« Vicky Cristina… » : du plaisir malgré un mauvais Allen
La critique (professionnelle) a désigné le dernier Woody Allen comme un « grand cru » du cinéaste new-yorkais. Autant le dire d'emblée, pour les riverains de Rue89, le breuvage n'est pas le meilleur millésime, même si ce film ayant pour cadre l'attrayante ville de Barcelone suscite plutôt l'enthousiasme des spectateurs comme 3Xrien
:
« C'est bizarre des critiques de film par de gens qui ne l'ont pas vu, le film… a priori j'étais d'accord avec eux, “le vieux qui veut parler de sexe”, “les clichés américains sur l'Europe”… mais je me suis retrouvée devant l'écran et j'ai passé un très bon moment : la vie, le vin, le sexe pour le plaisir d'être en vie, les autres, la Vie, la Vie, la Vie… c'était bien… »
Il faut dire que le sujet -un trio amoureux explosif- a de quoi divertir en ces temps de morosité sociale.
« Si Woody avait fait le film à Paris, ça aurait donné le Luxembourg ou les Tuileries, Notre-Dame, Rivoli, le Louvre et Pigalle… »
Reprenons l'histoire à Barcelone. Annoncé comme la grande nouveauté de ce Woody Allen, la plongée dans la ville catalane a plutôt déçu les aficionados. Abdoucondorcet, par exemple, a trouvé la visite pleine de clichés :
« J'ai lu que Barcelone était un personnage du film : tout ce qu'on en voit, c'est le parc Guell, la Sagrada Familia, les Ramblas, le musée de Catalogne et les putes du Barrio Chino. Si Woody avait fait le film à Paris, ça aurait donné le Luxembourg ou les Tuileries, Notre-Dame, Rivoli, le Louvre et Pigalle… Je vous laisse juges. »
Même constat -vécu- pour Booli, qui habite à Barcelone depuis peu :
« D'abord, il est clair que, comme le titre l'indique, Barcelone est un personnage à part entière du film, et pourtant les images offertes par Woody Allen sont chargées de clichés méditerranéen, et il faut bien avouer que vivre à Barcelone ne ressemble pas vraiment à ce que l'on voit dans le film. (…) De plus, le personnage de Penelope Cruz, loin de représenter cette icône sexuelle latino, est plutôt perçue comme une espagnole hystérique et pour le moins comique. »
Julos, qui a aimé le film, y voit plutôt une sorte de plan allégorique à l'œuvre :
« Barcelone, c'est aussi le principe de plaisir, tandis que l'Amérique, en arrière-plan, serait le principe de réalité. »
Woody Allen aurait donc gagné son pari d'aborder le monde latin, après son escale londonienne.
« Il nous raconte ce que l'on voit. Au cas on l'on soit trop cons pour comprendre ! »
Plusieurs internautes n'y vont pas de main-morte : ils se sont ennuyés. Vraiment ennuyés, comme Jack Sullivan
:
« Quel ennui ! Je n'avais pas ressenti ça chez Allen depuis “Melinda et Melinda”. *bâille* »
Ou comme Maridan qui met en cause, avec humour, le principe de narration du film -la voix off- peu apprécié de la majorité des spectateurs :
« Hélas, hier, je me suis endormie deux fois. Incroyable, ce film est un travail de débutant redondant. Il nous raconte ce que l'on voit. Au cas on l'on soit trop cons pour comprendre ! (…) Enfin ce qui est consolant, c'est que les mecs au lit sont performants, ça console, on espère que ça n'existe pas qu'au cinéma. Fantasme allénien ? »
Allongez-vous sur le divan, on va en parler tranquillement…
« La troublante impression que Woody Allen avait tout compris de l'impossibilité de l'engagement amoureux sans arrière pensée »
De ce flot de mauvaises impressions ressortent aussi quelques pépites. Jack Sullivan, encore, qui avoue une fascination pour le personnage de Penelope Cruz, unanimement saluée par les riverains :
« Finalement, le seul personnage réellement intéressant est celui de Penelope Cruz… et c'est elle qu'on voit le moins ! Elle est tellement belle, excitante et vibrante que les autres protagonistes du film semblent condamnés à vivoter dans son sillage en quémandant un peu de son rayonnement. »
Pour d'autres, ce nouveau Woody Allen s'inscrit bien dans la filmographie du cinéaste américain par sa façon de capter l'air du temps. Flora a vibré face à la démonstration philosophique :
