
Pourquoi « la rue africaine » conspue la France
Jamais deux sans trois. Au commencement était la Côte d'Ivoire, où le long bras de fer entre Laurent Gbagbo, ancien « opposant historique » arrivé au pouvoir en octobre 2000, et Jacques Chirac, défenseur acharné du parti unique en Afrique accusé de soutenir la rébellion armée déclenchée en septembre 2002, s'est notamment caractérisé par ce que l'on a appelé des « violences antifrançaises ».
Puis il y a eu le Togo, où une bonne partie de la jeunesse urbaine a exprimé dans la rue, en 2005, à la fois son refus de la succession monarchique représentée par l'arrivée au pouvoir de Faure Gnassingbé et sa haine de la France officielle, coupable à ses yeux d'avoir sanctifié au point de vue international le « coup d'Etat électoral » du fils du général Gnassingbé Eyadéma.
Aujourd'hui, c'est au tour du Gabon de s'enflammer après la mort du président Omar Bongo Ondimba et « l'intronisation » de son fils Ali Ben Bongo sous un grossier masque démocratique. Les coupables désignés ? La nomenklatura du PDG (Parti démocratique gabonais, au pouvoir) et… la France, dont les symboles ont été incendiés et pillés à Port-Gentil, capitale économique du pays et dont les ressortissants sont montrés du doigt.
Les médias français occultent le principal : les causes de la haine
Chose curieuse : les médias parisiens semblent considérer ces poussées de fièvre d'un simple point de vue logistique, et insistent largement sur la sécurité et les probables évacuations des Français, en occultant une question fondamentale. Celle que les Américains se sont posée après le 11-Septembre à propos d'un grand nombre de personnes dans le monde arabo-musulman : pourquoi nous détestent-ils tant ?
Quant aux gouvernants français, ils manient à merveille l'art de la litote, de la dénégation sans conviction, voire du mépris. Bernard Kouchner estime que « ce n'est pas au Gabon » que le sentiment antifrançais, « s'il existe », est « le plus fort ». « Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage ! », ironise-t-il, sachant que le cliché des Africains notoirement incapables et accusant les autres de tous leurs maux est répandu dans l'Hexagone.
Ce cliché simpliste n'est pas le seul à prospérer et à faciliter la compromission des dirigeants français dans des aventures ambiguës en Afrique. « Si nous partons, les Américains et les Chinois nous remplaceront », entend-on de manière récurrente à Paris, y compris dans des milieux éclairés. Comme si l'idée de pays africains indépendants, commerçant comme ils veulent et avec qui ils veulent, était totalement extravagante… Ce serait donc un nom d'un intérêt national d'autant plus facile à faire accepter en période de crise mondiale et de crainte de déclassement que « certaines choses » continueraient à avoir cours.
« Ces pays sont indépendants depuis cinquante ans mais ne cessent de nous accuser de leurs malheurs », affirme-t-on ça et là sur les bords de la Seine. Mais l'indépendance du Gabon et celle du Ghana, ancienne colonie britannique se ressemblent-elles ? Le bilan d'Omar Bongo, qui laisse à son fils un « émirat pétrolier » où les infrastructures routières et sanitaires de base laissent à désirer peut-il être dissocié de celui d'une certaine continuité de la colonisation française ? La question mériterait d'être posée au chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, qui a longtemps arrondi ses fins de mois en livrant à Bongo des « études » et des « conseils » grassement rémunérées sans résultat évident sur le terrain…
Le Gabon, un des dernieres coffres-forts à la disposition des politiques français
La vérité est que le Gabon reste un des derniers coffres-forts à la disposition d'une classe politique française échaudée par les scandales politico-judiciaires des quinze dernières années, mais qui continue de manier quotidiennement de l'argent liquide à provenance douteuse. La liberté de parole de Robert Bourgi, sorte de « nouveau Foccart » encombrant mais indéboulonnable ne s'explique-t-elle pas par sa capacité à lever, en Afrique, d'importants « fonds politiques » ? Et si les « idées reçues » du commun des Français étaient en réalité au service d'intérêts privés, voire mafieux, d'un certain nombre de « réseaux » ?
Le désamour d'une grande partie de la jeunesse d'Afrique francophone envers une France qui n'a pourtant jamais été aussi proche au point de vue linguistique et culturel, notamment en raison des migrations, doit être pris au sérieux. Si les éruptions de violence se sont vite calmées jusqu'ici, la profonde amertume qui en est la base demeure pendant des années, voire des décennies.
Les Africains qui, aujourd'hui, scandent des slogans anti-Français sur des barricades ou sur Internet, sont les plus jeunes et parfois les plus éduqués. D'une manière ou d'une autre, ils « prendront le pouvoir » bientôt dans leurs pays. Les désespérer aujourd'hui, c'est faire de la politique à la petite semaine, à mille lieux des vrais intérêts de la France à long terme.
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Journaliste depuis mai 1999, je suis éditorialiste et aussi chroniqueur indépendant, après avoir été reporter à L'Autre Afrique, correspondant du Monde à Abidjan, grand reporter à Fraternité-Matin, rédacteur en chef du Temps et du Courrier d'Abidjan. 




















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De kayen
08H31 | 08/09/2009 |
Il est toujours plus facile de rendre les USA responsable de tous les maux de la France , de l'Europe et du Monde , en France , pour la plupart des français , que de se renseigner honnêtement sur les agissement de leur pays en Afrique.
Remplacer France par USA dans ce texte , et vous aurez aussitôt une large approbation du public français !
-La rue sud-américaine conspue les USA ! normal
_La rue arabe conspue les USA ! normal
_La rue asiatique conspue les USA ! idem
Les raisons de conspuer les USA semble pour le quidam français aussi nombreuses que les grains de sable sur une plage !
Mais les africains « francophones » eux , n'ont que la mauvaise foi pour conspuer la France et l'accuser de certains de leurs maux……même la présence militaire française dans ces pays depuis ? ? ? …tout le temps(19ème siècle) ne questionne aucun français , en serait » il de même face à l'armée US stationnée en France ?
De xerox
busy | 08H43 | 08/09/2009 |
Comme toujours l'afrique, continent riche en matière première, qui n'a rien apporté au monde essaie de trouvé des boucs émissaires à sa misère moral et intelectuelle ! !
le monde a versé en 30 ans l'équivalent de 4 fois le plans marchal, et quel est le résultat : rien
Regardons le zimbabwe, 2ème ancienne puissance de l'afrique dans les années 60, les blancs ont été chassés et le résultat est que ce pays est au bord du chaos, pourtant il y a 30 ans, c'etait le greniers à blé de l'afrique.
