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Chercheurs et consultants en innovation

Le système scolaire français : inefficace et injuste

Le rapport de Richard Descoings sur la réforme du lycée
remis mardi dernier pointe certains dysfonctionnements bien connus de l'enseignement secondaire. Un autre, bien plus grave, est généralement oublié par les débats sur l'école : les petits Français sont peu capables d'innover, à cause de leur éducation.
La raison est double. Le modèle républicain est très inégalitaire, malgré les apparences ; il s'avère par ailleurs incapable de former correctement les élites aux nouveaux défis des entreprises (accélération de l'innovation, responsabilité, mondialisation, etc.).

Jaquette de 'L'Elitisme républicain' de Baudelot et Establet (DR).
L'analyse de Beaudelot et Establet (« L'Elitisme Républicain, l'école française à l'épreuve des comparaisons internationales ») en fournit les raisons en détail. L'analyse se fonde sur les données des enquêtes PISA, établies par l'OCDE
, qui mesurent les performances de différents pays en matière d'éducation des élèves à l'entrée au lycée. Il apparaît ainsi clairement que beaucoup de choses se jouent dès l'école primaire et le collège.

Egalité républicaine ou aristocratie de classe ?

« Sous la carrosserie égalitaire de notre République, c'est une forme d'aristocratisme inavoué qui fait tourner le moteur », écrivent les auteurs. Et pour cause ! Près de 40% des étudiants évalués sont dans les profondeurs du classement, avec des résultats proches de ceux du Mexique ou de la Turquie. Encore plus inquiétant, la part des élèves de 15 ans ayant de grandes difficultés ne cesse de s'accroître et a dépassé la moyenne des pays de l'OCDE. Cette part se situe entre 10% et plus de 20% selon la sévérité des indicateurs retenus.

A cela s'ajoute le poids de l'origine sociale dans ces performances. Un enfant d'ouvrier n'a pas les mêmes chances qu'un enfant de cadre intellectuel de réussir. Ce qui l'est moins, c'est que ce déterminisme social est deux fois plus fort en France qu'en Islande, en Finlande ou en Corée du Sud, pays qui trustent les premières places dans les évaluations. La France occupe d'ailleurs ici les bas-fonds du classement, derrière des pays généralement pointés du doigt pour leur système inégalitaire comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis ! Ces inégalités sont particulièrement dommageables pour les capacités à innover de la France, pour deux raisons, un immense gâchis humain et un faible renouvellement des élites. Ces deux facteurs combinés bloquent la prise de risque et l'aptitude à la fois individuelle et sociale à l'innovation.

Une formation inadaptée

Autre lieu commun : les élites françaises feraient partie des mieux formées au monde. Là encore, les comparaisons internationales forcent à revoir ce jugement. Si les petits Français se débrouillent plutôt mieux que la moyenne lorsqu'il s'agit de répéter des connaissances apprises, ils sont parmi les plus mauvais dès lors qu'il faut faire face à un contexte qui sort du cadre purement scolaire, que ce soit dans le domaine de la compréhension écrite, mathématique ou de la culture scientifique.

L'explication tient aux modes d'enseignement, qui mettent l'accent sur l'apprentissage « par cœur », hiérarchisent à l'extrême les élèves -ce qui ne favorise pas la confiance en soi- et accordent une place très faible au développement de l'autonomie, à la valorisation de la curiosité, à la prise de parole constructive et aux projets en groupe, la capacité à coopérer étant pourtant aujourd'hui un des moteurs de l'innovation !

Ce résultat peut ainsi expliquer en partie les mauvaises performances de la France en matière d'innovation. L'enjeu aujourd'hui n'est pas de reproduire des résultats connus, comme c'était le cas lorsque la France devait rattraper son retard technologique pendant les Trente Glorieuses, mais bien de faire face à des situations nouvelles, d'évoluer dans des contextes mouvants afin de pouvoir proposer des solutions originales. L'élite française est tout simplement moins capable d'innover que l'élite suédoise, danoise ou américaine. Au total, les petits Français se classent en moyenne entre la dixième et la quinzième place.

