
Les RG s'inquiètent du renouveau de l'extrême gauche « autonome »
On l'avait remarqué depuis les manifestations qui avaient immédiatement suivi l'entrée en fonction de Nicolas Sarkozy : il existe en France un renouveau de la mouvance « autonome » d'extrême gauche, qui avait aussi fait parler d'elle lors des mobilisations contre le CPE en 2006 et contre la loi LRU, en 2007.
Les Renseignements généraux, qui ont travaillé sur ces groupes, ont interpellé ces derniers mois, à Toulouse, à Bourges, en Bretagne et en région parisienne, plusieurs jeunes d'une vingtaine d'années, dont certains en possession d'explosifs artisanaux, et qualifiés un peu rapidement par les enquêteurs « d'anarcho-autonomes ».
Faut-il réellement ranger, comme de nombreux médias l'on fait en reprenant intégralement et sans recul des informations policières, cette « nouvelle autonomie » parmi les dangers terroristes ? C'est aller un peu vite. Car, si dans une interview au Figaro du 1er février, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot- Marie, met en garde contre la « résurgence violente de l'extrême gauche radicale » en invoquant le danger de voir resurgir des clônes d » « Action directe, des Brigades rouges ou de la Fraction armée rouge », la situation est bien différente de celle de la fin des années 70, qui voyait s'écraser la queue de comète du mouvement maoïste.
Effectivement, on a vu émerger ces dernières années une mouvance de quelques centaines de militants radicaux, partisans de l'action violente dirigée contre les symboles de l'appareil d'Etat (police et gendarmerie ; bâtiments officiels). De quels textes théoriques s'inspirent-ils ? A quelle mouvance idéologique les rattacher ? L'enquête policière a mis en avant un texte, « L'Insurrection qui vient », publié par un « Comité invisible ».
Cela peut faire peur, sauf que, loin d'être un brûlot clandestin, il s'agit…d'un livre publié en 2007 aux éditions la Fabrique, le comité invisible étant, pour éclairer la référence historique, un organisme lyonnais de propagande républicaine, dans les années 1830. Egalement mis en avant, le fait que certains interpellés ont été trouvés en possession de documents signés « Organe de liaison au sein du parti imaginaire », lequel « parti imaginaire » a préfacé, toujours aux éditions la Fabrique, un livre titré « Maintenant, il faut des armes ». Certes, mais l'ouvrage en question est l'œuvre… d'Auguste Blanqui ! Les déçus des mouvements antifascistes et altermondialistes
Rien de bien neuf donc. La seule réelle continuité avec l'autonomie des années 80 réside dans la présence, pour encadrer et former des militants souvent arrivés sans aucune culture théorique d'extrême gauche, d'une ou deux dizaines de militants « historiques » qui ont commencé à s'engager voici un quart de siècle.
L'irruption de la mouvance autonome n'est pas, contrairement à ce qu'affirme la ministre de l'Intérieur, le résultat de « l'affaiblissement à droite comme à gauche des partis politiques qui permettent d'exprimer les frustrations sociales ». Elle est le résultat de la crise du mouvement antifasciste, elle-même consécutive à la marginalisation du Front national. Elle est surtout la conséquence de l'institutionnalisation de l'extrême gauche altermondialiste, désormais intégrée au jeu politique et électoral et qui génère donc des déçus.
D'où l'émergence d'une vague de très jeunes militants, partisans de la « propagande par les faits », et qui sont en rupture avec les organisations anarchistes constituées, telle Alternative libertaire et la CNT.
L'occupation-saccage de la Maison des sciences de l'homme
La première apparition visible des « nouveaux autonomes » date de l'occupation-saccage de la Maison des sciences de l'homme, à Paris, en mars 2006 : outre des slogans violents graffités sur les murs (« CRS blessé, achève-le »), on avait alors remarqué la présence, comme dans plusieurs squatts politisés de Paris et de la banlieue, de militants allemands ou italiens d'ultra-gauche.
Les occupants de l'Ehess, regroupés sous le vocable « AG en lutte », ont d'ailleurs produit une longue brochure expliquant leur démarche, sous le titre « Une expérience d'assemblée en France au printemps 2006 ». A la même époque, le 23 mars 2006 place de la Nation, les « autonomes » ont également durement affronté les CRS, en fin de manifestation contre le CPE.
Mais alors déjà, le renouveau de l'autonomie violente était perceptible notamment à travers l'action des « Black Blocks » lors des sommets du G8 à Evian, à Gênes et l'année dernière en Allemagne. Et là encore, les Black Blocks sont idéologiquement hétérogènes : si l'autonomie domine dans les BB français, en Suisse, l'impulsion vient des marxistes-léninistes du Revolutionäre Aufbau.
