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Chercheur à la Brookings Institution

Réponse à Justin Vaïsse : « Sarkozy sera complaisant avec les USA »

Cher Justin, désolé de squatter votre blog, mais c'était le meilleur moyen de répondre à votre réponse vigoureuse à mon article sur  » Sarkozy l'atlantiste »  ! Et d'abord je me réjouis de ce débat contradictoire sur un enjeu fondamental de la politique extérieure de la France : Rue89 est fier d'accueillir des points de vue différents et de les confronter avec les visions, tout aussi plurielles, des internautes.

Cela n'empêche pas les désaccords, et il y en a… Il est intéressant de constater que notre lecture différente du discours de Nicolas Sarkozy à Washington se poursuit trois mois plus tard, alors que de mon point de vue, ce qui n'apparaissait encore que de manière intuitive, s'est très nettement confirmé ces dernières semaines. Je ne vois pas comment, à ce stade, on peut encore encore qualifier le président de gaulliste, même » décomplexé » . Pour plusieurs raisons :

  • En politique, intérieure comme étrangère, les symboles ont un sens, et le fait de revenir officiellement, vraisemblablement l'an prochain, au commandement militaire intégré de l'Otan (ce que Nicolas Sarkozy a laissé entendre jeudi à Bucarest) n'est pas banal ou simplement technique, même si les militaires français sont déjà très présents dans les structures militaires et dans les missions de terrain de l'alliance. Ce dernier pas a une portée politique qui n'échappera à personne dans le monde, en particulier pas aux adversaires potentiels de ce » bloc occidental » assumé, l'islam radical, la Russie, voire la Chine. C'est la fin d'une » exception française » bien utile, d'une » ambiguïté constructive » dont on ne voit pas trop l'avantage qu'il y a à en sortir.

    Il ne s'agit pas nécessairement, comme vous avez l'air de croire que je le pense, d'une perte d'indépendance de la politique étrangère de la France : l'Allemagne, tout en étant dans toutes les structures de l'Otan, a bien pu dire » non » à la guerre d'Irak tout comme la France qui n'y était pas… Il s'agit simplement de lâcher un rôle bien utile que pouvait avoir la France avec cette autonomie, cette indépendance -à bien des égards illusoire mais pas uniquement…-, au profit d'une défense européenne à laquelle on ne voit plus d'autre ambition que d'être la filiale sur le vieux continent de la machine anglo-américaine.

  • En faisant de l'envoi de renforts en Afghanistan le geste concret le plus significatif de ce virage, Nicolas Sarkozy offre aux Américains et singulièrement à Georges Bush un beau cadeau d'adieu. Certes, personne ne veut voir le retour des talibans à Kaboul, et la lettre envoyée par le président aux membres de l'alliance pour fixer des conditions (qui n'en sont pas réellement) à l'envoi de nouvelles troupes, pose bien les problèmes de cette mission. Mais il ne faut pas non plus se voiler la face : si la mission de l'Otan en Afghanistan tourne mal, c'est en partie parce que l'administration Bush s'en est désintéressée pendant qu'elle menait sa guerre maudite en Irak. La soulager (très modestement) aujourd'hui en Afghanistan sans assurance d'un changement de stratégie lui permet de mieux se concentrer sur son engagement en Irak à un moment où l'armée US rencontre de vraies difficultés d'effectifs.
  • Le choix de Washington et Londres pour les deux grandes visites d'Etat à l'étranger, et les deux grands discours en forme de déclarations d'amour de Nicolas Sarkozy, n'est pas anodin. Le troisième sera sans doute Israël, tout un programme avec lequel le général de Gaulle, celui d'après 1967, comme Jacques Chirac, auraient beaucoup à dire. L'Allemagne, au cœur de la diplomatie française depuis quarante ans, s'en retrouve marginalisée, même si, les lois de la nature ayant la vie dure, c'est au côté de l'Allemagne, pas de la Grande Bretagne, que s'est retrouvé Nicolas Sarkozy pour freiner les velléités de Bush de déclencher à Bucarest les processus d'adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine, au risque de précipiter une crise avec la Russie au moment où son nouveau président prend ses fonctions.
  • Je ne vais pas reprendre point par point votre classement, fort intéressant au demeurant, des principales initiatives de Sarkozy en matière de politique étrangère à l'aune de la rupture ou de la continuité. Pour une bonne raison. J'ai du mal à y voir une cohérence, au-delà d'un » volontarisme -pour être positif- ou d'un côté brouillon -pour l'être moins- auquel on a assisté depuis bientôt un an. On a vu défiler Chavez ou Kadhafi à Paris, on a vu Sarkozy s'asseoir sur ses grandes proclamations droits-de-l'hommistes avec Poutine, Hu Jintao ou Idriss Deby, ou encore procéder à une valse hésitation avec la Syrie dont le seul résultat aura été de froisser l'amour propre de Bernard Kouchner. Tout cela n'est pas très convaincant, et ne fait pas encore de Sarkozy un grand président en politique étrangère : il y a du chemin à faire…

