13/11/2008 à 14h40

Votre critique ciné : « L'Echange » de Clint Eastwood

Arnaud Aubron | Les Inrocks (et ex-Rue89)


Angelina Jolie dans ’L’Echange’ (Universal Pictures)

Petite originalité cette semaine : votre critique ciné ne démarre pas le mercredi mais le jeudi... Pourquoi, me demanderont les esprits les plus curieux ? Parce que nous avons tout simplement oublié !

Cette question préliminaire mise de côté, petit rappel des règles du jeu : nous vous proposons un film à aller voir ; vous y allez (ou pas) et vous nous proposez en rentrant votre propre critique (même si certains continuent à critiquer avant d’aller voir le film, pourquoi pas...). Attention toutefois : votre critique doit être étayée tout en ne dépassant pas 1 500 signes. Ramassage des copies lundi à midi.

Passons maintenant au choix du film. Nous avons retenu cette semaine « L’Echange », avec John Malkovitch et Angelina Jolie. La présence de cette dernière n’est pas l’unique raison de notre choix. Il y a aussi le nom du réalisateur, Clint Eastwood, qui n’a pas fait que des navets depuis qu’il est passé derrière la caméra.

Le pitch, basé sur un fait divers : dans l’Amérique des années 20, une mère se heurte à l’inertie d’institutions corrompues pour récupérer son fils qui a disparu. Mais vous en saurez plus en regardant la bande-annonce. (Voir la vidéo)

Photo : Angelina Jolie dans ’L’Echange’ (Universal Pictures)

  • 14782 visites
  • 39 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • JDep
    • Posté à 16h09 le 13/11/2008
    • Internaute 40602

    L’histoire (vraie) de Christine Collins, mise en scène et en musique par Clint Eastwood, aurait en d’autres mains pu tourner au mélo : la disparition, dans les années 20, d’un enfant élevé par sa mère (Angelina Jolie) plaquée, belle et travailleuse ; une police mafieuse qui par vanité la somme d’agréer pour sien un gamin ressemblant au vrai ; le combat de Christine pour la vérité ; sa séquestration dans un asile ; sa rencontre avec le présumé bourreau de son fils, épouvantable à souhait ; le harcèlement d’un policier sadique, d’un psychiatre…

    Clint Eastwood a compris que le public a besoin d’histoires, avec suspense, rebondissements, confrontations, luttes, peurs, émotions… Que le véhicule est trop précieux pour le laisser dans les archives des ciné-clubs. S’il règle ici son compte à la police du Los Angeles de 1928, c’est qu’elle incarne l’abus de pouvoir et le mépris. Et que, de ce gang légal appointé pour terroriser et s’enrichir, de simples citoyens ont pu avoir raison : une jeune mère sans autre appui qu’un pasteur militant (John Malkovitch), quelques lambdas décidés à lutter coûte que coûte… D’un côté de parfaites brutes qui tiennent la ville, de l’autre des braves gens, comme dans les westerns.

    Le résultat est à la hauteur de l’ambition. Il y a dans L’Echange la densité, l’humanité, l’équilibre de l’univers d’un John Ford. Le bonheur qu’on en reçoit est de la même qualité. Dans la lignée des grands classiques, Eastwood n’use ni d’effets spéciaux ni des autres artifices habituels. Il prend le temps d’installer son décor, son personnage central dans ses habitudes, puis dans un cauchemar peu à peu maîtrisé. Du grand art.

    Lien

  • Yémanja
    Yémanja
    Dans l'eau
    • Posté à 19h26 le 13/11/2008
    • Internaute 15640
      Dans l'eau

    Nous l’avons vu hier soir, ce film est tout simplement (selon nous) le meilleur de l’année 2008 !
    Clint est un GRAND, tant dans la direction d’acteurs (Angélina J. & John M.) que dans la photo ou les plans rapprochés qui sont parfait...
    En plus (et ce n’est pas souvent le cas) la traduction du film dans les sous-titres est très très bonne (ce qui n’est pas le cas du dernier Woody).

  • Dalian Noir
    Dalian Noir
    Expatriée
    • Posté à 20h11 le 13/11/2008
    • Internaute 51081
      Expatriée

    J’ai vu le film mercredi et il est vraiment très bien. Je le conseille. Je suis étonnée de voir que pour une fois, la critique ciné porte sur un film de bonne qualité (pas comme Go Fast, ou La posibilité d’une île que je ne suis pas allée voir et que pour rien au monde je n’irai voir !).
    Angelina Jolie est une super actrice. Elle joue magnifiquement... même s’il arrive un moment où on se demande si son rôle n’est pas seulement un rôle de pleureuse parce qu’elle en verse des litres de larmes dans le film ! Malkovich joue super bien aussi, comme d’hab. Mais Angelina Jolie tient vraiment là un rôle qui lui permet de montrer son vrai talent(ce qui n’était pas le cas dans Tomb Raider...).
    Bref, à aller voir ! L’histoire, les décors, les costumes, tout est parfait. Clint, t’es un super réalisateur ! !

  • Canadien_volant
    Canadien_volant
    Waterloo... Morne plaine
    • Posté à 23h13 le 13/11/2008
    • Internaute 39993
      Waterloo... Morne plaine

    Peut-on faire un commentaire quand on n’a pas vu un Film ? ...
    Je pense que la grande qualité d’Eatswood est son œuvre. On peut en effet employer ce terme car il raconte l’Amérique à travers ses films, choisissant des personnages, des lieux et temps différents mais toujours représentatifs. Même le « Maître de Guerre », a priori une énaurme daube sur les militaires, se sortait du guêpier en nous jouant au second degré des dialogues truffés d’expressions stéréotypées. Ces dialogues nous disaient que le film ne racontait pas uniquement comment les USA, forts de leur puissance, écrasaient les Cubains à Grenade. Parmi ce qui restera sans doute de l’Amérique du XXeme siècle, les films d’Eastwood entreront dans la mémoire visuelle. Il serait intéressant de tracer la galerie de ses personnages centraux, femmes (« one Million $ baby ») et hommes (« Dans les jardins du bien et du mal »)...

  • Mathieu N.
    • Posté à 11h31 le 14/11/2008
    • Internaute 11330

    J’ai trouvé ce film très bien fait. La réalisation est impeccable, à l’image de son créateur, aussi bon à l’écran que derrière la caméra.

    Il y a une ambiance dans les films de Clint Eastwood qui est authentique, une musique qui sert l’intrigue, et porte les acteurs vers la perfection.

    Angelina Jolie incarne une femme déterminée, aimante, et seule qui est prête à tout pour faire éclore des réalités sociales propres à cette Amérique de la fin des années 1920, où la corruption et le machisme sévissent dans les plus hautes sphères du pouvoir politique et policier.

    Derrière ce combat, l’amour d’une mère qui rentre un soir chez elle, et dont le fils a disparu...

    Le reste est à découvrir sur place.

    C’est un film poignant qui vaut le déplacement. Ne serait-ce que pour son réalisateur qui est une leçon de cinéma, et de l’histoire du septième art.