Les efforts de démocratisation et de justice sociale sont payants

Le constat est unanime et sans appel pour chaque pays de l'OCDE : moins il y a de cancres, plus il y a d'excellents élèves. La France n'est pas contrainte de choisir entre plus de justice sociale et une plus grande efficacité ! Une condition pour dégager une élite brillante est de combattre énergiquement l'échec scolaire.

Autre constat, les systèmes scolaires qui atténuent la prédestination sociale sont également ceux qui possèdent l'efficacité la plus forte.

Pour en savoir plus

L'Elitisme Républicain, l'école française à l'épreuve des comparaisons internationales
de Beaudelot et Establet - éd. La République des Idées.

Faut-il sauver les grandes écoles ?
Pierre Veltz - éd. Presse de Science-Po.

Education et croissance
- Aghion P. et Cohen E. - Rapport du Conseil d'Analyse Economique.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

32 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de franc parleur

De franc parleur

anarchieevangelique.wordpress.com | 14H45 | 08/06/2009 | Permalien

Un jour, il n'y aura plus d'enfants dans un système, comme dans une cage, mais des êtres en libre devenir

Enfances en cage
http://anarchieevangelique.wordpress.com/2009/05/11/enfances-en-cage/

Portrait de julondon

De julondon

wannabe trouveur | 15H25 | 08/06/2009 | Permalien

Deux remarques :

- « A cela s'ajoute le poids de l'origine sociale dans ces performances. Un enfant d'ouvrier n'a pas les mêmes chances qu'un enfant de cadre intellectuel de réussir. Ce qui l'est moins, c'est que ce déterminisme social est deux fois plus fort en France qu'en Islande, en Finlande ou en Corée du Sud, pays qui trustent les premières places dans les évaluations. »

Si le déterminisme social est plus fort en France qu'ailleurs, c'est qu'il n'est peut-être pas une cause mais un effet collatéral. La question est : qu'est-ce qui fait que l'origine sociale est un corrélat de l'échec scolaire plutôt dans certains pays que dans d'autres ? Une réponse à cette question fera avancer le schmilblick, et non pas une énième reformulation des effets du déterminisme social à l'école (40 ans déjà ! )

- « Autre lieu commun : les élites françaises feraient partie des mieux formées au monde. Là encore, les comparaisons internationales forcent à revoir ce jugement. Si les petits Français se débrouillent plutôt mieux que la moyenne lorsqu'il s'agit de répéter des connaissances apprises, ils sont parmi les plus mauvais dès lors qu'il faut faire face à un contexte qui sort du cadre purement scolaire, que ce soit dans le domaine de la compréhension écrite, mathématique ou de la culture scientifique. »

La première proposition, qui porte sur « les élites françaises », n'est pas contredite par la seconde, une généralité sur les « petits Français » et leur capacité à faire mieux que répéter. Il est tout à fait imaginable qu'un pays forme très mal l'immense majorité de sa jeunesse et forme de manière excellente une toute petite minorité. L'école primaire pourrait très bien être médiocre ou moyenne en général et les grandes écoles excellentes. Si les élites françaises sont mal formées, il faut le prouver par des comparaisons avec les élites d'autres pays.

Portrait de I.P

De I.P

Flat4 | 15H51 | 08/06/2009 | Permalien

D'accord sur le manque de capacité à agir par soi-même en dehors d'un cadre purement scolaire.
Vous devriez voir la tête d'un élève ingénieur fraîchement sorti de sa prépa quand, lors d'un TP, il se rend compte que la marche à suivre n'est pas décrite pas à pas mais qu'il doit déterminer lui même le chemin pour aboutir à un résultat qu'il doit ensuite interpreter. Notez que je n'ai pas dit « au résultat » mais bien « à un résultat ».
Au bout de trois ans on en a qui n'ont toujours pas compris qu'ils devaient prendre des initiatives… C'est dur d'aller contre quatorze ans de formatage en ayant que si peu de temps pour y arriver.