« “Vicky Cristina Barcelona” est un film dont je suis ressortie avec la troublante impression que Woody Allen avait tout compris. Tout compris de l'impossibilité de l'engagement amoureux sans arrière pensée. (…) “Barcelona” nous montre avec une acuité presque agaçante le caractère éphémère des sentiments et des relations, et l'incapacité de l'être humain à vivre une relation amoureuse durable sans réticences. »
Julos aussi a été happé par l'habileté du faiseur d'images qui explore les tourments de l'âme de ces personnages :
« Depuis longtemps Woody explore l'espace de jeu que nous pressentons tous exister entre principe de plaisir et principe de réalité. (…) L'une sait ce qu'elle ne veut pas mais ne sait pas ce qu'elle veut, l'autre croit savoir ce qu'elle veut… jusqu'au moment où être désirée par un autre homme fait vaciller son propre désir ; et l'homme en question tente de fuir la femme “fatale” en séduisant l'une puis l'autre, puis toutes. Car il lui les faut toutes, à celui-là ! Séducteur, artiste-peintre mais complètement paumé sur le plan affectif ! »
Enfin, oursonne semble conquise par l'exercice (faut-il en demander plus à un film ? ) qui lui a même donné quelques idées :
« J'ai eu un plaisir fou à voir ce film, drôle, désespéré parfois, qui donne une envie folle à quelqu'un comme moi de soixante ans de perdre trente ans, d'aller me promener à Barcelone, et de faire l'amour avec des peintres espagnols, après avoir bu du vin sur une place de Barcelone… »
Laissons la conclusion à deux internautes. La première, Audrey Garric, nous a envoyé ses dix motifs de déception en sortant de la salle. Le dixième résume tous les autres :
« En conclusion, être célèbre et mettre à l'affiche des grands acteurs ne garantit pas de réaliser à chaque coup un chef-d'œuvre. En témoignent les récents et très décevants “Scoop” (avec Scarlett Johansson et Hugh Jackman) et “Le Rêve de Cassandre” (Colin Farrell et Ewan McGregor). »
Quant à Vincentm, une heure et demie dans le noir lui ont fait retrouver le goût des vacances passées :
« Je suis tombé par hasard sur le tournage en été 2007 en visitant le musée d'art moderne de Barcelone et je me suis évidemment précipité en salle lors de la sortie.
J'ai trouvé le film léger, plutôt drôle, rafraichissant, et sans grande prétention.
J'ai passé un bon moment, mais j'étais certainement un peu conquis d'avance pour avoir assisté au tournage d'une scène complète, que j'ai guetté tout au long de la projection !
Ça n'est certainement pas le meilleur Allen jamais vu, mais il m'a laissé une bonne impression. »
Un peu comme un bon rosé qu'on savoure avec délice en été et qui, une fois l'automne venu, a perdu de sa profondeur.
Photo : Javier Bardem et Rebecca Hall (DR).
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De intrepide77
12H08 | 13/10/2008 |
les commentaires ne sont pas si mauvais finalement !
je vais me faire le film avec ma chérie .
De willstephi
12H43 | 13/10/2008 |
« La critique (professionnelle) a désigné le dernier Woody Allen comme un “ grand cru ” du cinéaste new-yorkais ».
Cette donnée de base de l'article ne me semble pas si évidente : Libération n'a pas vraiment aimé le film, Le monde, bien que l'ayant mis en ouverture des pages cinéma et en couverture pour accompagner « l'événement : le nouveau Woody Allen » ne le classe que dans les films « à voir », 2è catégorie donc. Il est vrai que les cahiers du cinéma et Positif critiquent bien le film. Et Télérama, qui est de plus en plus enclin à satisfaire son lectorat, en fait la couverture mais il s'agit de loin de leur auteur préféré avec Ken Loach.
Métro, 20 minutes, Le parisien, le journal du dimanche, Elle, sont sans doute des critiques professionnelles (il sont payés pour cela) mais relaie avant tout le caractère événementiel que le distributeur du film a réussi à mettre en place…
« La frontière de l'aube » de Philippe Garrel sorti la même semaine que le Woody Allen, recueille autant voire plus de lauriers dans Le monde (où il est classé « excellent », donc 1ere catégorie), Libération, Télérama, Les cahiers du cinéma, Les inrocks, et même Elle…
Mais dans les medias grand public, le film n'existe pas ! !