Le risque, et nous ne serons sans doute pas d'accord, est que l'égo sarkozyen, sa fascination de gamin pour l'Amérique, sa soif de reconnaissance du monde anglo-saxon, en feront à mon avis un allié docile et complaisant de Washington. Fort heureusement, l'ère Bush touche à sa fin, et il faut espérer que l'administration qui lui succèdera se montrera plus responsable. Car de la même manière qu'il envoie des troupes en Afghanistan pour des raisons essentiellement politiques sans grand rapport avec ce pays, je le crois capable d'autres aventures pour les mêmes raisons. Et, de ce point de vue, on peut légitimement se demander ce qui se serait passé si Nicolas Sarkozy avait été le président français en 2003, lorsqu'il a fallu décider d'aller ou pas avec les Américains en Irak. Poser la question c'est déjà y répondre. A mon avis oui, sauf si la lucidité d'un Jean-David Levitte avait pu l'empêcher puisque le rôle essentiel de son conseiller diplomatique semble être d'apporter un peu d'expertise dans un monde qui n'en a pas montré beaucoup jusqu'ici…

Alors atlantiste ou gaulliste (nous sommes d'accord, au moins, sur le qualificatif de » décomplexé » …) ? Peu importent les étiquettes, en effet, qui n'ont plus tout à fait le même parfum qu'à l'époque de la guerre froide. Néanmoins, dans le monde multipolaire que la France appelait de ses voeux et qui prend forme sous nos yeux même s'il est moins harmonieux qu'on ne l'espérait, force est de constater que la France de Nicolas Sarkozy, pour la première fois, revendique haut et fort, son appartenance au » bloc occidental » : c'est assurément une rupture, au minimum sémantique. Est-ce pour autant un progrès ? Je ne le pense pas.

112 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de FabiendeMénilmontant

De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 10H01 | 04/04/2008 | Permalien

Ouh ! Lorsque j'ai vu le titre, j'ai pensé de prime abord à une politique de regroupement familial comme celle-ci :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/04/nomination-cont.html

Mais que nenni ! il s'agissait d'Atlantisme…

L'honneur est sauf. Rue 89, une fois de plus, laisse une expression libre à quelqu'un qui pense comme notre CHER président. Au moins sur ce point.

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Portrait de FabiendeMénilmontant

De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 10H03 | 04/04/2008 | Permalien

Mais au fait, comment fait Pierre H pour squatter un blogue qui n'est pas le sien ? ce qui m'a « enduit d'erreur » ?

FA

Portrait de Arnaud Aubron

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De Arnaud Aubron

Rue89 | 11H14 | 04/04/2008 | Permalien

Les miracles de la technique…

Portrait de FabiendeMénilmontant

à Arnaud Aubron Portrait de Arnaud Aubron De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 12H21 | 04/04/2008 | Permalien

Ben vi, mais faut entrer… en droit, cela s'appelle « usage de fausses clefs » !

FA

Portrait de Pierre Haski

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De Pierre Haski (auteur)

Rue89 | 13H53 | 04/04/2008 | Permalien

J'y suis entré par effraction avec l'accord de l'occupant !