Les chinois aujourdhui construisent leurs routes et leurs ponts à leurs places et eux vont se plaindre et émigrer en europe pour souvent laisser leurs gosses créer des gangs de rue…..
quelle malhonnêteté…..
à xerox
De kayen
09H21 | 08/09/2009 |
Comme toujours , ceux qui ne se posent jamais de question , sortent les mêmes inepties contre les africains , « êtres inférieurs » ? , qui n'ont pas le droit de ne pas aimer lae pillage dont ils sont les victimes , ce qui est marrant , c'est qu'on se demande pourquoi , la France et l'Occident n'ont » ils pas foutu le camps d'Afrique depuis si longtemps , au lieu d'y dépenser 4 fois le plan marschal et se voir accusé de tous les maux ? ? ?
A ce propos , Un rapport de l'OCDE paru en 1995 et dont j'ai lu le commentaire dans « Der Spiegel » , constatait que pour la période de 1960 à 1980 , pour chaque « franc » d'aide au développement de la France et de la GB pour l'Afrique , ces 2 pays en ont reçu 10 en retour , confirmant ainsi les accusations(et estimations) des « tiers-mondistes » des années 70 dixit ce magazine allemand
CQFD
Zimbabwe , dans les années 60 appartenait a des colons blancs , et s'appelait RHODESIE , tu trouves cela peut-être plus sympa quand les blancs dirigent un pays en Afrique , mais ce sentiment n'y est pas partagé !
Depuis la prise du pouvoir par Mugab e(après une guerre sanglante ou le pouvoir blanc était soutenu par…l'Occident) , ces mêmes blancs y possédaient la quasi totalité des terres arables , avec l'accord de ce même Mugabe (poutant l'ancien ennemi) , leur destin a changé , quand ils n'ont plus voulu suivre Mugabe , et ont préféré l'opposition !
Soit dit en passant , je doute que tu eue apprécié quelque soit leurs qualités et leurs performances , que la majeure partie des terres agricoles de France soient aux mains d'une minorité noire(descendant de colons) , ou chinoise(comme tu as peu d'estime pour le noir).
_Les chinois utilisent en Afrique , le système de corruption mis en place par la France et l'Occident , avec les mêmes personnes incapables mis en place par l'occident , et font ce que l'occident faisait(ce que tu appelais les 4 plans marschal) , a savoir construire des routes et des ponts a la place des locaux , en ayant graissé la pâtes des dirigeants , et en emportant les richesses du pays !
_L'Afrique n'a rien apporté au Monde ? ! ! , je m'incline devant tant d'inculture , mais j'aimerais aussi que les européens qui ont tant apporté au Monde : ………destruction de nombre d'espèces animales, de l'écosystème et rechauffement climatique , vont tous seul comme des grands réparer le « sciage de la branche » sur laquelle nous somme tous assis , sans en appeler aux autres , comme ils sont en train de le faire !
Vous avez mis la planète en danger(comble de l'intelligence) , et bien : sauver la tout seul sans emmerder les autres(bien que ce soit déja le cas depuis des siècles) !
à kayen
De xerox
busy | 09H32 | 08/09/2009 |
Aligne deux neurones un peu,comment veux tu que les terres africaines ne soit pas au mains de colons blancs ou chinois vu que vous êtes absolument incapable de les exploiter ! ! ! !
Les français ont été au vietnam plus de 100 ans….bizarement les qqes immigrés vietnamiens en france ne joue pas les victimes, et en plus se comportent bien.
Le vietnam est aujourdhui un pays développé et ne fait jamais de remontrance.
Désolé mais l'afrique j'y ai vécu, cite moi qqes inventions faites par les africains ?
dis moi par exemple pourquoi dans les rues de dakar, les déchets ne sont jamais retirés et se mélangent à la terre.
Les gens essaient de te voler à tous les coins de rue.
réfléchis un peu
à xerox
De kayen
10H25 | 08/09/2009 |
Je ne sais pas si ça vaudra la peine pour moi de me fatiguer 2 neurones pour essayé de te sortir de ton inculture , c'est curieux , dès qu'on parle d'Afrique , tous les simplets se sentent obligés d'étaler leur bêtise en se croyant brillant
C'est bien que tu sois raciste , car ça confirme ce que je pense des racistes en France..pas des plus intelligents…
_je vais quand même rigoler à propos du Vietnam : c'est qui qui à fait la guerre et vaincu les français(grâce à la chine) dans les années 50 en « Indochine » ? s'était un peu plus violent que de conspuer les français dans la rue… depuis , ils n'ont pas vu un seul soldat français ou un français tout court jusqu'en 1990 , ce qui explique certainement ta fausse constatation sur le niveau de développement du Vietnam (ou les salaires sont plus bas qu'en Chine)
A ce propos , il y avait des immigrés vietnamien en Afrique francophone , depuis 1960 , si tu connais l'Afrique tu devrais le savoir !
Quelques « inventions » faites par les africains ? mes talents de dactylo , m'interdisent de me lancer dans cette longue énumération , mais si tu crois que les africains vivaient dans les arbres , sans technologies au moment de l'arrivée des européens , alors tu es indécrottable.
_Les rues de Dakar(que je ne connais pas) , sont sales , car dans un pays pauvres , les sous manquent pour s'offrir….des balayeurs sénégalais qui gagnent mieux leurs vies en France. , Pareil pour le vol
A ce propos , je te laisse deviner ce que pensent tes frères de race suisses , allemands ou américains , par rapport à l'état « crotté » des rues en France , pourtant infiniment plus riche que le Senegal !
_Tu devrais lire par exemple , a quoi ressemblaient les rues de Londres du temps de la reine Victoria , alors que la GB était bien plus riche(et plus inventives) , que le Senegal actuel !
Question : j'espère que tu ne mettras pas sur le dos des africains , si peu inventif , la destruction de notre planète…causé par une si grande intelligence au « Nord »
à kayen
De vaugoubert
11H36 | 08/09/2009 |
Sans vouloir aller dans le sens de votre interlocuteur, j'aimerais tout de même savoir quelles sont les inventions que vous attribuez à l'Afrique. Ne m'étant jamais moi-même penché sur la question, je suis toujours bien en peine lorsqu'il s'agit de contredire ce genre d'affirmations.
