Université Paris-14 : la fac descend dans le métro
Un groupe d'enseignants-chercheurs et d'étudiants donne cours aux passagers de la ligne 14 du métro parisien, tous les mercredi après-midi. Initiative pédagogique militante née de la grève, début février, elle constitue une forme originale de mobilisation faisant une large place au dialogue et à l'humour.

« Bonjour et bienvenue à l'université Paris-14 ! Ne sortez pas vos porte-monnaie, nous n'en voulons pas à votre argent. Accordez nous simplement un peu de votre attention », lance Emile à la cantonade.
Pendant ce temps, ses acolytes vêtus de pancartes « Paris-14, la fac qui bouge » distribuent le programme des conférences ainsi que des tracts aux passagers de la rame un peu surpris et souvent amusés.
L'orateur poursuit son introduction en expliquant que le groupe refuse la « logique productiviste » des réformes en cours dans l'enseignement supérieur pour y opposer une autre logique, celle de « la gratuité et de la collégialité ».
Puis un autre orateur prend la parole et commence sa leçon –des plus sérieuses– sur la démocratie dépolitisée. Le professeur est difficilement audible : sa voix est régulièrement couverte par le crissement des roues sur les rails.
Certains passagers tentent d'écouter, tant bien que mal. D'autres gardent leur iPod sur les oreilles mais lisent attentivement les tracts. D'autres encore, curieux, entament la discussion avec les bénévoles de Paris-14 essaimés dans le wagon. Quatre stations plus loin le cours s'achève, deux passagers sortent en disant amicalement : « Merci, bon courage », « bonne initiative ».
Le concept allie humour –les visuels des pancartes détournent la signalétique du métro– et idées libertaires. Pour Agathe Keller, chercheuse au CNRS et membre fondatrice de Paris-14 :
« L'important, c'est de quitter le territoire institutionnalisé d'une université dans laquelle on se reconnaît de moins en moins, c'est de chercher la démocratisation du savoir, l'émancipation. Dans le métro, on a accès à un spectre social très large, et on ouvre un dialogue, une réflexion. Surtout, on est confronté à ce que les passagers peuvent penser de nous, de notre travail, de nos revendications. »
Pour Quentin Lade, étudiant et co-fondateur du projet :
« Les syndicats proposent une lecture de la société en termes d'opposition de classes. On peut aussi voir le savoir comme la construction de représentations partagées. Et se poser la question de : qui partage quoi ? »
Son acolyte Emile Gayoso ajoute : « Il ne faut pas qu'il y ait imposition du savoir, il faut une construction collaborative. »
Les passagers entrent dans le débat
Pendant deux heures environ, le groupe navigue de rame en rame et poursuit son programme pédagogique : « L'économie de la connaissance » puis « La crise et l'ordre marchand » et enfin « Le sens des mathématiques ». Les cours, formatés pour le métro, durent à peine 20 minutes et sont rédigés librement par chaque professeur bénévole.
Les réactions sont contrastées. Un jeune de 20 ans pousse un cri d'approbation lorsque Marie-José Durand-Richard, enseignante d'Histoire des mathématiques, évoque le décalage entre le prof de maths et « l'élève en quête de sens ».
Une mère de famille proteste vivement, expliquant que son fils inscrit à la fac n'a plus cours depuis plus d'un mois : « On leur bourre le mou, il y a une seule chose à faire pour l'avenir, c'est de travailler. » Une étudiante de la Sorbonne se plaint d'être prise en otage pendant son temps de transport : « Je trouve ça trop imposant. »
Les militants de Paris-14 répondent posément aux questions et objections ; un dialogue s'installe systématiquement, dans une atmosphère bon enfant.
Pour un savoir « inutile »
L'initiative est née au sein d'un master d'histoire et philosophie des sciences de Paris-7. Lors d'une des premières AG de grève, des cours alternatifs avaient été évoqués. Puis deux enseignants-chercheurs et quatre ou cinq étudiants ont lancé l'université de Paris-14 : un blog et des conférences-débat hebdomadaires dans le métro.
Ils ont ensuite été rejoints par d'autres profs ou étudiants. L'objectif premier est d'expliquer au grand public le mouvement des universités pour contrer la lassitude de l'opinion face à une contestation qui dure et face à des médias jugés défaillants.