Rien sur le film dans Le journal du dimanche, Metro, 20 minutes, le parisien…
Les media « grand public » ont décidé a priori que le film ne correspondait pas à leur lectorat et les autres (Le monde, Télérama) préfèrent donner plus d'espace au film de Woody Allen alors que leur critique est meilleure pour le film de Philippe Garrel ! !
Quelle est la place aujourd'hui dans les medias de la critique en tant que telle et celle de la promotion, pour caresser son lectorat dans le sens du poil ? vaste question…
D'ailleurs Rue89 a choisi d'ouvrir le débat sur le film de Woody Allen et non sur celui de Philippe Garrel, accompagnant ainsi le mouvement général.
à willstephi
De orties
18H44 | 13/10/2008 |
ca, c'est une revue de presse ou je ne m'y connais pas ! ! !
à willstephi
De supprimé à la deande du riverain 14.01.10
.... | 20H33 | 13/10/2008 |
ce commentaire est le stéréotype du riverain de base : sectaire, sûr de lui, et qui s'intéresse a l'art en y mettant des rapports de force, du politique, de l'économique. La critique tombe dc a l'eau. Au fond votre critique vise a vous promouvoir : si je n'aime pas ce film j'ai de bonnes raisons, voyez j'ai été capable d'aimer le dernier Garrel. Ce qui est bon est caché, loin de la télé (sous entendu seuls les individus exemplaires sont susceptibles de trouver). Le cahier a aimé, télérama aussi. Ce sont les meilleurs critiques, non pour le prestige de leur enseigne mais pour la qualité de l'argumentation de leurs journalistes. LES INROCKS c'est trop soucieux de distinction sociale, et donc prisonnier de son lectorat, bien plus que ce que vs dites de télérama. Le serpent se mord donc la queue : vs ne voyez pas que ce qui va ds votre sens, et si ce n'est pas le cas, cest que Télérama défend son bébé. Un peu facile. De plus, les médias grands publiques n'ont pas vocation (sauf ds un monde utopique) a parler de films d'auteurs puisqu'ils s'adressent a bcp et que dc ils faut fédérer. En leur temps les films de Carax ou d'autres ne bénéficiaient pas de couvertures méidatiques.
Je crois que sur ce site, et vs le percevez bien, la tendance générale des lecteurs est de dire : non ce film n'eest pas bien, il y a mieux, regardez : Garrel ou autre, je m'en fout. Distinction sociale, quand tu nous tiens…..Paradoxalement, vs vs faites, par votre commentaire, un fidèle servant de la doxa des riverains (majoritaires)
à willstephi
De azerty69
ExecutieveBranleur | 08H56 | 14/10/2008 |
EN accord.
Un journal publie d'abord en fonction de ces annonceurs et de ces lecteurs. Critique ciné ou quoi que ce soit d'autre.
- Comment avoir une interview immédiate ou futur de acteur X (aimé du public et qui fera monter les ventes du journal) si vous descendez les films de X.
- Il est amusant de voir dans les journaux féminins (Elle) que la critique est très indulgente pour les films « pour femme » (cliente, vinyan, entre les murs, coup de foudre a rhode island, la vie devant ses yeux…) et très dur pour les films « masculins » (boum boum, vroum vroum et pan pan)
- Dans les journaux dit « intello » dur dur de dire du mal des films de woody
- Dans les journaux de gauche, la pire merde de film mais traitant un sujet humaniste/écolo sera encensée.
De Susanna
13H01 | 13/10/2008 |
Qui signe cet article ?
Qu'est-ce que cette « critique (professionnelle » ?
Une entité ?
Et qu'a-t-on à faire de l'avis de « la critique » ? ? ?
Par des articles comme celui-là, vous contribuez à appauvrir encore un peu plus le débat culturel.
Il serait temps de vous souvenir que la France a une grande tradition en matière de critique de cinéma, et que, quel que soit le signataire (compétent) d'un texte, qu'il appartienne à Positif, aux Cahiers, à Libé, etc., etc., une signature nous dit qui nous parle et de quoi.
Quand je lisais au bas d'un texte que je m'apprêtais à lire (je sais, je caricature) « Serge Daney » ou « Michel Ciment », il me semblait faire face à un interlocuteur familier, dont les mots, les concepts, les goûts permettaient aux miens de s'affirmer. Se mettait alors en marche un cycle d'idées et d'émotions infiniment plus stimulant que cette recension hasardeuse.
