
Sarkozy, le gaulliste décomplexé

J'avais eu l'occasion d'exposer mon désaccord avec Pierre Haski sur l'atlantisme illusoire de Nicolas Sarkozy : je n'ai pas changé d'avis, bien au contraire, sa méprise sur la politique étrangère française actuelle -certes bien partagée- me paraît se poursuivre. En réalité, la politique étrangère de Sarkozy s'inscrit dans le droit fil du consensus post-De Gaulle dont tous les présidents de la Ve République ont été partie prenante, et n'en varie pas d'un iota dans les faits (pour les discours, c'est autre chose).
Le saviez-vous ?
J'aimerais commencer par quelques mises au point, car le débat est mal engagé : ainsi, les étiquettes « atlantistes » et « gaullistes » obscurcissent les choses plus qu'elles ne les éclairent.
Saviez-vous par exemple que la France est présente à plus de 80% dans les structures intégrées de l'Otan ? Non seulement nous ne sommes absents que du comité des plans de défense et du groupe des plans nucléaires, mais nous avons déjà une centaine d'officiers dans les états-majors, à Norfolk (Virginie) par exemple. Nous commandons périodiquement des opérations de l'Otan, et nous sommes les meilleurs élèves de la classe sur certains aspects (transformation ; force de réaction rapide).
Peut-être, me direz-vous, mais alors, franchir ce cap, ces 20% restant, ce serait abdiquer toute volonté d'une politique française indépendante ? Pas du tout. D'abord, nous n'avons jamais quitté l'Otan, rappelons-le : l'échelon politique important c'est le CAN (Conseil de l'Atlantique Nord), lorsque les 26 ambassadeurs de l'Otan se retrouvent, et si un seul d'entre eux n'est pas d'accord, tout s'arrête : il y a 26 droits de veto, comme le montre actuellement le refus obstiné de la Grèce de faire entrer la Macédoine avec son nom.
Terminons cette mise au point avec un rappel des années Chirac : non seulement Jacques Chirac -qu'on peut difficilement taxer d'atlantisme- a proposé exactement le même retour dans le commandement militaire intégré en 1996-1997 (avec plutôt moins de conditions que Sarkozy), mais il a tellement usé de son influence politique au sein de l'Otan au moment du Kosovo qu'il en a dégoûté les Américains qui s'en sont largement détournés : c'est ce qu'on appelle « le syndrome du pont de Belgrade ».
Du coup, au moment de l'Afghanistan, ils ont répondu aux offres de service de l'Otan : surtout pas ! (avec des formules plus polies, comme « Don't call us, we'll call you »). Bref, on voit bien que l'étiquette « atlantiste », qui voulait dire quelque chose du temps du Général (quand il y avait, rappelons-le, des dizaines de milliers de soldats et des bombes nucléaires américaines sur le sol français), ne permet plus de décrire le positionnement vis-à-vis de l'Otan. On peut être en-dehors de l'Otan et avoir une politique étrangère qui prend ses ordres à Washington. On peut être dans l'Otan et conduire une politique étrangère indépendante.
Words, words, words
Pourquoi veut-on tellement voir Sarko en « atlantiste », en meilleur ami de Washington ? Pour une bonne raison et deux mauvaises. D'abord parce qu'il le dit lui-même, dans sa stratégie de rupture qui est pourtant, en politique étrangère, très surfaite. Deuxième raison : parce que les journalistes répètent ce qu'il dit sans regarder de plus près le contenu de ses politiques, ni l'histoire. Je ne dis pas ça pour Pierre Haski (euh, si, en fait, je le dis aussi pour Pierre Haski, mais gentiment), mais reconnaissons que les journalistes n'aiment rien tant que les contrastes, et ici Sarko nous offre un beau contraste : Chirac gaulliste, Sarko atlantiste… on ne va pas bouder, même si ça ne colle pas tout à fait avec la réalité.
La troisième raison, c'est que les journalistes et les observateurs ont oublié que le Chirac de 2003 (Irak) n'est ni celui de 1995-2002 (cf. supra), ni celui de 2004-2007, période pendant laquelle une remarquable réconciliation franco-américaine s'est opérée. Sarkozy a joué sur le contraste des perceptions, pas sur celui des politiques. Et, oui, il a fait des discours sur l'amitié franco-américaine et sur l'amitié franco-britannique, comme avant lui presque tous les présidents et ministres des affaires étrangères en début de mandat (à l'exception de Michel Jobert).