L'autonomie est donc une nébuleuse éclatée. Elle se construit sur la base de petits groupes locaux et de petites publications irrégulières dont beaucoup sont visibles sur le site Infokiosques.net. Internet d'ailleurs, devient un vecteur important de circulation d'informations de la mouvance, en particulier sur le site Indymedia Paris, où sont postés nombre de messages avertissant d'une mobilisation ou d'un rassemblement, pratiquement en temps réel.
Des textes aux relents d'extrême droite
Il est une dernière question qu'on peut de poser, à la lecture de certains textes de cette mouvance : anarchiste, l'est-elle vraiment ? Certains passages en effet, ont des réminiscences curieuses. L'utilisation du concept d'Occident par l'AG en lutte, par exemple, pour décrire l'Europe et l'Amérique, n'a pas grand-chose de libertaire. Et pour conclure, lisons les phrases suivantes :
« Qui grandit encore là où il est né ? Qui habite là où il a grandi ? Qui travaille là où il habite ? Qui vit là où vivaient ses ancêtres ? Et de qui sont-ils, les enfants de cette époque, de la télé ou de leurs parents ? “La vérité, c'est que nous avons été arrachés en masse à toute appartenance, que nous ne sommes plus de nulle part, et qu'il résulte de cela, en même temps qu'une inédite disposition au tourisme, une indéniable souffrance.”
C'est un extrait de “L'Insurrection qui vient” (pp.19-20). Et cela sent bigrement le “retour aux racines”, voire “la terre et les morts”, thèmes chers à l'écrivain d'extrême-droite Maurice Barrès.
- 41615 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Je suis politologue et travaille à la fois sur les radicalités politiques et les cultures de marge. Je suis chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).



















207
(Pour réagir, connectez-vous)
à bidule
De Yann Guégan
Rue89 | 22H39 | 07/02/2008 |
Moi je ne comprends pas grand chose à leur trafic. Mais au moins, pendant ce temps, ils ne volent pas des mobylettes. : -)
à Yann Guégan
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 23H07 | 07/02/2008 |
Provocateur !
Pourtant il y a un lien entre bidule (arme des voltigeurs , amis de Malek Oussekine) et …mobylettes !
à thierry reboud
De nono le simplet
dilétante adèle | 05H56 | 08/02/2008 |
un autre penseur a dit :
révolutionnaire , je suis prêt à mourrir pour le peuple , mais pas prêt à vivre avec ….
à thierry reboud
De kkadim
service public rhone alpes | 09H18 | 08/02/2008 |
le poisson n'étant pas l'eau, le révolutionnaire ne serait pas le peuple ?
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H51 | 07/02/2008 |
Les RG s'inquiètent du renouveau de l'extrême-gauche « autonome »
Si seulement c'etait vrai ..
On peut rever .
De sccber
19H03 | 07/02/2008 |
A quand la dissolution des RG !
De Thi0u
Etudiant en Statistiques et Traitem... | 19H06 | 07/02/2008 |
En parlant du G8 de Gênes, j'ai une pensée pour Carlo Giuliani…
Paix à son âme.
à Thi0u
De zx600
00H24 | 08/02/2008 |
Rappelons que ce pauvre Carlo est, selon le résultat de l'enquête, mort d'une balle soigneusement tirée en l'air par le policier, mais qui aurait malencontreusement ricoché à plusieurs mètres de haut contre un objet lancé par les manifestants et se serait alors dirigée vers le sol et l'infortuné manifestant, âgé de 20 ans.
RIP.
Heureusement, en France les RG veillent, pour le bien de tous.
à zx600
De Prolo du livre
12H04 | 08/02/2008 |
Vous oubliez le problème de boite de vitesse du 4x4 des carabinieri, un manque d'entretien du au crédit fliquesque coupé par la gauche précédemment au pouvoir…
Allez-retour, allez-retour, allez-retour…
« Carlo Giulani, raggazzo » documentaire.
« Mille punia a cielo » Los fastidios.
« On ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux », non ?
A l'auteur de l'article, vous oubliez également Nice.
Reviendrait-on à une époque où l'on ne laisserait plus la politique à ses tapineuses (désolé mesdames) ?
Où la politique nous concernant, nous déciderions de la reprendre en main ?
Où l'on assumerait de prendre des coups pour ses idées ?
Et puis un analyste politologue de Sciences Po est-il le mieux placé pour parler des résurgences autonomes, jamais vraiment disparut ?