Il me semble qu'Antoine de Baecque participait aux débuts de Rue89. Dommage qu'on ne le lise plus ici.
De ToRDReLoRDRE
chien de talus | 13H32 | 13/10/2008 |
Woody donne une bonne illustration des identités féminines et en a rien à foutre de Barcelone, bon film.
De efji
14H45 | 13/10/2008 |
C'est bizarre que vous tombiez dans le panneau du kitch touristique. Bien entendu Woody n'en a rien à faire de Barcelone ou de n'importe quelle ville. Il nous balance les plus gros clichés possible pour nous mettre dans le coup. Il l'a déjà fait plusieurs fois (par exemple dans « Tout le monde dit I love you »). En fait chaque fois qu'il quitte New-York. Même le NY de « Manhattan » est plein de clichés (cf l'intro et l'affiche).
Bref ce n'est vraiment pas le fond de ce film. L'essentiel est que la moitié du public s'identifie à Javier Bardem et l'autre moitié à un mélange délicieux de Scarlett Johansson, Rebecca Hall et Penelope Cruz. Et je trouve que de ce point de vue ça fonctionne très bien.
à efji
De supprimé à la deande du riverain 14.01.10
.... | 01H00 | 14/10/2008 |
yes ! ! ! ! !
De dodie
sale gauchiste | 15H41 | 13/10/2008 |
Auriez vous tous débattu comme ça si ce film avait été fait par un parfait inconnu ? ? ? Moi, j'ai apprécié, et je ne suis pas sûre qu'il faille chercher plus loin que le plaisir personnel d'avoir vu un bon film.
De clownestre
uyhgdzbhlejkhciuzehijncksdjhnviorhk... | 15H46 | 13/10/2008 |
Tous les ingrédients sont réunis pour faire un bon film mais aprés l'avoir vu j'estime que ca n'est pas un grand film.
C'est vrai qu'avec un programme aussi alléchant ,la barre etait haut placée et donc je n'en attendais pas moins de la part de Mr Allen.
Meme si le scénario ne casse pas trois pattes à un canard et que le théme a déja été traité, j'ai aimé passer 1h30 avec ces personnages la car le jeu des acteurs y est à la hauteur de leur talent.
J'ai relativement appécié le ton et l'ambiance du film mais parfois on verse dans le cliché de l'Espagne carte postale vue des Etats Unis…
Et puis moi les films tournés en Espagne j'aime bien quand ca parle un peu espagnol tout de meme !
Malgré le batage médiatique et sa présence sur l'affiche on voit peu Pénelope Cruz mais on découvre une Rebecca Hall qui s'en tire bien au final…
On pouvait imaginé aussi un film un peu plus sulfureux …alors qu'il est trés pudique…
Un peu plus d'humour au passage ne m'aurait pas dérangé non plus !
Etrange impression comme si Allen avait voulu faire un tour du coté d'Almodovar mais sans la maitrise qu » a Pedro de l'excentricité, de la sensualité ,de l'émotion et du mélo…
à clownestre
De dodie
sale gauchiste | 15H54 | 13/10/2008 |
Heureuse de voir que je n'étais pas la seule à trouver de l'Almodovar chez Allen !
à dodie
De compte sup. à la demande du riverain 25.08
chat de garde | 17H37 | 13/10/2008 |
bijoux ! ! ! ! ! !
De kyf
16H07 | 13/10/2008 |
Salut
On l'a vu hier avec mon pote et bien j'en suis sorti en me disant que c'est un divertissement sympa mais sans plus. beaucoup de légèreté, de belles personnes, de beaux visages. En fait on dirait une carte postale que nous envoie W Allen suite à un séjour à Barcelone.
Bizarrement je ne trouve pas d'Almodovar ici car il manquerait alors la force, la puissance, la complexité et la Couleur des sentiments.
C'est du Allen léger agréable à regarder mais sans plus.
De baby83
enseignant(retraité) | 16H09 | 13/10/2008 |
Allons c'est un bon film ! Quelle virtuosité ! Traiter de façon aussi légère ces situations scabreuses ! Et les dialogues ! Du grand Woody.Et n'oublions pas qu'il s'agit d'une comédie avant tout.
à baby83
De miremond
17H42 | 13/10/2008 |
je suis d accord c est merveilleusement filmé
particulièrement s agissant des personages féminins
woody est le seul à savoir nous charmer tous les ans avec une nouvelle comédie déjantée
c est le mlus jeune ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
à miremond
De ramassis
(ch'tite racaille) | 19H40 | 13/10/2008 |
« une nouvelle comédie déjantée »
Bof.