Ce papier est déjà beaucoup trop long, mais rappelons cette anecdote : lors de la crise des missiles de Cuba en 1962, lorsque De Gaulle a assuré Dean Acheson, émissaire de Kennedy, du soutien « sans réserve » de la France parce qu'elle est son alliée, il l'a fait contre l'opinion publique française majoritaire, plutôt favorable à Cuba. Ca ne veut pas dire que De Gaulle était atlantiste, mais qu'il estimait que la France pouvait conjuguer une politique d'indépendance nationale et une solidarité avec sa « famille occidentale » quand des intérêts essentiels étaient en jeu.
L'Afghanistan
Ce qui me conduit, toutes proportions gardées, à l'Afghanistan. L'un des aspects irritants du débat actuel, c'est que parmi ceux qui s'opposent à l'envoi de troupes supplémentaires, l'argument essentiel semble être : « Parce que les Américains l'ont demandé, parce que c'est une guerre américaine ». Bref, oublions notre politique indépendante française : tout est donc décidé à Washington, il suffit de faire l'inverse de ce que font les Américains ! Ca n'est pas sérieux. Nous avons un intérêt fançais, et un intérêt européen, à ce que l'Afghanistan ne retombe pas dans le chaos de 1992-1996, ni dans les brutalités talibanes de 1996-2001.
« La solution n'est pas militaire », disent certains. Evidemment qu'elle n'est pas militaire (personne ne dit le contraire), mais elle inclut nécessairement un volet de sécurisation. Et les deux autres volets sont d'une part la (re)construction et surtout, point plus délicat mais plus important, la réintégration des Talibans dans le jeu politique, comme les Britanniques le suggèrent… mais les Américains bloquent sur ce point, assimilant Talibans et al Qaeda dans une « guerre contre le terrorisme » indistincte.
Sarko le gaullo-sarkozyste
Mais j'en reviens à l'interprétation de Pierre Haski. Le discours du 18 janvier 2008, qu'il nous engage à lire, est assurément instructif : Sarkozy y parle notamment du rôle « irremplaçable » de la France sur la scène internationale et d'un « monde multipolaire dont l'Union européenne pourrait devenir progressivement l'un des pôles les plus actifs, si seulement elle en a la volonté. » Ca sonne bien plus chiraquien qu'atlantiste à mes oreilles.
Quant à la « famille occidentale », le retour rhétorique qu'y fait la France (et qui n'est pas contradictoire, on l'a vu, avec le gaullisme) a pour but, comme le cite Pierre Haski, « d'accroître sa crédibilité, sa marge d'action, sa capacité d'influence à l'intérieur comme à l'extérieur de sa famille. » Bref, la France est solidaire, mais c'est pour mieux transcender les blocs géopolitiques (notamment en négociant avec les régimes que Washington n'aime pas : Vénézuéla, Syrie, et dans une certaine mesure Libye) : ça rappelle la posture d'un certain Général.
Plus généralement, Sarkozy considère les Etats-nations comme les unités de base du système international (comme De Gaulle), il considère que la force militaire est à la racine de la souveraineté (comme De Gaulle), il est fondamentalement dirigiste et défend les champions nationaux tout en vitupérant contre le dollar (comme De Gaulle). Surtout, Nicolas Sarkozy est un volontariste et, on ne le répétera jamais assez, un pragmatique (comme De Gaulle) et la discussion sur son supposé « atlantisme » ou son supposé « gaullisme » devrait débuter et s'achever sur ce dernier argument.
Venons-en aux faits
Mais assez de discours : des actes. En effet, je ne conteste nullement que la rhétorique sarkozienne soit « atlantiste », ou, disons, pro-américaine. En revanche, les actes sont en décalage avec ce discours, et ils comptent davantage (les signaux, la posture comptent, mais un certain temps seulement).
Comme cette réponse à Pierre Haski est déjà bien trop longue, je vais, au bénéfice de ceux qui ne sont pas encore endormis, résumer mon analyse de l'année de politique étrangère écoulée sous forme de catégories non pas sur l'axe « atlantisme-gaullisme », étiquettes dont on a vu l'inanité, mais sur l'axe « rupture conforme aux souhaits de Washington » - « continuité chiraco-gaulliste » - « rupture dans le sens inverse aux souhaits de Washington ».
