
Policiers d'extrême droite à Amiens : il y a des précédents
Non, le » nouvel antisémitisme » n'a pas totalement remplacé l'ancien, celui de l'extrême droite. Celui-ci existe bel et bien, y compris dans la police. Les trois policiers en poste à Amiens, mis en examen pour avoir, dans la nuit du 1er au 2 février, alors qu'ils se trouvaient après leur service dans un bar de la ville, tenu des propos antisémites, en sont la preuve. Et leur dérapage pose la question de savoir pourquoi un d'entre eux au moins, connu pour son engagement public au Front national, n'a visiblement jamais attiré l'attention de sa hiérarchie, après avoir été muté, de Paris vers la Somme.
Un ex-candidat du Front national
Le brigadier-chef Christophe Lengelé, 39 ans, était en effet, en 2002, candidat suppléant aux législatives sous l'étiquette du Front national dans sixième circonscription de la Somme. Sa sœur portait les couleurs du parti dans le Rhône. Son épouse est actuellement conseillère régionale FN de Picardie. Il serait également membre de la FPIP (Fédération professionnelle indépendante de la police), un petit syndicat très marqué à droite de la droite. Et son militantisme était déjà connu à Paris, quand il y était en poste.
A Amiens même, il ne faisait pas mystère de ses idées, puisqu'il était encore candidat aux élections au comité central du FN, en novembre 2007. Ce qui relativise la portée de la réaction de Michel Guiniot, le président du groupe FN au conseil régional de Picardie, qui s'était déclaré » abasourdi » par l'affaire et avait rappelé sa réputation » d'avoir systématiquement fait le ménage dans ma fédération (…) » , ajoutant : » Chaque fois que je détecte un skinhead, il est écarté. »
Or, parmi les propos qui sont reprochés au trio, figure une référence explicite au » white power » , idéologie raciste primaire prônant la suprématie de la race blanche, et particulièrement propagée par les milieux skinhead.
Les exceptions d'une la police majoritairement républicaine
Très majoritairement républicaine, la police nationale n'en est pourtant pas à la première affaire mettant en cause des militants de la droite la plus extrême. La dernière » grosse affaire » remonte cependant à la fin des années 80, lorsque des militants néo-nazis du Parti nationaliste français et européen (PNFE) participent, en 1988, à une série d'attentats contre des foyers Sonacotra dans le sud de la France. Atypiques dans leur origine, ces actions n'en sont pas moins meurtrières : commises à Cannes en mai 1988 et à Cagnes-sur-Mer en décembre de la même année contre des foyers de la Côte d'Azur, elles ont fait un mort et des blessés.
Se croyant malins, et voulant envenimer les relations entre juifs et musulmans, ils avaient revendiqué l'action au nom d'une organisation juive. Très vite pourtant, l'enquête s'était orientée vers le PNFE, dont l'encadrement s'avéra être largement composé de policiers. Furent ainsi appréhendés quatre policiers, membres de la FPIP, dont le procès eut lieu en 1991et qui furent révoqués de la police.
Un phénomène plus répandu chez les militaires
L'un d'eux, Serge Lecanu, était carrément le secrétaire général de la FPIP, qui a depuis évolué vers des eaux plus calmes, bien que toujours proches de la droite la plus dure. Un autre, Philippe Caplain, devint responsable départemental du département Protection Sécurité, le service d'ordre du FN, dans les Hauts-de-Seine.
De pareilles affaires, la commission d'enquête parlementaire sur le DPS, en avait soulevé plusieurs lors de ses travaux, en 1999 : un gardien de la paix, cadre d'un groupe néo-nazi alsacien dissous par le conseil des ministres en 1993, responsable DPS pour le » Grand Est » , avait été révoqué de la police en 1994 ; un brigadier de police en poste à Clermont-Ferrand, était responsable départemental DPS du Puy-de-Dôme, tandis qu'un ancien sous-brigadier occupait la même fonction dans l'Isère. Des cas individuels qui ne sont pas anodins, mais qui ne doivent pas masquer le fait que la commission d'enquête avait épinglé davantage encore d'anciens militaires que de policiers.
