Italie: un ex de l'ultragauche arrêté pour des attentats islamophobes
Roberto Sandalo a été appréhendé jeudi à Milan, sur mandat d’arrêt de deux juges chargés d’instruire une affaire de tentatives d’attentats (rudimentaires il est vrai), commis en 2007 et 2008 contre des mosquées et centres culturels musulmans à Milan et en Lombardie.
Le premier acte en question date du 13 avril 2007, lorsque un cocktail molotov avait été lancé contre le siège milanais du Secours islamique, une association humanitaire islamiste légale, proche des Frères musulmans et active, entre autres, en Irak comme en Palestine.
L’action avait alors été revendiquée par un « Noyau armé du Front chrétien combattant », dont Sandalo est suspecté d’être l’initiateur. Encore un illuminé catholique intégriste ? Peut-être, mais alors, de fraîche date.
Roberto Sandalo, ancien de Prima Linea, a été le premier des « repentis »
Car en Italie, Roberto Sandalo est connu pour avoir été, avant son arrestation en 1980, un des dirigeants du groupe armé d’ultra-gauche Prima Linea, avant de devenir le premier des « repentis » à accepter de collaborer avec la police, aidant par là à démanteler le mouvement auquel il appartenait.
Condamné pour trois meurtres, il est libéré au bout de deux ans de prison grâce à sa repentance, change de nom, et réapparait en 1999… au sein de la Guardie Padane, le service d’ordre du parti régionaliste et xénophobe Lega Nord, d’Umberto Bossi. Avec quelque vraisemblance, la Lega l’avait alors accusé d’être un infiltré en son sein.
En novembre 2007 dans une interview donnée au quotidien La Repubblica, Sandalo avait déclaré lutter désormais contre « le nouveau terrorisme islamiste” et avoir adhéré au mouvement anti-musulman SOS Italie, afin de continuer “la bataille commencée par Oriana Fallaci“.
De l'autonomie ouvrière armée à l'intégrisme catholique raciste
Micro-parti qui soutient Berlusconi, SOS-Italia affirme que ‘les écrits du Pape Benoît XVI, du président du Sénat Marcello Pera, du journaliste Magdi Allam et d’Oriana Fallaci’ forment son « manifeste ideologique ».
De l’autonomie ouvrière armée, Sandalo est passé à l’intégrisme catholique violent et raciste. Un trajet certes unique pour l’instant, mais qui montre bien que pour certains qui ont toujours besoin de s’inventer un Mal absolu à combattre, et qui ont aujourd’hui les idées aussi fausses qu’hier, l’islam est désormais perçu comme le ‘nouveau fascisme’.
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Un parcours édifiant…mais qu’est-ce qu’ « avoir les idées fausses » ? Quelle expression, on dirait un mauvais pastiche de Descartes.
http://journalduntraducteur.wordpress.com
Je suppose que l’auteur veut dire qu’avoir des idées de gauche, c’est pas bien. C’est comme son titre un peu tendancieux : Un ex de l’ultragauche, ce qui ne veut pas nécessairement dire un repenti, mais quelqu’un qui aurait rendu sa carte, non? Comme pour accrocher le lecteur et associer, en titre, l’ultragauche, même ex, à une saloperie. Ou alors, je suis parano, ce qui n’est pas à exclure non plus.
Non non pas parano. Tout est affaire de sémantique. Je ne sais pas pourquoi par exemple on parle maintenant d‘« utra gauche ». Il doit y avoir une raison.
Pour moi, extrème gauche me va très bien. Mais peut être que « ultra » veut renvoyer à quelque chose de négatif. Ne dit-on pas les ultras pour désigner les hooligans du foot?
Vous avez remarqué que l’on dit maintenant « la droite extrême », on change les mots pour inventer de nouveaux déguisements.
Je suis persuadé que nous devons -la gauche- engager fermement le combat idéologique en passant par les mots et les concepts à reconquerir. C’est un champs que la droite a conquis et qu’il nous faut reprendre.
C’est pas neuf le combat contre la Novlangue.
Ultra-gauhe et extrême gauche : c’est très différent !