Rupture conforme aux souhaits de Washington :
- 1. Afghanistan : même si nous avons nos propres bonnes raisons de stabiliser l'Afghanistan, on peut voir la décision d'accroître nos effectifs militaires (très efficaces mais, notons-le, très peu nombreux par rapport à nos partenaires) comme une bonne nouvelle pour Washington.
Continuité chiraco-gaulliste :
- 1. L'Iran, si l'on regarde les faits de 2002 à 2008, au-delà d'un discours plus ferme, la posture est inchangée.
- 2. L'Irak, certes Bernard Kouchner y est allé en visite… mais ce qui serait choquant serait qu'il n'y aille pas ! Et aucun geste concret de coopération franco-américaine sur ce dossier n'a suivi.
- 3. Israël-Palestine, pas un iota de différence (sauf peut-être cette déclaration très ferme de Bernard Kouchner sur les colonies israéliennes).
- 4. Indépendance de l'Europe de la défense (avec plus d'enthousiasme encore pour Sarkozy).
- 5. Rapprochement avec l'Otan, peut-être retour plus complet dans les structures militaires intégrées.
- 6. Demande de levée de l'embargo sur les armes pour la Chine.
- 7. Démarches sur le réchauffement climatique hostiles à Washington.
Rupture avec Jacques Chirac dans le sens inverse aux souhaits de Washington :
- 1. Refus de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne
- 2. Discussions avec la Syrie (juillet - décembre 2007)
- 3. Inclusion du Hezbollah dans les négociations intra-libanaises
- 4. Réception de Hugo Chavez à Paris
Je vous laisse faire la comparaison, cher Pierre.
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► Histoire 


























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De gérard lambert
travailleur de - pour gagner+ | 14H25 | 03/04/2008 |
dire que nous avons boycotté à l'initiative des usa les jeux olympiques parce que l'urss d'alors occupait l'afghanistan !
meme si les situations (al quaida) ne sont pas les meme ca leur ressemblent !
à gérard lambert
De parousnik
14H54 | 03/04/2008 |
al qaida est une des armées secrétes crée par la CIA et opérant toujours pour les intérêts us… Même si il est difficile d'avoir des preuves aujourd'hui il n'est pas impossible que les chefs de ces réseaux sont aux ordres des autorités étasuniennes et que d'un coté comme de l'autre ils jetent en pature les soldats de bases des uns contre les soldats de bases des autres, pour justifier la présence des armées occidentales la ou la pétrole et le gaz venant de l'asie centrale passent…. Ceux qui ont décidés des guerres au moyen orient ont d'autres intérêts que quelques millions de vies humaines… http://www.reopen911.info/
à parousnik
De Pierrrrre
20H01 | 03/04/2008 |
« al qaida est une des armées secrétes crée par la CIA “
==> c'est comme pour les doriphores et le malaria, c'est une création de la CIA ! … j'vous'l'dis…
à Pierrrrre
De jac le rat
aventurier | 20H12 | 03/04/2008 |
Et tous ces rrrrrrrrrrrrrrrrr aussi ? ! ! ! !
à Pierrrrre
De parousnik
22H39 | 03/04/2008 |
Vous devriez vous informer…
De marie 75 3563
14H43 | 03/04/2008 |
Après les infirmières bulgares, Sarkozy va-t-il libérer les femmes afghanes ? BAKCHICH TV / jeudi 3 avril par Renaud Santa Maria
« Bakchich » a interrogé quelques députés sur les missions des nos soldats en Afghanistan. Traquer Ben Laden ou libérer les femmes afghanes ? Et sur les raisons qui les conduit à s'opposer à leur envoi. Euh, vous pouvez répéter la question ?
Pourquoi envoyer 1 000 nouveaux troufions français en renfort en Afghanistan ? Et pourquoi ne pas le faire ? Mardi 1er avril, dans l'hémicycle du Palais-Bourbon, nos députés ont débattu deux heures de cette difficile question. Mais ce débat était un peu une blague, car Sarkozy avait déjà décidé, tout seul, que nos petits gars s'envoleront prochainement en l'Afghanistan, pour une mission d'ailleurs qui reste encore à éclaircir.