Comme peuvent en témoigner de nombreux riverains…
De jeannot_babélou
ardèche | 19H21 | 07/02/2008 |
Lors des contestations contre la LRU, une dizaine de loubards des RG se sont introduit par le toit de ma fac pour venir nous filmer et prendre en photos en pleine AG. Les leaders ainsi remarqués, ils sont désormais interdit de fac et de resto U. C'est cela qui est inquiétant ! ! ! ! Et puis vous savez les RG ne sont jamais bien innocent dans leurs soit-disantes enquêtes. Vous les auriez-vus aux abords des manifs, en train de te mitrailler la gueule avec un beau sourire de salopard. Pitoyable. Petain reviens ! T'as oublier tes chiens ! !
De jbaf
19H25 | 07/02/2008 |
Ca y est l'extreme gauche s'arme selon les RG…
je voudrais juste rappeler que le fond de commerce de la droite c'est le securitaire. Et comme par hasard ce rapport tombe a 2 mois d'election ou notre president et son parti en baisse dans les sondages d'opinion pourrait se prendre une bonne claque
Qui manipule qui ? Qui est terroriste ? Peut-être le gouvernement qui manipule le peuple ? (terrorisme intellectuel).
De Francois Toulouse
19H45 | 07/02/2008 |
Mouais…
Ce qui est vrai, c'est qu'il y a un certain énervement à gauche contre le gouvernement, et encore plus dans la gauche radicale.
Vrai aussi qu'il y a de plus en plus de répression aveugle : militante écolo tabassée à millau voir ici http://tinyurl.com/2246o5, des mois fermes de prison pour une histoire de yaourt lancé sur la voiture à Sarko voir ici http://tinyurl.com/ywjaev et plein d'autres choses dont la Presse, Libération and co ne parle jamais.
En fait, mettez plein de policiers sur la piste de la gauche radicale, et ils vous trouveront forcemment des histoires d'agitation violente, ou des risques : sinon comment justifieraient-ils leurs activités ? Vous imaginez les RG dire : « ben, non, il ne se passe rien…. Soyez tranquille…. » : ils se verraient aussitôt sucrer des postes.
Je suis aussi toujours surpris de voir certains jugements rapides sur la gauche radicale.
Je m'explique : la gauche radicale en fait n'existe pas. Ou plutôt, elle se décompose en une multitudes de chapelles, d'opinions, parfois très contradictoires, voire ennemies : rien de commun, par exemple, entre les positions de Bensaîd ou celles de Toni Negri sur la mondialisation ! C'est pas comme l'UMP ou le PS sur lequel on peut dégager, de façon sûre, une tendance, un avis, une position. Dès lors, il est facile d'en sélectionner le texte le plus idiot, l'événement le plus crétin, afin de faire croire qu'on arrive à juger de la globalité, forcémment très hétérogène et mouvante de l'ensemble : la démarche est tout simplement malhonnête, mais elle permet de façon récurrente à des individus de penser qu'ils peuvent juger le tout !
De jac le rat
aventurier | 19H49 | 07/02/2008 |
Prévisible !
Mais pourquoi cette exaspération ? …
Et une occasion de plus, bien-sûr, de faire flipper
et faire voter contre ces salauds de gauchistes.
Je pense que c'est un signe d'un « changement » prochain.
Pas le choix ! ! !
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 19H51 | 07/02/2008 |
C'est assez amusant de chercher une « organisation » anarchiste…
De leur chercher des idées d'extrême droite…
On pourrait aussi parler du livre des lois anarchistes, des interdits anarchistes, du vote anarchiste, des chefs anarchistes…
Enfin, ça meuble une page, ça donne un peu de raison de renforcer la « sécurité », et puis ça diabolise les revoltes à venir…
à manu2005
De clive
21H10 | 07/02/2008 |
Ou comment associer l'extrême gauche, l'extrême droite, les altermondialistes, les anarchistes, les terroristes, les étudiants etc…
Je me demande combien de temps il a passé sur le terrain, notre chercheur associé, des mois à infiltrer les divers mouvements…
Et on peut faire confiance aux RG comme source fiable.
Skinheads / hippies même combat…
à clive
De DéCRoiSSaNTE de LuNe
AnTi BLinG BLinG | 23H39 | 07/02/2008 |
» …l'extrême gauche,les altermondialistes, les anarchistes, les terroristes, les étudiants etc… «
Pour eux nous représentons la lie de la société, leurs bêtes noires, avec en plus :
les sans papier, immigrés, chômeurs, RMIstes, ouvriers, modestes employés, petits fonctionnaires, Faucheurs Volontaires, décroissants, penseurs, fumeurs,
raveurs, rêveurs………………..