L’ultragauche est politiquement « bien » définie et diverse : autonome, conseilliste ou « situ », luxemburgiste ou gauches communistes, autogestionnaire parfois, rejetant les principes de la « démocratie bourgeoise » (rejet des élections, lutte armée). Certaines organisations ou militant-e-s anarchistes peuvent aussi se reconnaître dans cette mouvance d’ultra-gauche, même si elles peuvent aussi se réclamer plus facilement « révolutionnaires, moins activistes et plus portés dans l’accompagnement et la participation aux mouvements sociaux et politiques.
L’ultra-gauche est ancienne. Elle remonte au début du siècle denrier. Ellene se complète ni se confond avec l’extrême gauche, plus portée vers les luttes sociales et ouvrières, dans la rue et/ou dans les assemblées légalistes et réprésentatives.
Voir l’ « Histoire générale de l’ultragauche » de Bouseiller
http://christophebourseiller.zumablog.com/index.php?sujet_id=1346.
Le concept n’est donc pas vraiment de la novlangue, même si les instituts d’études politiques en font un art en perpétuelle création.
Merci pour la réponse. Ca faisait un bout de temps que je voulais lire le livre de Bouseiller, ça va être l’occasion.
Ceci dit, comme vous y faites allusion, je ne suis pas persuadé que l’emploi de « ultra gauche » dans les médias (pour faire court) réponde exactement à la définition que vous donnez. Je persiste à y voir une manière de stigmatisation.
Peut-être y a t il stigmatisation, mais ça reste, pour l’article en question, un texte écrit par un « politologue », qui doit savoir pour le coup tout le sens du terme employé (surtout que l’Italie est particulièrement marquée par l’ultra-gauche);
Pour le reste du Parti de la Presse et de l’Argent, on en est plus à se poser la question…
De même, la « droite extrême » est un terme utilisé en particulier par l’historien du fascisme Zeev Sternhell (il l’utilise ici http://www.humanite.fr/1996-05-31_Articles_-Zeev-Sternhell-un-tournant pour parler des extrémistes israéliens).
Quant à affirmer qu’avoir milité au sein de l’autonomie ouvrière, c’est « avoir les idées fausses », on laissera à notre ami politologue la responsabilité de mélanger faits et opinions dans le même article, une bien mauvaise habitude francophone.
Certains riverains préfèreront sans doute l’analyse rétrospective sur ces années de Toni Negri:
« Ce n’est qu’en 1968 que j’ai perçu avec émerveillement qu’une grande mutation de la fortune de l’homme et du destin était possible et pouvait renverser toutes les mesures du monde.
J’ai eu cette perception en 1968: plus tard, tout au long des années 1970, celle-ci s’est faite toujours plus précise.
Je me suis demandé, par la suite, si ce n’était pas cette perception de la crise de la mesure et des lois qui la structurent qui avait bouleversé ma raison au point de me faire chercher - avec quelques amis - l’affrontement avec l’Etat.
L’histoire avait mal fini - j’étais en prison. Pourtant, il y avait eu quelque chose de solide et de vrai dans notre rébellion.
Nous étions confrontés à une transformation profonde du mode de production de notre monde et presque - à l’époque - à une nouvelle cosmogonie. (…)
La mutation du travail, qui était à la base de la défaite du mouvement ouvrier et de l’abâtardissement de ses partis, se fondait sur la ruine de la mesure de la valeur. (…)
Là où les vieilles mesures étaient tombées, il fallait en créer de nouvelles, et la passion était désormais tout entière dans la capacité de se mouvoir avec joie au-delà de la mesure. Ce n’est qu’en se plaçant dans cette perspective que l’on allait à nouveau pouvoir imaginer le communisme. »
T. Negri, préface française de 2002 à « Job, la force de l’esclave ».
tiens!! Roberto a fait se rejoindre les extrêmes !!
pour boucler la boucle de la bêtise peut-être.
a prendre avec des pincettes tout ça ! l’Italie est le paradis de la manipulation , on peut presque dire qu’ils l’ont inventée . Le mec qui vient de Prima Linea et qui devient le bras droit du juge d’instruction et qu’on retrouve en train de mettre le feu aux mosquées ; oh la la … qui est son patron ?
