
De Sarkozy ou Obama, qui a le mieux parlé à l'Afrique ?

Immanquablement, la polémique devait avoir lieu. Au lendemain de l'allocution du président des Etats-Unis, la blogosphère et la twittosphère s'interrogent : entre Nicolas Sarkozy à Dakar (Sénégal) et Barack Obama à Accra (Ghana), qui a le mieux parlé à l'Afrique ?
Les deux interventions sont-elles radicalement opposées ? Non, pas vraiment. Les thématiques se rejoignent à plusieurs reprises. Sarkozy affirme :
« L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. »
Obama dit :
« Dans de nombreux endroits, l'espoir de la génération de mon père a cédé le pas au cynisme, souvent au désespoir. Il est facile de pointer du doigt les autres et de les blâmer pour ces problèmes. »
Barack et Sarko s'adressent tous les deux à la jeunesse africaine, à qui il revient de relever les défis de demain. « La renaissance dont l'Afrique a besoin : vous seuls, jeunes d'Afrique, pouvez l'accomplir parce que vous seuls en aurez la force », affirme Sarkozy.
Obama demande aux jeunes Africains d'assumer « la responsabilité de [leur] avenir. » Et évoque dans le détail les « maux » de l'Afrique, qui vont de la corruption policière à la rapacité des élites, de l'utilisation des enfants-soldats dans les conflits à la complaisance envers les trafiquants de drogue.
Obama prend le risque de plaider pour un projet datant de l'ère Bush et qui a suscité d'énormes réserves -l'installation d'une base militaire américaine en Afrique-, avec des termes que l'on peut considérer comme relevant de la langue de bois… Le président des Etats-Unis évite de parler des subventions agricoles américaines qui fragilisent les économies africaines, ou du fardeau de la dette.
Pourquoi les différences de perception ?
Et pourtant, ses propos ont été perçus de manière très positive sur le continent, alors que ceux du président français ont suscité une polémique. « Il faut avoir le courage de dire que cette grande différence d'accueil entre les deux discours n'est pas justifiée », s'agace Patrick Lozès, président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), sur son blog [sans parler, sur Rue89, de Hugues Serraf qui se demande si Obama n'a pas « téléchargé illégalement » le discours de Sarkozy, ndlr].
Alors, injustice ? Il est évident que Sarkozy et Obama n'arrivent pas sur le continent avec les mêmes atouts. Obama, président d'une Amérique qui sait faire rêver comme aucune grande puissance, est « un enfant du pays ». Après Mandela, c'est l'homme politique contemporain qui a le plus enthousiasmé l'Afrique.
Son histoire et l'histoire de sa famille font qu'il est difficile de faire peser sur lui le passé impérialiste que partagent la France et les Etats-Unis. Ses filles, Malia et Sasha, sont descendantes de personnes qui ont subi à la fois l'esclavage et la colonisation. Obama est, lui aussi, dépositaire des souffrances de l'Afrique, ce qui n'est pas le cas d'un Nicolas Sarkozy, qui a longtemps été vu comme l'ex-ministre préposé à l'expulsion des étrangers.
Mêmes discours, posture différente
Cela dit, il faut bien reconnaître que si Sarkozy et Obama tiennent dans le fond le même discours, ils ne le font absolument pas de la même manière. Déjà, Obama a tenu à choisir une destination africaine difficilement contestable : le Ghana. Alors que Nicolas Sarkozy s'est cru obligé d'aller, après son escale dakaroise, baiser la babouche de feu Omar Bongo Ondimba, symbole de longues relations incestueuses qui font que Paris sera toujours mal à l'aise dès qu'il s'agira d'évoquer le bilan des indépendances dans ses anciennes possessions coloniales.
De plus, alors que Sarkozy à Dakar n'a pas su rompre avec la rhétorique du clivage et de l'affrontement, qu'il affectionne tant, et s'est posé en grand professeur qui sait tout -disant à plusieurs reprises « le problème de l'Afrique, c'est que… »-, Obama a su utiliser l'art de la nuance, dénonçant l'Afrique de la honte pour mieux mettre en valeur, à travers de nombreux exemples, l'autre Afrique.
Comparons les figures qui ressortent des discours fondateurs des deux hommes.