à DéCRoiSSaNTE de LuNe
De bondurant
10H31 | 08/02/2008 |
Ca me fait penser à l'appel à candidature de Coluche qui appelait les chomeurs, les drogués, les PD, les alcooliques, les communistes,etc… à voter pour lui.
à clive
De Lucius Sergius
28239
Citoyen | 00H15 | 08/02/2008 |
Assez amusant en effet.
L'analyse est une base du renseignement, et là ça semble plus être de la com externe que du matériel à usage interne : on y trouve des amalgames à la limite du grotesque et pas vraiment de fil crédible.
Mettons nous à la place de ceux qui auraient commandé une telle étude : c'est joli, ça fait sensation : on a des nétudiants anars mi-hippies, mi-skins, alters sur les bords, et même un peu fachos pour encore plus de frissons, et bien sûr prêts à absolument tout parce qu'enragés. Mais on fait quoi avec ça ?
L'extrême gauche est « apprivoisée » depuis longtemps et ne représente pas un réel danger pour le pouvoir en place (groupusculaire et canalisée sans aucune importance, ou incorporée peu à peu dans le jeu des institutions et dans le jeu politique officiel).
Une menace de jacquerie de masse plus consensuelle, sans organisation identifiée pouvant servir de contrôle/relai est un danger plus sérieux, contrairement à ce qu'on pourrait croire. Les manoeuvres conseillées par des « experts » d'organismes internationaux selon un tableau de marche, pour arriver à un « libéralisme » pur et dur en imposant petit à petit un marché tout puissant dans toutes les sphères de l'activité humaine, ont été menées avec une telle maladresse (pression des « critères de convergence » et autres foutaises qui ont poussé à en faire trop et trop d'un coup) de surcroît sur fond de scandales tels (millions ou milliards détournés, spéculation grotesque, « affaires » diverses) qu'une grosse parie de la population ne croit plus du tout à la propagande officielle, et que même elle lui exprime de plus en plus un profond rejet. Quand à l'autre partie, dont ça pourrait être l'intérêt de défendre ces manoeuvres, elle n'y met pas vraiment un enthousiasme débridé, elle y accorde pour la plupart juste une sorte de soutien honteux qui se veut plus tacite et anonyme que militant et visible. C'est moins palpable par des chiffres mais bien plus sensible qu'une minorité qui s'agite.
Côté activisme des gens plus organisés et autrement plus « pros », sans être spécialement d'extrême gauche, genre qui digère mal qu'on malmène certains principes et évoluant au sein même des institutions (parfois les plus inattendues et les plus fondamentales d'un état) et des grands comptes, et ce à tous les niveaux, peuvent avoir une capacité de nuisance (contre un pouvoir qui aurait quelque chose à se reprocher) autrement plus discrète et puissante qu'une bande de mecs bien voyants qui lancent de gros pétards en faisant une crise post-adolescente. Rien qu'en sabordant les grandes manoeuvres iniques en laissant entrevoir les trop grosses ficelles jusqu'à ce qu'elles cassent…
Delenda carthago
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 19H54 | 07/02/2008 |
La CNT s'est renforcée depuis le scrutin présidentiel de 2001 et, vivant dans l'Est parisien, je ne l'ai pas vu faiblir depuis. Ailleurs, je ne sais si ce que disent les RG est vrai ou pas, mais sur leur point d'ancrage principal, pas de changement !
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
De Lairderien
19H55 | 07/02/2008 |
Effectivement cela sent la manip à plein nez, on agite le chiffon rouge pour faire peur aux bien pensants déstabilisés par l'étalage de la vie privée pas très catholique, mais très bling-bling de notre zébulon de président
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, bougi... | 20H05 | 07/02/2008 |
cela a vraiment l'air d'une manip
j'ai lu un texte semblable il y a une quinzaine de jours
c'etait peut etre une dépèche de l'afp.
Les rg faisait alusion à des explosifs à base de chlorate de soude et de sucre
vraiment l'artisanat
artisant en matière d'explosif
et artisanat en matière d'intox
comment un text comme celui ci atterit donc dans notre rue ?
à jyeden
De sccber
23H53 | 07/02/2008 |
Tant que ça reste artisanal les explosifs, ça prouve qu'il n'y a pas encore de manipulations comme l'Italie les a connues pendant les « années de plomb » des années 70. A part ça, votre petite recette (il manque quelques ingrédients) a été inventée par le professeur Langevin pour la Résistance, pour les balancer sur les chars allemands : alors les gars, il ne faudrait pas trop plaisanter avec.
à sccber
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 20H04 | 10/02/2008 |
Ca prouve rien du tout, si ce n'est qu'il n'y a heureusement pas de répétition de la stratégie de la tension mise en oeuvre en Italie dans les années 70.