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Je suis politologue et travaille à la fois sur les radicalités politiques et les cultures de marge. Je suis chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).



















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De Chlore
13H31 | 12/02/2008 |
» … Et leur dérapage pose la question de savoir pourquoi un d'entre eux au moins, connu pour son engagement public au Front national, n'a visiblement jamais attiré l'attention de sa hiérarchie, après avoir été muté, de Paris vers la Somme… il ne faisait pas mystère de ses idées … »
Et alors ? du moment qu'il faisait son travail en respectant la « déontologie ». Fallait-il le mettre prison avant à cause ses idées ? Avait-il eu des problemes avant ? votre article ne le dit pas en tous cas
A quand un fichier des opinons politiques, religieuses, etc … que vous semblez appeler de vos vœux ?
Vous cherchez ? eh bien continuez
De kessy007
kessy007.blogspace.fr | 13H56 | 12/02/2008 |
Toutes les strates de la société sont composées de tels energumènes. Néanmoins certains des corps de métiers à risque comme ceux liés à l'éducation nationale ou à la police nationale ne peuvent pas se permettre cela. Pourquoi ? Je m'explique. D'une part, les flics sont armés et peuvent donc passer à l'acte ou faire subir des violences notamment en garde à vue. D'autres les enseignants, profs ou autres conseillers d(és)orientation peuvent tout simplement briser l'avenir d'enfants en les jugeant trop bronzés pour réussir. Y en a bien qui juge des gens trop bronzés pour entrer en boîte donc… La déontologie n'a pas de poids face au racisme, j'en sais quelque chose..
@ Chlore, ton argumentation est des plus exagérées et n'a qu'une seule conséquence avortée, c'est d'étouffer ce que disent les gens (cf « A quand un fichier des opinons politiques, religieuses, etc … que vous semblez appeler de vos vœux ? »). Il est évident qu'on n'arrivera pas à ce type de mesure sauf que pour avoir des emplois tels que présentés plus haut une ouverture d'esprit est nécessaire quant à la couleur de peau ou la religion de ses interlocuteurs. Personne n'a appelé à de tels fichiers mais un raciste ne peut pas occuper une fonction visant à servir tous les habitants de ce pays… C'est mon avis mais j'entends déjà les prêtres ou prêtresses de la liberté de penser venir me couvrir de diatribes. Croyez-moi, j'ai une haute estime de la liberté de penser mais le racisme n'est pas penser…
Autre chose, les supérieurs ayant laissés faire ce genre de dérives tout en connaissant les opinions politiques immorales des membres de leur équipe ont une responsabilité là dedans. De plus, je suis aussi choqué que pour que les gens parlent et s'opposent à de tels actes, il faut brandir le terme « antisémitisme » toujours dissocié du racisme comme pour faire deux poids deux mesures. Tout racisme sans distinction devraient engendrer de l'indignation pas une partie de celui-ci visant à dédouaner certains gens d'avoir rien fait pendant la seconde guerre mondiale.
De déluge
menuisier | 13H50 | 12/02/2008 |
Deux remarques.
Le front national n'est pas interdit, donc que des policiers y militent n'a rien d'illégal. Tout autre est le cas de policiers militant dans des organisations plus ou moins clandestines.
Vous dites la police majoritairement républicaine.
Je vous trouve bien optimiste.
Tutoiement systématique, humiliation en commissariat, procédures abusives (« Monsieur le policier, vous n'avez pas droit de vous conduire comme ça », « Qu'est ce tu veux dégage ou c'est outrage »), la liste serait longue, mais il suffit de suivre un peu les journeaux pour se faire une idée.
Cas rares, diriez-vous ? Mais combien de policiers désavoués après ces fameux outrages ou violence ayant comme conséquence X jours d'arrêt de travail (ça c'est quand le policier s'est foulé le poignet en matraquant quelqun à terre).
En ce qui me concerne, je n'ai pas confiance en la police française. Avant c'étaient des gardiens de la paix, maintenant des forces de l'ordre.