Bien d’accord avec toi!!
De plus, pendant ce temps là on noie le poisson et Berlusconi espère gagner les élections!!
On oublie vite. Ou peut-être que les média ne nous rafraichissent pas assez la mémoire sur les alliances politico-mafieuse du Conducatore!! pour plus d’infos,
http://viva-la-causa.over-blog.com/
http://www.amnistia.net/news/articles/argsal/berlmaf/berlmaf.htm
http://www.worldpress.org/Europe/916.cfm
http://www.amnistia.net/news/articles/argsal/berlmaf/berlmaf.htm
Allez, ciao cooper59!
étonnant non ! enfin il a été premier « repenti »..et premier à remettre ça ! mérite une médaille de violence pour son OEUVRE ce personnage !..quand à battisti et les autres ??? c’est la prison .!!!.j’ai la BERLU ou quoi !!!
Oui, donnez-nous donc la liste des idées vraies,svp.
ah oui, ça m’intéresse aussi, j’attends avec impatience…
Cela pose tout de même une drôle de question.
Les limites du principe du « repentir »
Deux ans de prisons pour trois meurtres et une nouvelle identité !
A ce tarif là, un cocktail mototov, c’est presque rien pas de quoi l’inquiéter !
« certains ont toujours besoin de s’inventer un Mal absolu à combattre »
Effectivement, on trouve toujours des gens qui ne peuvent pas s’intégrer dans la société. Que nous apprend-il ce monsieur?
Rien.
http://castorpolitique.wordpress.com
Quote = « certains ont toujours besoin de s’inventer un Mal absolu à combattre »
C’est pourtant le sentiment qui est le plus communément répendu de nos jours. À défaut de pouvoir définir le Bien, et ne pouvant plus cerner ses contours, ni même le ressentir, notre époque le définit par son antagoniste, le Mal. L’idée même de se recommander du bien parait saugrenue, tandis que « lutter », « se battre » contre les formes du mal ou supposées telles semble le parangon du courage et de l’abnégation. L’action positive, qu’elle soit politique, judiciaire ou charitable n’a plus de sens aujourd’hui que par opposition à une autre force négative et corollaire : et en ce sens il suffit de nos jours d’être victime pour être du bon coté de la morale, réparer c’est bien faire.
Sandalo n’a pas bien lu Jean-Paul II à mon avis ; mais il n’est pas le seul à dérailler.
J’ai revu un bout du film assez grotesque « les 10 commandements » hier à la télé (qui m’a fait bien rigoler) : mais tout y est déjà, le Bien et le Mal, selon l’ancien testament, revu par la droite rigoriste américaine. Tout ça pour dire que ce n’est pas du côté du pape qu’il faut regarder, mais plutôt de l’intégrisme protestant américain, vieille merde réactualisée dans l’idéologie mondiale par Bush and co. Pour le reste, tout est dit dans les premiers post.
Mettre sur un pied d’égalité la lutte contre le fascisme des années 70-80 en italie et les actes xénophobes et intégristes de cet homme est tout simplement pitoyable et dangereux…s’il ya bien quelque chose à souligner avec force dans ce parcours pour le moins atypique c’est peut-être le fait que la dérive a commencé précisément au moment où il a trahi les siens…il y a là un amalgame déplorable!!!
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com
entièrement d’accord avec vous .
les khmers rouges et le maoïsme sont à la gauche ce que les fascistes et les nazis sont à la droite.le côté obscur de l’ultra gauche italienne à des relents d’autoritarisme pourri et Berlusconi s’affiche avec la fille de Mussolini.Nostalgie,quand tu nous tiens…
un conseil lisez le désert des tartares de dino buzzati il est toujour d’actualité hhhhhhe oui les barbares on en a toujour besoin et si ils n’étaient pas là.