Est-ce pour « éradiquer les Talibans », comme l'a virilement annoncé Hervé Morin la semaine passée ? Est-ce pour « lutter contre le terrorisme » comme le défendent depuis toujours Bush et Sarko ? Ou est-ce encore pour accomplir une généreuse mission de « développement », laquelle consisterait à bâtir des maisons et des routes, à installer un beau système démocratique qui libérerait les femmes afghanes de leur pesante burqa…
Si l'on s'en tient aux dernières déclarations de Sarkozy et Morin, ce serait pour accomplir d'un seul élan ces trois nobles missions ! Ce qui voudrait dire que nos petits gars des forces spéciales, avec le matériel de persuasion qu'ils emportent avec eux, vont en fait s'évertuer à nous bâtir un Afghanistan des Lumières.
Pendant tout le débat au parlement, les socialistes ont affirmé qu'ils n'en croient rien. Le reporter de Bakchich leur a donc demandé pourquoi diable ils refusent d'envoyer nos soldats libérer l'Afghanistan.
Quant aux élus de droite, divisés sur les choix « atlantistes » du président, ils ont rapidement pris la sortie pour éviter les journalistes qui attendaient pour les interviewer. Mais l'UMP marseillais Guy Teissier, président de la commission de la défense et des forces armées, s'est tout de même arrêté un instant, avant de repartir en adressant un remerciement à l'Amérique…
à marie 75
De marie 75
3563
16H42 | 03/04/2008 |
ils ont une video très drôle
De Phil2922
Retraite invalidité | 14H53 | 03/04/2008 |
En 2001, en allant combattre les terroristes en Afghanistan, Bush avait promis que les Américains profiteraient de leur présence pour construire des routes, des hôpitaux, des écoles. Les Afghans n'ont rien vu de tout cela et résultat, les Talibans occupent aujourd'hui 70% du pays et se renforcent avec des jeunes Afghans qui se radicalisent contre l'Occident qui leur promet des choses intéressantes qui ne viennent jamais. Et maintenant, Sarkozy envoie 1 000 soldats supplémentaires (alors que les caisses de l'Etat sont vides… ! ) pour sécuriser le pays.. !
Mais c'est du pain bénit pour les Talibans qui vont encore plus se renforcer ainsi que les différentes ethnies tribales qui vivent du commerce du pavot. Au fait, Ben Laden n'a toujours pas été localisé…comme c'est bizarre avec tous les moyens d'espionnage dont disposent les Américains… Coluche disait : « Ils veulent que l'on soit intelligent et Ils nous prennent pour des cons, mais comment il faut qu'on fait… ? ! »
http://phil195829.overblog.com
De TILL
15H25 | 03/04/2008 |
Au moment ou on nous dit que les caisses de l'Etat sont vides que l'on supprime des milliers de postes d'enseignants , qui peut me dire combien va couter l'expédition ( aventureuse) en AFGHANISTAN.
De Lemmy_Nothor
Quand je pense à Fernandeuuuhhhhhh,... | 15H44 | 03/04/2008 |
Sarko Gaulliste ? Ou Elvis Presley ?
http://www.cyberpresse.ca/article/20080403/CPINSOLITE/80403126/5406/CPIN…
De Obash
15H51 | 03/04/2008 |
Merci pour cet article.
En lisant les commentaires, j'ai soudain repensé aux écrits de Kuhn. Certes, le sujet est décalé puisque Kuhn n'étudie pas l'histoire de la pensée politique mais celle des courants de pensées en sciences (ceux qui connaissent comprendront l'allusion). Bref, beaucoup d'entre vous semblent en désaccord avec cette intervention car vous ne pouvez accepter l'envoi de troupes en Afghanistan. Mais J.Veisse n'a nullement légitimé cet envoi !
De plus, je peux comprendre le refus d'envoyer des troupes. Mais soyons maintenant réalistes, quelles sont les alternatives ? Les moyens d'actions dans de telles situations semblent limités. Si nous laissons tomber ce pays, que se passera t il ? Si nous y allons, avons nous une chance d'y construire une société plus démocratique ? L'autre question que je pose est principale, de mon point de vue : le système démocratique que vous défendez est il culturellement adapté à ce pays ? Ne faut il pas laisser ce peuple décider, évoluer selon sa culture vers un système adapté, même si cela implique des massacres ? Que penseriez vous si les Chinois venaient en France en nous expliquant que la démocratie n'est pas un bon système et qu'ils allaient nous imposer leur système pour notre bien ?
