De Sarkozy ou Obama, qui a le mieux parlé à l'Afrique ?

Sarkozy à Dakar en juillet 2007. Obama à Accra en juilet 2009 (Pascal Rossignol. Finbarr O'Reilly/Reuters)

Immanquablement, la polémique devait avoir lieu. Au lendemain de l'allocution du président des Etats-Unis, la blogosphère et la twittosphère s'interrogent : entre Nicolas Sarkozy à Dakar (Sénégal) et Barack Obama à Accra (Ghana), qui a le mieux parlé à l'Afrique ?

Les deux interventions sont-elles radicalement opposées ? Non, pas vraiment. Les thématiques se rejoignent à plusieurs reprises. Sarkozy affirme :

« L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. »

Obama dit :

« Dans de nombreux endroits, l'espoir de la génération de mon père a cédé le pas au cynisme, souvent au désespoir. Il est facile de pointer du doigt les autres et de les blâmer pour ces problèmes. »

Barack et Sarko s'adressent tous les deux à la jeunesse africaine, à qui il revient de relever les défis de demain. « La renaissance dont l'Afrique a besoin : vous seuls, jeunes d'Afrique, pouvez l'accomplir parce que vous seuls en aurez la force », affirme Sarkozy.

Obama demande aux jeunes Africains d'assumer « la responsabilité de [leur] avenir. » Et évoque dans le détail les « maux » de l'Afrique, qui vont de la corruption policière à la rapacité des élites, de l'utilisation des enfants-soldats dans les conflits à la complaisance envers les trafiquants de drogue.

Obama prend le risque de plaider pour un projet datant de l'ère Bush et qui a suscité d'énormes réserves -l'installation d'une base militaire américaine en Afrique-, avec des termes que l'on peut considérer comme relevant de la langue de bois… Le président des Etats-Unis évite de parler des subventions agricoles américaines qui fragilisent les économies africaines, ou du fardeau de la dette.

Pourquoi les différences de perception ?

Et pourtant, ses propos ont été perçus de manière très positive sur le continent, alors que ceux du président français ont suscité une polémique. « Il faut avoir le courage de dire que cette grande différence d'accueil entre les deux discours n'est pas justifiée », s'agace Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), sur son blog [sans parler, sur Rue89, de Hugues Serraf qui se demande si Obama n'a pas « téléchargé illégalement » le discours de Sarkozy, ndlr].

Alors, injustice ? Il est évident que Sarkozy et Obama n'arrivent pas sur le continent avec les mêmes atouts. Obama, président d'une Amérique qui sait faire rêver comme aucune grande puissance, est « un enfant du pays ». Après Mandela, c'est l'homme politique contemporain qui a le plus enthousiasmé l'Afrique.

Son histoire et l'histoire de sa famille font qu'il est difficile de faire peser sur lui le passé impérialiste que partagent la France et les Etats-Unis. Ses filles, Malia et Sasha, sont descendantes de personnes qui ont subi à la fois l'esclavage et la colonisation. Obama est, lui aussi, dépositaire des souffrances de l'Afrique, ce qui n'est pas le cas d'un Nicolas Sarkozy, qui a longtemps été vu comme l'ex-ministre préposé à l'expulsion des étrangers.

Mêmes discours, posture différente

Cela dit, il faut bien reconnaître que si Sarkozy et Obama tiennent dans le fond le même discours, ils ne le font absolument pas de la même manière. Déjà, Obama a tenu à choisir une destination africaine difficilement contestable : le Ghana. Alors que Nicolas Sarkozy s'est cru obligé d'aller, après son escale dakaroise, baiser la babouche de feu Omar Bongo Ondimba, symbole de longues relations incestueuses qui font que Paris sera toujours mal à l'aise dès qu'il s'agira d'évoquer le bilan des indépendances dans ses anciennes possessions coloniales.

De plus, alors que Sarkozy à Dakar n'a pas su rompre avec la rhétorique du clivage et de l'affrontement, qu'il affectionne tant, et s'est posé en grand professeur qui sait tout -disant à plusieurs reprises « le problème de l'Afrique, c'est que… »-, Obama a su utiliser l'art de la nuance, dénonçant l'Afrique de la honte pour mieux mettre en valeur, à travers de nombreux exemples, l'autre Afrique.