« la lutte contre le fascisme des années 70-80 en italie » : n’oubliez pas que durant ce qu’il est convenu d’appeler « les années de plomb » en Italie, la plupart des groupes terroristes ont été instrumentalisés : « selon un rapport parlementaire de la coalition de centre-gauche de L’Olivier de 2000, les Etats-Unis ont soutenu en Italie « une stratégie de la tension visant à empêcher le PCI et, dans une moindre mesure, le PSI, d’accéder au pouvoir exécutif. » Voici le lien pour lire l’article complet de wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Strat%C3%A9gie_de_la_tension
Vous avez raison mais je n’oublie pas, le fait est que certains étaient comme vous le dîtes « instrumentalisés » et ceux-là n’étaient donc pas, à l’époque, nécessairement des pourris…
Sandalo islamophobe ? bah, il est en phase avec son époque… il écoute sagement cette langue fourchue de Benoît 36…
ceci dit, je suis persuadé que ce Sandalo n´a jamais été le copain des prolétaires qu´il était censé être. un gros con hypocrite et opportuniste se repere tôt. comme Serge July par exemple.
c’est la mode actuelle que de s’en prendre aux musulmans…déjà, dans une série americaine, XFILES pour ne pas la nommer, ils voulaient faire porter le chapeau d’une attaque aux musulmans au lieu des extraterrestres…c’était les années 90
« certains qui ont toujours besoin de s’inventer un Mal absolu à combattre, et qui ont aujourd’hui les idées aussi fausses qu’hier »
J’enlèverai le « aussi » car entre la lutte ouvrière certes armée et la lutte catholique islamophobe, pour ma part y a pas photo !
« La lutte catholique Islamophobe… » je vois que vos lectures ont rendu intelligentes vos remarques…Une naïveté confondante, expression plutôt certainement de votre « catho-phobie ». En entrant de ce genre de discours, vous relayer les discours les plus abjects de notre temps. Que cela soit la guerre « sainte » des Islamistes radicaux, des Juifs orthodoxes en Israël et en effet une partie infime des catholiques, nous donnons échos à cette idée de « guerre des civilisations », concept stupide tentant de justifier les piresintervention afin de leur donner un sens « moral »…
Et puis, juste une précision: un prêtre orthodoxe a été tué en pleine rue il n’y a pas longtemps à Bagdad… Ce n’est parce que un fou commet ce genre d’acte ignoble que nous devrions, en miroir avec le catho islamophobe, décréter que l’Islam est catho-phobe… Ces genres de raccourcis sont dangereux, stupides et en fait aussi dogmatique que les dogmes que nous devons combattre…
Vous semblez oublier qu’il y a des dérives sectaires, racistes et intégristes dans chaque religion, ce qui oui, a tendance a provoquer une « guerre des civilisations », pas besoin de vous citer les conflits en question…
C’est donc bien vous qui faites l’amalgame entre la religion catholique et ses dérives, notamment « l’intégrisme catholique raciste » (citation de l’article) que j’ai traduit par une lutte catholique Islamophobe (peut être à tord) car il s’agit bien d’attentats Islamophobes.
En tout cas merci pour votre intelligent commentaire qui à remit en place ma naïveté confondante ainsi que ma, très grande, « catho-phobie ».
Si vous lisez mon commentaire, vous verrez qu’à aucun moment je ne fais cet amalgame… après, si vous en comprenez cela, c’est votre problème d’interprétation.
Je parle des dérives intégristes des trois religions et des replis communautaires avec ce que cela génèrent…c’est à dire donner un sens moral, une légitimé « divine » aux pires actions. C’est tout ce que j’ai écris. Alors une fois encore, si vous écrivez cela c’est que vous ne voulez pas lire et que vous me faites dire ce que je n’ai pas dit..
Tout est dans la beauté du titre, M. Camus.
Pourquoi donc n’avez-vous pas titré, par exemple : « le premier des "repentis" arrêté pour des attentats islamophobes » ? Ou encore, ce n’est qu’une proposition : « Italie : un ex collaborateur de la police arrêté pour des attentats islamophobes » ? Ou même, plus banal mais toujours seyant : « Italie : un nouveau de l’ultra-droite arrêté pour des attentats islamophobes » ?