Portrait de erqzor

à I.P Portrait de I.P De erqzor

Détecteur de Greenwashing | 16H55 | 08/06/2009 | Permalien

Il n'y a pas que des moutons bien formatés. Heureusement… Cela dit ils ne se classent peut-être pas dans « l'élite », et puis c'est quoi l'élite, HEC ? , Polytechnique ? … L'élite c'est ceux qui brassent le plus d'argent ? Ceux qui amassent le plus de pouvoir ? Ceux qui sont dans les tranches d'impositions les plus hautes ? Ceux qui s'expatrient contre un gros chèque ?

Vraiment, j'ai du mal à comprendre ce genre de concours du plus gros QI, En attendant, j'essaie de comprendre comment trouver des financements pour un projet sans être un fils à papa.

Dis, dis, tu m'aides monsieur Elite HEC et Master Eco…. ?

Portrait de I.P

à erqzor Portrait de erqzor De I.P

Flat4 | 19H27 | 08/06/2009 | Permalien

Il n'y a que vous à parler d'élite, je n'ai jamais employé ce mot.
Et pour l'argent, ma femme a monté sa boîte sans avoir de « papa » derrière elle, à vous de vous sortir les doigts au lieu de les user à pleurnicher ici.

P.S : les pleurnicheurs ça m'agace.

Portrait de erqzor

à I.P Portrait de I.P De erqzor

Détecteur de Greenwashing | 16H48 | 10/06/2009 | Permalien

5 occurences dans le texte.

Bref, je m'apitoie pas, c'est en chemin….

Portrait de toujoursjamais

à I.P Portrait de I.P De toujoursjamais

jamaistoujours | 18H44 | 08/06/2009 | Permalien

Bonsoir
>C'est dur d'aller contre quatorze ans de formatage en ayant que si peu de temps pour y arriver.
> on en a qui n'ont toujours pas compris qu'ils DEVAIENT prendre des initiatives

Je pense comprendre le fond de votre pensee, mais il me semble que le formatage peut se voir a plusieurs niveaux. Ce qu'on peut attendre d'un ingenieur (prendre des « initiatives », etc.) me parait un formatage egalement, a un autre niveau seulement.
Entre le primaire, le secondaire, les classes prepa, les enseignants qui se sont occupes de vos eleves ont surement tres souvent du se faire des remarques du meme genre, mais a d'autres niveaux.
Ou s'arrete le formatage ?
En quoi est-il benefique, handicapant ?
Comment juger les generations qui nous suivent, alors qu'elles peuvent observer ou nous en sommes arrives ?

Toute cette analyse (l'article compris) me semble un peu rapide et conventionnelle.

Portrait de I.P

à toujoursjamais Portrait de toujoursjamais De I.P

Flat4 | 19H24 | 08/06/2009 | Permalien

J'ai du mal à voir en quoi pousser les gens à brancher leur cerveau est du formatage…

Portrait de toujoursjamais

à I.P Portrait de I.P De toujoursjamais

jamaistoujours | 22H31 | 08/06/2009 | Permalien

Reponse un peu rapide et du coup facile, mais pas tres constructive.
Brancher son cerveau, ca consiste en quoi ?
1. Resoudre des problemes de TPs forcement prepares a l'avance avec une visee « pedagogique » calculee par les enseignants.
2. Apprendre des methodes de resolutions de problemes balisees par la science telle qu'elle est actuellement pratiquee par les chercheurs ?
3. Se rebeller et aller au NPA pour faire chier papa et maman ?

Je ne vois pas trop.
La problematique de l'enseignement merite un peu plus que des idees recues.

Bref, il est facile d'aller raler sur l'enseignement prodigue avant les ecoles, mais malheureusement celui dispense dans les ecoles d'ingenieurs par exemple est tres loin d'etre oriente vers l'epanouissement intellectuel des eleves, meme scientifiquement parlant.