De Tita
oiseau | 15H00 | 12/02/2008 |
Cela pose un problème de principe. Peut-on surveiller, licencier, rejeter, etc… une personne, quelque soit sa profession, sous prétexte de ses idées politiques et de ses activités en dehors de sa profession ?
Si ces policiers, motivés par leur idéologies, ont fait des fautes professionnelles, alors oui, on peut les surveiller, les licencier, les rejeter mais ce sera au motif de la faute professionnelle, non de leur idéologie.
Quant à laisser penser que le taux de sympathisants FN (ou d'extrême droite) est plus fort dans la police et l'armée qu'ailleurs, je suis prêt à vous croire, mais il faudrait quantifier et montrer qu'effectivement, il y a statistiquement une différence car pour connaître quelques sympathisants, ils ne sont pas policiers ou militaires.
De Blaise Lapoisse
gonz'poilu | 16H13 | 12/02/2008 |
En angleterre,le mouvement Skinhead prend ses racine dans la jeunesse blanche ouvrière/prolétaire des banlieues anglaises des années 60. Ils étaient à égalité avec les noirs décolonisés de l'empire : méprisés, craints par la classe dominante, relégués et surveillés étroitement par la police ils se découvrirent en partage l'amour de la soul, du two tones, du ska et du reggae en fréquentant les dancehalls de leurs quartiers, les mods étant aussi de la fête .
Le BNP (British National Party) comptait parmi ses membres nombre d'ex militaires issus des mêmes classes sociales qui ne pouvant se résoudre à laisser repousser leurs cheveux de crainte d'être assimilés au hippies ou autre racaille qui protestaient contre la guerre au Vietnam . Ils trouvèrent aisément des recrues dans leurs quartiers d'origine quand il devint évident que la crise alimentant le chômage, les noirs et les pakis, objets de la propagande appropriée formeraient une excellente réserve de boucs émissaires . D'où l'origine du look skin : crâne rasé, rangers ou Doc, jean retroussé, bomber kaki, les bretelles accrochées aux épaules : cherche la baston, relachées : tranquille le chat .
En France les skins sont apparus post BNP autour de 1976/77 le recrutement s'est fait dans les mêmes classes sociales qu'outre Manche via les bandes de rockabilly, psychobilly, teddy boys et autres flat tops avec par la suite des transfuges déçus du punk .
Déja naturellement adepte d'un white power s'originant dans le refus de la filiation nègre du rock'n'roll, le noyautage des FANE,GUD, PNFE,FN n'eut aucune peine à les faire tomber du côté oû ils penchaient .
D'oû l'assimilation habituelle skin=faf .
Il n'en reste pas moins vrais que :
White, white i wanna white
White riot a riot o » my own .
(the Clash - white riot)
De Eowyn
16H50 | 12/02/2008 |
C'est la première fois que j'interviens sur ce site, et j'interviens poussée par le malaise que je rencontre en lisant l'article.
Je passe sur les faits en question, inqualifiables, et sur leur conséquences professionnelles.
Une phrase m'a choqué dans votre article : vous dites : il est au FN, sa femme aussi, et blâmez la hiérarchie de n'avoir rien fait. Seule chlore a été génée par cre crédo. Il me semble, à moi aussi, que notre constitution interdit de discriminer les gens en fonction de leur appartenance politique, ou même de leur opinion. On appelle ça la liberté de conscience, et c'est une liberté fondamentale. Je ne partage pas les idées du FN, loin de là, mais il me semble que la base de la démocratie c'est justement le fait de pouvoir vivre pleinement ses opinions politiques et personnelles, tant qu'elles ne se concrétisent pas en action dommageable pour les autres. C'est maintenant le cas, avec ce déplorable incident….
Bref, la liberté d'opinion, ça ne doit pas se transformer en la liberté d'opinion-uniquement-si-ça-correspond-à-ce-que-je-pense. La liberté de pensée, c aussi la liberté de penser des conneries.
VOilou, désolée, j'ai fait long, mais ce que j'ai lu m'avais beaucoup choqué.