Comparons les figures qui ressortent des discours fondateurs des deux hommes.

Chez Sarkozy, il s'agit du « paysan africain, qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature », et qui « ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. »

Obama, lui, évoque les « braves Africains » qui sont du bon côté de l'histoire : le pouvoir et l'opposition ghanéennes qui cohabitent harmonieusement, des policiers incorruptibles, des membres de la société civile engagés dans la fin des violences électorales au Kenya, etc. En bon « storyteller », Obama raconte, dans une sorte de roman d'anticipation, l'histoire d'une renaissance dont les Africains sont les héros.

Des discours aux inspirations littéraires différentes

En écoutant parler Obama, on a l'impression qu'il a lu des livres vivifiants comme The White Man's Burden de William Easterly ou Dead Aid de l'économiste zambienne Dambisa Moyo, très critiques sur la pratique de l'aide au développement ces dernières décennies. On a l'impression qu'il a parlé avec les responsables américains des nombreuses fondations qui soutiennent des expériences innovantes sur le continent. On se dit qu'il a au moins survolé quelques-uns des passionnants blogs écrits en anglais et consacrés à l'innovation en Afrique.

En relisant le discours de Dakar, on se dit que celui qui l'a écrit -le conseiller présidentiel Henri Guaino- a beaucoup lu les romans africains d'il y a cinquante ans, et les récits des anthropologues de l'époque coloniale. Ce sont, à première vue, des détails, mais ils posent une question fondamentale : celle du renouvellement du regard de la France sur une Afrique contemporaine dont il s'agit de saisir le mouvement.

Photo : Sarkozy à Dakar en juillet 2007. Obama à Accra en juilet 2009 (Pascal Rossignol ; Finbarr O'Reilly/Reuters)

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Portrait de Thierno Seck

De Thierno Seck

ApprentiSorcier | 13H41 | 13/07/2009 | Permalien

Bon, je ne suis pas trop les débats sur la comparaison entre les discours de Nico et de Barack.

le discours de Sarko a Dakar est un discours de paternaliste, de raciste insultant et je ne prends pas les gants pour le dire. Les racistes et les xénophobes aiment les grossières généralités sur les individus. L'homme africain, si tant est qu'il existe vraiment, n'a rien a faire de l'avis d'un inculte fut il président.

Bon, j'avoue etre trés trés trés décu du discours de Obama. Je ne m'attendais pas a un miracle, mais a un discours fort et d'avenir. Grande aura été ma décéption.

Je n'ai pas tout lu de la trandcription, mais derrière les bons mots biens choisis se cache une méconnaissance réelle de Obama, de celui qui rédige ses discours.

Etant ségénalais ayant grandi au Sénégal et suivant l'actu politique de mon pays d'origine, je ne comprends pas un des points du discours de Obama.

Jamais je n'ai entendu un leader politique sénégalais, jamais dire pretexter la colonisation ou l'esclavage sur nos proiblèmes de tous les jours. Bien entendu, on ne fera jamais table rase de cela, ceux qui pensent qu'on va tourner la page avec le sourire déchanteront. Plus jamais ca sera notre leitmotiv et mobilisera les intelligences du continent hétérogène.

Obama sait que Tanja, ne se chache pas derrière la colonisation, ni Gbagbo, ni Wade, ni Jameh, ni je ne sais qui. A part lAlgérie qui a des problemes avec la France ce débat n'implique pas les politiques du continent.

Alors pourquoi les occidentaux en parlent autant ? Volonté de nous prendre pour des cons ?

Nou sne sommes pas des enfants et n'avons pas besoin de la compassion de qui qua ca soit, noir ou blanc qui n'est pas impreigné de nos réalités et qui en parle avec condescendance.

De plus j'écirai surement à Obama directement pour le lui affirmer, il faut qu'il change de discours. Je croirai entendre un commis de la Banque Mondiale ou autres organismes destructeurs du continent.

L'afrique doit se prendre en charge est un discours qui ferait sourire tellement c'est enfantin. Sur une télé comme la RTS ou les commis des orgabnismes ravageurs passent souvent, on entend cela des centaines de fois.

Le pire du dicsours concerne l'engagement des US. Ce pays n'est pas encore vraiment engagé auprés du continent malgré l'AGOA ou d'autres programmes mineurs.

