Vive les jeux vidéos où il faut s'aimer les uns les autres !

Est-ce l'effet de la crise et la remise en cause de nos valeurs modernes qui glorifient le pouvoir et l'argent, ou bien le jeu vidéo fait-il figure de prophète dans une société en manque de repères ? La tendance de la coopération (ou « coop » pour les initiés) qui se répand de plus en plus sur les jeux console invite à se poser la question.
Héritée du PC, cette option permet de jouer à plusieurs avec des amis, et surtout… dans le même camp. Exit les deathmatchs et autres duels sanglants, l'entraide, c'est tellement plus fun.
Des jeux en ligne comme « Counter Strike » ou « World of Warcraft » ont ouvert la voie sur ordinateur, mais là où les joueurs pouvaient coopérer alors qu'un océan les séparait, les consoles nouvelle génération proposent aujourd'hui de trucider des aliens côte à côte avec ses camarades, confortablement installés dans un même canapé, les yeux rivés vers un même objectif, un même écran.
Jouer seul à « Left 4 Dead » serait un sacrilège
A l'instar de « Gears of War » sur Xbox 360, un des jeux de shoot les plus innovants du moment, la plupart des softs du genre vous laissent le choix : souhaitez-vous vous lancer dans l'aventure en solo, ou partager l'expérience avec un ami ? Question rhétorique, quasiment…
D'autres ont été spécialement conçus pour le multijoueur, il en est ainsi de « Left 4 Dead » (« laissé pour mort » en VF), dont le titre même semble vouloir indiquer qu'y jouer seul serait un sacrilège, tant l'essence du titre réside dans l'entraide mutuelle que peuvent -et doivent- s'apporter les protagonistes dans leur lutte à mort contre des hordes de zombies affamés.
On entre alors dans un système tel que la survie d'un joueur dépend de celle de son équipier. Si celui-ci tombe sous le feu des balles, il lui faudra alors se porter à son secours.
Oui, il existe encore un monde dans lequel il est impensable de laisser un compère au sol, dans lequel personne n'est abandonné, pas même dans un environnement post-apocalyptique envahi de créatures belliqueuses.
Le principe est magnifique, mais surtout le plaisir et l'amusement sont également au rendez-vous, à tel point que la coopération s'impose véritablement comme un nouveau standard pour les jeux de nouvelle génération.
Fini le temps où les jeux vidéos étaient accusés de favoriser l'isolement
C'est ainsi que la déception fut grande parmi les gamers lorsque le studio de développement Guerilla a annoncé que son futur blockbuster, « Killzone 2 », ne comporterait pas de mode « coop ». Il va donc falloir composer avec des « amis » gérés par l'intelligence artificielle du jeu, ce qui est plutôt paradoxal lorsqu'il s'agit de sauver l'humanité…
Ainsi, les jeux vidéo les plus violents véhiculeraient-ils des valeurs de solidarité -et de fraternité ! - alors qu'il fut un temps pas si lointain où ils étaient encore accusés de tous les maux.
Il leur était notamment reproché de favoriser l'isolement des jeunes à une période de leur vie où il est nécessaire de s'ouvrir aux autres. Les études scientifiques s'en éloignaient déjà, c'est désormais la tendance vidéo ludique globale qui enterre à jamais ces thèses réactionnaires.
Une console de jeux, accessoire par essence matérialiste, pour lutter contre cette épidémie d'individualisme galopante ? Pourquoi pas…
Illustrations : captures d'écran de « Left 4 Dead » et de « Gears of War » sur Xbox 360 et PC (DR)

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De Courageux-Anonyme
20H03 | 15/02/2009 |
Heuuu vous débarquez ? Jouer sur un même écran en coop existe depuis des dizaines d'années. Quel révolution ! Il est aussi possible de jouer en lan dans une même pièce si c'est la proximité de ses coéquipiers qui vous fascine. Au moins dans ce cas vous gardez un écran complet pour jouer.
Oui, il existe encore un monde dans lequel il est impensable de laisser un compère au sol, dans lequel personne n'est abandonné
Mouais, vous n'avez pas du faire beaucoup de parties de l4d en versus, l'abandon de coéquipiers (surtout sur les fins de niveau) est fréquente (mieux vaut quelque points assurer, que de tous mourir bouffer par des zombies).