Paris-14 relève du principe de la fac « hors les murs » -des cours publics dispensés dans la rue- déjà pratiqué par de nombreuses universités. Mais l'originalité réside dans l'ouverture à tous du concept, puisque les militants appellent les passagers du métro à devenir à leur tour professeurs bénévoles :
« Si vous avez un savoir inutile, vous pouvez vous aussi enseigner en téléchargeant le matériel sur notre blog. »
Bien sûr, dans la pratique, les émules viennent uniquement du milieu universitaire.
Les détracteurs de ce genre d'initiatives parleront d'utopie voire d'agitation. Paris-14 est pourtant une illustration très concrète de ce qu'est l'université : des intellectuels soumettent leurs idées au reste de la société pour susciter un dialogue, faire entendre les contradictions.
Et quand une rame de métro devient faculté, des dizaines de citoyens osent soudain exprimer leur point de vue en public.
Photo : Station Pyramides, sur la ligne 14 du métro parisien (Pline/Wikipedia)
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De Infovite
Plébéien. | 11H36 | 06/04/2009 |
Il est plus que temps de sortir du tunnel !
http://info-espress.over-blog.com/
De sigismund
12H33 | 06/04/2009 |
S'ils veulent faire de l'éducation populaire, ils feraient mieux de faire la meme chose dans la ligne 13, s'ils l'osent ! ! ! : p
à sigismund
De Thibaud
13H48 | 06/04/2009 |
Qui ça, « ils » ?
à sigismund
De Schtroumpf perplexe
physicien | 08H58 | 07/04/2009 |
Mais l'université Paris 13 existe déjà, elle est à Villetaneuse, pas dans le métro.
De geff
12H48 | 06/04/2009 |
Génial, bravo à eux, il ne manquerait plus que l'initiative devienne pérenne, avec de vrais programmes etc, de la durée, pour que le savoir soit partagé et non plus marchandé.
De Pierrrrre
12H53 | 06/04/2009 |
»…..une autre logique, celle de « la gratuité et de la collégialité . …. »
► Aussi logique que la pierre philosophale …
on trouve toujours des cons pour y croire
à Pierrrrre
De Thibaud
13H46 | 06/04/2009 |
C'est c'lui qui dit qui y est…
De Iv
Roboticien utopiste | 12H58 | 06/04/2009 |
A quoi servent les batiments d'université, aujourd'hui qu'un ordinateur et une connexion internet reviennent presqu'aussi cher que les fournitures scolaires ?
Des cours en lignes, des profs disponibles pour répondre aux questions, quelques TP organisés dans des vrais labos avec des vrais chercheurs, ça ne pourrait pas être ça, demain, l'université ?
à Iv
De Pierrrrre
14H36 | 06/04/2009 |
»…..Des cours en lignes, des profs disponibles pour répondre aux questions, quelques TP organisés dans des vrais labos avec des vrais chercheurs, ça ne pourrait pas être ça, demain, l'université ? …. »
► Absoluement d'accord avec vous,
mais mais…
les universitaires risquent de ne pas être d'accord ;
d'abord, ça ne les rendrait plus indispensables,
et aussi,
ils seraient obligés… de mieux préparer leur cours,
etd » éviter un débit scandaleusement soporiphiques pour certains d'entre eux,
dans le genre vous prenez des notes, et vous comprendrerz plus tard….
à Pierrrrre
De Iv
Roboticien utopiste | 15H03 | 06/04/2009 |
Je pense quant à moi que les profs en ont autant marre que les élèves des cours qui se résument à de la lecture en groupe. C'est dans la situation actuelle qu'ils ne sont pas indispensables. Créer une situation dans laquelle profs et élèves échangent plus directement, dialoguent véritablement, je pense que c'est ça l'avenir.
Mais il est vrai que c'est assez mal venu en ce moment. Défendons d'abord la recherche et l'enseignement Français, on parlera plus tard des évolutions possibles.
à Iv
De Pierrrrre
17H39 | 06/04/2009 |
»….Créer une situation dans laquelle profs et élèves échangent plus directement, dialoguent véritablement, je pense que c'est ça l'avenir….. »
► Absolument.. mais tous les profs en ont-ils la compétence pédagogique ?