Portrait de Tom Roud

De Tom Roud

17H01 | 08/06/2009 | Permalien

Les parcours « alternatifs » ne sont absolument pas acceptés non plus. Duncan racontait une anecdote amusante là-dessus sur les différences dans les visions des recruteurs entre différents pays :
http://nanostelia.wordpress.com/2009/06/04/deux-visions-du-monde

En bref, en France, si tu ne fais pas comme tout le monde, tu es un glandeur, alors qu'aux US, tu es un profil original, futur puits de créativité.

L'autre gros problème du système français, relié au précédent, c'est qu'on est sélectionné à 20 ans une fois pour toute, et qu'il y a bien peu de mobilité ensuite. La France est un pays où, 30 après, on peut vous demander quelle grande école vous avez faite. C'est terriblement dévalorisant quand vous n'avez pas fait une très grande école.

Portrait de Duncan

à Tom Roud Portrait de Tom Roud De Duncan

16H16 | 09/06/2009 | Permalien

Merci pour le lien, je prolonge la discussion sur ces questions dans ce post :

http://nanostelia.wordpress.com/2009/06/09/linnovation-sapprend-a-lecole…

Portrait de Badgud

De Badgud

Athée | 17H04 | 08/06/2009 | Permalien

Le système scolaire est parfaitement conscient de son incapacité à former des jeunes pour le monde du travail.
C'est pour cette raison que pour tenter de boucher les trous, les écoles multiplient les stages dans les entreprises. Seul problème, les entreprises sont réticentes à assumer ce rôle, c'est très difficile de trouver un stage. De plus les jeunes diplômés sont mis en concurrence avec des stagiaires payés à 330 euros par mois qui font exactement le même boulot qu'un titulaire. Le combat n'est pas vraiment équitable.

Alors certes, les étudiants des pays étranger font aussi des stages, ils en font souvent un à la fin de la licence et un à la fin du master. Pour ma part après mon bac et jusqu'à mon master, j'ai effectué 7 stages, soit un par an. Les 3 derniers couvraient l'été. C'est souvent une période où les chômeurs espèrent trouver un boulot en remplaçant un employé parti en vacance. Dommage pour eux, mon école a fourni un étudiant payé à seulement 330 euros par mois, c'est tout de même nettement plus intéressant pour l'entreprise qu'un type qu'on ait obligé de payer au smic.

Tout ça pour dire que notre système scolaire rétrograde a aussi un effet important sur l'emploi (surtout pour les jeunes diplômés, la différence entre un stagiaire et eux n'est pas énorme).

Je suis d'accord avec ce qui est dit dans l'article. C'est juste dommage que vous ne parliez pas des méthodes pédagogiques des autres pays.

Au Danemark ,les étudiants ont beaucoup de projets à réaliser en groupe. C'est rare que les examens aient juste pour objectif que les étudiants aient besoin de recracher ce qu'ils ont mémorisés.
D'autre part, les cours sont téléchargeables sur internet, on n'écrit quasiment rien, on peut se concentrer sur le cour. L'avantage, c'est aussi qu » après, c'est très facile de retrouver et de relire son cours (on peut en avoir besoin lorsqu'on est dans la vie active). Les cours donnent les connaissances nécessaire à la réalisation des projets (les mots clés pour mener à bien la recherche de documents).
De plus, en France les spécialisations sont très larges,on forme en tout et en rien. En France, un étudiant va être spécialisé en agro-alimentaire, alors qu'au Danemark la spécialisation sera l'industrie laitière par exemple.
Alors certes, théoriquement l'étudiant français peut aller partout, mais dans la réalité il va galérer.

Portrait de Lictor

à Badgud Portrait de Badgud De Lictor

informaticien | 17H20 | 08/06/2009 | Permalien

Tout à fait d'accord pour le rapport aux cours.

En France, on habitue les élèves à recopier les cours à toute vitesse. Du coup, ils n'écoutent pas en cours, leur attention est focaliser sur le travail de scribe. Pire, en dictant les cours, on tue tout travail de synthèse : on retrouve des élèves en fac incapables de prendre des notes.