Les rues françaises, en dehors des crottes de chien, ne sont pas si dégueulasses et je me rappelle, lorsque je vivais à NYC, m'être trouvé dans la voiture d'un de mes potes (une BM, pas conçue pour ces latitudes, on comprend mieux l'utilité du SUV) au moment où il flinguait la suspension de sa voiture sur un nid de poule gros comme le Ritz sur la 6° avenue… notre voirie, à défaut d'être rutilante, n'expose quasiment pas ce genre de déconvenues. En revanche, j'aimerais qu'elle ressemble plus à celles que l'on voit en Allemagne, c'est une certitude. Personnellement, je ramasse les merdes de mon chien et j'appelle les encombrants quand je vire du mobilier. J'essaie de changer les choses à mon niveau, quoi.
à vaugoubert
De kayen
12H53 | 08/09/2009 |
Sans vouloir , mais tout en allant quand même dans le sens de mon interlocuteur , vous reprenez ses schémas de pensé , je vous renvoi vers le site Africamaat , par exemple ! vous allez pouvoir y découvrir des vérités !
faites cet effort qui vous sera plus utiles que d'essayé de mettre un nom d'inventeur , derrière des inventions comme il est de nature en Occident !
Pourquoi aucun commentaire sur les conséquences létales du développement technique de l'occident sur l'avenir de la vie sur terre……
La pollution mondiale , c'est des « saletés » autrement plus nocives que les détritus qui jonchent les rues de pays pauvres , et qui en est responsable ?
à kayen
De vaugoubert
13H57 | 08/09/2009 |
Si vous voulez tout savoir, mon père est un peu noir, donc je n'ai peut-être pas les mêmes schémas de pensée que mon interlocuteur.
Bon, via africamaat, je constate que les peintures rupestres, l'âge de fer, l'élevage sont antérieurs en Afrique. Intéressant.
En revanche, le site a un petit côté Cheikh Anta Diop, dont les travaux sont pour le moins controversés, et qui lui donnent à mon humble avis un côté un peu propagandiste. Donc pour les vérités, je repasserai, par contre, je suis allé voir les documents de l'UNESCO mis en lien sur le site.
En sciences, j'ai tendance à être assez positiviste, je suis donc loin d'être convaincu que notre développement ait nécessairement des conséquences mortelles pour notre planète, même si j'essaie, à mon niveau, d'avoir un comportement responsable.
L'Occident s'attache à faire baisser la pollution et à protéger la biodiversité, et nous n'en sommes qu'aux balbutiements de ce mouvement. Par le passé, il a pollué, certes, mais pour rien au monde je ne souhaiterais un retour au niveau de vie du 18°…
à kayen
De nestor38
inséré ? | 09H48 | 08/09/2009 |
Tu es sûr que ça vaut la peine de répondre à ce genre de post raciste, colonialiste ? Il me semble qu'on devrait ne pas répondre aux individus clairement fachos qui viennent ici plus pour foutre la merde qu'autre chose.
à nestor38
De xerox
busy | 10H09 | 08/09/2009 |
« post raciste et colonialiste » sais tu ce que facho veut dire ? ? tu as une argumentation bien stupide.
Si le fait de dire quelques vérités est raciste et colonialiste, alors tu aurais un bon dictateur…
Je vois qu'avec toi certaine vérité ne sont pas bonne à dire.
Ce sont bien souvent les gens les plus raciste, qui utilise facho et racisme à toute les sauces.
à xerox
De kayen
10H30 | 08/09/2009 |
« Je vois qu'avec toi certaine vérité ne sont pas bonne à dire »
Ça ce sont tes vérités……qui repose sur de l'ignorance ,, mais tu devrais répondre a ma question , toi l'ami des vérités : qui(peuple , race) est responsable de la future destruction de la planète(ou du moins de l'environnement vital) qu'on nous annonce ?
De Alex Engwete
Consultant | 10H10 | 08/09/2009 |
A quelques exceptions près, comme celle du Ghana que vous citez, les scrutins africains sont violemment contestés. Sur des bases tribales, ethniques ou régionalistes. Au Nigéria, c'était une élection transparente et pourtant on a vu des bandes ethniques descendre dans la rue pour tout casser. Idem en RDC — où, incidemment, l'actuel président est là parce qu'il est le fils du président assassiné. Mais cela ne change en rien le fait que les élections de 2006 ont été libres et transparentes en RDC, selon l'avis de tous les observateurs internationaux présents. Pourtant, on a vu toute la partie ouest du pays (y compris la capitale) prétendre que Kabila a « volé » les élections.
En RDC, on est d'ailleurs en présence d'une rupture linguistique. Les populations de l'ouest parlent lingala (on les appelle « lingalophones ») et ont voté en grande majorité pour Jean-Pierre Bemba, qui parle lingala et ne parle pas un traître mot de swahili (comme Mobutu). Les populations de l'est parlent swahili (des « swahilophones ») et ont donc voté en grande majorité pour Kabila, qui parle swahili et ne parle pas lingala. Et la chance de Kabila lors de ces élections, c'est que l'est est plus populeux que la partie occidentale du pays…
Pourtant, malgré toutes les assurances des observateurs internationaux (y compris celles de la Carter Foundation), les Kinois (les habitants de Kinshasa) et toutes les populations de l'ouest croient jusqu'aujourd'hui que les élections de 2006 ont été truquées. Pis, les milices de Bemba et la Garde Présidentielle ont alors échangé des coups de feu et des tirs à l'arme lourde, par deux fois et en pleine capitale congolaise, entraînant la mort de près de 1.000 civils et l'incendie des locaux de la Cour Suprême.
Je suis d'ailleurs certain que si Jean-Pierre Bemba avait remporté ces élections, toute la partie orientale du pays aurait elle-aussi prétendu qu'il avait « volé » ces élections ou que la communauté internationale aurait truqué ces élections à son profit.
Et je suis prêt à vous parier une bière que si Ggagbo remporte demain les élections, il y aura certainement émeutes et pillages en Côte d'Ivoire.
Tout ceci pour dire qu'il me semble que les Africains ont une notion toute « ethnocratique » ou régionaliste de la démocratie : tant que ce n'est pas un membre de mon ethnie ou de ma région qui est proclamé vainqueur aux élections, je vais voir rouge, descendre dans la rue et tout casser !
On ne se sait pas attendre les prochaines échéances électorales ; on veut tout de suite transformer sa petite république bananière en une petite république bananière ethnocratique. Et d'ailleurs, maintenant on nous raconte qu'Ali Bongo est réellement Nigérian et qu'il a été adopté par Omar Bongo (la même rengaine qu'en RDC) !