Certains ne préfèrent-ils pas pontifier du haut de leur amphi, plutôt que de descendre dans l'arène ?
---------
»….Défendons d'abord la recherche et l'enseignement Français, … »
► Vous êtes en plein dans la défense de l'enseignbement.
Pour la recherche, sa défense ne passe pas par le fait de laisser la recherche « fonctionnarisée », sans objectif défini, ni bilan à établir.
à Pierrrrre
De Autre raleur
00H07 | 07/04/2009 |
<<
Pour la recherche, sa défense ne passe pas par le fait de laisser la recherche « fonctionnarisée » (…) ni bilan à établir.
>>
Le fait d'avoir des chercheurs fonctionnaires permet :
- à salaire égal, d'augmenter l'attractivité de ces carrières (et donc d'augmenter la qualité des chercheurs recrutés, et donc de la recherche…)
- de permettre la prise de risque dans la recherche (si tout ce que vous risquez est de ne pas trouver, vous prendrez facilement ce risque ; si vous risquez en plus de perdre votre boulot ou de ne plus pouvoir chercher, vous vous serez incités à vous rabattre sur des recherches moins risquées et donc moins intéressantes)
<<
sans objectif défini
>>
Il est clair qu'il faut des décisions politiques pour déterminer s'il faut ou non s'équiper d'un accélérateur de particule. Par contre, pour tout ce qui ne coute pas des millions, il est plus efficace de laisser chaque chercheur ou chaque groupe de chercheur décider (sinon on tue la diversité des recherches, on fait perdre du temps à tout le monde dans des dépôts de projets ou des évaluations de projet, on sous-exploite les compétences de chaque chercheur à sentir des pistes prometteuses).
Je n'en dit pas plus, je ne crois pas que vous soyez là pour progresser.
à Autre raleur
De Pierrrrre
13H28 | 07/04/2009 |
»….. à salaire égal, d'augmenter l'attractivité de ces carrières (et donc d'augmenter la qualité des chercheurs recrutés, et donc de la recherche…)…. »
► N'importe quoi.. salaire minable en regard des diplômes.. mais tranquillité qui fait qu'on cherche, qu'on trouve, ou qu'on brasse du vent, la carrière est la même pour tous.
Et croyez moi que ces gens là sont assez fins pour que vous ne distinguiez rien entre le brassage de vent et le chercheur sérieux et efficace.
------------
»…de permettre la prise de risque dans la recherche… »
► Tu parles.. la prise de risque ne peut se faire qu'en engageant des moyens.. mais ils en possèdent si peu… ils vivotent…
-------------
»….si tout ce que vous risquez est de ne pas trouver, vous prendrez facilement ce risque… »
► et si on ne cherche rien, au moins, aucun risque d'être déçu…
-------------------
»…..si vous risquez en plus de perdre votre boulot ou de ne plus pouvoir chercher, vous vous serez incités à vous rabattre sur des recherches moins risquées et donc moins intéressantes….. »
► Parce que tout le monde sait bien que le fonctionnariat est synonyme avec prise de risque et modernité….
à Pierrrrre
De Autre raleur
16H00 | 07/04/2009 |
<<
»….. à salaire égal, d'augmenter l'attractivité de ces carrières (et donc d'augmenter la qualité des chercheurs recrutés, et donc de la recherche…)…. »
► N'importe quoi.. salaire minable en regard des diplômes.. mais tranquillité qui fait qu'on cherche, qu'on trouve, ou qu'on brasse du vent, la carrière est la même pour tous.
>>
Les promotions ne sont pas automatiques, mais il est vrai que l'on conserve son poste et que l'on progresse à l'ancienneté même en étant fumiste. C'est le principal défaut du statut de fonctionnaire. Il est bien connu.
Moi je vous ai donné les avantages, dont l'attractivité. Vous semblez commenter ce point et je ne vois pas en quoi votre réponse réfute l'argument « attractivité supérieure à salaire égale ».
On pourrait envisager, bien sûr, d'accélérer davantage la carrière des chercheurs brillants. Je n'ai rien contre. Mais cela coûterait de l'argent. On pourrait le prendre en dégradant les conditions des chercheurs moins méritants, mais cela seraient tout à fait contre-productif (j'ai déjà détaillé cela dans d'autres billets).