Perso, le saccage de l'EHESS était surprenant, le fait de voir au JT un tag « Mort à la démocratie » me pousse à voir la présence de provocateurs dans ceux qui ont occupé ce lieu, et détruit le travail de chercheurs pas particulièrement à droite…
Sans condamner en vertu de je ne sais quel principe transcendant les assauts contre les CRS dans les manifs, il est clair que la casse est mise à profit par les médias pour décrédibiliser les revendications, et seul les plus naïfs ignorent que des flics en civil provoquent cette casse (ca se passe aussi dans les sommets alter-mondialisation : Quebec police admit they went undercover at Montebello protest : http://www.cbc.ca/canada/story/2007/08/23/police-montebello.html)
De Art-35_Constitution-1793
Pour une Republique Bonsensiste!! | 20H33 | 07/02/2008 |
Ceci est tout a fait naturel : La nature a horreur du vide !
Plus la gauche glisse a droite, plus elle ouvre un Boulevard a l'extrême Gauche.
Inversement, en Allemagne, Merkel qui s'est allie avec le SPD (équivalent PS BOBO) doit s'appuyer a gauche pour « tenter de contrer DIE LINKE qui lamine doucement mais surement le SPD .
La Droite virant (un peu) a gauche ouvre la route au NPD (Nazi)qui a maintenant des élus !
Par contre des Résistants a la dictature qui en seraient encore au Chlorate de soude (qui explose bien c'est un fait) , voire au mélange chlorate, souffre, charbon de bois, on peut facilement trouver mieux par les temps qui courent !
ça sent l'intox !
à Art-35_Constitution-1793
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 20H23 | 10/02/2008 |
Ouais, des résistants comme ceux-là :
Nº2253 - SEMAINE DU JEUDI 10 Janvier 2008
À la Une - Le Nouvel Observateur - Les rebelles anti-expulsions
Ces français qui cachent des sans-papiers
Les rebelles anti-expulsions
Pour protéger des étrangers en situation irrégulière, ils violent la loi, bouleversent leur quotidien et les logent clandestinement. Lena Mauger a rencontré ces résistants d'un nouveau type
Ils donnent rendez-vous dans un café anonyme et discret, sur les bords du Rhône. Ils insistent : « Venez seule », « N'en parlez à personne ». Ils ne communiquent aucun détail par téléphone, au cas où les RG écouteraient la conversation. Quatre jours plus tard, Jean et Marie-Claude sont présents au lieu fixé et à l'heure dite. Ces grands-parents, en apparence sages et tranquilles, affichent des airs de conspirateurs. Depuis un an, ils cachent deux jeunes intellectuels kosovars et leurs enfants âgés de 6 et 7 ans. Ils leur trouvent des familles d'accueil, dans des maisons, de préférence isolées. Jean a pu les soustraire à la police quelques heures avant qu'ils ne soient renvoyés en charter. « Ils ont quitté le Kosovo parce qu'ils étaient persécutés », dit cet ex-communicant EDF, ancien militant syndicaliste, longtemps bénévole dans une association d'aide aux réfugiés. Sans-papiers, recherchés par la police, ses protégés vivent reclus. Leurs enfants ne vont pas à l'école. Une institutrice leur donne des cours, en cachette, des leçons de français surtout. « Il faut tenir jusqu'en juillet, soupire Marie-Claude, une ex-infirmière. On pourra alors faire une demande d'asile auprès des autorités françaises. »
Dans une France réputée apathique et frileuse, ils sont des dizaines, voire des centaines, à héberger des sans-papiers, parfois pendant des mois. Des Français comme les autres, ou presque, pères et mères de famille, militants, enseignants… Au téléphone, ils chuchotent presque, ils parlent à mots couverts d'« étrangers en vacances », de « disparus », de « tu sais qui ». Ils jouent aux parfaits clandestins. « Lorsque tu iras chercher la journaliste à la gare, assure-toi de ne pas être suivie : prends un court sens interdit en marche arrière », conseille Richard Moyon à une militante. Fondateur de Réseau Education sans Frontières (RESF), un collectif d'aide aux sans-papiers, il avoue devenir parano de temps à autre : « On veut à tout prix éviter que les clandestins soient pris par la police », dit-il. Et ceux qui les cachent ? Que risquent-ils ? Une personne qui héberge un étranger en situation irrégulière encourt cinq ans de prison ferme et 30 000 euros d'amende. Selon Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale, la loi ne vise que les passeurs et les marchands de sommeil. Richard Moyon invite néanmoins ses troupes à la vigilance. La pression s'accroît. De plus en plus de préfets appellent à la « délation ». Un décret, publié le 30 décembre, permet le