Chez Sarkozy, il s'agit du « paysan africain, qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature », et qui « ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. »
Obama, lui, évoque les « braves Africains » qui sont du bon côté de l'histoire : le pouvoir et l'opposition ghanéennes qui cohabitent harmonieusement, des policiers incorruptibles, des membres de la société civile engagés dans la fin des violences électorales au Kenya, etc. En bon « storyteller », Obama raconte, dans une sorte de roman d'anticipation, l'histoire d'une renaissance dont les Africains sont les héros.
Des discours aux inspirations littéraires différentes
En écoutant parler Obama, on a l'impression qu'il a lu des livres vivifiants comme The White Man's Burden de William Easterly ou Dead Aid de l'économiste zambienne Dambisa Moyo, très critiques sur la pratique de l'aide au développement ces dernières décennies. On a l'impression qu'il a parlé avec les responsables américains des nombreuses fondations qui soutiennent des expériences innovantes sur le continent. On se dit qu'il a au moins survolé quelques-uns des passionnants blogs écrits en anglais et consacrés à l'innovation en Afrique.
En relisant le discours de Dakar, on se dit que celui qui l'a écrit -le conseiller présidentiel Henri Guaino- a beaucoup lu les romans africains d'il y a cinquante ans, et les récits des anthropologues de l'époque coloniale. Ce sont, à première vue, des détails, mais ils posent une question fondamentale : celle du renouvellement du regard de la France sur une Afrique contemporaine dont il s'agit de saisir le mouvement.
Photo : Sarkozy à Dakar en juillet 2007. Obama à Accra en juilet 2009 (Pascal Rossignol ; Finbarr O'Reilly/Reuters)
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Journaliste depuis mai 1999, je suis éditorialiste et aussi chroniqueur indépendant, après avoir été reporter à L'Autre Afrique, correspondant du Monde à Abidjan, grand reporter à Fraternité-Matin, rédacteur en chef du Temps et du Courrier d'Abidjan. 




















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à Marc de café_bloque
De tlaloc
Retraité | 10H44 | 14/07/2009 |
on peut se faire « nazer » en mettant un fait absolument autenthique cela vient de m'arriver dans un autre article
De Jaydi
Sûr de ne pas être certain | 12H06 | 13/07/2009 |
Moi j'aimerais juste dire que l'Afrique ce n'est pas le Ghana ou Dakar seulement.
Faudrait aussi arrêter de croire qu'un homme politique qui fait un discours dans une ville s'adresse à tout un continent. Si le premier ministre japonais allait faire un discours à Kiev en disant que le problème de l'Europe c'est la sortie du communisme, vous vous sentiriez vraiment inclus dans ce discours sur l'Europe ?
Moi je trouve que cette vision de l'Afrique est aussi très réductrice et ma foi certainement ringarde.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 12H11 | 13/07/2009 |
Pourquoi chercher le meilleur discours alors qu'il ne s'agit que de la qualité de celui qui le prononce. Compareriez vous une tirade de Ruy Blas déclamée par Gérard Philippe et la même récitée pas Sim ?
Sarco en est parfaitement conscient et c'est pour cela qu'il choisit son public.
De riverain06
sujet du roi Ignoramus Ier | 12H12 | 13/07/2009 |
Vous avez entièrement et fort bien répondu aux réactions aux deux discours. La différence fondamentale est d'où est-ce que parlent ces deux discours. Tout est là.
M. Gaino, est le petit élève des bons pères prosélytes, têtes de pont de la colonisation, proto sociologues financés par des marchands en quête de débouchés et inventeurs du racisme. Ses références datent de la fin du XIXe siècle aux années 1940. Les inspirateurs de M. Gaino ne sont autres que Maud Mannonni, Gobineau et Renan qui a écrit des passages immondes sur les capacités des races dans la division du travail que même Hitler n'a pas répétés dans Mein Kampf. Il est curieux de voir que Hitler appliqua à la France, à l'Europe et au monde le programme écrit noir sur blanc par Ernest Renan. Cette partie de son œuvre est souvent occultée.