Portrait de dalun

De dalun

10H12 | 04/04/2008 | Permalien

que voila un article de qualité . éffectivement la diversité des points de vue , d'opinions, est le point fort d'un site d'informations qui prend le temps de la réflexion dans la réponse…donc merci !

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 10H13 | 04/04/2008 | Permalien

Bush : Sarkozy, « incarnation d'Elvis »

Le président américain George W. Bush a comparé l'effet produit par la récente visite de son collègue français Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis à la « dernière incarnation d'Elvis » Presley, a indiqué une haute responsable américaine.

M. Bush a aussi chaleureusement remercié M. Sarkozy pour le renforcement du contingent français en Afghanistan, lors du sommet de l'Otan à Bucarest.

Portrait de andycap

De andycap

photographe | 10H27 | 04/04/2008 | Permalien

La propagande il faut la dénoncer pas y répondre, l'exercice de style de Mr. Vaissé, détaillé comme un formulaire d'impôts qui consiste à nous expliquer que les vessies sont des lanternes ne mérite pas qu'on s'y attarde, Sarkozy n'est pas de Gaulle comme les Rolex ne sont pas des oeuvres d'art point. De Gaulle était cohérent, Sarkozy brouillon et cyclothimique comme sa politique. Sarkozy, on ne sait pas où il va, parce que lui-même ne semble pas très bien savoir. On sent par contre, ces préférences, ses fascinations, ses fantasmes et là, ça ne laisse rien présager de bon. Et quand vous pensez qu'aux Etats Unis les choses vont peut-être changés, rien est moins sûr et de loin. Les démocrates font mumuses et les républicains manient très bien la machine à voter…..

Portrait de andycap

à andycap Portrait de andycap De andycap

photographe | 10H35 | 04/04/2008 | Permalien

Les machines à voter aussi d'ailleurs, si je m'en réfère à la précédente élection….

Portrait de CorentinB

à andycap Portrait de andycap De CorentinB

01H25 | 05/04/2008 | Permalien

Il ne s'agissait pas de dire que Sarkozy est un pur gaulliste, mais qu'il n'est pas du tout un pur atlantiste, que sa(ses) « politique(s) étrangère(s) » (avec toutes les pincettes nécessaires) ne se compose(nt) pas simplement de décisions pro-américaines ou pro-Bush, particulièrement si on les compare à celles de Chirac. Essayer d'offrir une mise en perspective un peu sérieuse semble cependant avoir manifestement le don d'horripiler les lecteurs de Rue89 et le fan club de Pierre Haski.

Ce n'est pas, à mon humble avis, en simplifiant à outrances les propos des autres ou en faisant des jeux de mots fort douteux sur leur nom qu'on permet à une discussion de fond de porter ses fruits.
Qui parlait de propagande ?

Portrait de ThomasLefebvre

De ThomasLefebvre

Rapatrié | 11H31 | 04/04/2008 | Permalien

Une petite remarque : de Gaulle était contre la création d'une Europe de la défense. En effet, il s'est allié avec les Communistes et a profité de la division des Socialistes et des Radicaux pour faire capoter le projet de la Communauté Européenne de Défense (CED) en 1954. Peut-être que la rupture Sarkoziste avec le gaullisme est la : dans son pro activisme en faveur de la relance de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD).

Le but de la stratégie de Sarkozy est effectivement de relancer la PESD. Si on veut relancer cette PESD, il faut avoir a nos cotés les Britanniques. Sans eux, en terme de capacités, la PESD est une coquille vide. Chirac l'avait bien compris en lançant avec Blair les bases de la PESD lors du sommet de Saint Malo en décembre 1998. La construction de cette PESD a été ralentie par les divisions européennes sur la guerre en Irak. Cela ne veut pas dire que rien ne se passe : le traité de Lisbonne propose d'augmenter le champ d'action des missions dites de Petersberg (prévention des conflits, maintien de la paix) et propose une clause de solidarité entre les Etats membres. Cette clause ne pas être aussi forte que l'Article V du Traité de l'Atlantique Nord (chaque Etat signataire a défendre un Etat qui est attaqué militairement)du fait que quatre Etats membres de l'Union se veulent neutres. Toujours est-il que c'est un progrès par rapport aux traités européens révisés par le traité de Nice.