Pendant ma scolarité au collège et au lycée, j'ai eu la chance d'avoir des enseignants (post-68ards) qui toléraient que je ne suivent pas la norme. Du coup, je ne prenais pas de notes pendant les cours, je faisais des photocopies de mes voisins. Mais je faisais de l'écoute active : je cherchais à anticiper les raisonnements, à faire des parrallèles avec mes connaissances acquises, à poser des questions…
Au final, je n'ai quasiment jamais eu à apprendre mes leçons : la plupart étaient assimilées dès ma sortie de cours - vraiment assimilées, pas apprises par coeur. Et le tout sans efforts voire même avec plaisir.

La position de l'enseignement est complètement archaïque. Dicter un cours, c'est poser le cours comme une table de la loi. Demander un apprentissage par coeur, c'est nier l'intelligence spécifique de l'élève.

Portrait de evariste.lyon

à Badgud Portrait de Badgud De evariste.lyon

Antidoxeur | 18H05 | 09/06/2009 | Permalien

« Le système scolaire est parfaitement conscient de son incapacité à former des jeunes pour le monde du travail. » Ahhh les Beaux Gros Poncifs, c'est toujours un plaisir à lire.

Par ailleurs concernant l'article, je trouve assez honteuse cette façon transformer une introduction en une conclusion personnelle. L'absurdité pointe même quand on lit « les petits Français sont peu capables d'innover », et la lassitude gagne devant la salade de de poncifs entrepreuneuriaux (innovation, responsabilité, cravates).

Le livre ne parle absolument pas des prétendues conséquences du système sur l'innovation (que les libéraux confondent avec recherche), mais beaucoup plus des inégalités. Au contraire c'est essentiellement :
- il faut casser la ségrégation scolaire (notamment les groupes de niveau)
- il faut beaucoup plus d'élite
- l'école et les grandes écoles forment des ingénieurs (les « innovateurs ») qui ne veulent pas faire de recherche fondamentale et préfèrent les affaires et c'est malheureux
- l'entreprise refuse d'embaucher des docteurs
- d'autres choses

Cela dit l'auteur de l'article finit bien par préciser les deux premiers points, alors qu'ils vont précisément à l'inverse de l'ambiance « casse de l'éducation nationale » actuelle.

Portrait de Fozzie

De Fozzie

17H22 | 08/06/2009 | Permalien

Qu'est-ce qu'on est cons, nous les Français… A propos, les « hauts fonctionnaires spécialisés dans l'expérience de la conception et de la mise en oeuvre des politiques publiques » du groupe désir doivent bien avoir quelques collègues qui pompent le fric de l'EN pour pondre connerie sur connerie, quel que soit le gouvernement en place. Et la révolution vue par les gens d'HEC, on la connaît… on en voit les effets maintenant !

Portrait de leo s

De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 17H25 | 08/06/2009 | Permalien

…incapable de former correctement les élites aux nouveaux défis des entreprises (accélération de l'innovation, responsabilité, mondialisation, etc.)…

tout est dit dans cette phrase

Elle montre votre attachement à un modèle qui chaque jour prouve son absurdité.

Portrait de egide

De egide

Littéral | 18H12 | 08/06/2009 | Permalien

750 mots pour une fiche de lecture d'un livre dont le sujet est aussi complexe que l'exploitation des statistiques PISA sur l'éducation.
C'est de la synthèse ultra-light.

La formation gagnante en ce moment :
HEC + ENA
Commerce et administration.

Directeur général ou ministre, ministre ou directeur général.

L'utopie est gestionnaire ou elle n'est pas.
Évaluez, soupesez, comparez, valorisez enfin !
C'est le fin du fin !

Inefficace et injuste, l'instruction ?
Ça va changer avec Sciences Pô.

Les écoles PISA
Les programmes PISA
Les enseignants PISA
La culture PISA
Les savoirs PISA
Les élèves PISA

Cela va couter cher, très.
Préparez-vous à banquer sec !