La critique la plus radicale de cette partie de l'Afrique que nous combattons tous a été faite par d'autres africains qui luttent au quotidien au prix de leur confort et de leur vie contre les dictateurs, les corrompus et les partisans du statu quo. A ce sujet, la mafia politique des Hauts de Seine est plus proche de Bongo ou de Sassou et ; le Ghana comme le Botswana seraient mieux gérés que la région PACA par exemple.
Avant de parler, il faut écouter ou lire sainement, voila la différence entre messieurs Obama et Sarkozy que montre votre article. Plus on est ignorant, plus on est arrogant. Voila que les soutiens de M. Sarkozy aidés par M. Lozès qui bouffe à tous les râteliers, ne voient pas le différence entre les deux discours. Ils sont du même bord que ces ogres qui rongent la vie publique que ce soit en Afrique ou ailleurs.
Merci pour l'article.
à riverain06
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 12H31 | 13/07/2009 |
Vous faites trop d'honneur à Guaino et Sarkozy.
Leur référence, c'est « Tintin au Congo ». Et leur image de l'Africain, c'est celle qui est sur les boîtes de Banania de leur enfance.
à riverain06
De Hugues Serraf
Chroniqueur | 13H15 | 13/07/2009 |
Alors comme ça, le discours de Sarkozy à Dakar est inspiré par Gobineau (un théoricien du racisme scientifique du 19e siècle), par Maud Mannoni (une psychanalyste lacanienne essentiellement connue pour son travail sur les enfants et assez peu concernée par les questions coloniales) ? Et, pour faire bonne mesure, il irait même plus loin que ce que Hitler a osé écrire dans « Mein Kampf » ?
Franchement, vous n'avez pas un peu l'impression de plonger dans -- comment dire sans trop m'inspirer de Maud Mannoni elle-même -- une certaine forme de délire ?
à Hugues Serraf
De riverain06
sujet du roi Ignoramus Ier | 18H26 | 13/07/2009 |
Quelques précisions. Je parle des références qui affleurent chez le rédacteur du discours, M. Guéno.
Vous avez lancé le mot clé « délire ». Voila l'explication trouvée par Octave Mannoni, digne mari de Maud, pour expliquer et nier le tristement célèbre massacre colonial de Madagascar en 1947, ces peuples tropicaux souffriraient d'un délire de persécution. Trouvez ce livre de lui et on en reparle : « Psychologie de la colonisation », 1950, réédité en 1984.
à Hugues Serraf
De Makach
Walou | 19H31 | 13/07/2009 |
Le discours de Dakar fait —très clairement— référence aux théories de Lévy Brülh. Et c'est pas mieux.
Je ne puis que répéter ce que j'ai déjà mis sous votre chronique,
http://www.rue89.com/tribune-vaticinateur/2009/07/12/obama-a-t-il-telech…
pardon, et re-citer Achille Mbembe
// Dans sa « franchise » et sa « sincérité », Nicolas Sarkozy révèle au grand jour ce qui, jusqu'à présent, relevait du non-dit, à savoir qu'aussi bien dans la forme que dans le fond, l'armature intellectuelle qui sous-tend la politique africaine de la France date littéralement de la fin du XIXe siècle. //
http://www.congopage.com/article4872.html
// Cet amas de préjugés, Lévy Brühl tenta d'en faire un système dans ses considérations sur « la mentalité primitive » ou encore « prélogique ». Dans un ensemble d'essais concernant les « sociétés inférieures » (Les fonctions mentales en 1910 ; puis La mentalité primitive en 1921), il s'acharnera à donner une caution pseudo-scientifique à la distinction entre « l'homme occidental » doué de raison et les peuples et races non-occidentaux enfermés dans le cycle de la répétition et du temps mythico-cyclique. //
Lisez donc le l'analyse de Mbembe et demandez-vous, comme lui, pourquoi la pensée politique française est complètement déconnectée de l'université française (qui a, elle, quand même tourné la page avec ces idées-là. Et on espère qu'elle ne sera quand même pas trop remise au pas par le ministère de l'Identité Nationale…).
De TonyMo
fils d'immigré avec casquette | 12H14 | 13/07/2009 |
C'est facile de dire aux gens de se prendre en main quand le pouvoir et la richesse du pays est aux mains d'un dictateur et sa cours rapproché.