Le conditionnement de l'assistance US ou occidental a une « bonne gouvernance » est une rigolade. On prend les africains pour de gros cons.

Voila un discours qui commence a vieillir. Cela fait plus de 40 ans qu'on le prononce. Dans la réalité rien ne change. Obama sait que le cynisme guide les rapports entre Etats.

J'ai enormément d'admiration pour l'homme mais je ne suis pas d'accord avec son discours. Il faut changer de discours et ne pas netoyer le contenant.

Il est tant d'arreter de parler de l'Afrique comme un bloc homogène. Il y a je crois 53 pays en Afrique même si certains sont des Etats fantomes. Les réalités sont trés diverses.

Melanger le problème du Zimbabwé avec celui de la Zambie ou de la Gambie relève de l'illusion.

Critiquer la gouvernance et nos dirigeants est légitime même de la part de Sarkozy ou Obama. Ce qui ne l'est pas c'est cette propension des occidentaux a prévenir toute critique en prenant les devants et en nous ramenant l'esclavage et la colonisation.

Pourquoi cette suceptibilité ?

Les africains, les sénégalais, maliens, etc, se levent le matin et pensent a nourir et proteger leurs familles comme tout le monde sur cette terre. Ils ne cherchent pas d'excuses. De polus ils la chercheraient pourquoi faire ?

Obama est bien sympa mais il devrait réinventer son discours sur l'Afrique. Ce n'est pas notre Messie et nous n'en n'avons pas. S'il vien nous repeter le Discours de la Baule, de la BM, du FMUI, il peut rester chez lui a washington.

Pour le reste, que les occidentaux se rassurent, tant que nos pays sont si faibles et avec a leur tete des pantins, on encaissera sans broncher les remarques ridicules d'autres présidents limite parlant a des enfants de 5 ans. La roue tournera et on verra ce qui se passera.

Bien a vous

Portrait de Rodriguez

De Rodriguez

Papa | 13H53 | 13/07/2009 | Permalien

Cher Théophile,

Ce genre de comparaison me semble vraiment déplacée voire inutile. Nous n'avons nullement besoin de perdre notre temps en tant qu'Africain pour ça.

On ne compare que deux choses comparables. Comment veux-tu qu'un Africain, président des USA, qui a passé son temps à lire l'Afrique à travers ses plus grands penseurs et historiens, qui connaît l'Afrique, qui vit avec une Noire, descendante d'esclaves, qui a cotoyé les pauvres en leur servant du repas et qui affirme qu'il a « après tout du sans africain dans les veines » aille dire des conneries Sarkozistes en Afrique ? Surtout au Ghana ? Je dis bien Ghana de Nkrumah, l'un des plus grands penseurs politiques africains de tous les temps.

A mon avis, nous n'avons pas besoin de comparer le discours d'Obama à celui de Sarkozy. Nous en prenons acte et en tirons les conclusions qu'il faut. Et en celà, il serait mieux de chercher à expliquer le discours de Barack Obama à notre peuple que de s'engager dans cette voie de comparaison. C'est une oeuvre vaine et sans intérêt. Laissons ce travail à ceux qui en ont intérêt.

Ce qui nous importe en tant qu'Africain c'est de travailler à résoudre nos problèmes. Notre peuple en a trop.

Web. http://lajuda.blogspot.com

Portrait de Alex Engwete

De Alex Engwete

Consultant | 14H21 | 13/07/2009 | Permalien

C'est assez étonnant de voir la leçon d'Obama aux dirigeants africains, suivie d'un clin d'œil à la jeunesse africaine, réduite à la portion congrue — aussi bien dans ces colonnes que dans celles d'Hugues Serraf. Américain, Obama est par-dessus tout pragmatique et présente dans sa leçon 4 chantiers bien délimités autour desquels l'Afrique peut espérer une coopération avec l'Amérique : 1) la bonne gouvernance (« le développement dépend de la bonne gouvernance ») ; 2) l'opportunité pour tous, qui nécessite la libération des énergies entrepreneuriales privées ; 3) la santé publique et 4) la résolution des conflits. Obama connaît intimement ces chantiers puisqu'il y a travaillé en tant que sénateur au sein du comité des relations étrangères. Il avait d'ailleurs introduit un projet de législation sur le Congo-Kinshasa qui conditionnait l'aide américaine à 4 conditions reprises dans son discours d'Accra. Il vient d'ailleurs de changer radicalement le programme américain de sécurité alimentaire en réorientant le financement vers les technologies agricoles à pourvoir directement aux paysans au lieu de la distribution de l'aide alimentaire. Comparer le discours d'Obama aux rodomontades de Sarkozy à Dakar ou prétendre qu'Obama ne connaît pas l'Afrique ou qu'il a survolé des blogs pour faire sa leçon aux dirigeants africains, c'est donc tout simplement passer à côté de la plaque.