<<
»…de permettre la prise de risque dans la recherche… »
► Tu parles.. la prise de risque ne peut se faire qu'en engageant des moyens.. mais ils en possèdent si peu… ils vivotent…
>>
Il y a pas mal de domaines (la plupart des domaines des maths par exemple) où le risque est simplement le risque de ne pas trouver et où on n'a pas besoin de moyens.
Maintenant si vous êtes prêt à militer pour l'augmentation des moyens de la recherche, pourquoi pas. Mais est-ce réaliste ?
<<
»….si tout ce que vous risquez est de ne pas trouver, vous prendrez facilement ce risque… »
► et si on ne cherche rien, au moins, aucun risque d'être déçu…
>>
Oui effectivement mais je parle des chercheurs qui sont actuellement actifs et qui le seraient moins (en recherche (il le serait plus en agitation et en simulation de recherche)) sans ce statut.
<<
»…..si vous risquez en plus de perdre votre boulot ou de ne plus pouvoir chercher, vous vous serez incités à vous rabattre sur des recherches moins risquées et donc moins intéressantes….. »
► Parce que tout le monde sait bien que le fonctionnariat est synonyme avec prise de risque et modernité….
>>
Le statut de fonctionnaire, en limitant les risques encourues en faisant des recherches risquées (risquées au sens où l'on n'est pas sûr qu'elles aboutissent à court terme), favorise ces recherches risquées.
Vous confondez deux choses : risquer son boulot et risquer de sécher sur un problème. En découplant ces deux risques, le statut de fonctionnaire facilite (et donc favorise, vu que c'est plus gratifiant) la prise de risque dans la recherche (et donc la recherche intéressante).
Quand au fait que le statut de fonctionnaire ne soit pas « moderne » (quel sens cela peut-il bien avoir ? ), je ne vois pas en quoi cela pourrait être un argument.
à Pierrrrre
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H50 | 07/04/2009 |
« Des vrais labos avec des vrais chercheurs » : des « vrais » chercheurs, on n'en manque pas, des « vrais labos », beaucoup plus. Pour cause : l'espace, ça coûte effectivement, et même les profs n'ont, pour beaucoup, pas de bureaux (avec de la chance, un bureau de 10 m2 pour quatre).
Quant à remplacer le contact réel et vivant par du virtuel… une proposition qui montre que vous êtes totalement à côté de la plaque. Un cours, ça sert aussi à poser des questions, à réfléchir ensemble . Vous voudriez remplacer cela par de la vidéo-conférence, peut-être ? Bref, conserver le principe du cours, mais en l'envoyant dans l'espace virtuel ?
Désolé cher ami, mais la pensée n'est pas que virtuelle, elle requiert aussi la présence des corps.
En fait, Pierrrrrre nous révèle un aspect méconnu de sa personnalité : c'est un adepte de la gnose ! Mais que fait l'Eglise ? ! ! ! au bûcher !
à Network 23
De Pierrrrre
19H15 | 07/04/2009 |
»….Un cours, ça sert aussi à poser des questions, à réfléchir ensemble ….. »
► Vous me direz si dans un amphi des questions peuvent être posées.
Et je ne vois qu'amélioration à transformer un cours magistral en vidéo exposé.
-----------
« ….Vous voudriez remplacer cela par de la vidéo-conférence… »
► par un simple cd ou un simple polycop.
Certains cours magistraux se justifient par la qualité de l'intervenant..ils sont raricisme..
en général, c'est plutôt du genre « écrivez ce que je dis, vous comprendrez chez vous “
Les cours ne s'adressent pas à des êtres pensant, mais à des êtres pansant, c'est à dire engrangeant dans une panse ce qu'il leur faudra ruminer plus tard.
C'est sur cette capacité à engranger sans réfléchir, et à masticoter en un deuxième temps que nos étudiants sont sélectionnés.
----------------
”…. Bref, conserver le principe du cours, mais en l'envoyant dans l'espace virtuel ? …. »
► les cyber leçons sont un système à considérer.