Le 12 août dernier, à Abudja (au Nigéria), un malin avait demandé à Hillary Clinton ce qu'elle pensait des récentes élections au Nigéria. Sa réponse-gaffe, qui a causé le courroux des milieux républicains étatsuniens pour sa comparaison des élections américaines au « système électoral corrompu du Nigéria », serait matière à réflexion aux aspirants « ethnocrates immédiatistes » gabonais :
« Je sais une ou deux choses sur ce que c'est qu'être candidate aux élections, et j'ai gagné certaines élections et j'ai perdu certaines autres élections. Et dans une démocratie il y a des vainqueurs et des perdants. Et une partie de la tâche de créer un système démocratique fort, c'est que les perdants, malgré le fait de prendre un grand coup, acceptent le résultat. Parce que c'est pour le bien du pays que nous aimons.
Et évidemment dans mon pays, l'homme auquel je m'étais opposée dans une campagne où je me investie en temps en énergie pour le battre m'a demandé de joindre son gouvernement. […]
Notre démocratie est encore en évolution. Vous savez, on a eu toutes sortes de problèmes dans nos élections passées, comme vous pouvez bien vous en souvenir. En 2000, notre élection présidentielle s'est réduite au résultat d'un Etat dans lequel le frère de l'homme qui était candidat président était le gouverneur de l'Etat. Nous avons donc nous-aussi nos problèmes ».
Jusqu'ici on ne m'a pas encore démontré— scientifiquement (c'est-à-dire, statistiquement) —qu'Ali Bongo a volé les élections au Gabon. Il avait plus de moyens que ses rivaux, du fait de ce qu'il est, pour battre campagne sur toute l'étendue du pays. Mais sa « tricherie » s'arrête là. Jusqu'à preuve du contraire, il a remporté ces élections.
On sait le jeu que jouent les rivaux d'Ali Bongo : hurler à la tricherie pour qu'on fasse pression sur le président élu pour un partage du pouvoir à la kenyane.
Je constate malheureusement que vous, et ce, malgré tout le respect que je vous dois (je visite d'ailleurs votre blog), ainsi que vos autres confrères de RUE89 (comme Pierre Haski et David Servenay), donnez dans la surenchère. Je ne vous vois pas passer au crible des mensonges caractérisés et indignes d'hommes d'Etat de certains rivaux d'Ali Bongo. Un exemple criant : le 26 août 2009, RUE89 publiait, sans commentaire aucun, dans sa rubrique « Tribune », un pamphlet de Bruno Ben Moubamba qui commence par ces deux paragraphes :
« J'ai appris d'une source que je juge fiable que des cargaisons d'armes étaient arrivées à l'aéroport de Libreville pour être livrées aux gardes républicaines.
Par ailleurs, des mercenaires du continent européen seraient en route vers le Gabon. La France a de surcroît renforcé ses contingents militaires ».
Où sont ces « cargaisons d'armes » ? Où sont ces « mercenaires » européens ? Est-ce le genre de voyous mentant ainsi effrontément qu'on veut mettre aux commandes des Etats africains pour en faire des républiques bananières ? Où est, dans ce cas précis, la critique journalistique responsable de RUE89 devant de telles affirmations délurées ?
De bloqué le 24.09.09
10H32 | 08/09/2009 |
Robert Bourgi et ses relations avec Sarkozy dans un article du Monde LE MONDE | 29.08.09 | « Robert Bourgi, vétéran de la Françafrique »
Extraits :
Il n'empêche, Robert Bourgi rencontre Dominique de Villepin une fois par mois. Il lâchera cependant le protégé de Jacques Chirac le jour où il comprendra que celui-ci n'a aucune chance de l'emporter à la présidentielle.
« Bourgi a ramené à Sarkozy la ration d'aide financière prévue pour Villepin de la part de Bongo et de Sassou », assure aujourd'hui un chiraquien.
Son rôle auprès de Nicolas Sarkozy ? « Du trafic d'influence », pestent les diplomates qui assurent qu'il crée de faux conflits entre la France et les chefs d'Etat africains afin de monnayer sa capacité à les réconcilier.
« Je travaille à la fois pour les présidents africains et pour le président français, explique-t-il tranquillement. Je ne suis pas conseiller, plutôt missi dominici. Mais je ne me déplace jamais sans informer Sarko et Guéant. »
Le secrétaire d'Etat à la coopération, Alain Joyandet, ne l'ignore pas. « Il ne fait pas la politique de la France en Afrique, affirme-t-il, mais il exprime parfois des choses que nous ne pourrions pas dire. »
Claude Guéant explique qu'il « aime bien bavarder avec lui des réalités africaines ». « Il perçoit l'importance des phénomènes tribaux, des croyances, argumente le secrétaire général de l'Elysée. Mais nous ne lui confions aucune mission. Et s'il prétend avoir vendu aux pouvoirs publics sa préférence personnelle, il va au-delà de son rôle. »
Bruno Joubert, le conseiller Afrique du chef de l'Etat, voudrait pour sa part ne lui voir jouer qu'un rôle d'informateur sur la vie privée des chefs d'Etat africains, comme lors de l'hospitalisation d'Omar Bongo, que la France n'a pas apprise par les canaux diplomatiques officiels.
Robert Bourgi tourne cela autrement : « Au Gabon, la France n'a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c'est Ali Bongo, explique-t-il en souriant. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l'électeur le comprendra. »
Il a en tout cas su se faire adouber symboliquement par le nouveau président français en figurant dans le cercle réservé à la famille, lors de la cérémonie d'investiture, le 16 mai 2007. Puis se faire remettre la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy, le 27 septembre 2007.
Obtenir, au nom d'Omar Bongo, le renvoi du ministre de la coopération Jean-Marie Bockel, coupable d'avoir déclaré mettre fin à la Françafrique.
« Il a gravi un à un une échelle qui a accrédité l'idée de sa surpuissance et augmenté le nombre de dirigeants prêts à payer ses services », reconnaît l'écrivain Jean-Christophe Rufin, ambassadeur de France au Sénégal.
Il appartient aujourd'hui au premier cercle des donateurs de l'UMP, ceux qui peuvent donner au maximum 7 500 euros et apporter les contributions de leurs amis.