Comédie : pas tellement de passages drôles.
Déjantée : Ah bon ? ? ? ? ? ? ? ?
De clownestre
uyhgdzbhlejkhciuzehijncksdjhnviorhk... | 16H16 | 13/10/2008 |
Javier Bardem et Penelope Cruz à Barcelone avec une histoire de cul tordue ca ne fait pas du Almodovar disais je mais ca en a des faux airs non ?
De Julien83
chroniqueur BD au Mague, Dessinateu... | 17H42 | 13/10/2008 |
Hier soir, j'ai vu EDEN LAKE. Film d'horreur britannique : un couple est en week-end dans l'Angeleterre profonde, en pleine forêt, à Eden Lake. Mais voilà, une rencontre provocante avec une bande d'adolescents va donner du fil à retordre au couple pour survivre ! ! ! Séquence torture au fil barbelé, planté de lame filmé au portable … les ados n'hésitent plus ! Aucun parent pour les raisonner ! Surtout pour le leader de cette bande ! C'est l'immoralité ! Survivre ! C'est la seule chance ! et encore même au bout, vous allez être surpris !
N'hésitez pas à voir cet excellent film britannique.
De gryllos
enseignant | 17H51 | 13/10/2008 |
Ce film restera surtout comme un très bon dépliant publicitaire pour le voyage en Espagne, à Barcelona aussi bien qu'à Oviedo - et comment oublier la beauté des actrices ?
De Charles quint
médecin | 18H30 | 13/10/2008 |
Il fut un temps où j » aimais beaucoup Woody Allen.Il me faisait rire et plus d » une fois j » ai entendu des dialogues et des réparties que j » aurais aimé retenir .J'aimais le voir à l » écran et j » étais un peu déçu quand il n » apparaissait pas dans ses films .Et puis j » ai été très choqué par certains aspects de sa vie amoureuse et de moins en moins sensible à ses films. Cela ne m » a pas empêché de beaucoup aimer Match Point par exemple .Mais son denier film Vicky Cristina Barcelona m'a profondément énervé.
Ce film n » est pas « mauvais » et d » ailleurs les films mauvais m » ennuient mais ne m » énervent pas . Ce qui m » énerve c'est de voir un auteur talentueux ayant une bonne idée de scénario avec de bons acteurs de beaux décors une belle musique faire un film aussi médiocre.
Woody Allen nous dit en voix off « attention il va maintenant se passer un événement qui aura des répercussions considérables il va vouloir faire du pied à Vicky mais il va se tromper et il va faire du pied à Cristina qui ..et que etc etc » Cette voix off a plusieurs fonctions elle dit « moi cinéaste je ne sais pas montrer quelqu'un qui fait du pied et qui se trompe je ne vais donc pas essayer de le faire et j » ai peur que toi spectateur si je te montrais cette scène sans te l » expliquer auparavant j » ai peur que tu n » y comprennes rien ». Le pacte que vient proposer cette voix off est donc « moi cinéaste je suis médiocre et je ne vais pas essayre de progresser et toi mon ami spectateur tu ne vaux guère mieux »
Dans le complexe de Narcisse Christopher Nash épingle les écrivains et les cinéastes qui n » osent pas raconter une histoire en assumant leur position d » auteur racontant une histoire. Ils disent je vais vous raconter telle histoire et je vais d » abord vous parler de ceci mais il est vrai que j » aurais pu vous parler de cela . Ils recherchent d » abord la complicité du lecteur spectateur en disant implicitement mais parfois de façon explicite « c'est moi l » auteur mais ça aurait pu être toi ». On est dans le copain copain et il ne faut pas trop exiger de moi Je suis cool je me prends pas la tête soyons modestes et peu exigeants.
2 Copines sont en rivalité amoureuse : on pourrait imaginer qu » elles s » affrontent et se déchirent . Elles aiment un homme (ou elles sont attirées par lui) et cet homme a une femme. Cette femme et les 2 copines pourraient s » étriper , non elles se comprennent elles s » entraident et l'une des copines aura une relation amoureuse avec l » ex femme.
Chaque personnage est considéré par les autres comme quelqu'un qu'il faut aider à être heureux il faut l » aider à ne pas souffrir. Il faut avoir de la compassion pour chacun car chacun de nous souffre chacun de nous est victime. Victime de quoi ?