fichage des étrangers expulsables et de ceux qui leur viennent en aide (voir ci-après). Certains activistes qui luttent contre les reconduites aux frontières n'hésitent pas à se comparer aux Justes ou aux porteurs de valises du temps de la guerre d'Algérie. Jean et Marie-Claude trouvent ces références très exagérées. « Les clandestins ne se font pas fusiller s'ils sont arrêtés. Et les centres de rétention, même s'ils offrent des conditions de séjour insupportables, ne sont pas des camps de concentration », explique Jean. En revanche, la logique du chiffre, la traque des sans-papiers le révoltent. « On n'est pas des héros, on est des humanistes qui ne veulent pas de la société d'exclusion vers laquelle on va. »
Laisser ses clés à des inconnus
Comment partage-t-on son quotidien avec un clandestin ? Quelle part de leur temps et de leur intimité ces Français de l'ombre sont-ils prêts à donner ? La voiture de Francis, un enseignant de 55 ans, sillonne une route de campagne bordée de maisons de brique dans l'Oise. A l'arrière, Raphaël, un sans-papiers d'origine arménienne, son hôte depuis l'été, scrute timidement l'horizon. Francis l'a connu au local de l'association Solidarité Migrants, où il est bénévole. « Raphaël logeait chez un de mes anciens élèves qui ne pouvait plus le garder, raconte le professeur. Dans les foyers, il risquait d'être trouvé par la police. Je lui ai tout de suite proposé de venir chez moi. » Francis a bouleversé son quotidien. Sa maison est une grande bâtisse rouge avec des volets verts. Il a installé Raphaël dans un studio annexe. 30 mètres carrés indépendants, avec une petite salle de bains. Chaque matin, Francis le dépose au centre-ville. Il le retrouve après les cours, en fin de journée, sur le parking du lycée. Le soir, le professeur et le clandestin dînent en tête à tête, puis regardent la télévision sur le canapé. Les deux hommes, tous deux nés en 1952, se ressemblent un peu avec leur moustache, leur chemise rentrée dans le pantalon et cette solitude qui les taraude. Ils parlent peu. Parfois, Raphaël évoque son passé : les enfants laissés en ex-URSS, dont il est sans nouvelles, son exil en Belgique, puis en France, en 2000, et enfin les rejets successifs de sa demande d'asile. « En fait, on n'est pas vraiment amis, lâche Francis. Mais on apprend à vivre ensemble. » « Raphaël est logé et nourri, ajoute-t-il. Pour le reste, Use débrouille. Il est très indépendant. » Les enfants de Francis, qui ont quitté la maison, connaissent ses activités. « Ils ne sont pas contre. Mais je crois qu'ils me considèrent un peu comme un marginal. » En revanche, Francis n'a rien dit à ses voisins : « Les immigrés ne sont pas toujours les bienvenus au village », explique-t-il. C'est un euphémisme : un jour de mars dernier, des jeunes du coin ont jeté des pierres et des canettes de bière au-dessus de son portail. A l'époque, Francis abritait sous des tentes douze clandestins, Congolais, Algériens, Albanais… « J'ai fait un mini-Don Quichotte dans ma cour. » Il n'est pas près d'oublier les cris des bébés, les odeurs d'épices dans la cuisine, les altercations tournant parfois en bagarres… « Y avait de l'ambiance à la maison ! »
Certains sont surpris par leur propre geste. Jamais ils n'auraient imaginé laisser leur clé à des inconnus. Encore moins vivre sous le même toit que des sans-papiers. « L'urgence amène à des dépassements inimaginables. Surtout lorsqu'il s'agit de femmes et d'enfants », dit Denise, 58 ans. Assistante sociale de formation, elle vit dans une commune lyonnaise. Militante proche des idées d'Olivier Besancenot, elle appartient à un collectif local d'aide aux clandestins et à RESF « Je suis contre les expulsions de toutes sortes. Réguler, qu'est-ce que ça veut dire ? demande -t-elle . Je ne vois pas comment on pourrait empêcher des gens qui fuient la misère et la guerre de venir chez nous. A part en construisant un mur… Aux Etats-Unis, cela ne fonctionne pas du tout. » Issue d'un milieu modeste, Denise vit dans 60 mètres carrés avec son mari et sa fille cadette. « C'est très petit pour accueillir une famille, dit-elle. En général, les gens qui hébergent des sans-papiers sont aisés et Us ont un certain âge. Ils peuvent prêter les anciennes chambres de leurs enfants. » Pourtant, lorsqu'elle trouve Méla (1), une jeune Albanaise, et son bébé à la rue, un soir glacial de décembre 2006, elle ne se pose pas de questions. Elle leur ouvre sa porte. « C'est l'enfant qui m'a décidée », explique -t-elle.