De jerry.commanche
quidam | 10H45 | 08/09/2009 |
Désolé pour les idées recues. mais il n'y a pas beaucoup plus de corruption au Zimbabwe qu'en France ou en Allemagne. Le Zimbabwe a été trainé dans la boue dans les médias (notamment occidentales) car le gouvernement de Mugabe commencait à prendre des positions indépéndantes, de développer des politiques qui risquaient de gêner les néocolonialistes. Certes la réforme agraire, bien tard venue d'ailleurs - il aura fallu la faire à l'indépendance, a endommagé l'économie. Mais elle sera réparée dans quelques années, des que les difficultés financières, techniques et politiques sont résolus. Notons que malgré les fulmination des médias occidentaux, Mugabe et son parti ont constamment gagné les élections. Aux dernieres elections, ils ont perdu de quelques votes, la majorité parlementaire de l'opposition est très mince. ET la plupart de cette oppositsion est d'accord de maintenir les acquis de la réforme agraire, qui consiste à virer les « fermiers » blancs qui cultivaient du tabac sur les meilleurs terres du pays et passer à la production vivrière !
à jerry.commanche
De Lugi
13H33 | 08/09/2009 |
Oui, d'ailleurs, la production agricole du Zimbabwe crève les plafonds, on a senti un net essors, on est passé d'une production auto-suffisante à rien. C'est grand.
L'activité économique est florissante, et si ça marche pas et que la monnaie vaut même pas le papier sur lequel il a été imprimé, c'est probablement dû à la conspiration des pays occidentaux qui ne peuvent pas laisser l'exemple qu'un pays africains s'en sorte sans blanc.
Next.
De Lugi
13H27 | 08/09/2009 |
Je vais essayer de faire simple.
Il y a plusieurs obstacles à ce que la France lâche sont réseau africain, le démantèle, et accompagne ses ancienne colonies vers la souveraineté démocratique à l'abri des ingérences des puissances extérieures.
Pour la plupart d'entre eux, je ne les crois pas insurmontables s'ils s'avéraient qu'ils existent.
Mais il y en a 1 dont je suis sûr qu'il existe et c'est celui là : l'absence de volonté de ce côté-ci de l'hémisphère de le faire.
Tout ce que je peux dire, c'est que je suis au courant, que je ne suis pas d'accord, et que je n'ai pas voté pour.
Cela ne me dégage pas vraiment de toutes responsabilités, mais à l'heure actuelle, au vu de la politique en France, mais ces responsabilités s'amenuisent en même temps que mon pouvoir d'influer sur la question.
On est plus très loin du côté souveraineté ici d'un rôle consultatif du peuple et ce tout les 5 ans, avec au milieu des élections qui comptent mais dont 65% des français se foutent.
Sans parler du fait que, la réalité sur la Françafrique, on est pas nombreux a en avoir entendu parler ici.
Donc on est pas vraiment dans le cadre d'une démocratie parlementaire où le gouvernement souverain est le représentant et le mandataire du peuple, dont la parole et les actes sont assumés par le peuple dans son ensemble.
Aussi, j'accepte cette part de responsabilité malgré ma presque impuissance, mais faut pas pousser mémé dans les orties, n'attendez pas de moi que je me perde en auto-apitoiement et flagellation publique.
à Lugi
De vaugoubert
14H07 | 08/09/2009 |
Disons qu'un ministre de Sarkozy qui voulait en finir avec la Françafrique (lol) ou s'est permis de demander ça a été démissionné par un chef d'Etat africain récemment décédé… Et que le financement des partis politiques français par ces mêmes chefs d'Etat s'apparente aussi à de la corruption, non ? La France les corrompt, ils nous corrompent, c'est un bien joli cercle vicieux que voilà.
Vous oubliez un peu vite la problématique du vide de puissance. La théorie réaliste est fondée sur l'équilibre de la puissance, qui implique des alliances avec d'autres Etats. L'Afrique disposant de ressources, les Etats industrialisés ont besoin de s'assurer de la continuité de l'approvisionnement en ressources stratégiques. Les alliances comporteront donc toujours un Etat occidental, si la France s'en allait, ça serait quelqu'un d'autre.
Par contre, je doute fort que ça fasse « bander » les dirigeants occidentaux de maintenir les populations africaines sous la botte de tyrans.
à vaugoubert
De Lugi
14H30 | 08/09/2009 |
Non, je connais cette thèse qui veut qu'une nation africaine ne peut être souveraine en son propre sol à cause de la richesse de ce dernier.
à Lugi
De vaugoubert
14H50 | 08/09/2009 |
Ce n'est pas ce que j'écris. Aucune nation africaine, à part l'Afrique du Sud, n'est assez puissante pour assurer seule sa survie sur la scène internationale, surtout lorsqu'elle a des ressources que ses petites voisines jalousent. Elle est donc amenée à s'allier à des Etats plus puissants qui la protégeront en cas d'invasion. C'était le cas de l'Europe pendant la Guerre Froide, non ?
Les Etats développés veulent avoir un accès à ces ressources rares, ainsi qu'un approvisionnement stable. Ils ont donc besoin d'un régime politique stable sur place et ont donc intérêt à tout faire pour le maintenir. Dans la mesure où les élections en Afrique sont souvent facteur d'instabilité, ces Etats n'ont pas obligatoirement intérêt à l'organisation d'élections. On pourrait considérer le soutien à l'organisation d'élections comme la part idéaliste de notre politique étrangère (je ne suis pas très convaincu, mais bon).
Enfin, des contrats avantageux peuvent être conclus avec des dirigeants corrompus, et on sait que les frontières des Etats africains sont pour le moins arbitraires, avec des ethnies séparées par ces frontières. Toutes les conditions sont donc réunies pour que l'on assiste à des ingérences et au financement par des tiers (Etats frontaliers, Etats développés, éventuellement grandes entreprises) de guerres civiles afin de remplacer la junte au pouvoir et de conclure de nouveaux contrats d'exploitation avec elle.
Appelez ça une thèse si vous le souhaitez, pour moi, c'est une situation, triste et inextricable, mais dont toute solution se doit de tenir compte afin d'être viable. Je suis d'accord avec vous, pas d'auto-flagellation par moi, je n'y peux strictement rien, les gouvernants ayant pour objectif de préserver notre intérêt national défini en termes de puissance (un joli concept bien mou derrière lequel on peut d'ailleurs foutre n'importe quoi).
De kamerlo divine
ouvrier | 16H43 | 08/09/2009 |
>>>>> VIVE LA GÉNÉRATION CONSCIENTE AFRICAINE……… !