à Pierrrrre
De einna
20H29 | 07/04/2009 |
« ils sont raricisme.. » Vous avez séché tous vos cours d'orthographe et de grammaire où c'est génétique chez vous ? A moins que ce ne soit l'effet des ventouses de votre mère-grand ?
Vous avez sans doute un compte à régler avec vos enseignants mais qu'un donneur de leçons, qu'un tenant de l'ordre massacre autant les codes de la langue écrite, interroge. Il y avait déjà « poilitique » mais avec « raricisme » vous faites preuve d'une rare invention, d'une création de néologisme mélant « rare » et « racisme » ! En pierrrrrsiflant, ne vous dévoilez vous pas ?
à Iv
De Schtroumpf perplexe
physicien | 09H06 | 07/04/2009 |
Cela existe déjà, cela s'appelle le CNED. En fait, c'est très cher. Pourquoi ? Parce qu'un ordinateur ne suffit pas. Derrière la connexion internet, il y a un professeur qui répond aux courriels de ses élèves (individuellement), rédige des devoirs et les corrige.
J'ai des collègues qui donnent de tels cours au CNED, ça leur prend un temps faramineux. Et le temps, ça coûte cher.
Pourquoi ces cours existent-ils ? Pour des élèves ne pouvant se rendre à la fac, par exemple parce qu'ils ont un handicap limitant trop leur mobilité, ou parce qu'ils sont à l'étranger, etc. Cela n'est pas limitatif, je crois que n'importe qui le souhaitant peut s'inscrire au CNED.
Par ailleurs, les universités ont expérimenté d'autres enseignements par internet, plus ouverts, comme « l'université en ligne », et en établissant parfois des partenariats avec d'autres instituts comme des IUFM.
J'ai participé à un projet « d'université en ligne ». C'est intéressant, mais cela ne vaut pas le contact avec une classe de travaux pratiques ou dirigés.
à Schtroumpf perplexe
De Iv
Roboticien utopiste | 09H31 | 07/04/2009 |
Oui, mettre l'accent sur TP et TD est une bonne chose, mais les cours en amphi, cela devrait à mon avis être une chose du passé.
Le CNED, j'en avais déjà entendu parler. A mon humble avis, un problème du CNED est qu'on ne favorise pas la communication inter-élèves. Le travail du prof pourrait être allégé par de l'entraide entre élèves.
Une base de devoirs réutilisables pourrait être mise en place, même si la correction, hors de quelques cas particuliers (sciences ou mathématiques, et encore…) prendre toujours du temps de prof.
à Iv
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H55 | 07/04/2009 |
Que les cours en amphi soient, ou non, un bon principe, on ne prend guère la voie de mettre l'accent sur les TP ou les TD, vu la réduction massive de postes engagée.
Et je ne vois pas pourquoi il faudrait rejeter, en bloc, les cours en amphi ; il me semble que cela dépend des matières et des approches, mais le cours magistral, pour vieillot qu'il est, n'en demeure pas moins parfois utile (les étudiants posent aussi bien des questions intelligentes que des questions bêtes, et d'autres étudiants préfèrent parfois que le cours avance plutôt que de discuter un quart d'heure sur une question déplacée).
De cunégonde
13H27 | 06/04/2009 |
Avant que Bordeaux 3 ne soit bloquée, les profs de Bordeaux 3 (surtout des profs d'anglais, de philo et de socio, mais pas seulement) donnaient des cours hors les murs dans le tramway, et aussi sur les places les plus passantes de Bordeaux (Pey-Berland, Victoire…) dans le même esprit. Les profs étaient repérables car ils avaient revêtu des blouses blanches, du genre de celles qu'on met en TP de chimie au lycée.
A part les cours on lisait ostensiblement, et synchros si possible, dans le tram ou assis par terre place Pey-Berland (La Princesse de Clèves a un succès fou…). C'était sympa, plutôt bien accueilli par les usagers du tram et les passants, mais ça n'était pas super efficace côté pression sur le gouvernement… le blocage non plus, d'ailleurs. Comme Thatcher, Sarko ne cèdera pas je pense…
à cunégonde
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 12H57 | 07/04/2009 |
L'opinion publique est un facteur de pression pour Sarko. Il était certes déterminé à mettre en place la réforme Darcos, il l'a cependant reporté par crainte de multiplier les fronts. Il est dans le même état concernant la réforme universitaire (voir les ragots du Canard). Mais ce qu'il nous faut, ce n'est pas un report, c'est un retrait, et la prise en compte des revendications.