Je reviens aux Britanniques : si on veut que la PESD se construise avec eux, il faut faire des compromis. On se souvient de l'opposition de Madeleine Albright a la « duplication » de l'OTAN. Les temps ont changé et Washington n'a jamais aussi favorable a la construction de la PESD. Toujours est-il que des résistances persistent. Je ne sais pas si vous avez lu la presse britannique après le discours de Sarkozy a la Chambre des Communes et bien elle s'est levée comme un seul homme contre la construction de cette Europe de la défense. Même le Guardian s'est opposé avec un éditorial particulièrement virulent.

Le problème est que pour nombre de membres de l'Alliance le prix que propose la France de son retour dans le commandement intégré de l'OTAN est généralement bien trop élevé. On se rappelle des propositions trop ambitieuses de Chirac en 96/97 qui ont fait chapoter le retour de la France dans ce commandement. Il faut donc faire un signe plus fort si on veut vraiment que Washington pousse les Britanniques à poursuivre efficacement la construction de la PESD. En ce sens l'augmentation de troupes françaises en Afghanistan n'est pas un « cadeau fait à Bush. » C'est une « bargaining chip, » une offre supplémentaire pour construire la PESD.

C'est étonnant de voir qu'en France, lorsque l'on parle de renforcer la place de la France au sein de l'Alliance l'on soit taxé de mettre a mort la PESD. Par contraste, si on regarde la presse britannique : chaque développement de la PESD marquerait la fin de l'Alliance Atlantique. Les deux ne sont pas incompatibles. Le principe qui régit la relation entre l'OTAN et l'UE est d'ailleurs basé sur le « separate but not separable » : l'Union n'ayant pas les capacités pour accomplir les missions de Petersberg, elle s'appuie sur les capacités de l'OTAN pour les mettre en œuvre. Et puis, nous vivons dans un monde interdépendant. Nous avons besoin des Américains, en particulier pour partager des renseignements et l'OTAN est un forum qui permet l'échange de ces informations. Il est aussi injuste de dire que faire partie de l'OTAN renforce l'unilatéralisme : la plupart des missions de l'OTAN ont été sanctionnées par des résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU.

La stratégie de Sarkozy est courageuse. Il a contre lui, pour l'instant, tout le monde : l'opinion publique française qui l'accuse de vouloir brader la « spécificité française » et le gaullisme (pour ce que cela veut dire) et il a contre lui l'opinion britannique qui l'accuse de vouloir enterrer l'OTAN au profit d'une défense européenne. Le pari de Sarkozy reste risqué : peut-être qu'il ne va aboutir à rien mais il a le mérite de tenter de débloquer le projet d'une défense européenne.

Portrait de C. Creseveur

De C. Creseveur

D'actualité | 13H09 | 04/04/2008 | Permalien

J'aimerais bien qu'on m'explique comment il est possible d'envisager une défense européenne, si on doit d'abord faire allégeance à l'Otan, et ensuite demander la permission aux US ?
Autant dire dès le départ que l'Europe n'est qu'une étoile de plus sur le drapeau américain et que sa défense est une division de l'Otan.

Dans ces prétendues subtilités stratégiques, contrairement à vous, je ne vois pas que Sarkozy prenne un risque (le risque de quoi ? les américains se tamponnent bien qu'on les rejoignent puisqu'ils se passent volontiers de nous en temps normal) ; en revanche il fait plutôt courir un risque définitif de perte de sens à une éventuelle politique de défense européenne indépendante.

Portrait de ThomasLefebvre

à C. Creseveur Portrait de C. Creseveur De ThomasLefebvre

Rapatrié | 13H24 | 04/04/2008 | Permalien

L'allegeance a l'OTAN est deja faite : la France (membre fondateur de l'OTAN) ainsi que l'immense majorité des Etats membres de l'Union sont aussi membres de l'OTAN. Au passage, tous les Etats membres de l'Union, y compris les neutres, sont présents au sein de l'ISAF. Avoir une relation d'interdépendance entre l'Union et l'OTAN est simplement du pragmatisme : il ne sert a rien de tout dupliquer (ca a un cout).