Ces questions sont délicates, je l'avoue, et je ne sais que répondre.
Mais pour revenir à l'article, J.Vaisse tente de nous faire comprendre en quoi, selon lui, notre politique extérieure suit une ligne directrice. Pas si cette ligne est bonne ou mauvaise.
à Obash
De ron-ron
16H59 | 03/04/2008 |
Bravo.
Quand à la délicatesse de ces questions … D'une part, il est très difficile de croire que le réel but des opérations militaires en Afghanistan (et en Irak d'ailleurs) soient de construire un régime démocratique. Du moins pas plus que dans les nombreux autre pays ou des forces américaines et/ou européennes se sont investit depuis les années 50. Un simple regard sur leurs résultats permet d'apporter quelques éléments de réponses. Il est probable qu'en cas de repli, nous assistions à quelque chose ressemblant de très loin au Vietnam (ou autres défaites). En cas de réussite, nous auront des républiques pétrolières, à défaut de bananières. Renverser un régime pour en mettre un nouveau n'a jamais eu comme but premier le progrès des peuples conquis. Et de manière générale n'en apporte d'ailleurs pas.
Vous pouvez également poser la question : « La démocratie est-elle le système le plus adapté à nos pays ? »
Ce n'est pas comme si ce dernier était démocratique. Cf justement cet envoi de troupe que nul ne semble cautionner …
à ron-ron
De Obash
17H20 | 03/04/2008 |
Bonjour,
En effet, je ne suis pas naif au point de croire en la volonté des Américains à vouloir installer une démocratie. Merci de m'accorder au moins cela. Quant à la question « La démocratie est-elle le système le plus adapté à nos pays ? », franchement je n'arrete pas d y réfléchir, et je n'ai aucune certitude en la matière.
Au fait, c'est vrai que ces questions sont indelicates. Mais ce n'est pas parce que ces questions sont indelicates qu il ne faut pas les poser. Car toute théorie politique se résume à cela :
Que voulez vous ? Quel est le prix que vous acceptez de payer pour y arriver ?
à Obash
De ron-ron
09H04 | 04/04/2008 |
Rassurez-vous, je vous l'accorde. Et si cela n'était pas clair, le « bravo » était sincère.
De millesime
retraité | 16H18 | 03/04/2008 |
Depuis l'effondrement des régimes communistes, le dogme néo-libéral est le pavillon sous lequle les Etats-Unis, imités par la majorité des pays occidentaux, ont décidé de défendre leurs intérêts stratégiques.
Les deux grands mots d'ordre de ce que l'on appelle la « mondialisation » sont - moins d'Etat- et liberté des marchés- ils sont désormais les armes privilégiées pour aussurer leur domination sur le reste du monde (caractéristique de l'EMPIRE).
Pourtant la réalité du néo-libéralisme tourne le dos aux principes du « libéralisme classique ».La compétition est truquée et les pays riches, en position de force, recourent à toutes sortes de mesures, et notamment la guerre, qui sont autant de violations déguisées de la liberté qu'ils prétendent défendre.. !
La France est à l'évidence dans le camp occidental..néo-libéral.. ! (selon la volonté de Nicolas Sarkozy)
Les conséquences seront pour un peu plus tard en matière de risque d'attentats en France et pour les français à l'étranger.. ! (hélas)
De marie 75 3563
16H53 | 03/04/2008 |
Sarkozy ? Gaulliste ? NON
Décomplexé ? ? ? Il y a du boulot avec son mètre 65 !
Mieux :
INGENU ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
Sarkozy « l'ingénu »jeudi 03.04.2008, 17 : 10
L'agence de presse colombienne ANNCOL, proche des Farc, a qualifié « d'ingénu » le président français Nicolas Sarkozy, en commentant sa décision d'envoyer une mission humanitaire pour secourir l'otage Ingrid Betancourt sans accord préalable avec la guérilla.
(le soir, belge)
De Nicolas Cadène
Collaborateur parlementaire - Conse... | 16H55 | 03/04/2008 |
L'article de Justin Vaïsse me paraît user de démonstrations pour le moins étonnantes et d'affirmations qui ne le sont pas moins.