Opinion d'un finlandais sur le système scolaire de son pays :

Les carences du système scolaire pourtant désigné par les enquêtes PISA de l'OCDE comme le plus performant des pays occidentaux sont bien réelles et on peut se demander si nous n'avons pas oublié la compassion dans l'éducation que nous offrons à nos enfants ?

En 2005 dans la tranche des 15-24 ans en France taux de suicide des garçons et des jeunes hommes :
11/100000

taux de suicide des filles et des jeunes femmes :
3,3/100000

En 2006 dans la tranche des 15-24 ans en Finlande taux de suicide des garçons et des jeunes hommes :
32,2/100000

taux de suicide des filles et des jeunes femmes :
5,9/100000

Ces statistiques proviennent de l'OMS.

Portrait de julondon

à egide Portrait de egide De julondon

wannabe trouveur | 18H19 | 08/06/2009 | Permalien

sans données comparatives sur les taux de suicide dans les pays qui scorent mal à PISA, c'est difficile de se faire une idée… et encore, avec ces données comparatives, on ne pourrait pas affirmer grand chose, sauf à avoir une belle corrélation inverse entre les scores PISA et les taux de suicide pour tous les pays, ce qui serait particulièrement démonstratif, mais me semble quand même peu probable…

Portrait de egide

à julondon Portrait de julondon De egide

Littéral | 20H51 | 08/06/2009 | Permalien

Même avec des données comparatives, même avec des protocoles très soucieux des données, pauvre !

La corrélation est si probante que je ne m'en suis même pas donner la peine d'en faire un tableau à double entrée.

Je vous conseille d'aller sur le site de l'OMS, vous prenez les résultats de PISA 2006, vous recherchez pour les pays le taux de suicide des 15-24 ans. (2005 et 2006 selon les pays)

Bingo !

La corrélation parait tellement évidente que j'ai même hésité à en faire part.
Faute d'une explication plausible à servir.

Je constate, c'est tout.
Pour le moment.

Portrait de Badgud

à egide Portrait de egide De Badgud

Athée | 21H15 | 08/06/2009 | Permalien

Le problème, c'est que d'une manière générale, il y a plus de suicides dans les pays nordiques. En hivers, ils ne voient pas le soleil, ce qui est très déprimant.

Prendre l'avis d'un seul finlandais, c'est un peu léger. Je ne connais pas la Finlande, tout ce que je sais, c'est que la quantité de cours est moins importante et que leur éducation est très réputée.
Vos commentaires critiquent les études de l'OCDE, ça vous ferait mal d'avouer que notre système éducatif a pris un retard énorme. Après c'est vrai que la manière la plus simple de « résoudre » un problème c'est de casser le thermomètre.

Portrait de egide

à Badgud Portrait de Badgud De egide

Littéral | 22H09 | 08/06/2009 | Permalien

La Finlande a fait de très gros effort en terme de santé public pour prévenir le suicide.

Contrairement à ce que vous prétendez, je ne suis pas un contempteur des statistiques de l'OCDE que je consulte avec
profit.

Je sais qu'elles sont réalisées avec beaucoup de soins et d'expertise.

Je m'insurge contre les interprétations qu'on fait en France de ces statistiques.

J'ai eu l'occasion de brandir les statistiques de l'OCDE pour infirmer les déclarations de M. Zemour du Figaro qui calcinait les enseignants de l'Éducation Nationale au prétexte que les résultats du secondaire étaient très mauvais et que les couts y étaient des plus élevés parmi tous ceux des systèmes d'enseignements secondaires de l'OCDE.
Ce que les statistiques de l'OCDE démentaient largement.

J'en ai même publié une partie sur un commentaire.
Visiblement on ne lisait pas les tableaux de la même manière.

Ce qu'on pouvait craindre avec PISA comme avec le classement de Shangaï, c'est qu'on adapte les enseignements de telle façon que les élèves sachent mieux s'en tirer aux évaluations.