De alberte
Sage-femme retraitée | 16H51 | 08/09/2009 |
merci au journaliste auteur de cet article, il dit ce que de nombreux français pensent tout bas : la complicité mafieuse de la France avec des gouvernements corrompus, car ils savent se faire payer leur complaisance, des entreprises qui pillent le pays et versent l » argent non à des fonds publics mais sur des comptes de ces gouvernants corrompus, lesquels en retour arrosent des hommes politiques français au prétexte de rapports plus que fumeux, et ainsi s » achètent leur silence
De kamerlo divine
ouvrier | 17H12 | 08/09/2009 |
*** LE FRANC CFA : L´AUTRE FACE CACHÉE DE LA FRANCE À FRIC ***
L'histoire des théories monétaires est traversée de débats au sein desquels certains thèmes sont repris ou discutés de période en période. Point n'est besoin de souligner aujourd'hui le regain d'intérêt que suscitent les phénomènes monétaires dans l'ensemble de la vie économique. Depuis quelques années, des voix s'accordent pour reconnaître la non optimalité de la zone franc CFA, une zone monétaire unique en son genre, au monde. Mais là n'est pas le problème.
Le point focal de cette rébellion intellectuelle réside dans la conception même de la monnaie CFA et ses mécanismes, parmi lesquels, la fameux « compte d'opérations » et son corollaire de convertibilité illimitée de cette monnaie. Les économistes ou du moins ceux qui nous restent, à quelque exception près, avec leur langage parfois christique ont sacralisé la question du franc CFA au point de laisser quinze pays dans un esclavage monétaire. Les gouvernants des pays membres ont lié leur souveraineté monétaire au prix d'une convertibilité illimitée d'une monnaie.
Pour eux, les petits pays ne peuvent pas garantir leur monnaie faute d'économie suffisamment solide pour la soutenir. C'est ainsi que les pays africains, ont de diverses manières et à des degrés différents, démissionné face à leur responsabilité en matière monétaire et donc économique. Les pays de la zone franc ont opté pour une coopération monétaire fondée sur la garantie illimitée donnée par la France à la monnaie émise par la BEAC et la BCEAO.
Cette convertibilité illimitée du franc CFA de chaque sous-zone est supposée être assurée par le « compte d'opération » ouvert par chaque banque centrale de la zone auprès du trésor français et domicilié à la banque de France. Selon les concepteurs de ce terme étrange à la littérature économique, cet accès ouvert aux marchés des changes français garantirait de facto la convertibilité du franc CFA en toute autre devise. Pourtant, la zone franc CFA subit une salve de critique. Il est donc nécessaire de définir la notion de convertibilité afin de comprendre cette coopération monétaire aux contours ambigus.
LES MECANISMES DE LA ZONE CFA
L'une des clauses la plus importante de la coopération monétaire entre la France et la zone franc CFA est la libre convertibilité du franc CFA. La libre convertibilité de la monnaie de chaque sous-zone est garantie par le compte d'opération ouvert auprès du Trésor et sur lequel les banques centrales ont un droit de tirage illimité en cas d'épuisement de leurs réserves en devises. En contrepartie de ce droit de tirage, les banques centrales doivent déposer sur le compte d'opération au moins 65 % (50% pour les pays de l'UEMOA) de leurs avoirs extérieurs nets (réserves de change).
À l'intérieur de chaque sous-zone, et entre chaque sous-zone et la France, les transferts de capitaux sont en principe libres. Avec la zone euro, un compromis a été trouvé ; ce compromis européen confie également à la Banque de France le soin de la parité entre l'euro et le CFA, sachant que parité fixe ne signifie pas parité non révisable, comme l'a bien montré la dévaluation du CFA, en janvier 1994. Les changements éventuels de parité devront faire l'objet d'une information préalable des membres de l'euro 12. L'intégration d'un nouveau membre à la zone CFA ou un changement des règles du jeu au sein de la zone devront en revanche faire l'objet d'un accord avec les Européens. Les avantages présentés aux Africains sont quant à eux des plus artificiels : outre l'attrait des investissements directs à l'étranger (IDE), le franc CFA est censé épargner les risques de change avec la zone euro et donc faciliter l'accès au marché unique européen. DE QUOI S'AGIT-IL ? Comme il n'y a pas de monnaie internationale, il faut organiser les échanges entre monnaies pour permettre les échanges de biens et services. Dans ce cas, on peut définir un système monétaire international (SMI) comme l'ensemble des règles, des mécanismes et des institutions visant à organiser et à contrôler les échanges monétaires entre pays. Au sein du SMI, les pays membres doivent assurer au préalable la convertibilité externe de leur monnaie. Cela revient à dire simplement que tout étranger détenteur de cette monnaie doit avoir la possibilité, à tout instant, de l'échanger librement contre d'autres monnaies ou contre de l'or. De plus, la convertibilité est souvent assimilée à la transférabilité.
Cette dernière permet de savoir si une monnaie peut se déplacer dans un espace autre que celui dans lequel elle a été créée ou émise. La convertibilité revêt plusieurs formes et on en distingue le plus souvent les degrés de convertibilité par rapport aux opérations, aux pays, et aux agents.
Par rapport aux opérations, elle peut être générale ou limitée. Elle sera dite générale lorsque tout agent économique peut obtenir, à taux fixe, de l'or ou toute autre devise étrangère pour le règlement de ses transactions internationales, quelque soit l'opération. Cette opération peut concerner le compte courant (opérations commerciales courantes) ou sur le compte capital (mouvements des capitaux). Nonobstant, la convertibilité sera dite limitée lorsqu'elle n'est possible que pour les seules opérations courantes.Par rapport aux pays, on parlera de convertibilité générale en cas de multilatéralité parfaite des paiements internationaux. Elle est par contre limitée lorsqu'elle ne concerne que certains pays. Dans ce cas, on parle de convertibilité régionale(le cas des monnaies européennes avant l'euro vis-à-vis du dollar).
S'agissant des agents, la convertibilité est dite générale quand tout agent (résident ou non) peut obtenir de l'or et des devises contre de la monnaie nationale. Elle sera limitée si cette possibilité n'est offerte qu'aux seuls agents non résidents. Dans le langage courant, on dit que la monnaie est convertible ou elle est non convertible ou limitée. Dans ce dernier cas, la convertibilité est partielle en ce sens que l'échange peut se faire jusqu'à une certaine somme, ou après contrôle de la nature de la transaction par un organisme public.
LA CONVERTIBILITE D'UNE MONNAIE DEPEND DE LA POLITIQUE ECONOMIQUE ET PARFOIS DES CIRCONSTANCES HISTORIQUES !