Les rappels et comparaisons historiques me semblent biaisés tant ils sont sortis de leurs contextes et tant ils tentent occulter d'autres évènements qui prouveraient aisément l'inverse de ce qu'ils affirment.
Des illustrations de quelques affirmations biaisées ? Lorsque Justin Vaïsse avance « (…) Jacques Chirac -qu'on peut difficilement taxer d'atlantisme- a proposé exactement le même retour dans le commandement militaire intégré en 1996-1997 (avec plutôt moins de conditions que Sarkozy) », il oublie de préciser que ce n'était pas le même retour et qu'il s'agissait en échange d'une plus grande implication de demander le contrôle européen de la flotte de l'Otan en europe et la création d'une véritable identité européenne au sein de l'Otan. Des contre-exemple illustrant l'atlantisme récent de Nicolas Sarkozy ? Nous pourrions parler de l'installation (sans débat, là encore, au Parlement) d'une base militaire à Abou Dabi, visant l'Iran. Nicolas Sarkozy a d'ailleurs conforté l'insistance de George W. Bush sur le non rejet de l'option militaire sur le problème du nucléaire iranien, qu'il qualifiait lui-même de « crise sans doute la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'ordre international ». Jacques Chirac, pour sa part, avait minimisé le danger d'un Iran possesseur de la bombe atomique.
Sur l'Afghanistan, la France s'était déjà rapproché de ses alliés atlantistes en déplaçant à l'été 2007 vers Kandahar une partie (six Mirage) des avions qui étaient stationnés à Douchanbé (Tadjikistan). Ce rapprochement était symbolique plus encore que géographique, puisqu'il amenait dans la capitale du sud afghan, au coeur de la zone de combat et sur une base américaine peuplée de 11.000 soldats alliés, les 150 hommes d'équipage et d'entretien de ces appareils.
Sur les relations transatlantiques, Nicolas Sarkozy rompt avec le passé en rejetant toute contradiction entre l'Otan et la constitution d'une Europe indépendante en matière de défense. Opposer les deux systèmes n'a « aucun sens », car « nous avons besoin des deux », déclare-t-il. Certes, mais cette radicalité alors même que la politique européenne de défense n'est guère développé (l'UE dépense pour l'instant davantage en frais de ménage pour ses bureaux à Bruxelles que pour la PESC) peut surprendre. Cela peut apparaître comme une conception quasi-inverse des principaux promoteurs d'une défense européenne indépendante.
Cela est d'autant plus étonnant que ce rapprochement conforte une administration en fin de course, très largement discréditée chez elle comme à l'extérieur.
Si la France est quasiment, de fait, dans les structures intégrées de l'Otan, il n'en demeure pas moins qu'elle est indépendante de celles-ci et qu'elle décide de participer ou non aux actions envisagées, de façon autonome. Intégrer tout à fait l'Otan sans obtenir la moindre garantie quant à une gestion autonome européenne des actions militaires de l'Otan sur le continent, ce n'est pas franchement soutenir le développement d'une défense commune de l'Union.
Les Etats membres de l'UE devront donc toujours s'efforcer de parvenir à une perception commune de la menace afin de déterminer quels problèmes méritent une action commune.
Et chaque fois que cela échouera, les Etats-Unis, animés par leur idéologie du moment et qui se sentiront tenus d'agir, opéreront une sélection parmi les États membres de l'UE afin de ne pas se priver d'un soutien international…
Bref, l'Otan restera à l'origine de tout engagement militaire… Les États-Unis restant à l'origine de toute action décidée par l'Otan…
Au maximum, Nicolas Sarkozy défend une idée d'autonomie qui doit être comprise comme une possibilité d'avancer vers des structures intergouvernementales plus poussées. Point. Pour lui, il ne s'agit absolument pas de la possibilité de créer une véritable défense, voire armée, européenne. Idée incompatible avec la vision qu'ont les USA de l'Europe.
à Nicolas Cadène
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 17H24 | 03/04/2008 |
« Nicolas Sarkozy rompt avec le passé en rejetant toute contradiction entre l'Otan et la constitution d'une Europe indépendante en matière de défense »
Chirac a dit la meme chose de nombreuses fois. Voir sa visite a Londres en novembre 2002 par ex.
à Nicolas Cadène
De marie 75
3563
17H29 | 03/04/2008 |
SVP ? ? ? qui est votre patron ?
L'IEP n'améliore pas le style, mais améliore la lgue de bois.