Une relation ambiguë
Denise, elle aussi, bouleverse ses habitudes. Son hôte, une jolie brune de 22 ans, n'est pas envahissante, loin de là. La fugitive passe ses journées dehors. Mais son mode de vie détonne. Elle écoute ses CD de musique albanaise en boucle sur la chaîne du salon. Elle rapporte de la bouffe des Restos du Coeur. « Elle voulait bien faire, mais on n'a pas l'habitude de manger ça à la maison », dit Denise. Elle nourrit son enfant d'à peine 2 ans avec une énorme cuillère à soupe. Elle le lave avec le jet de la douche. Résultat, le bébé hurle. « Je n'osais rien lui dire », ajoute Denise. Invitée à fêter Noël, l'Albanaise propose à sa soeur et à son beau-frère, émigrés en Italie, de venir. « On a réussi à les mettre à l'hôtel mais on les a quand même eus sur le dos pendant trois jours ! Ce n'est pas toujours facile de partager son intimité », plaisante Denise. Au bout de deux mois, Mêla rentre en foyer, où un lit a fini par se libérer. Mais elle supporte mal ce retour à l'instabilité. Fragile, isolée, effrayée à l'idée d'être interpellée par la police, elle déprime. Denise ne peut pas la laisser tomber. Elle lui cherche un nouveau logement : un endroit plus sûr, mieux adapté à la vie d'un enfant. Elle tombe alors sur Marianne (1), une petite femme pimpante de 73 ans, une ancienne fabricante de corsets et de porte-jarretelles. Une catholique pratiquante, cinq fois maman, treize fois grand-mère. Mêla s'est installée chez elle il y a dix mois. Un appartement de ZEP, à l'est de Lyon. Elle dort dans une chambre sans armoire. Elle range chaque jour ses vêtements dans une valise. Elle ne vit pas complètement « cachée ». Mais elle évite les transports en commun. Et elle tremble chaque fois qu'elle voit un agent en uniforme. « J'aimerais avoir une jeunesse comme les autres filles de mon âge », dit Mêla. Les journées passent et se ressemblent dans le petit appartement cosy de Marianne. La grand-mère vaque à ses activités : paroisse, gym, couture, broderie. « Je dois l'agacer par moments, admet Marianne. Je me fais mes soupes de mamie, je râle quand son fils la tripote, je hausse le ton quand je ne trouve plus quelque chose. Partager son quotidien n'est pas toujours simple, mais quand je reviens de l'église, je sais que j'ai raison. » Mêla, elle, emmène son fils à l'école, déjeune avec lui le midi, fait des ménages, un peu de repassage dans le quartier, et améliore son français, aujourd'hui très bon. « On n'a ni les mêmes idées ni les mêmes habitudes. Mais moi qui ai perdu ma mère à 5 ans, j'ai appris beaucoup de choses avec Marianne », dit la jeune fugitive.
Plus le temps passe, plus les liens se tissent entre colocataires. Marianne considère parfois Mêla comme sa petite-fille. Une relation ambiguë et compliquée. Comme d'autres logeurs de l'ombre, elle ne sait pas toujours quel est son rôle : « Qui suis-je pour lui faire des réflexions ? Qu'est-ce que je peux lui dire ? Quelles sont mes responsabilités ? », se demande la vieille femme. Et puis cette autre question, qui revient comme un leitmotiv chez les protecteurs de clandestins : quand cesse-t-on de les héberger ? Près de 90% d'entre eux ont épuisé tous leurs recours. Ils n'ont donc quasiment aucune chance d'obtenir des papiers avant de justifier au moins dix ans de présence sur le territoire français. Parfois, Denise se met à douter : « On suit leur décision, mais on est aussi porteur d'espoir. Et si on les empêchait d'envisager un éventuel retour ? »
(1)Certains prénoms ont été modifiés.
Léna Mauger
Le Nouvel Observateur
De sobriquet
Courageux anonyme | 20H35 | 07/02/2008 |
Je vais probablement me faire rapidement replier mais tant pis : au fond, l'extrême droite et l'extrême gauche sont bien plus proches qu'il n'y paraît.
Bien sûr, il y a des sujets qui fâchent, il y a des mœurs qui diffèrent, et cela rend inimaginable un rapprochement entre les uns et les autres. Mais les uns et les autres ont pourtant un ennemi principal en commun : la dépossession du peuple par des organisations transnationales ou internationales, qui imposent leurs lois pour s'enrichir au détriment de tout le reste. En un mot, le néolibéralisme.
