans un mariage par conformisme social : dépression assurée !
De JM Leforestier
correspondant local de presse & étu... | 01H39 | 26/11/2008 |
Je n'ai pas vu le film mais par certains aspects, vos commentaires me font penser au dernier Woody Allen vicky christina barcelona… Qu'en pensez-vous ?
à JM Leforestier
De Pouffpouff
En activité | 10H32 | 26/11/2008 |
Je n'y retrouve pas les minauderies de Johansson.(insupportables).
De Susanna
13H17 | 29/11/2008 |
Donc, parce que 50% des gens le trouvent nuls et 50% excellent, c'est à moitié un navet et à moitié un chef-d'oeuvre ?
Pour départager les indécis, vous devriez mettre en place un numéro surtaxé - « Pour éliminer Renoir, tapez le 1. Pour éliminer Tarkovski, tapez le 2 ».
Ca serait complet.