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 20H38 | 15/02/2009 |
Comme l'ont dit les autres, cette tendance à plus d'une dizaine d'années. Autant dire la période médiévale de l'informatique.
Depuis que les réseaux (série puis 10 base 2 : la bonne époque) existent, des jeux en multijoueurs se sont mis en places et tout de suite après, il était possible de désigner un camp comme « allié » .
Les séries Rainbow 6 ou delta forces (Les FPS tactiques donc) proposaient il y a 10 ans de prendre le contrôle d'une unité anti terroriste avec 4 ou 5 amis et surtout de coopérer en faisant des attaques simultanées en plusieurs points.
Non franchement, le jeu ne favorise plus l'isolement depuis que les réseaux existent et encore moins depuis internet.
De abfaboune
20H45 | 15/02/2009 |
Soyez pas trop durs les geeks, c'est bien que des gens qui n'y connaissent rien en jeux-vidéos voient ce genre d'article en Une d'un média respecté.
Un papa m'avait demandé si Assassin's Creed était ok pour son fiston, ado, parce que le titre lui faisait peur. Je lui ai rappelé l'étymologie d'assassin, et précisé que ce jeu était de toute beauté. Et hop, il lui a offert pour Noël.
Pensez à eux aussi. On n'est pas sur Gamekult non plus.
De Jean-Philippe Dutemps et Clément Floc’h (auteur)
Etudiants | 00H12 | 16/02/2009 |
Bien entendu, la coop ne date pas d'hier… Il ne s'agit pas véritablement d'une information, mais plus de l'état d'une certaine tendance actuelle. La coop a toujours existé mais il est indéniable qu'aujourd'hui les développeurs insistent de plus en plus sur l'aspect coopératif de leurs jeux console.
L'entraide gagne même des jeux par essence plus solitaires, comme le survival horror par exemple. Le prochain Resident Evil pourra se jouer à deux (bien sûr, on pourra toujours débattre de la légitimité du label « survival horror » pour les derniers RE…).
Nous voulions également insister sur le fait que la coopération n'est plus l'apanage des jeux online ni même de modes « annexe » destinés à allonger la durée de vie d'un soft, mais qu'elle s'intègre bel et bien dans sa trame principale. En d'autres termes, il est possible de véritablement vivre à plusieurs une histoire riche et scénarisée, ce qui contribue à étoffer la partie d'une atmosphère qui ne la rend que plus épique !
En tout cas, les FPS dans lesquels on est parachutés solo pour venir à bout d'une kyrielle d'ennemis de ses propres mains sont de plus en plus rares (même si aujourd'hui la coopération peut n'être qu'illusoire et gérée par l'IA).
Bien sûr, le monde vidéo ludique est très vaste et il y aura toujours des exemples pour venir contredire ces affirmations. Cependant, notre observation se base sur les grosses références actuelles et nous ne prétendons pas explorer la totalité du catalogue des consoles anciennes et nouvelle générations, encore moins délivrer un contenu à destination des hardcore gamers, chasse gardée des Gamekult, JeuxVideo.com et autres sites ou magazines spécialisés de grande qualité.
De plus, il est compréhensible que des commentaires comme ceux de Télérama peuvent agacer les gamers qui n'y voient qu'une accumulation de généralités. (Voir commentaire de Saheyus : « Stériles, les jeux vidéo ? Passifs ? Débilitants ? Avec la nouvelle génération du divertissement vidéo-ludique, ces vieux poncifs n'auront bientôt plus cours ».)
Ceci dit, ces analyses de « non-initiés » ne sont pas stériles pour autant. Le jeu vidéo est un média en pleine expansion qui gagne en légitimité, mais qui souffre encore de certains aprioris. Ainsi, un regard généraliste mais positif dans un magazine culturel de qualité comme Télérama ne peut qu'être bénéfique pour le jeu vidéo afin qu'il accède enfin au rang d'œuvre culturelle à part entière. Une opinion qui n'est pas unanimement partagée. Il suffit pour s'en convaincre de jeter un oeil sur ce débat (d'un autre âge ? ) qu'a suscité un post sur la bonne santé des loisirs numériques par rapport aux autres industries culturelles…
http://bonnenouvelle.blog.lemonde.fr/2009/02/14/super-mario-contre-franc…