Après tout, le parcours de ce Sandalo est assez complexe et sinueux pour offrir de nombreuses portes d’entrée. C’est vrai, ça : pourquoi avez-vous choisi de le désigner en titre par un engagement manifestement passé alors que son engagement présent, notamment, pourrait suffire à l’édification des masses, non ?
Bref, je me joins à Quinine, Déluge ou d’autres pour vous demander de nous expliquer le choix de votre titre. Entendez-moi bien : je ne le conteste pas ; je voudrais le comprendre.
D’avance merci.
…and the clocks were striking thirteen.
Merde alors, tu es carrément incroyable !
Je me disais que c’était suffisamment banal pour égarer tes recherches… que veux-tu que je te dise ? Tu as encore gagné ! Toutes mes félicités…
Avec quatre heures de retard.
Jean-Yves Camus ; Je veux bien que vous soyez un spécialiste de l’extrême droite mais pourquoi toujours la relier à l’extrême gauche ? C’est un truc récurrent dans la plupart de vos papiers. Et souvent vous vous faites reprendre par les riverains. Que faut-il y voir ?
Surtout qu’il y a des liens que vous ne faites pas : un activiste qui ne prend rien pour des meurtres revient et r-attaque : ce sont les riverains qui souligne ce qui pourrait être en dessous (extrême droite collusion politique, etc.), pas vous.
C’est curieux, dès qu’il est question d‘« extrême-gauche » ou d‘« ultra-gauche », on voit monter au créneau un grand nombre de riverévolutiens pour essayer d’empêcher d’appeler un chat un chat, et, accessoirement, pour chanter les louanges de la haine rouge…
Ce goût immodéré pour le fanatisme est vraiment la maladie infantile dont la gauche française n’arrive pas à guérir.
C’est plutôt une bonne nouvelle pour la droite.
Hé hé, sacré Bardamu !
Qu’est-ce qui est une bonne nouvelle pour la droite ? Que les plus tarés de ceux qui étaient jadis à l’extrême-gauche la rejoignent ?
Ce qui est une bonne nouvelle pour la droite, cher Thierry Reboud, mais vous l’aviez déjà compris, c’est que la gauche continue d’être fascinée par l’extrême-gauche, comme le lapin hypnotisé par les phares de la voiture.
Il suffit de contempler les mines apeurées de nos édiles socialistes quand ils sont confrontés à un quelconque Besancenot sur un plateau de télévision pour s’en convaincre.
@ M’sieu Bardamu
Bonjour, M’sieu Bardamu, c’est Quinine.
Comme disait Déluge un peu plus haut, y a de la sémantique dans l’air. La sémantique, c’est comme une économie (dans l’acception initiale du mot, l’administration du foyer, du ménage, mais je ne vous apprends rien) : en sémantique, on gère les mots, on en emprunte chez le voisin, on en exporte, on en fabrique, on en dose l’emploi, on spécule sur leur durée de vie, on les injecte dans la langue ou on les thésaurise (ce qui nous donne plus tard des mots rares ou précieux ou galvaudés). Et la sémantique, comme toutes les économies, c’est vulnérable à l’inflation : inflation des mots, inflation du langage, «ultra» par-ci, «extrême» par-là, c’est à celui qui en rajoutera le plus pour effrayer, impressionner… Si vous voulez avancer sur ce terrain-là, je vous conseille – et à M. Camus, mais ça m’étonnerait qu’il me lise – d’autres tournures encore : «supergauche», «hypergauche», «mégasupergauche extrême», «gauche-’tain-de-ta-mère-qu’elle-déchire-grave», «gauche turbo» (sans «t», rien à voir avec la gauche caviar et autres produits de la mer), «gauche de chez Gauche»… Vous voyez que l’inflation a de beaux jours devant elle. Mais au fond, une fois le soufflé sémantique retombé, qu’est-ce qu’il reste ? Une vraie gauche, M’sieu Bardamu, une gauche humaine et humaniste, une gauche sans compromis ni compromissions qui n’oublie pas que les patrons et les dirigeants en général n’ont jamais fait le premier pas, le premier geste (sauf pour cogner), et que les acquis sociaux, il a toujours fallu aller les chercher «avec les dents», comme dirait l’un de vos camarades, en usant au besoin de moyens plus radicaux. Je comprends que ça vous fasse peur, effectivement…
Accessoirement, je n’avais pas remarqué que «la gauche française n’arriv[ait] pas à guérir de [son] fanatisme»: il faut dire que l’aspect fanatique de M. Hollande ou de M. Kouchner ne m’avait pas spécialement frappé. Je les considérerai dorénavant avec plus de circonspection.