Portrait de Redroom

De Redroom

15H01 | 13/07/2009 | Permalien

L'article m'a plu, le sujet me gêne…

Comparer les deux présidents de la république c'est comme comparer la France aux Etats-Unis c'est ridicule.

La France ne sert à rien, d'autant plus que son président veut devenir l'homme le plus aimé de la planète et fait tout ce que lui offre sa fonction pour le faire…

Obama représente un espoir pour le monde entier afin d'essayer de restaurer un ordre mondial particulièrement mis à mal par l'avidité de Bush et ses potes. La paix est en jeu, on ne rigole plus là, c'est du sérieux !

Alors c'est vrai Obama va sauver le capitalisme, c'est regrettable, les ordures vont continuer à se faire du fric avec le sang des plus pauvres et c'est pas l'Afrique qui va en bénéficier, c'est évident mais que fait Sarkozy dans tout ça ? Il représente quoi ?

Il incarne quoi ? Si ce n'est l'ambition démesurée que peut avoir un gamin particulièrement malheureux pendant son enfance et qui a décidé du coup de mettre tous les gens à ses genoux (putain d'ailleurs si je les tenais ceux qui l'ont martyrisé ils passeraient un mauvais quart d'heure ! ) ?

Il faut comparer ce qui est comparable et arrêter de faire plaisir à l'Élysée…

Portrait de Network 23

à Redroom Portrait de Redroom De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 16H01 | 13/07/2009 | Permalien

La France a toujours fait le sale boulot de l'Amérique en Afrique, tout comme elle a disséminé la technologie nucléaire en suivant les conseils d'Oncle Sam.

Ainsi le Pentagone pouvait se concentrer sur l'Amérique latine, atteint par la fièvre castriste, et qualifier tout mouvement de la société civile comme « communiste et athée », et donc préparer un énième coup d'Etat.

Y aurait-il eu une allusion plus ou moins cachée au Honduras, dans le discours d'Obama, qui cite ces changements de Constitution ?

Que faut-y lire au moment où Washington refuse de qualifier le putsch contre Zelaya de « coup d'Etat », afin, dit-il, de ne pas briser tout lien avec ce pays, déjà mis au ban de l'OEA ?

Portrait de Palme

De Palme

cadre | 15H11 | 13/07/2009 | Permalien

tournés vers l'avenir ?
oui pour Obama qui parle politique , démocratie, gouvernance et qui accuse certains dirigeants africains d'aujourd'hui , comme certains responsables israeliens ou d'autres encore en raisons de leurs choix et non de leur histoire ou « nature »

pour sarkozy ? j'e n suis moins sur d'une part en raison de la « nature africaine » décrite (à laquelle il croit ! ) et qui entraverait les capacités de progrès à l'occidental , de son coté condescendant ensuite qui soustend sa démarche et lui retire justement son cractère politique alors qu'il est président d'une ancienne puissance coloniale, le président d'un pays qui compte et pas un pseudo historien ou évangéliste exhalté

sans parler qu'il n'est pas Obama et que cela change totalement la réception du discours
il aurait mieux fait de ne rien dire , personne ne l'attendait , qu'il fasse son boulot dans les instances internationales pour les problèmes qui concerne l'Afrique et qu'il arrete les relations avec certains

Portrait de Network 23

à Palme Portrait de Palme De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 15H58 | 13/07/2009 | Permalien

Qu'il arrête les relations avec certains ?

Pour qu'Areva ne puisse plus vendre de centrales pour « désaliniser » l'eau de mer à Khadafi ?

Ou pour qu'Areva cesse d'exploiter ses mines au Niger ?