On ne pouvait faire pire et on l'a fait.
J'ai pu constater de visu le résultat consternant du nouveau mode d'enseignement dans le primaire.

La suppression de 4 heures par semaine se retrouvera ipso facto dans les statistiques avec un moindre cout pour des résultats à peu près identiques.
Nos chers têtes blondes vont faire aussi bien avec un tout petit peu moins d'heures par semaine.

C'est beau cette confiance aux enfants de France !

Ces tricheries sont lamentables.

Ce n'est pas PISA qui est en cause, c'est la gestion d'épicier B.O.F. du ministère de l'éducation nationale.

Portrait de julondon

à egide Portrait de egide De julondon

wannabe trouveur | 12H00 | 09/06/2009 | Permalien

J'ai rapidement regardé pour une dizaine de pays de l'OCDE, et ça semble marcher, mais c'est impossible de conclure sans une corrélation pour un maximum de pays pour lesquels les stats sont disponibles. Vous avez tort de ne pas prendre la peine de faire le travail de mise en regard des données. Je parie que Rue89 serait preneur, et ce serait autrement plus intéressant que cette note de lecture. Même si vous n'aviez pas d'explication à fournir, une corrélation démontrée serait en elle-même un résultat propre à nourrir le débat.
Merci d'avoir attiré l'attention sur cet aspect.

Portrait de egide

à julondon Portrait de julondon De egide

Littéral | 13H56 | 09/06/2009 | Permalien

Surtout, merci d'avoir jeté un œil.
Creuser (to digg) l'information, il en sort forcément quelque chose.

Je ne suis tout simplement pas compétent pour exploiter ces statistiques.

J'ai cherché les taux de suicide par pays à partir d'une intuition et de l'information déjà connue qu'au Japon, en Corée et en Finlande, tous pays dont le classement PISA est flatteur pour leurs enseignements secondaires, le taux de suicides des adolescents mâles est plutôt élevé.

Mon objectif était de démontrer que l'interprétation des statistiques est un exercice extrêmement difficile et ressemble le plus souvent à un numéro d'arithmomancie, du mauvais Music Hall.

Tant et si bien qu'il suffit d'invoquer les statistiques et non de les montrer pour faire tel l'aruspice romain des augures.

Pour la France, en général, les augures sont toujours mauvaises et sombres.

Non, je crois qu'en plus de PISA et des statistiques de l'OMS, il faudrait croiser avec d'autres données concernant les populations des 15-24 ans.
Il faut être sociologue pour ça.

Mais j'ai pris gout aux statistiques sur tout et n'importe quoi aux USA.
Là bas, la presse en est farcie.
C'est présenté brut de décoffrage.
Sans commentaires.
Les chiffres en pleine gueule.
À vous de faire votre religion.

Tiens, c'est pas une bonne idée ça pour rue89 :
Une rubrique statistique, des chiffres. Point, c'est tout.
Et les commentaires délirants des riverains numérologues !

Portrait de julondon

à egide Portrait de egide De julondon

wannabe trouveur | 15H40 | 09/06/2009 | Permalien

J'ai du mal à vous comprendre. Vous présentez des stats pour contester d'autres stats, pour dire enfin que votre objectif c'est de critiquer les stats… Je ne suis pas un quantitativiste mais l'analyse statistique peut contribuer à prouver des choses que d'autres méthodes ne peuvent pas… en particulier au niveau agrégé… à condition d'en faire une analyse correcte… (et réciproquement d'autres méthodes peuvent apporter ce que l'analyse statistique ne peut apporter). Je n'ai pas le temps de faire la collecte des données et de m'amuser à les rentrer dans SPSS, mais ça vaudrait la peine pour ensuite rechercher des hypothèses explicatives … Quoi qu'il en soit la première tâche ce serait de montrer que les données sont corrélées. Avant ça, votre affirmation sur le rapport entre performance PISA et taux de suicide est tout aussi spéculative que celles que vous critiquez…
Quant à l'idée d'une rubrique stat pour rue 89 ce n'était certainement pas ma suggestion…

Portrait de egide

à julondon Portrait de julondon De egide

Littéral | 20H31 | 09/06/2009 | Permalien

à condition d'en faire une analyse correcte

Nous nous sommes mal compris. Sans doute mes commentaires ont manqué de clarté.