à Nicolas Cadène
De machinchose
10H05 | 04/04/2008 |
en voilà un d'argumentaire critique qui ne s'en prend pas à l'appartenance à un think tank.
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 17H17 | 03/04/2008 |
Et voilà un note « normalement » cadrée. Si les autres notent peuvent faire de même, c'est comme elles veulent.
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 17H17 | 03/04/2008 |
Inscrire le comportement du duo Sarkozy-Kouchner dans le prolongement de Chirac sur l'Iran et Israël relève de la mauvaise foi ; appliquer le label de gaulliste sur le nouveau président de l'imposture :
http://blogules.blogspot.com/2007/09/kouchner-souhaite-le-pire.html
De jac le rat
aventurier | 17H25 | 03/04/2008 |
Gaulliste, pas gaulliste…
Et la SECU dans tout ça ? ! ! !
De Bon Scott
17H29 | 03/04/2008 |
Ah bon ? ! Sarkozy se réclame du gaullisme ? ? ?
Que l'on soit d'accord ou pas pas avec la politique de De Gaulle, ce dernier avait un rapport avec l'argent autre que le locataire de l'Elysée et de son prédécesseur(Chirac) quelle bande de guignols ils sont tous ces gangsters !
à Bon Scott
De jac le rat
aventurier | 17H56 | 03/04/2008 |
pourquoi ne pas lui demander à Sarko ?
-T'es gaulliste ou pas ?
-T'es complexé ou pas ?
-Quel est ton problème ?
-Allez Nico, lâche le morceau !
De Impots-utiles.com
www.impots-utiles.com | 17H53 | 03/04/2008 |
et pourtant le couple fillon/ sarkozy parle d'économies alors qu'il occulte volontairement de parler des surcouts que vont entrainer les opérations extérieures militaires…
Ils vont atteindre cette année des records. Les experts parient sur 850 millions d'euros, c'est à dire beaucoup plus que les 640 millions de 2007 ou que les 160 millions prévus au budget 2008 ! !
http://www.impots-utiles.com/afghanistan-et-autres-operations-militaires…
De francodiac
retraité en AFN | 17H56 | 03/04/2008 |
Pour sûr que la politique étrangère française ne fait que suivre une ligne directrice mise sur rails, voilà…une cinquantaine d'années ou plus par De Gaulle comme le développe si bien J.Veisse.
Et c'est en celà qu'il y a aujourd'hui un hic. Le Monde, ou plutôt les peuples du Monde ont changé tout autour de l'Occident. Mais, hélas comme il y a « une cinquantaine d'années ou plus », l'Occident continue de se comporter de la même façon. Il continue de préserver ses conquêtes géopoliques et surtout économiques ou de conquérir d'autres pans du même ordre par… les armes. Et en choisissant toujours des prétextes fallacieux.
Dans le cas de l'Afghanistan, comme de l'Irak d'ailleurs, il est complètement déraisonnable de penser que ce pays qui occupe une position stratégique pour… le transit du pétrole de la région, puisse devenir soudain, du jour au lendemain, une « démocratie » à l'occidentale, avec ou sans les talibans. Tout comme en Irak et demain en Afrique.
Et c'est en celà que l'alignement de la France sur une telle démarche, avec, dans la forme, une apparence d'allégeance aux américains et aux anglais, est pour le moins discordante, en 2008.
A moins qu'il ne faille admettre une bonne fois pour toutes,qu'en regard de l'Histoire, les croisades continuent. Non pas pour se défendre des « infidèles » mais pour piller leurs richesses.
De Monacia78
18H00 | 03/04/2008 |
Le débat sur « gaullisme » ou « anti-gaullisme » de Sarkozy est sans doute intellectuellement intéressant, mais il tourne un peu en rond, car il y a sans doute un peu des deux en même temps. Sarkozy, qui veut à la fois affirmer sa puisssance et son autorité, mais aussi paraître « cool », pragmatique et sympa, prendra bien soin pour chaque initiative perçue comme « anti-gaulliste » d'en prendre une autre qui l'ancrera parallèlement dans un héritage « gaulliste ». De Gaulle approuverait-il la destruction d'un état social qu'il a lui-même contribué à installé ? Peu importe, car Sarkozy cultive une posture historique nourrie de l'affirmation de la Nation et de l'hommage à la Résistance… Bref, dans notre société schizophrénique, ce n'est pas une chose et son contraire, mais tout en même temps, le sens des mots comptant moins que la perception d'une communication globale.