Enfin, je ne doute pas que le passage des «plus tarés de l’extrême gauche» (merci, Thierry Reboud, je cherchais le mot) à l’extrême droite soit une bonne nouvelle pour votre camp : vous avez toujours su recycler, outre les traîtres aux petits pieds façon Bockel ou Besson, les extrémistes les plus nauséabonds, les rescapés d’Ordre nouveau comme Copé, Devedjian, Madelin, Longuet, et j’en oublie.
Bon recyclage, M’sieu Bardamu, et bonne soirée.
D’autant que vu l’itinéraire de Roberto Sandalo, rien ne prouve qu’il ait jamais été d’extrême-gauche : l’instrumentalisation du terrorisme de gauche pendant les années de plomb n’excluait pas, bien évidemment, les agents provocateurs à l’intérieur de ceux-ci.
Cher Couine in, au lieu de disserter sur la sémantique, vous auriez pu prendre la peine de simplement lire mes humbles propos : je n’ai jamais dit que la gauche « civilisée » était fanatique (certes le robinet d’eau tiède d’un Hollande peut être difficilement qualifié de la sorte…), mais qu’elle avait le « goût immodéré du fanatisme ».
Par là, je voulais désigner le complexe qu’entretient toujours la gauche social-démocrate (honteuse) vis-à-vis de l’extrême-gauche (qui, quand elle ne pousse pas de pauvres jeunes gens un peu démunis intellectuellement à rallier Brigades rouges, Action directe, ou bande à Baader passe son temps à donner des leçons de vertu à la gauche de gouvernement).
C’est d’ailleurs un fait massif : extrême-droite et extrême-gauche se partagent équitablement un même refus de la démocratie, et une même fascination pour la violence révolutionnaire.
Après, on peut ratiociner à l’infini, et habiller ce squelette de tous les oripeaux idéologiques que l’on veut.
Vous parlez d’une « inflation » sémantique, certes, mais n’oubliez pas la « déflation » : on essaie aussi de nous vendre l’extrême-gauche sous les doux noms de « gauche radicale » ou « gauche de la gauche ». Là aussi, la manipulation est patente.
Maintenant, quand vous parlez d’une gauche « humaniste », et que vous reprenez l’antienne de la « gauche éternelle », j’ai bien peur que vous ne vous référiez à un mirage.
Cette gauche est largement fantasmée. Je sais bien qu’en France, c’est la position du confort intellectuel : être de gauche, c’est vaguement se dire à soi-même qu’on est quelqu’un de bien, qu’on est pour la vie, contre le cancer, pour le partage contre la pauvreté, etc. etc. C’est comme dans les (sinistres) dîners en ville, il y a toujours un imbécile pour dire « haha, vous savez, moi je suis un peu anarchiste… », histoire de cacher le vide sidéral de sa pensée…
Attitude d’autant plus facile à adopter que les « spécialistes » de la transmission du savoir que sont les journalistes et les enseignants se recrutent massivement à gauche, comme chacun peut l’observer.
Difficile de s’extraire du moule dans ces conditions!
Mais, historiquement, la gauche depuis un siècle en Europe, c’est la compromission avec l’idéologie communiste, la plus meurtrière de l’histoire, comme il ne faut jamais se lasser de le rappeler. Je ne vois pas bien où se situe l’humanisme
Relire à ce propos « La grande parade » du regretté J.-F. Revel.
« Mais, historiquement, la gauche depuis un siècle en Europe, c’est la compromission avec l’idéologie communiste, la plus meurtrière de l’histoire, »
Et si je disais:
« Historiquement, la droite c’est le nazisme, l’idéologie la plus meutrière de l’histoire. »
Ca serait une belle connerie non?