Je ne conteste pas les statistiques de l'OCDE bien au contraire. J'en fait l'éloge.

J'ai simplement signalé une possible corrélation entre les résultats de PISA et les taux de suicides des jeunes personnes.

Je le répète je suis incompétent et très mal armé pour démontrer que cette coïncidence curieuse soit une corrélation.

Je critique les interprétations non argumentées le plus souvent qu'on fait des statistiques qui sont rarement évidentes à déchiffrer.

Oui, je confirme, vous n'avez rien suggéré, c'est bien moi qui ait proposé cette rubrique stats.

Portrait de Malware

De Malware

www.ripostelaique.com | 18H16 | 08/06/2009 | Permalien

Portrait de egide

De egide

Littéral | 21H24 | 08/06/2009 | Permalien

Cher Adrien Matray, ma critique est un peu rude, je sais.

La concision c'est la contrainte imposée et vous vous y êtes plié.
Le résultat est plutôt pas mal, eu égard à ce sujet si casse gueule de rendre compte d'un essai pas folichon.
Et la lecture de ce genre d'ouvrage est d'un soporifique !

Mais ma réaction, c'est à cause du seul titre

Le système scolaire français, inefficace et injuste

Ce raccourci était tentant, vous avez cédé à l'image.
Vous avez cédé à l'air du temps si plein de contrition.
Vous avez cédé aux évidences simplistes.
C'est ce qu'on appelle le populisme.
Je sais vous n'êtes pas vraiment démagogue.

Le populiste, c'est toujours un autre qu'il l'est.
Jamais soi, quand même.

Rien ne dit que l'enseignement est mauvais.

Les résultats de la France à PISA infèrent seulement que le système scolaire est ségrégatif.

La sélection y est une plaie perverse dont on a honte mais qu'on renforce.
Tant et si bien que jamais on a autant bachoté.

La lutte est si vive pour faire partie des quelques 10 % et encore qui auront accès à des formations cotées et connotées.

Le gâchis des intelligences est effroyable.
Hors les voies royales, aucun salut.

Pourtant, on sait ce qu'il en est.
Très exactement.

On ne déploie pas les moyens du ministère de l'Éducation Nationale d'une façon équitable.

Les dépenses par élève varient selon l'endroit où on étudie.
Et le zonage économique est par essence socialement et culturellement ségrégationniste.

Si on osait publier par établissement le cout moyen de l'enseignement par an et par élève, on serait choqué.
C'est pas demain la veille, les statistiques financières de l'enseignement par quartier !

Portrait de leo s

De leo s

noyaudecondensationdanslanébuleused... | 21H38 | 08/06/2009 | Permalien

Une condition pour dégager une élite brillante est de combattre énergiquement l'échec scolaire.

Elle est brillante ton élite, Adrien,
Madoff en est le chef.

brillante
brillante
t'es prêt pour le miroir aux alouettes.

Portrait de jma14

à leo s Portrait de leo s De jma14

13H52 | 09/06/2009 | Permalien

Ca s'est du sophisme ! ! !
Madoff est une élite, Madoff a escroqué, donc toutes les élites sont des escrocs.
J'en ai une pour vous :
Hitler a porté un bermuda quand il était jeune, Hitler est un dictateur, tous les gens qui ont portés un bermuda sont des dictateurs.
Arrêtons nous tous et amenons nous en prison gaimant.

Portrait de jma14

De jma14

11H34 | 09/06/2009 | Permalien

« moins il y a de cancres, plus il y a d'excellents élèves »
C'est bien ce que je disais il y a trente seconde sur le dernier article sur marseille. Votre esrpit ne peut grandir que si votre voisin est instruit et conscient.

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