Le risque est que Brown ne suive pas Sarkozy. Une PESD sans le RU ne servirait pas a grand chose. Encore que l'on ne sache pas exactement ce que Sarkozy propose comme relance de la PESD.

Portrait de C. Creseveur

à ThomasLefebvre Portrait de ThomasLefebvre De C. Creseveur

D'actualité | 15H04 | 04/04/2008 | Permalien

Votre réponse ne fait que confirmer mon propos : 1. Sarkozy nous enfume ; 2. il n'y a que vous pour estimer qu'il prend un risque.

Portrait de ThomasLefebvre

à C. Creseveur Portrait de C. Creseveur De ThomasLefebvre

Rapatrié | 21H25 | 04/04/2008 | Permalien

Vous croyez naturellement que ce que vous voulez. Mais voyez-vous, peu m'importe d'etre seul ou non, pour penser.

J'ajoute que je ne suis pas completement seul. Je viens de lire l'édito du Monde :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/04/04/la-france-et-l-otan_10…

Portrait de C. Creseveur

à ThomasLefebvre Portrait de ThomasLefebvre De C. Creseveur

D'actualité | 16H00 | 05/04/2008 | Permalien

Je l'ai lu aussi et il comporte la même faiblesse dans l'analyse.
Le fait de ne pas être seul à penser quelque chose ne fait pas de cette chose un truc sensé.

Portrait de jojo1er

à C. Creseveur Portrait de C. Creseveur De jojo1er

13H34 | 04/04/2008 | Permalien

N'oublions pas de plus que dans le traité de Lisbonne il est assez clair (autant que possible dans ce texte) que pour les pays membres de l'OTAN, la PESD est secondaire, en effet cette dernière est prévue pour se mettre en place tant qu'elle ne gène les dispositions et engagements de l'OTAN…

En quelque sorte une garantie _constitutionnelle_ que la PESD n'interfèrera pas les politiques de l'OTAN, c'est peut-être moins étonnant dans ces conditions que les US deviennent d'un seul coup beaucoup plus favorables à la construction d'une PESD qui leur restera soumise.

Jojo1er, 4 février 2008…

Portrait de Avril

à jojo1er Portrait de jojo1er De Avril

14H28 | 04/04/2008 | Permalien

Oui, le maillage des institutions européennes pousse l'Europe dans l'OTAN.

1/ Intervention du secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, M. Jean-Pierre Jouyet, l'Assemblée nationale, 7 février 2008 :

« Ce Traité (de Lisbonne) permettra aussi à l'Europe de mieux relever des défis globaux, (…) en autorisant une meilleure articulation entre la PESD et l'action de l'OTAN, ce Traité permettra à l'Union de nourrir en matière de défense des ambitions correspondant à celles qui devraient être celles d'un espace économique de 500 millions d'habitants. »

2/ Rapport d'information n° 405 (2006-2007), présenté par MM. Jean François-Poncet, Jean-Guy Branger et André Rouvière au nom de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat :

« la clef du développement d'une véritable relation de complémentarité entre l'OTAN et la PESD se trouve en large partie à Washington (…) Cette compatibilité entre l'OTAN et la PESD ne sera cepandant crédible que si est accepté, dans le même temps, coté européen, le rôle central de l'OTAN et l'idée qu'en pratique la défense européenne ne peut se construire contre l'OTAN ».

Portrait de C. Creseveur

à jojo1er Portrait de jojo1er De C. Creseveur

D'actualité | 15H12 | 04/04/2008 | Permalien

Voilà qui est effectivement plus clair !
La PESD est un bel écran de fumée, quoi !
Une fois de plus on a bien le sentiment que l'Europe se fait plus que sans nous, elle se fait malgré nous, quand elle ne se fait pas carrément dans notre dos !

Si Jojo 1er a bien levé un lapin (et le cas échéant, félicitations Jojo ! ), j'aimerais bien savoir pourquoi aucun politique n'a pu le lever avant ? Y a-t'il un journaliste qui se serait coltiné le traité de Lisbonne et qui aurait pu nous éclairer ?