Allons, allons…

Portrait de El doctor

De El doctor

Citoyen errant | 15H36 | 13/07/2009 | Permalien

Pourquoi chercher à comparer Obama a Sarko ? Rien a voir.

La question semble bien ridicule. C'est curieux comme sujet ont dirait une sorte de papier propagandiste lancé pour susciter un débat et faire de la pub supplémentaire a sarko qui cherche toujours a récupérer l'auréole des grands en faisant apparaitre son nom une fois de plus et pour rien sur un article sans intérêts.

A croire que des gens sont payés rien que pour lancer des bruits, des rumeurs, de l'occupation médiatique avec son nom à la une sur des sujets à la con alors que parallèlement ont vend du nucléaire, des armes, de la main d'œuvre, on arnaque la population et patati et patata…..

Portrait de jpd

De jpd

15H41 | 13/07/2009 | Permalien

Un passage du discours de l'actuel Président de la France :

« Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais il reste immobile au milieu d'un ordre immuable ou tout est écrit d'avance.

Jamais il ne s'élance vers l'avenir.

Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.

Le problème de l'Afrique est là. »

Le problème de M. Sarkozy est certainement qu'il n'a pas lu Albert Londres.

Les médias ont focalisé sur l'entrée dans l'histoire en oubliant le « assez »

Mais franchement essayez d'imaginer Obama en train de dire à propos du paysan africain :

« Jamais il ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. “

Guaino t'es vraiment nul ! ! ! !
Retourne à l'école et tu sauras pour quelles raisons les plantes vivrières reculent au profit d'une agriculture commerciale et de plantation.

Portrait de Network 23

De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 15H54 | 13/07/2009 | Permalien

Après avoir lu l'interprétation de Serraf, la votre est bienvenue.

Etonnant, tout de même, que ni vous ni Serraf n'aient souligné une divergence profonde entre ces deux discours, qui tient aussi à une différence d'histoire : alors que Sarkozy n'a eu de cesse de stigmatiser le « discours de la repentance », critiquant le fait de « ressasser » le passé (à deux reprises au moins), faisant ainsi mieux voir la mauvaise conscience du colonisateur qui prétend « oublier le passé », Obama n'a jamais parlé de ce thème, effectivement propre à l'intelligentsia parisienne, de droite et de la rive gauche, celle-là même que Rancière décrit si bien dans La haine de la démocratie .

Une autre différence, de taille : lorsque Sarkozy admet, avec peine, les crimes commis par la colonisation, il a une fâcheuse tendance à comparer l'Afrique, et « l'âme africaine » (résurgence de la « psychologie des peuples » et du Volkgeist en vogue au XIXe et dans les années 1930), à la matrice féminine, qui a pu « enfanter » grâce à la « virilité occidentale » (à laquelle il associe la « civilisation musulmane », dont l'expansion est mise sur le même plan que le partage de l'Afrique et la course au clocher).

D'un côté la passivité féminine, de l'autre la « virilité de l'Occident civilisateur ». Très intéressant comme fantasme sarkozyesque.

Enfin, un dernier point : Obama ne parle presque pas de « l'Afrique » en général, et jamais de « l'âme africaine ». Obama parle du Ghana, de la société civile du Zimbabwe, du Botswana… bref, il ne réduit pas la complexité et la diversité du continent à une identité unique et fantasmée.

Il est vrai que non seulement il revendique l'héritage bushiste par rapport aux installations militaires, mais aussi par rapport à la campagne, initiée par la Christian Right , visant à faire un usage très sélectif des fonds dédiés à la prévention du sida.

Mais il est frappant que malgré ces différences flagrantes, qui font un discours très différent, tous deux parlent de « responsabilité », un topos contemporain qui prétend faire table rase de la responsabilité des grandes puissances, que ce soit Paris ou Washington, dans le soutien aux dictatures, et l'assassinat de multiples leaders anticolonialistes et panafricains.

On invoque la « responsabilité » de la société civile et des élites que pour mieux appuyer ces dernières dans l'écrasement des premiers. L'Afrique, en effet, n'est pas un continent isolé ; tout ce qui s'y trame se continue à Paris, en Suisse, aux Etats-Unis, et dans les paradis fiscaux de la planète. Dans le pillage des ressources et l'écrasement des révoltes, les armées du Nord et du Sud sont solidaires.