Le peintre dispose d » un avion privé prêté par un ami , Cristina et Vicky sont hébergées dans une magnifique villa par des américains richissimes ,le père du peintre qui est un poète refusant de parler une autre langue pour ne pas polluer son espagnol ne publie pas ses poèmes. A ce compte là nous sommes tous des victimes qu'il faut choyer .
Le peintre a pour père un poète et le poète dit à son fils « dommage que tu te sois séparé de ta femme elle me faisait faire des rêves érotiques » on est en pleine confusion des générations. Je n » attends pas de mon fils qu'il ait une femme « bandante » !
Dans ce film il n » y a pas d » enfants ni de naissance ni de grossesse et il n » y a pas non plus de mort ou de personne menacée de mort . Il n » y a ni passé ni avenir il n » y a qu'un présent où des adultes flottent sans repères sans projets.
Il y a de plus deux sociétés la société américaine et la société espagnole et ce qui est donné des espagnols à voir ressemble beaucoup à la façon dont les colonisateurs voyaient autrefois les colonisés : ce sont de grands enfants dominés par les émotions et d » abord par le sexe. Non vraiment ce film n » apporte rien sinon de l » ennui et de la démission.
à Charles quint
De supprimé à la deande du riverain 14.01.10
.... | 20H21 | 13/10/2008 |
votre jugement est subjective ne l'oubliez pas. Vous trouvez le film mauvais, il n'est mauvais pour d'autres. Les professionnels l'ont plutot apprécié d'ailleurs, ce qui ne veut rien dire non d définitf.
Mais quand je lis votre analyse du pied, permettez moi de rire. Allen, c'est léger comme le vent, c'est du second degré. Le pied, vous l'analyser comme un type donne un coup de poing, près du sol, au niveau de la mer (ou du béton plutot). Je pense que Allen, par cette scène se pose une question, s'amuse, d'ailleurs tt le film tourne autour de la contingence : d'une simple erreur nait une foule d'interrogations pour la demoiselle qui se prend la tête tout le repas. Allen se joue des quiproquos, se moque des hommes, de lui aussi naturellement, d'ailleurs le personnage principal masculin est peut etre un idéal pour lui…..Enfin bref ce film est personnel, comme tte oeuvre. Cessez d'universaliser votre jugement (procédé d'autodéfense permettant de combler les lacunes de vos argumentations). Vive le temps où NTM taillait des costards aux journaleux démagos (pas tous évidemment) : « tu crois passer du rock au rap en claquant des doigts seulement ne fait pas de faux pas car pour t'éliminer pas besoin de contrat ». Précision tt de même : ce dernier propos est symbolique, et donc il faut fouiller dans l'oeuvre pour en détacher des éléments pouvant etre intéressant. Et pas dire la voix off je sais pas quoi…j'arrête je suis décu par tant d'étroitesse.
De AMBROISELEFAUCHEUX
18H51 | 13/10/2008 |
Et si le romantisme , le vrai, celui par lequel l'amour reste une des valeurs ABSOLUMENT « bouleversantes“de la vie , était au cœur de ce film ?
Alors oui, seule l'Europe ,même au travers d'une vision ‘cliché’, apporte ce rêve, car personne ne peut croire qu” Oviedo serait le centre romantique du monde ? ? ? Et pourtant, nous avons envie d'y croire.Woody joue avec les clichés , les stéréotypes.Il s'en amuse , pour notre grand plaisir.
Laissons les jugements, les critiques , les prismes et autres fatras en tous genres.Le mâle américain est définitivement “retoqué”, seul Le bel Juan Antonio sait parler à tout le monde.
Et Vicky qui se prépare une vie bien monotone l'a compris à tout jamais….
à AMBROISELEFAUCHEUX
De supprimé à la deande du riverain 14.01.10
.... | 20H24 | 13/10/2008 |
mais bien sur que diable voila un commentaire pertinent ! ! ! ! C'est ca le film : le bel étalon qui se défait aisément de ttes les pesanteurs de la vie normale, des malaises… Barcelone importe peu, le contexte aussi, la terre, le vent, les classes sociales aussi, la politique….Allen, DS CE FILM, ne s'intéresse pas a ca. Alors pour le critiquez, visez juste au moins. Merci Ambroise
De polluxprot
(acteur culturel) | 19H15 | 13/10/2008 |
« ceux qui trouvent à de belles choses des significations laides sont corrompus sans être séduisants. c'est là une faute » disait oscar wilde. Et il est quand même dommage que cette pauvre critique « oublie » le coeur du film - les formes contemporaines de l'amour - si bien décrites par woody allen.