De Hugues Serraf
Chroniqueur | 12H33 | 13/07/2009 |
Je ne sais pas si Guaino puise son inspiration dans les romans d'aventure de son enfance, mais vous constatez comme moi que l'approche des présidents français et américain est globalement identique, au sens où l'un et l'autre proposent de regarder vers l'avenir. L'esclavage et la colonisation sont des drames que les puissances occidentales doivent reconnaître (elles le font désormais), mais qui ne peuvent plus camoufler les réalités contemporaines de l'Afrique (et ses malheurs auto-infligés). Une Afrique qui, pour se développer, a peut-être moins besoin d'assistance et de repentance que de commerce et d'investissements industriels.
Obama, par exemple, pourrait s'intéresser de près aux subventions de ses producteurs de coton sur les marchés mondiaux, qui paralysent leurs « concurrents » africains. Sarkozy, de son côté, pourrait s'interroger sur les rapports étranges entretenus par les politiques français et le secteur pétrolier gabonais (et j'ai d'autres exemples en magasin si ces deux-là ne vous conviennent pas)…
Mais au final, et vous le dites vous-même, ces discours sont quasi-identiques et vouloir à toute force diaboliser l'un pour mieux encenser l'autre n'est qu'une absurdité du débat franco-français dont l'Afrique et les Africains n'ont rien à faire. Que Sarko et Obama soient plutôt pris au mot lorsqu'ils promettent d'être au côté des Africains dont le désir est, à la fois, de s'émanciper politiquement et de décoller économiquement ; ce serait déjà formidable.
à Hugues Serraf
De Saheyus
Rêveur invétéré | 13H08 | 13/07/2009 |
http://www.rue89.com/tribune-vaticinateur/2009/07/12/obama-a-t-il-telech…
à Saheyus
De riverain06
sujet du roi Ignoramus Ier | 18H27 | 13/07/2009 |
Merci pour votre comparaison, et votre perspicacité ; je suis entièrement d'accord avec votre conclusion. Merci de débusquer la paresse intellectuelle (je mettrais cela sur le compte de l'appel de la plage pour excuser M. Serraf) qui se hâte de faire des conclusions et des effets de manches qui ne résistent à aucune lecture sérieuse des deux discours.
à Hugues Serraf
De Compte supprimé le 24 aout
dentiste pour animaux | 13H24 | 13/07/2009 |
Est-ce que une des formes de la bêtise n'est pas … l'aveuglement ?
Allez lire le lien donné par cet étudiant rêveur qui a compris certaines subtilités, lui.
à Hugues Serraf
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 20H29 | 13/07/2009 |
« Les malheurs auto-infligés de l'Afrique »
Ah je comprens, donc en fait votre truc à vous c'est la provocation la plus débile, les affirmations gratuites et stupides pour se faire un nom, le petit comique pour faire de l'audimat c'est ça ? En fait Serraf c'est un peu le film porno de Rue 89 ?
C'est vrai tiens c'est l'Afrique qui dirige le FMI et la Banque mondiale, c'est l'Afrique qui leur a demandé de prendre le contrôle de leur économie, c'est l'Afrique qui a tué les oppositions démocratiques et qui est allé mettre en place certains dictateurs tout seul et c'est surtout l'Afrique qui est responsable du fonctionnement absolument odieux du remboursement de la dette envers elle-même ? Si, si.
Alors pour éviter de mourir bête, on pourra lire notamment :
- Les textes de Stiglitz comme celui là
* FMI, la preuve par l'Ethiopie
- Quelques petits rappels d'histoire comme celui là :
il y a cinquante ans, Ruben Um Nyobè était assassiné
>Et je vous passe les Lumumba, Sankara, les interventions au Tchad et tout le fonctionnement de la Fancafrique décrit par F.X Verschave
- se renseigner un minimum sur le fonctionnement complètement anti-démocratique des IFIs où ces pays n'ont absolument aucun moyen d'action. Banque mondiale et FMI dont le soutien aux dictateurs en tout genre n'est plus à démontrer
Le soutien de la Banque mondiale et du FMI aux dictatures
- ET SURTOUT on pourra lire les chiffres de la dette
Les chiffres de la dette 2009, CADTM et se renseigner un minimum sur les origines de la crise de la dette et à qui elle bénéficie.