On attend avec impatience que la CIA et le Ministère de la Défense publient leurs archives sur Mehdi Ben Barka & consorts…

Portrait de Rafa

De Rafa

étudiant | 16H18 | 13/07/2009 | Permalien

Je suis content de trouver cette article, car je me suis sentis mal a l'aise en écoutant le discours de Obama qui effectivement ressemblait étrangement a celui de sarko !
Tout 2 refuse de reconnaitre la responsabilité de l'occident et de leur pays respectif dans la situation de l'Afrique.

Portrait de SUP. à la demande du riverain 21.07.09

De SUP. à la demande du riverain 21.07.09

... | 17H53 | 13/07/2009 | Permalien

La gauche et l'extrême-gauche ont fait croire aux peuples africains qu'il leur suffisait d'obtenir leur indépendance pour que tous leurs problèmes soient résolus. Or les peuples africains ont été livrés, pieds et poings liés, à des mafias qui ont confisqué à leur profit toutes les richesses de ces pays et ont plongé leurs peuples dans la misère, le malheur, l'arbitraire ! Les gauches françaises ont commis là un grand crime, impardonnable, car la décolonisation, telle qu'elle s'est faite, a été ni plus ni moins qu'un crime de non-assistance à peuple en danger !

Portrait de Banana ex de juanitoto

à SUP. à la demande du riverain 21.07.09 Portrait de SUP. à la demande du riverain 21.07.09 De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 18H09 | 13/07/2009 | Permalien

Ah, tagada,
t'es sûr, ça te gêne pas
ces machins que tu portes et que t'enlèves pas ….

Portrait de On the road

à SUP. à la demande du riverain 21.07.09 Portrait de SUP. à la demande du riverain 21.07.09 De On the road

ici et ailleurs | 01H23 | 14/07/2009 | Permalien

Révisez votre histoire. La décolonisation n'a été que très partiellement une idée de gauche, surtout en Afrique.
La plupart des indépendances ont été proclamées en 1960, mais qui était donc au pouvoir à ce moment ? Hmm ?
Les mouvements favorables à l'indépendance étaient assez peu liés aux partis de gauche, qui n'ont compris que tardivement l'aspiration nationale et s'en tenaient, comme vous, à l'idée qu'il fallait dominer ces peuples en danger pour mieux les sauver d'eux-mêmes.
Quant à ces mafias qui ont confisqué les ressources, elles ont plutôt conservé de bons contacts avec la France (Bongo, Biya, Mobutu…).
Quant aux leaders africains qui ont cru à une véritable indépendance, contre ces mafias néo-coloniales, on ne leur a guère laissé le temps de faire rêver…

Portrait de Yvon le Zébulon

De Yvon le Zébulon

L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 16H49 | 13/07/2009 | Permalien

Je remets ça !

Portrait de Banana ex de juanitoto

à Yvon le Zébulon Portrait de Yvon le Zébulon De Banana ex de juanitoto

Je déteste rue89, tous les riverain... | 17H57 | 13/07/2009 | Permalien

Alors, là, Yvon, je te tope !

Portrait de Mon-Al

à Yvon le Zébulon Portrait de Yvon le Zébulon De Mon-Al

roturière :-) | 18H02 | 13/07/2009 | Permalien

Moi aussi : si je pouvais toper 32 fois je le ferais : -)))))))))

Portrait de Yvon le Zébulon

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De Yvon le Zébulon

L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 07H50 | 14/07/2009 | Permalien

Merci de votre grande gentillesse à Toi et à Banana…

¤ …moi qui suis si souvent nazé avant même juste après avoir posté.
- me voilà réconforté !