Sans parler des acteurs qui sont tous beaux, chaque personnage correspond à un caractère amoureux d'aujourd'hui ; les situations sont celles que nous vivons aujourd'hui : vicky bercée par l'image d'un amour romantique et qui cherche un amour fusionnel, Cristina pour qui la jalousie a disparue et qui se définit par sa recherche d'un amour particulier tout en sachant que le bon n'existe pas, pénélope cruz très bien dans le rôle de la personne qui ne peut pas vivre célibataire et doit remplir sa vie d'émotions, l'idée d'une tierce personne dans le couple qui entretien et stabilise le sentiment amoureux, le pauvre petit mari américain engoncé dans ses cadres sociaux obsolète, la critique du matérialisme lié au contrat social de l'amour dissout dans le mariage, l'excitation des sens et des individus, le lien entre l'art et l'amour ; bref tout est là.
les mauvaises langues n'ont qu'a se dérider et se décoincer le caleçon, et mettre la langue là où ça fait du bien, c'est perdre un temps précieux d'être aussi sourds au jus qui coule en nous ! !
Et pour continuer la réflexion pour ceux qui auraient vu le woody ou ceux qui ne l'auraient pas vu, je vous conseille l'excellent livre du sociologue serge chaumier, « la déliaison amoureuse : de la fusion romantique au désir d'indépendance » paru chez payot, presque le scripte de cette petite histoire.
Voilà, ce serait dommage en tout cas de passer à coté d'une chose qui peut être à la fois fondamentale et aussi belle et légère que ce bon film…
à polluxprot
De deecurl
| 08H13 | 14/10/2008 |
je suis assez d'accord avec cette interprétation du film, c'est ce que j'ai moi-même ressenti.
par contre cette trame aurait tout de même pu être mieux servie si les dialogues avaient été un peu plus acérés, de ce point de vue c'est un peu décevant.
à polluxprot
De supprimé à la deande du riverain 14.01.10
.... | 12H56 | 14/10/2008 |
voila la encore un commentaire pertinent ! ! ! je vous laisse jje vais en cours. Un film soulève des questions. Votre critique est bonne car elle les traite. Très bonne interprétation, ce livre est bon et j'ai moi même connu cette situation, peinte de facon remarquable par Allen. Merci pour c com'
De figuier
prof stms en LP en voie de retraite | 19H29 | 13/10/2008 |
Bon, j'en sors, très déçue. Je trouve que c'est un scénario pour Resnais qui en aurait certainement fait quelque chose de plus piquant…
C'est lourd et appliqué ! Un film raté d'un cinéaste qui reste malgré tout un grand.
De ramassis
(ch'tite racaille) | 19H34 | 13/10/2008 |
J'ai vu le film hier soir.
J'ai vraiment trouvé le temps long : j'avais hâte que ça finisse. Je n'arrêtais pas de regarder ma montre.
A chacun ses goûts.
De Susanna
19H58 | 13/10/2008 |
Ce n'est pas que je m'obstine pour le plaisir d'être fatigante (quoique), mais voyez-vous, un texte bien écrit par quelqu'un d'un peu éduqué sur la question, quelqu'un qui pense, et qui pense quelque chose, aurait permis d'éviter cette suite de « moi j'dis que » tout en finesse avec plein de mots de Télérama dedans.
Resnais qui aurait fait de ce scénario un film « piquant », Woody Allen qui reste « un grand »… Il ne manque plus que « le film sensible » et les « excellents acteurs ». Au secours… Quoique le genre « Tous les ingrédients sont réunis pour faire un bon film mais aprés l'avoir vu j'estime que ca n'est pas un grand film » n'est pas mal non plus.
Je ne vous demande pas de faire appel à Daney (il ne pourra pas) ni à Ciment (restons corrects), ni à Jousse ou Lalanne ou Ropert ou…, mais il y a un minimum de travail à faire pour parler de cinéma - et d'art en général.
Pas un mot ici sur LA FORME, le langage, les enjeux.
Rien.
Pas possible, ça.
Je viens souvent sur ce site chercher ce que les autres sites ou les journaux ne me proposent pas, mais sur la culture, vous n'y êtes pas encore.