Êtes vous déjà allé sur un site d'extrême droite ? Pour eux, les libéraux sont de dangereux gauchistes (oui, gauchistes ! ), et c'est souvent leur principal soucis. Ces gens ne sont pas plus capitalistes que les autres.
Nos partis gestionnaires ont ainsi réussi l'admirable pirouette de se faire passer pour des modérés libéraux, entre deux tas d'extrémistes antilibéraux, ceux de droite et ceux de gauche. La magie des mots !
En conséquence, dans les circonstances actuelles, il ne faut pas s'étonner du renouveau de ces groupuscules de droite ou de gauche, et il ne faudrait pas non plus s'étonner de ne pas réussir à savoir s'ils sont d'extrême droite ou d'extrême gauche.
Un dernier point pour répondre à l'une des interrogation de l'article : l'anarchisme d'extrême droite, ça existe, et ce n'est pas l'apanage de l'anarcho-capitalisme.
à sobriquet
De Francois Toulouse
21H07 | 07/02/2008 |
Parfaitement, sobriquet, je m'amène pour vous tirer les oreilles :
Il y a effectivement des points communs entre extrême gauche et extrême droite, à savoir, chez un certains nombre de personnes d'extrême gauche, le rejet de la mondialisation, et même chose chez certains d'extrême-droite : mais c'est tout simplement parce que les positions vis à vis de la mondialisation ne se dessinent pas la coupure traditionnelle droite gauche !
Il y a aussi à gauche (pas extrême gauche) des antimondialisation (Chevènement) et aussi à droite (guaino). On trouvera aussi, à l'extrême gauche, des farouches partisans de la mondialisation et de la liberté de circulation des capitaux : lisez Negri, la revue et le site Multitudes, par exemple. et que dire des libertariens américains d'extrême droite, eux aussi aiment bien la mondialisation !
Cela pour dire que sous entendre que être ennemi ou adversaire de la mondialisation est une caractèristique des extrêmes, c'est une contre vérité !
Voila, vous pouvez recollez vos oreilles…
Bon, je vote pour votre post, mais bon, c'est uniquement pour qu'on lise ma réponse ; -)
à Francois Toulouse
De sobriquet
Courageux anonyme | 21H33 | 07/02/2008 |
Ouille, j'ai dû suggérer des choses que je ne pensais pas ! Déjà, je parlais seulement de la situation française ; je ne connais pas assez les situations ailleurs.
Et puis, mon propos n'était sûrement pas d'établir un parallèle entre extrémismes et antimondialisation : je voulais juste mettre en avant le fait qu'extrêmes droites et extrêmes gauches (en France), que l'on a tendance à considérer comme des ennemis éternels, sont en fait susceptibles d'avoir des affinités sur des points importants.
Mais bon, merci pour votre mise au point (et de m'avoir rendu mes oreilles : -) )
à sobriquet
De sccber
01H08 | 08/02/2008 |
A utiliser vos critères (extrémisme de gauche, de droite) sans réflexion, c'est du confusionisme : a croire que 150 ans de luttes n'ont servi à rien ! Cela revient par exemple à mettre dans le même camp les libertaires espagnols de la CNT-FAI, et les staliniens qui les ont combattus pendant la guerre d'Espagne, sous prétexte qu'ils apparaissent à l'extrème gauche sur l'échiquier politique, est proprement inepte. Le terme anarchiste de droite lu plus haut, souvent repris, n'a guère plus de sens, sinon à confondre l'anarchisme avec l'égoisme et l'individualisme sans dimension sociale et politique : même si il n'y a pas de théorie anarchiste comme il y a une théorie marxiste, la plupart des libertaires s'entendent sur un refus du pouvoir, de la hiérarchie, de l'Etat, de la religion (ou au minimum pour certain du clergé), en opposition donc avec la plupart des valeurs traditionnelles de la droite. La droite moderniste elle prône le libéralisme économique, et donc d'une certaine manière s'oppose aux Etats, mais au profit d'une minorité détentrice du capital, c'est-à-dire du pouvoir économique. Pour moi la vrai opposition est, pour faire court, entre d'un côté les libertaires et de l'autre les liberticides : la plupart des altermondialistes et des groupes radicaux se trouvent naturellement dans le premier groupe.
à sccber
De Baal-84
04H52 | 08/02/2008 |
Très sincèrement ça m'a toujours épaté qu'on cite un philosophe pour justifier que des gugus décident que certains doivent mourrir pour une idéologie dépassée. Et qu'on attribue à de tels illuminés des idées politiques parfaitement claires et logiques. Pourquoi ne s'agirait il pas de marginaux sociopathes qui assouviraient leur pulsion en « empruntant » un message politique qui n'est pas vraiment le leur ?