Mais sur le fond soyons d'accord sur une chose : ni Obama, ni sarkozy n'évoqueront jamais ces sujets, n'expliqueront jamais comment le Sud finance le développement du Nord. Non chez les deux vous avez quelqu'un qui vient parler de haut aux africains en allant leur « expliquer » en quoi consistera leur avenir. Or dans les faits avec une prise de conscience radicale de la position objective qu'occupent les africains et l'Afrique aujourd'hui, ces gens là, n'ont pas besoin ni d'Obama et encore moins de vous.
De juba71
Revolté | 13H17 | 13/07/2009 |
lmjjhjgh
De Capuli
Subjectivité | 17H23 | 13/07/2009 |
Allez, je la fais très vite et non nuancée.
Mais juste sur le symbole, à vue de nez.
Aux USA, le Président est d'origine africaine, on vient d'observer un deuil quasi national pour la mort d'un chanteur afro-américain, les présentateurs TV parmi les plus connus sont d'origine africaine.
En France, la polémique enfle lorsqu'un présentateur noir de peau est pressenti pour le principal JT, on renvoie les africains dans des charters après les avoir coursé, ou attendu à la porte de leurs écoles.
De penabranca
12H54 | 13/07/2009 |
Le discours d'Obama est une main tendue ouverte.
Celui de sarko un poing fermé le majeur bien tendu.
De Atlantis
Etudiant apolitique | 12H57 | 13/07/2009 |
Je suis tout à fait d'accord avec BO sur le point là : la colonisation de l'Afrique est finie depuis 40 ans, il est temps que ce continent vole de ses propres ailes. Cela suppose certes la fin de la Françafrique et de tout système correspondant. Il est aussi temps que les Africains se « prennent en main », et que l'on arrête de nous faire culpabiliser sur des crimes datant de 40 ans. Pourquoi ne pas penser à un véritable partenariat entre l'Afrique et l'EU ou les USA, plutôt qu'à ces rapports malsains fondés sur la corruption et des milliards d'Euros jetés en l'air ? Cela permettrait de résoudre plusieurs problèmes : immigration en Europe, pauvreté en Afrique…
à Atlantis
De Orageon
Rejeton cyclonique | 14H23 | 13/07/2009 |
Bien sûr, y'a qu'à…
Mais c'est plus facile à dire qu'à faire, hélas.
Ceux qui ont bénéficié de ce système d'exploitation veulent garder leurs acquis, ceux qui ont trempé dans des trafics louche entre les deux pays ne veulent pas passer à la justice bien évidemment, etc.
Le changement se heurte à une inertie immense.
Pour moi, la corruption et les mafias, c'est comme les cancers. Le coup de maître de cette relation de corruption et d'intérêts divers entre Afrique et France, c'est qu'une fois qu'elle implique suffisamment de monde, comme chacun est potentiellement mouillé ou a des squelettes dans son placard, et bien aucun ne facilitera la transparence ou le changement.
Toute la classe politique (ou presque) qui a dirigé le pays ces dernières décennies doit avoir des choses à se reprocher, des voiles pudiques posés sur les droits de l'homme contre gros contrats juteux.
Il sera difficile et long de briser cette relation malsaine pour en faire une nouvelle, plus propre. Surtout que la géopolitique (/realpolitik) elle, n'est jamais en vacances…
à Orageon
De Atlantis
Etudiant apolitique | 14H26 | 13/07/2009 |
Certes, je mesure la difficulté d'un tel projet, mais je trouve ça plus intéressant que de se lamenter pendant des heures sur les crimesinhumainsdeloccidentenafrique, comme cela apparait souvent sur ce genre de forum. Cela dit, je suis d'accord sur le fond avec vous : les intérêts de trop de puissants sont en jeu pour espérer un quelconque changement.
à Atlantis
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H14 | 13/07/2009 |
Mieux vaudrait oublier, se taire, censurer, et continuer à classifier les dossiers, n'est-ce pas ?