Et bien tirez les conclusions (j’ai peu d’espoir).
1) nazisme = national sozialism.
C’est un mouvement combinant extrême-gauche et extrême-droite.
2) C’est le communisme, pas le nazisme, qui a fait tuer le plus d’hommes dans l’histoire.
3) Aucun parti de droite en France ne s’allie avec des partis néo-nazis.
4) Les socialiste continuent de s’allier avec les communistes, voire l’extrême-gauche.
D’autres questions?
Je ne posais pas de question Mr Bardamu. Je ne suis pas en quêtre de réponse.
J’argumentais, je débatais, vous saississez?
Car voyez-vous, me poserai-je une question concernant l’éthique politique, j’ai le regret de vous informer que je ne songerai à aucun moment vous consulter.
Je vous laisse à vos certitudes.
Au passage, vous dites « aucun parti de droite en France ne s’allie avec des partis nazis ».
A quel endroit ai-je fait mention de la droite FRANCAISE? J’ai parlé de la droite. Point barre.
Alors avant de solliciter de nouvelles questions, apprennez à lire et à répondre là où se situe le débat.
PS: La droite espagnole avec Franco allié à Hitler (et ne me faites pas le coup du statut spécial de l’Espagne franquiste/l’Allemagne: Légion Condor sur Guernica).
PPS: La doite allemande avec Hitler.
Mais c’est juste pour argumenter avec vous. Je rappelle que je tiens l’équation « gauche allié avec PC= complicité de crime contre l’humanité » pour autant crétinne que « droite= allié objectif des nazis »
J’argumentais contre votre balourdise si vous voulez.
Je confirme : en effet vous balourdisiez contre mon argument.
Vous avez raison, il faut débattre, argumenter, mais ne jamais poser de questions.
Comme ça on n’a jamais de réponses, et sans doute, on débat mieux.
C’est intéressant.
Visez mieux. Là ça part dans tous les sens.
Allez je vous aide.
Etes vous d’accord avec moi pour admettre que lier la gauche avec les crimes du régime criminel de Lénine, Staline et successeurs, avec ceux des Khmers ou que sais -je quelle dictature se voulant de gauche, est tout aussi crétin que de lier la droite avec les crimes nazis, fascistes, chiliens, argentins.
Bref admettez que vous avez dit plus haut une grosse balourdise. C’est pas si grave.
Le tout c’est de rester modeste, et correct.
Vous savez? C’est pour le débat.
La comparaison ne tient pas pour la bonne raison qu’il n’y a pas d’équivalent, à droite, à l’hégémonie du marxisme à gauche.
Fascisme et nazisme disparaissent avec les régimes qui les portaient, de même pour les dictatures sud-américaines. Leur influence idéologique est localisée et datée.
Au contraire, à gauche, le marxisme constitue l’idéologie commune de la gauche en France au moins, jusqu’aux années 80.
Il faut quand même se souvenir que Mitterrand en 1981 parle encore de « rupture avec le capitalisme », et qu’il prend le pouvoir en compagnie d’un PCF qui vient tout juste d’approuver l’invasion de l’Afhghanistan par les russes, alors soviétiques…
Avec le recul, les mots de Mitterrand nous paraissent comiques. Mais ils donnent la mesure de ce qu’a été l’alignement de la gauche sur la pensée marxiste, et sa mollesse, voire sa complicité avec les exactions du socialisme réel.
En parlant d’hégémonie, évitez de vous ré-approprier des termes gramsciens, vous risqueriez de montrer, à votre corps défendant, que même la droite ne peut penser en-dehors du marxisme.
A ce détail près que Pinochet a été soutenu par Nixon et que Giscard ne se privait pas d’apporter une aide militaire secrète à la junte argentine.
Quant aux Khmers, excellent article dans la revue de l’Histoire (pourtant loin d’être gauchiste) dédiée aux « Crimes du communisme », qui fait de ce régime bien plus une spécificité du Cambodge qu’un archétype du « socialisme réel ».