Portrait de tlaloc

à Yvon le Zébulon Portrait de Yvon le Zébulon De tlaloc

Retraité | 10H52 | 14/07/2009 | Permalien

réponse de chirac l'homme africain est entré dans l'histoire il y a 1 million d'années….bien avant nous

Portrait de Liger

De Liger

liger.amsud.net | 16H49 | 13/07/2009 | Permalien

Article intéressant sur deux hommes, pas forcément sur deux discours, qui au fond n'ont pour vocation, l'un comme l'autre, que de séduire une Afrique largement « visitée » par la Chine et la Russie, ces temps-ci.
Du fait de son charisme, Obama a une longueur d'avance. J'ajoute que l'influence anglosaxone prend de l'ampleur par le biais des évangélistes.
Du fait des liens historiques et secrets avec les chefs d'état africains, Sarko garde la main sur Obama dans les pays francophones.
Mais les deux sont en train de se faire devancer par la Chine. Laquelle ne s'emmerde pas avec des discours historico-philosophiques…

Portrait de tvargentine

De tvargentine

17H24 | 13/07/2009 | Permalien

Je crois que c'est le même discours et OBAMA peut se permettre d'aller plus loin et disant aux africains qu'ils doivent se mettre au travail et batir une nation.

Pourquoi attendre toujours tout des autres,cela ne fait que générer de la corruption.

Nicolas Sarkozy avait eu raison durant son discours au Sénégal et il avait bien marqué une rupture avec la politique de complaisance post-colonialiste français.

Aujourd'hui OBAMA enfonce le clou et dit aux africains ,prenez votre destin en main et ne laissez personne d'autres décider pour vous.

Portrait de sinclair

De sinclair

17H25 | 13/07/2009 | Permalien

Ce type de discours est un exercice convenu. Que les deux se ressemblent n'a rien d'étonnant couac de « l'entree dans l'histoire » en moins.

Seul différence le charisme indéniable d'Obama et une Obamania toujours présente qui s'appuie uniquement sur ce charisme. Pour le reste ce sont les mêmes discours sur plusieurs sujets. Si on prend le discours offensif de moralisation du capitalisme on retrouve quasi les mêmes thèmes suivi pour l'instant des mêmes effets (nuls) des deux cotes de l'Atlantique. On attend pour le reste comme le social aux USA et la politique étrangère qui sont en train de ressembler comme deux gouttes d'eau a la précédente (charisme et Obamania mis a part)

Portrait de Aloïs

De Aloïs

Etudiant | 17H53 | 13/07/2009 | Permalien

Quelle hypocrisie… Obama parle de « prendre son avenir en main »… Qu'on arrête de leur imposer des dictateurs, qu'on arrête de leur imposer (via le FMI) des systèmes économiques qui sont plus destructeurs qu'autre chose… Qu'on arrête d'envoyer des assocs » humanitaire pour compenser le mal qu'on fait là-bas…

Tout ca pue l'hypocrisie politicienne… Obama ne vaut pas mieux que sarko, ils sont tous deux des hypocrites.

Portrait de Trevor narg

De Trevor narg

auteur | 23H36 | 13/07/2009 | Permalien

Du Ghana, le président Baoba a raison quand il s'adresse aux Africains :
plus que la colonisation, c'est sa décolonisation qui a nui à l'Afrique.

http://www.youtube.com/watch ? v=DfDu51Gjdvs

Portrait de On the road

De On the road

ici et ailleurs | 01H32 | 14/07/2009 | Permalien

La différence tient en un mot : la condescendance !
« L'homme africain n'est pas rentré dans l'Histoire “était insultant.

L'un et l'autre invitent à ne pas faire de la colonisation l'excuse éternelle des échecs. L'un pour galvaniser, l'autre pour s'exonérer de la repentance. L'un prend un pays démocratique en exemple, l'autre conserve les mêmes liaisons indignes avec les dictateurs corrompus.

L'un sait de quoi il parle, l'autre projette des généralités sur une réalité qu'il ne connaît pas.

Portrait de Bakima Baliele

De Bakima Baliele

05H29 | 14/07/2009 | Permalien

Si on peut affirmer sans se tromper que les discours des Sarkozi et Obama sont proches dans le fond, on ne peut pas dire la meme chose quant la forme.
Contrairement a certains forumiers qui pensent que le que le president francais ne beneficiait pas des memes avantages que le president americain, j'estime que le discours de Sarkozi fait dans un ton proffessoral aux petits Africains qui n'etaient pas encore assez entrer dans l'Histoire ne pouvait pas passer. Alors que le proffesseur de droit constitutionnel, Obama, a pour sa part lui, adresse a la jeunesse africaine un discours pratique, sans besoin d'aller puiser dans l'Histoire des peuplades d'Afrique. Une autre difference, Barack Obama a ecri lui-meme son discours alors que le discours du 27 septembre 2007 a Dakar est le produit de M. Henri Guaino, le negre du president Nicolas Sarkozi. En d'autres termes le president francais lisait un texte. Pendant que Obama livrait son analyse des contadictions africaines.