Portrait de ThomasLefebvre

à jojo1er Portrait de jojo1er De ThomasLefebvre

Rapatrié | 20H27 | 04/04/2008 | Permalien

C'est faux. Le traité de Lisbonne reconnait la souveraineté des Etats membres le droit d'appartenir aux alliances de leurs choix. Si des Etats choisissent d'etre au sein de l'OTAN, c'est a ces Etats qu'il faut s'en prendre, pas au traité de Lisbonne (Article 42.2 TUE révisé par le traité de Lisbonne.)

Portrait de Gotch

à ThomasLefebvre Portrait de ThomasLefebvre De Gotch 15306

ancien ouvrier de la banque | 15H27 | 05/04/2008 | Permalien

Mais les décisions de l'Union Européenne concernant la Défense ne sauraient aller contre les options de l'OTAN….

Portrait de C. Creseveur

à Gotch Portrait de Gotch De C. Creseveur

D'actualité | 16H12 | 05/04/2008 | Permalien

Au point qu'on demande (pour faire court) l'autorisation à Washington de faire l'Europe de la défense !
C'est vraiment à pisser de rire !
Je ne suis franchement pas gaulliste, et je ne l'ai jamais été. Mais je suis sûr qu'une telle position aurait rendu De Gaulle vert de rage et bleu de colère !

On a l'air de quoi s'il faut lever doigt chaque fois qu'on veut rassembler deux soldats !

Portrait de ThomasLefebvre

à Gotch Portrait de Gotch De ThomasLefebvre

Rapatrié | 16H23 | 05/04/2008 | Permalien

Vous avez-vu ca ou ?

Portrait de jojo1er

à ThomasLefebvre Portrait de ThomasLefebvre De jojo1er

14H53 | 08/04/2008 | Permalien

Section 2 - DISPOSITIONS CONCERNANT LA POLITIQUE DE SECURITE ET DE DEFENSE COMMUNE

Un bon moteur de recherche vous fait défaut ?

Jojo1er, …à lire avec des pincettes…

Portrait de Gotch

à ThomasLefebvre Portrait de ThomasLefebvre De Gotch 15306

ancien ouvrier de la banque | 15H24 | 04/04/2008 | Permalien

Monsieur Lefebvre, nous sommes rarement d'accord. Ce sujet en est encore une preuve. L'OTAN n'est qu'un pseudopode de Washington, que le noyau agite, gonfle, minimise, régit à sa guise, et à sa guise seule. La meilleure façon de forcer la mise en place d'une stratégie européenne, c'est de quitter totalement l'OTAN, et de commencer à mettre sur pied à deux, puis davantage, une force européenne appuyée sur une diplomatie aux compétences augmentant au fur et à mesure des adhésions à ce concept et à sa mise en oeuvre. Cette nouvelle politique ne peut pas se faire en coopération avec les Etats-Unis, mais en tant qu'acteur antagoniste. Non pas menaçant, mais totalement libre. J'imagine mal la Grande-Bretagne adhérer à ce concept, elle qui navigue en direction de l'ouest en tournant le dos à une Europe dont, décidément, elle ne fait pas partie.

Cela implique incidemment une sortie de ce machin européen, plus mal tenu qu'un souk turc, et bien plus délétère pour les habitants de l'ensemble que la pollution chinoise. L'Union Européenne n'existe pas, ce n'est qu'un vaste hypermarché avec toutes les compromissions, toutes les bassesses, tous les marchés de dupes développés par ce genre d'établissement.

Portrait de Jean-Jacques Louis

à Gotch Portrait de Gotch De Jean-Jacques Louis

18H13 | 04/04/2008 | Permalien

Les États-Unis ne peuvent justifier leur politique tant intérieure qu'internationale que par l'existence d'un ennemi. Pendant cinquante ans ils ont agité l'épouvantail communiste pour motiver leur présence militaire dans plusieurs pays européens et pour justifier l'existence de l'OTAN. Quand l'URSS a déposé son bilan, il a fallu rapido inventer un nouvel ennemi. On a donc créé les terroristes.