Mieux vaut, en effet, s'abstenir de rappeler qu'hutus et tutsis n'étaient pas des ethnies rigides, qu'on passait d'une classe à l'autre, avant que les colons ne décide de hiérarchiser ces ethnies et de leur imposer des cartes d'identité…
S'abstenir de rappeler ces vérités historiques permet en effet d'évoquer des « luttes tribales incessantes », alors même qu'elles peuvent trouver des causes bien réelles dans la colonisation, et ensuite se laver de sa propre responsabilité.
Nier le réel, fût-il passé, est bien pire que de le décrire et d'en rechercher les causes complexes et multiples. Et faire de l'histoire n'a jamais empêché personne de s'engager au présent, avec une claire conscience des enjeux et des héritages de l'histoire, bien au contraire.
à Network 23
De Atlantis
Etudiant apolitique | 18H29 | 13/07/2009 |
Non, ce n'est pas ce que je dis.
Seulement, le problème hutu-tutsi a ses origines dans la colonisation belge, qui a décidé de favoriser une ethnie par rapport à l'autre. Mais ce ne sont pas les ex-puissances coloniales qui ont fourni les machettes en 1994, malgré la lâcheté des forces de l'ONU, incapables de protéger les populations civiles.
Et je ne fais en aucun cas l'apologie du secret ou de la dissimulation des faits « dérangeants ». D'ailleurs, vous saviez, comme fait dérangeant, que Mitterand était un fervent partisan de l'Algérie française ? Franchement, ça m'a encore plus écoeuré du personnage. Simplement, j'en ai assez de cette flagellation permanente, du styles « les français sont méchants, les africains gentils, nous sommes des ordures pour la colonisations et devons expier nos fautes jusqu'à la 15eme génération ». Si on suivait ce mode de raisonnement stupide, les Allemands devraient toujours demander pardon et payer pour le génocide juif. C'est stupide, personne ici n'est responsable des crimes coloniaux, que je ne nie pas, et personne n'en a à payer le prix, ni les particuliers, ni l'état.
De Saheyus
Rêveur invétéré | 13H21 | 13/07/2009 |
Le président du CRAN, Hugues Serraf, voila de bien hautes autorités, insoupçonnables de Sarkozysme fantasmagorique.
Je me sens tout convaincu, soudain.
PS : J'aime beaucoup votre euphémisme pour dire que Sarkozy et Guaino sont racialistes.
à Saheyus
De ISAAC DE MKAZI
Conseiller principal d'éducation | 13H50 | 13/07/2009 |
Dommage de ne pouvoir lire l'exposé de votre pensée de manière plus étoffée.
à ISAAC DE MKAZI
De Saheyus
Rêveur invétéré | 16H12 | 13/07/2009 |
C'est ça, le problème, quand deux articles parlent du même sujet et disent (presque) la même chose.
Enfin, non, je suis méchant, même si Théophile Kouamou parle beaucoup de la forme, il a l'honnêteté intellectuelle que d'autres n'a pas : à savoir le courage de pointer des éléments de fond, comme l'évocation par Obama de faits historiques et actuels bien précis ; et l'oubli sans doute volontaire de certains autres.
Si vous voulez ma pensée sur ces deux discours, j'ai fait ce post-là sur l'article de Serraf : http://www.rue89.com/tribune-vaticinateur/2009/07/12/obama-a-t-il-telech…
Et je pense que sa longueur suffira à m'excuser de ma petite paresse sur cet article-là.
Edit : Ah, concernant mon appréciation personnelle de Serraf et du président du CRAN, elle vient du fait que leur soutien à Sarkozy est tout sauf nouveau, il suffit de jeter un œil à leur palmarès.
A tel point qu'ils finissent par accumuler plus de déclarations d'amour que de critiques circonspectes. Et cela, je ne l'appelle pas de la neutralité, encore moins de la subjectivité, mais une sensibilité de droite.
à ISAAC DE MKAZI
De Saheyus
Rêveur invétéré | 17H20 | 13/07/2009 |
Quelqu'un a osé mettre un naze à Isaac, et je m'élève contre cette pratique aveugle du nazage !
Qu'on soit pro-discours de Dakar, ou anti, ou quoi que ce soit d'autre, une demande d'explication n'est jamais « naze ».
D'où top. Hop.