Enfin, pendant qu'a Accra, Obama exhaurtait les parlementaires ghanaens a perseverer sur le chemin des reformes democratiques, de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance, a Brazzaville, au Congo, une election contestee d'avance par l'opposition la plus representative etait sur le point d'accoucher d'un mal elu. Sarkozi se murait dans un silence coupable sur une telle parodie de la presidentielle que M. Sassou Nguesso s'appretait a organiser et remporter au Congo. Pourtant les populations du Congo auraient voulu avoir le soutien du president fracais qui avait lui-meme promis pendant la campagne electorale francaise une rupture de la politque francaise en Afrique. Il disait vouloir etre du cote des faibles. L'opposition congolaise que le president Sarkozi avait pourtait recu lors de recent son sejour a Brazzaville lui avait explique que cette election ne serait pas libre et transparente. Et taux d'abtention qui semble avoir sanctionne ces elections prouvent bien que la France de Sarkozi pourvait se mettre du cote des faibles. Mais bon, les Congolais savent que rien ne viendra de Paris, car il y a trop d'interet de certaines entreprises francaises au Congo et dans la region.

Quant a M. Patrick Lozès du CRAN , qui affirme sur son blog « Il faut avoir le courage de dire que cette grande différence d'accueil entre les deux discours n'est pas justifiée » , il ne comprend rien. Bien sur que cette difference d'accueil des deux dicscours se justife par l'attitude sincere et respectueux du discours d'Accra et a l'attitude distante et hautaine du discours de Dakar.

Portrait de vroomus

à Bakima Baliele Portrait de Bakima Baliele De vroomus

ingénieur | 09H10 | 14/07/2009 | Permalien

JE n'ai toujours pas compris l'intérêt de commenter les discours de N.Sarkozy, pour la simple et bonne raison que cet homme dit tout et son contraire et n'a en réalité aucun conviction sur rien.

Il lit et découvre en direct, les bons mots des auteurs tel H. Guaino, il s'en amuse souvent en direct.

Sarkozy n'agit et ne pense que dans une logique électoraliste, ou pour flatter son égo.

Sarkozy n'a que faire de l'Afrique et des africains, auxquels il ne comprend probablement rien.

Débattre est analyser le n'importe quoi sarkozyste permanent m'étonnera toujours.
Attendons son prochain déplacement en Afrique, il fera un discours opposer et toute la presse criera au génie, comme elle l'avait fait pour son premier discours.

N.Sarkozy, vide les mots et les idées de leur signification. C'est en cela que cet homme est dangereux. Après lui, toute idéologie devient une bouilli indigeste, d'où n'émerge que le conflit entre les intérêts particuliers

Portrait de moguerou

De moguerou

09H16 | 14/07/2009 | Permalien

Je n'ai encore jamais entendu Sarkozy bien parler de quelque chose que ce soit sur la forme ou dans le fond.

Portrait de jubo

De jubo

Intra-Terrestre | 13H36 | 14/07/2009 | Permalien

Qui a le mieux parlé ? ?

.. celui que le monde regarde.

Portrait de Claudus

De Claudus

Africa-Reprezenta | 17H20 | 14/07/2009 | Permalien

Le plus important n'est pas de savoir qui De Sarkozy ou Obama, a le mieux parlé à l'Afrique, mais qui des deux a mis l'Afrique au devant de la réalité en lui disant ce qu'il pense être vrai.
L'Afrique ne doit plus être cet éternel enfant à qui on doit lire le même conte tiré d'un livre qui en compte un centaine sous prétexte qu'il l'aide à s'endormir le soir et l'empêche de faire des cauchemars.
Pourquoi caresser l'Afrique dans le sens du poil s'il ne mérite que d'être fouetté ?
En outre il y a une grande nuance quand on parle d'Afrique car pour moi il y a plusieurs « Afriques ».
Et cette Afrique dont on parle ici est l'Afrique Noir Sub-saharienne, cette Afrique mal gouverné qui essai de se fondre dans la masse.

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