De picantins
03H04 | 13/02/2008 |
Ces chiffres sont impossibles a avoir pour la simple et bonne raison qu'il est interdit d'avoir une opinion politique dans la police ; après ses opinions propres, bonnes ou mauvaises ne concernent que la vie privée du fonctionnaire.
Pour parler de ce que je vois en tant que policier il y a autant de racisme partout et fort heureusement c'est, désolé pour ceux qui veulent absolument que ce soit le contraire, une grande minorité dans la police.
Il y a plus de deux cent mille policiers et gendarmes en France et combien de cas de problèmes liés au racisme ? très peu, mais de fait c'est beaucoup plus médiatisé (et scandaleux ! ! ! ) lorsqu'un tel fait arrive.
Lors de cette fameuse nuit a amiens, a table ils étaient combien ? seulement trois policiers ? non, il y avait également deux bouchers … cela veut-il dire que les bouchers en france sont racistes ? Arrètons les amalgames. Ce qui est vrai pour les jeunes de banlieu est vrai pour les policiers, c'est une minorité qui dérape, mais les médias s'en délectent tellement.
Certains disent que c'est dur pour un jeune fonctionnaire d'origine étrangère, de rester dans la police … alors que l'on retrouve de plus en plus d'officiers ou de commisaires de famille issue de l'émigration.
Quant aux fonctionnaires, la je parle du simple gardien de la paix, qui se font insulter a longueur de journée dans nos banlieus parce que nord-africains, antillais, africains, indiens … qui les défend hormis leurs familles et leurs collègues ?
Combien de collègues marié(e)s avec des personnes qui ne sont pas nées en France ? Tous ces policiers sont-ils racistes ? Je me permet d'affirmer que non.
La police est, et restera une police républicaine, qu'on le veuille ou non, et ce n'est ni les débordements d'une minorité de jeunes en banlieu, ni les propos scanlaleux et salissant pour la police de trois individus a Amiens qui le changeront.
De PJ62
policier républicain | 19H48 | 13/02/2008 |
On se calme.
Je suis fonctionnaire depuis 32ans dont 29 dans la police. Je m'aperçois en lisant vos mails que certains d'entre-vous ont une vue rétrécie de la fonction. Alors je vais essayer de vous éclairer.
1°) Pour être policier il faut passer un concours quelque soit le corps que vous ayez choisi. Ce concours est en trois étapes, un écrit, un test psychologique et un oral. Lors de cet oral devant un jury composé de quatre personnes dont un ou une psychologue il est possible de rejeter un candidat(e) qui n'aurait pas le profil mais ce n'est pas la panacée.
2°) Après quelques temps il ou elle intègre une école de police. Pendant sa scolarité si l'élève dérape il peut être mis fin à sa scolarité et ne sera jamais repris dans la police.
3°) Un an de stage pendant lequel il peut-être mis fin à sa carrière si là aussi il y a dérapage ou bavure.
4°) A ce que je sache la syndicat FPIP et le parti FN ne sont pas interdit par la loi.
5°) Tous les fonctionnaires de l'état doivent s'abstenir de faire état de leurs opinions politiques pendant leur service mais peuvent s'inscrire dans un parti politique et sous certaines condition être élus de la République.
6°) Vu la réaction de la hiérachie à AMIENS après ces faits je pense que l'on a là la preuve que nous sommes dans un état de droit et la presse ayant été mise au courant démontre la bonne santé de notre démocratie.
Pour conclure un policier est un être humain avec ses qualités et ses défauts, ceux qui sont chargés de le manager aussi. J'aime souvent dire que je ne suis qu'un citoyen avec une fonction particulière. Et je vais vous démoraliser : des racistes, des gens qui ne supportent pas la différence chez les autres : il y en a malheureusement partout et dans tous les corps de métier coryez-moi.
7°) Il y aussi des conseils de discipline dont les membres (représentants de la hiérarchie et délégués du personnel) statuent sur les cas qui leurs sont transmis et décident (après le passage en justice du fonctionnaire si délit ou crime ont été commis) d'une sanction qui peut aller jusqu'à l'exclusion sans aucun droit à la retraite. Et si la sanction est jugée trop indulgente par le ministre de l'intérieur ; ce dernier peut alourdir cette sanction.