Dans la remuante histoire du franc français, l'échange de francs contre des devises n'était pas libre, mais réglementé. Cette convertibilité externe du franc, rétablie en 1958 pour les non-résidents, n'était pas totale pour les résidents. Par exemple, ceux-ci ne pouvaient pas sortir des capitaux hors des frontières sans autorisation administrative.
La convertibilité d'une monnaie peut être limitée aux seules opérations courantes lorsque les mouvements spéculatifs de capitaux sont dangereux pour un pays, c'est-à-dire quand ils risquent d'épuiser les réserves de devises. En période de guerre, de difficultés graves ou pour des motifs politiques, une monnaie peut être inconvertible et il serait alors impossible d'obtenir librement des devises en échange de cette monnaie. Au niveau de la zone franc, les transferts des capitaux entre les zones monétaires ont fait l'objet de quelques restrictions au cours des années 90, afin notamment de lutter contre les mouvements de capitaux illicites (suppression du rachat des billets entre zones).
En Roumanie, par exemple, la dernière restriction sur la voie de la convertibilité totale du leu a été enlevée le 1er septembre 2006. La banque nationale roumaine permet aux étrangers, à partir de cette date, les transactions des titres d'Etat à court terme en leu, ce qui fera que la monnaie nationale devienne entièrement convertible, pour la première fois pendant les 60 dernières années.
Depuis cette date, la monnaie roumaine peut être achetée par l'intermédiaire des banques de l'étranger également. On pourra citer de même l'exemple de la Tunisie avec son flottement administré. L'idée est de maintenir la stabilité du taux de change réel. Et, en effet, le taux de change effectif réel du dinar, c'est-à-dire le prix relatif (dans une même monnaie) des produits de consommation tunisiens par rapport à une moyenne pondérée des prix des partenaires commerciaux principaux de la Tunisie, est resté très stable depuis une quinzaine d'années.
Cette politique s'appuie sur le maintien de contrôles des capitaux, c'est-à-dire sur une « convertibilité » partielle de la monnaie, certaines opérations sur les mouvements des capitaux avec l'extérieur restant soumises à restrictions. Cela permet à la Banque centrale de conserver une certaine marge de manœuvre sur sa politique intérieure. Quant au géant chinois, la grande fragilité de son système bancaire étatique (créances douteuses) ne l'autorise pas aujourd'hui à libéraliser son marché des changes et à rendre sa monnaie librement convertible sous peine de faire peser des risques importants sur la croissance économique chinoise, celle des pays de la zone « Asie » et au-delà sur celle des pays occidentaux.
Depuis le 1er Janvier 1994, le yuan est ancré au dollar sur la base d'une parité fixée à 8,277 yuan pour un dollar avec une marge de fluctuation très étroite (+/- 0,3%). Depuis 1994, la monnaie est convertible mais pas pleinement. Les mesures de contrôle des changes sont extrêmement strictes et ne s'appliquent qu'à celles des entreprises chinoises dont les activités à l'international le justifient. Au niveau interne, la convertibilité (interne) d'une monnaie se résume à la défense de sa valeur, c'est-à-dire son pouvoir d'achat (M/P). Premièrement, il est évident que la France n'augmente pas la masse monétaire de la zone franc comme bon lui semble. La masse monétaire progresse en fonction seulement du développement réel de l'économie. C'est l'activité économique qui commande la progression de la masse monétaire. Deuxièmement, la baisse du niveau des prix n'est pas imputable à la France. L'inflation est aujourd'hui expliquée plus par les coûts que par un excès de demande sur l'offre.
Le prix du piment baisse en Côte d'Ivoire à la suite d'une action française ? Le prix de l'arachide baisse au Sénégal à la suite d'une inondation d'arachide en provenance de la France ? La convertibilité du franc CFA n'a rien à voir avec la France ! ! LA REALITE DES FAITS Pour Chouchane verdier, au sens de l'article VIII des statuts du FMI, seuls douze pays africains possédaient une monnaie convertible en 1995. Selon le principe de la convertibilité au sein de la zone franc, les Etats africains devaient pouvoir s'approvisionner en devises sans limites au-delà de leurs propres possibilités. Si cela était vrai, les pays de la zone franc seraient moins exposés au risque d'illiquidité. Les mécanismes de la zone franc devraient permettre une ouverture sur l'extérieur, facilitant ainsi les importations et l'attrait des capitaux étrangers.
Or, cet accès reste limité par les mesures de protectionnisme permises à l'Union européenne par les accords de l'OMC (aussi bien pour les produits manufacturés que pour les produits agricoles). En outre, les relations commerciales sont largement restreintes à l'exportation de matières premières, dont les prix sont à l'avantage des pays riches du Nord, avec d'ailleurs une demande léthargique (termes de l'échange). Ensuite, les relations commerciales de la zone CFA avec le reste de l'Afrique et du Tiers Monde se trouvent handicapées par la politique de monnaie forte imposée par l'Europe : le franc CFA étant surévalué par rapport aux autres monnaies du Sud, les produits libellés en FCFA deviennent trop chers pour ces pays. L'Afrique de la zone CFA se retrouve ainsi coupée des marchés du Sud et condamnée à exporter des matières premières bon marché vers le Nord (l'objectif final de l'Europe étant évidemment la cotation des matières premières de la zone CFA en euro et donc l'élimination de tout risque de change pour son approvisionnement). Au niveau externe, la convertibilité du franc CFA permettait le rapatriement sans risque de change des bénéfices des entreprises européennes. La garantie de la convertibilité et de la libre transférabilité des capitaux dans la zone CFA a favorisé une sortie massive des capitaux. On peut noter les nombreux placements effectués en francs CFA à l'étranger, surtout en Europe, entre janvier 1990 et juin 1993, qui s'élevaient à 928,75 milliards de francs CFA.
Si les banques centrales peuvent recourir sans limitation aux avances du Trésor français, cette faculté doit, dans l'esprit des accords, revêtir un caractère exceptionnel. En cas de découvert prolongé du compte d'opération, les banques centrales sont tenues de mettre en œuvre des mesures de redressement (relèvement des taux directeurs, réduction des montants de refinancement, plafonnement des crédits aux Etats, ratissage des devises). Depuis la mise en œuvre des accords de coopération monétaire actuels (1973), le compte d'opération n'a été débiteur temporairement qu'à cinq reprises depuis 1973, le solde étant créditeur de manière ininterrompue depuis janvier 1994.