De ISAAC DE MKAZI
Conseiller principal d'éducation | 13H34 | 13/07/2009 |
comparaison n'est pas raison mais tout de même. si nous partons des citations suivantes ( je vous laisse le soin d'en reconnaitre l'auteur entre Monsieur OBAMA et Monsieur SARKOZY) : « je fais ce que je dis et je dis ce que je fais » ; « oui nous pouvons », il est manifeste que nous avons à faire à des personnalités se situant dans des paradigmes différents.
d'un côté ( devinez lequel ? ) la démesure et la toute puissance de la singularité individuelle la personnification du pouvoir, et nous n'ignorons pas que des singularités peuvent naitre des mondes nouveaux, de l'autre la recherche d'une co-action avec l'utopie d'une réalisation commune possible.
sur le plan de la vision du monde cela peut nous faire penser que de la conception personnelle, suivie des directives descendantes naitra une action salvatrice, donc les autres sont considérés tels des exécutants, alors que de l'autre apparait comme un préalable une reconnaissance réciproque, d'où peut naitre un projet commun et une action commune. nous voyons bien que la différence est le rôle accordé à l'autre.
en d'autres termes constatons qu'avec Monsieur SARKOZY nous sommes dans un paradigme mono-culturel qui a prétention à s'étendre, un BUSHISME modéré si l'on peu dire, alors qu'avec Monsieur OBAMA nous avons un multiculturalisme qui vise un inter-culturalisme civilisationnel.
comparaison n'est pas raison disais-je mais tout de même.
De Alex Engwete
Consultant | 13H41 | 13/07/2009 |
Confusion dans votre article… L'U.S. Africa Command (AFRICOM)— le Commandement Afrique des forces armées américaines—n'a jamais visé « l'installation d'une base militaire américaine en Afrique », ce qui serait extrêmement onéreux. Il est basé à Stuttgart, en Allemagne (voir photo ci-dessous) et résulte d'une rationalisation administrative puisqu'il faisait auparavant partie du Commandement Européen, lui-aussi basé à Stuttgart.
http://www.africom.mil/French/
à Alex Engwete
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 16H07 | 13/07/2009 |
« Afrik.com : Africom est actuellement abrité par le siège de votre commandement européen à Stuttgart en Allemagne. Vous ne semblez pas être le bienvenu sur le continent, notamment auprès des pays que vous avez approchés, la Libye et l'Afrique du Sud. De même, vous avez aussi récemment démenti que la Mauritanie avait été choisie…
Eric S. Elliott : Nous sommes toujours en consultation avec les pays africains. Par ailleurs, Stuttgart s'est imposé comme siège temporaire parce que le commandement européen s'occupait jusqu'ici de la majorité de nos opérations militaires en Afrique.
Afrik.com : Que va devenir le camp Lemonier à Djibouti ? Sera-t-il attaché au nouveau commandement régional africain ?
Eric S. Elliott : L'organisation d'Africom commence juste à se mettre en place. Le sort qui sera réservé à notre base djiboutienne n'a pas encore été décidé. »
http://www.afrik.com/article12856.html (nov 2007)
Le président mauritanien ne veut pas de base militaire américaine (AFRICOM) (nov 2007)
http://www.linternationalmagazine.com/article320.html
« Mettant à profit le refus de nombreux pays africains, dont l'Algérie, d'accueillir le siège du commandement militaire américain (Africom), le royaume du Maroc a négocié et conclu en douce avec les États-Unis l'installation de cette structure militaire sur son territoire.
Mary Carlin Yates, la commandante adjointe civile de l'Africom, disait donc vrai en affirmant lors de sa vidéoconférence à l'ambassade américaine à Alger le 16 janvier dernier, que des pays africains postulaient pour abriter le siège de ce commandement militaire.
En fin de compte, c'est le Maroc qui en sera la terre d'accueil. Le Maroc est sur le point de conclure un accord avec les États-Unis sur l'installation à Tan Tan d'une base du commandement militaire en Afrique (Africom). »
http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/geopolitique/africom_maroc.h… (janvier 2008)
à Network 23
De Alex Engwete
Consultant | 16H45 | 13/07/2009 |
Merci pour la correction.