Soixante ans plus tôt, un autre nabot frénétique proposait de protéger l'Europe contre les Bolchevicks et contre le complot judéo-maçonnique. Aveuglée par des Chamberlain et autres Pétain, l'Europe des années 30 a assisté complaisamment au surarmement de l'Allemagne et à ses agressions contre de petits pays européens. On connaît les résultats.

En ce début de XXIe siècle, l'Histoire se répète. Armés jusqu'aux dents, les États-Unis mènent des guerres d'agression en différents endroits de la planète y compris en Europe sous prétexte de préserver les Droits de l'Homme alors que ces mêmes droits sont bafoués dans leur propre pays où un pourcent de la population adulte est derrière les barreaux. L'Europe se trouve face à ces Etats-Unis dans la situation où se trouvait la France face à l'Allemagne nazie. Mais cela ne dérange pas les nouveaux Pétain.

Portrait de ThomasLefebvre

à Jean-Jacques Louis Portrait de Jean-Jacques Louis De ThomasLefebvre

Rapatrié | 21H07 | 04/04/2008 | Permalien

Le terrorisme est une invention ? ? ? Ok, alors le métro Saint-Michel, c'est la CIA qui l'a fait sauter ?

« 'Europe se trouve face à ces Etats-Unis dans la situation où se trouvait la France face à l'Allemagne nazie. Mais cela ne dérange pas les nouveaux Pétain. »

Bien sur, bien sur.

Portrait de Compte supprimé 4

à ThomasLefebvre Portrait de ThomasLefebvre De Compte supprimé 4

08H56 | 05/04/2008 | Permalien

Les actes dans le metro, ne sont qu une maigre reponse a la politique de guerre devastatrice menee par les pays occidentaux contre les pays arabes.

Le terrorisme tant agite par les americains n est en effet qu une pure invention americaine et europeenne.
Rappel : Oussama a ete forme par la CIA, le Mollah Omar a ete mis en place par les US. Donc si le terrorisme existe vraiment, il ne s agit que d un maigre retour de baton. Il suffit pour cela de prendre les statistiques de morts que ce soit en Irak ou en Afghanistan.

Portrait de ThomasLefebvre

à Compte supprimé 4 Portrait de Compte supprimé 4 De ThomasLefebvre

Rapatrié | 09H22 | 05/04/2008 | Permalien

Ah tiens, une maigre réponse ! Quelle devrait-etre alors une réponse appropriée ?

Portrait de Blaise11

à Jean-Jacques Louis Portrait de Jean-Jacques Louis De Blaise11

I'm hard, but I'm fair. | 15H26 | 05/04/2008 | Permalien

Votre « soixante plutôt » était plus une question d'argent que de complot idéologique. Il faut savoir désacraliser les débats Monsieur Louis, ceux d'avant-guerre bien sûr puisque vous parlez des années 30, et penser pratique : les « petits pays » réunis étaient bien plus artillés que l'Allemagne, et Hitler en chef des armées d'un pays ruiné ne le savait que trop bien ! Je pense notamment à l'ex-Tchécoslovaquie. Ah si des intérêts personnels et purement spéculatif convertis en intérêt de la Nation ne l'avaient pas amputée de Škoda -qui signifie en tchèque « dommage ! », « chit happens“- pour le refiler à Krupp… m'enfin vous et moi n'allons pas ‘refaire’ l'Histoire.

Ceci m'amène à votre lumineuse création de terroristes : tâchons justement à ne pas trop ampouler nos formules à ce niveau du débat.
Tout d'abord qui est ce ‘on’ ? ‘On a donc créer des terroristes.’ Et pourquoi ‘donc’ ?

Allez, ‘on’ assume ses choix éditoriaux.
Et je pense sincèrement qu'aveuglément vous surestimer le machiavélisme états-uniens. N'oublions pas qu'ils ont, plus qu'une tripotée d'illuminés, un peuple. Et que celui-ci va bientôt voter.
Comme l'Allemagne dans la période 35-39 ?

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