Cette liberté aboutit à un rapatriement massif des bénéfices des investisseurs étrangers vers leur maison-mère et à un exode des revenus des ménages expatriés vers leur pays d'origine : entre 1970 et 1993, alors que les investissements étrangers s'élevaient à 1,7 milliards de dollars, le rapatriement des bénéfices et des revenus d'expatriés s'est élevé à 6,3 milliards. Les rapatriements ont donc été quatre fois supérieurs aux investissements (Agbohou, 1999, p. 87).
Même la transférabilité interne a pris un coup depuis les années 90. Il y a une mesure de suspension de rachat des billets de banque CFA entrée en vigueur le 2 août 1993. Auparavant, et ce jusqu'au 1er août 1993, la convertibilité des billets était libre et illimitée aux guichets de la banque de France. En plus d'une mesure de suspension de rachat des billets CFA entre la zone UMOA et la zone CEMAC à compter de septembre 1993. Cela n'a pas empêché la détérioration des comptes dans les années 1990 et l'incapacité déclarée de la France à soutenir sans limites les budgets africains. Résultat : les deux francs CFA ont été dévalués de 50 % en janvier 1994 pour passer de 0,02 à 0,01 FF. Cette parité fixe ne changea pas avec le passage du FF à l'euro (1999). Elle s'est traduite automatiquement par le taux de 1 euro pour 655,957 F CFA. Lalibre convertibilité et la libre transférabilité sont limitées par le contrôle des changes (surtout depuis la suspension de la convertibilité des billets FCFA) et l'absence de marchés des FCFA (tous les flux passent par le filtre des banques centrale).
Comme on vient de voir, la convertibilité illimitée est un vrai faux argument, donc un mythe. En réalité après les indépendances, la France a voulu, par cette coopération, conservé des relations commerciales et financières très développées avec ses anciennes colonies.
EN FINIR AVEC LE FRANC CFA ?
Aujourd'hui, avec l'euro fort ,les pays de la zone franc conservent un change surévalué qui maintient des prix d'exportation à un niveau élevé alors que des pays comme la Chine sous-évalue leur taux de change pour accroître les biens exportés. Les pays de la zone franc subissent aujourd'hui des vagues d'optimisme et de pessimisme alternées. Ceux qui ont avancé l'avantage des IDE ont oublié que l'investissement direct procède avant tout de la recherche d'une meilleure rentabilité.
Sans établir une coopération monétaire, on peut en général, retenir les motivations suivantes : le besoin de se procurer des importations, c'est le cas des investissements directs dans les pays en développement dans le seul dessein d'exploiter les matières premières nécessaires à la croissance économique de l'occident. Il y'a aussi le besoin d'éviter les frais de transport sur les exportations et la recherche d'une main-d'œuvre bon marché, qui incite les industriels occidentaux à investir directement dans les pays en développement.
Les banques centrales des unions possèdent un statut aussi ambigu que complexe : relativement indépendante dans leur fonctionnement, elles maintiennent des mécanismes de décision dans lesquels les positions de la France sont déterminantes pour le choix de la politique à mettre en œuvre. En réalité, la banque de France est le prêteur en dernier ressort de l'ensemble du système financier des pays membres.
Quant au trésor français, il est tenu de constater un déficit illimité sur les comptes d'opérations. Vous constater avec stupéfaction et étonnement, que ce sont les deux institutions françaises, à savoir la banque de France et le trésor français qui possèdent la souveraineté monétaire effective de l'ensemble de la zone, les Etats membres étant de la sorte dépourvus de ce pouvoir régalien. Le mécanisme du compte d'opération permet de déconnecter la politique monétaire et la politique de crédit menée en France de celle appliquée dans le reste de la zone franc.
Toutefois, la politique économique des pays membres est fortement conditionnée par la politique monétaire et la politique de change menées en France (aujourd'hui de l'Europe). Le modus operandi des mécanismes du franc CFA reflète la volonté d'un seul pays, la France, d'assujettir et de mettre sous sa domination une quinzaine de pays. Peut-être que lorsqu'il a été crée, le franc CFA a obtenu un statut sui generis dans des pays qui ne voulaient qu'accéder à l'indépendance. Dans notre orgueilleuse modestie, nous pouvons affirmer que ceci ne témoigne point d'une méditation attentive car la souveraineté politique est liée à la souveraineté monétaire. Et dire que certains gouvernants proclament de façon tonitruante leur souveraineté, tout en acceptant le franc CFA avec ses fourre-tout de mécanismes esclavagistes.
Pourquoi cet attentisme sur le débat autour du franc CFA ? Le franc CFA est une pièce maitresse du pacte colonial, par lequel la France se réserve les denrées de ses anciennes colonies et lui impose l'achat de ses produits manufacturés en lui interdisant tout développement industriel autonome. Les anciennes colonies n'ont aucune existence propre car leur économie est inféodée à celle de la métropole.
De jean.M
retraité | 21H22 | 09/09/2009 |
La rue africaine conspue la France ?
Si cela pouvait être vrai et généralisé, ce serait réjouissant et porteur d'espoir pour le continent.
Car la France est détestable vue d'Afrique.
Malheureusement, ces mouvements d'humeur sont conjoncturels, ponctuels et rares.
Il faut dire que les forces armées françaises et les forces locales formées et encadrées par la France réagissent vite et brutalement. Manifester est extrèmement dangereux en Afrique.
Pourtant, que de rancoeur justifiée dans l'iconscient africain profond !
Un récent article de Pierre Haski (23/08) à propos du livre « l'aide fatale » de Dambira Moyo a déclenché un torrent de réactions dans lesquelles on trouve les racines d'une des composantes de cette rancoeur : L'aide humanitaire.
Cette industrie promue par Mitterand pour camoufler un néo colonialisme ravageur a bien des effets pervers et les africains ne sont pas dupes. C'est l'aumone en remboursement du pillage.
On ne peut pas demander à quelqu'un qui ne sait pas s'il pourra manger le lendemain d'avoir la dignité de refuser l'aumone.
L'Afrique francophone vit sous perfusion. Le contenu de la perfusion est décidé de France par le gouvernement relayé par une myriade d'associations aux motivations diverses.
Pour avoir vécu en Afrique et cotoyé des associations humanitaires, je pense sincèrement que l'Afrique se porterait mieux si on arrétait cette mascarade.
Moi, je peux le dire. Un africain ne peut pas le dire et c'est ce qui entraine cette rancoeur larvée qui explose sporadiquement.