Il faut de plus arrêter de faire de De Gaulle la grande figure paternelle qui plane au-dessus de la politique française, et à l'aune de laquelle on doit tout juger aujourd'hui. Même si on peut s'affliger de la médiocrité de la vie politique d'aujourd'hui, on ne gagnera pas en démocratie en baignant dans la nostalgie de grandes figures de pouvoir fort du passé. Louis XIV ? Napoléon ? De Gaulle ? Lâchons un peu le culte d'un pouvoir national fort porté par un seul homme, on impliquera peut-être un peu mieux la population dans une vie démocratique actuellement exsangue.
Quant aux orientations de politique étrangère de Sarkozy, ce qui compte à terme c'est de savoir à quoi tout cela nous mène concrètement.
Pour ma part, je trouve que Sarkozy nous a donné jusqu'à présent des signes très inquiétants en la matière. Il y a de quoi s'inquiéter quand on constate sa méthode la jouer cool-copain avec tout le monde, y compris d'illustres dictateurs (sur le modèle de son milieu de prédilection, le show-biz) ; il y a de quoi frémir quand on l'entend prononcer un discours « ferme » sur l'Iran nucléaire mais vendre derrière des centrales nucléaires et des armes à tour de bras à n'importe qui. Quelle est enfin la logique d'aller courtiser personnellement un Bush en fin de mandat alors que la crédibilité de ce dernier dans son propre pays est au plus bas (y compris dans son camp) et que ses 8 ans de pouvoir ont été un désastre pour l'image de l'Amérique et de la démocratie à travers le monde ? Bref, je trouve M. Vaïsse exagérément optimiste.
Le fait d'annoncer en Angleterre l'envoi de renforts français en Afghanistan à un moment où la stratégie et les moyens adoptés là-bas semblent pour le moins contre-productifs, cela conforte un message d'alignement sur la logique anglo-américaine et ne nous rassure aucunement. Si cet envoi n'était que conjoncturel et que d'autres perspectives se développaient parallèlement, il aurait été logique d'en réserver aux Français la primeur, tout en annonçant en même temps des mesures constructives pour l'Afghanistan, afin de porter un autre discours que celui de la force des armes qui est de toute façon voué à l'échec (surtout là-bas, où aucun occupant n'a réussi à imposer sa loi militairtement ! ).
Son orientation vers un axe France - Grande-Bretagne - Etats-Unis n'est quand même pas de l'ordre du fanstasme ! Il se donne du mal pour le crédibiliser en tout cas. Or j'aime beaucoup la Grande-Bretagne, mais je crois qu'on ne construira pas de si tôt avec eux un modèle politique et social européen alternatif à celui des Etats-Unis (quel sens à l'Europe si ce n'est pas notre ambition ? ). L'Europe franco-britannique est vouée à rester une sous-zone de libre-échange soluble dans une économie libérale mondialisée. Sarkozy n'a sans doute pas d'autre ambition - et sa fascination pour le modèle américain est suffisamment affichée pour qu'on la juge effective. C'est là que se joue le coeur du débat. Et la position supposée de de Gaulle là-dessus n'y changera rien.
à Monacia78
De machinchose
10H15 | 04/04/2008 |
En voilà un autre (que je viens de découvrir dans la selection). Je suis moi même étonné de voir le gaullisme mis à toutes les sauces un peu n'importe comment. De Gaulle c'est aussi le type qui envisage l'armée contre ses jeunes. C'est pas que bien. En ce sens Sarkozy pourrait être très gaulliste… Quand à l'état social heu.. c'est plutôt le programme de la resistance, avec le gouvernement gaullisto-communiste-et-autres non ? (même si il y a en effet tout un courant « gaulliste social »)
De robbybarbe
19H00 | 03/04/2008 |
Il faudrait peut-être arrêter de chercher à tout prix les références Gaullistes des Présidents de la 5ème République encore en vie ou en exercice.
Si il était toujours parmi nous le Général serait sûrement le premier à fustiger tous ces pseudo-héritiers se réclamant du sens de la politique qu'il a initiée, et il aurait très certainement envie de boutter hors de l'élysée Monsieur Sarközy de Nagy-Bocsa à grands coups de pompes dans le postérieur.