De marie 75
13H25 | 06/04/2009 |
a paris IV, un groupe de rap vient de se constituer.
Son nom ?
Princess of Cléves !
De Simon Héroguer
Etudiant | 14H47 | 06/04/2009 |
Je suis à Paris IV en histoire, et je trouve que meme si ce genre d'initiative est bon drôle et sur le fond juste, ça ne sert pas à grand chose. Ce n'est pas ça qui va faire reculer valérie pécresse, et résoudre les problemes de l'université qui sont aujourd'hui pointés du doigt à juste titre encore une fois.
L'université ne marche plus depuis plus de deux mois, ce qui a largement laissé assez de temps pour mener de telles actions. Je crois qu'on peut dire qu'elles n'ont amené à rien…
à Simon Héroguer
De Misère.Lactée
A l'épreuve des bals. | 17H46 | 06/04/2009 |
« Pour un savoir “inutile'” disait l'article. Alors, si tu trouves que cette initiative “ne sert pas à grand chose”, saluons la cohérence de la chose.
à Misère.Lactée
De Simon Héroguer
Etudiant | 22H44 | 06/04/2009 |
Je dis que politiquement, pécresse ne recule pas. Et c'est pourtant le but que enseignants et étudiants cherchent. C'est donc en ça que ce type d'action ne sert à rien puisque pécresse ne recule pas.Ca me parait pourtant cohérent. Je n'ai rien dit d'autre. Si pécresse ne recule pas, la greve ne s'arretera pas. Ca ne me parait quand meme pa
Tu as sorti ce que j'ai dit de son contexte,
à Simon Héroguer
De Simon Héroguer
Etudiant | 22H45 | 06/04/2009 |
ca me parait quand meme pas souhaitable.
à Simon Héroguer
De Schtroumpf perplexe
physicien | 09H07 | 07/04/2009 |
« L'université ne marche plus depuis plus de deux mois, ce qui a largement laissé assez de temps pour mener de telles actions. Je crois qu'on peut dire qu'elles n'ont amené à rien… »
Alors que fait-on ? On abandonne ?
à Schtroumpf perplexe
De Simon Héroguer
Etudiant | 09H40 | 07/04/2009 |
Non on abandonne pas. Les revendications sont légitimes, mais je pense qu'il faudrait réfléchir à adopter de nouvelles actions, sans tomber dans le radicalisme (qui nous ferait perdre toute crédibilité). Il faut une vraie visibilité, le combat en vaut la peine.
En plus il ne faudrait pas qu'on s'enlise dans cette grève, qui n'est une fin en soi. Alors quelles actions, je ne sais pas, mais il faudrait que étudiants et enseignants commencent à y réfléchir sérieusement.
à Simon Héroguer
De Schtroumpf perplexe
physicien | 12H30 | 07/04/2009 |
Vous dites : « il faudrait que étudiants et enseignants commencent à y réfléchir sérieusement. »
Cela fait 10 semaines que les enseignants, les chercheurs, les doctorants y réfléchissent. Ils se réunissent même en coordinations nationales pour cela. (Il y en a presque chaque semaine, dont une aujourd'hui à Orsay.)
Des facultés sont bloquées, mais cela est un mode d'action ambigu, car les enseignants n'ont pas envie de pénaliser les étudiants. Néanmoins, des occupations existent, car il semble que c'est bien la seule chose qui tracasse le gouvernement. En effet, le ministère veut délivrer les cours et les diplômes. Le reste…
Les actions ont été incroyablement variées, imaginatives. Les manifestations (toutes les semaines à Paris) s'adressent au gouvernement. C'est classique, insuffisant mais nécessaire. Beaucoup d'actions, à petite échelle s'adressent plus directement aux gens, comme les cours (il n'y en a pas que dans le métro).
La ronde des obstinés est un autre moyen d'action. Les sièges de l'ANR, l'EARES, le CNRS ont été occupés. Des distributions de tracts, où les manifestants discutent calmement avec les passants, des séances publiques de lecture (Princesse de Clèves etc.) de nombreux films sont réalisés et diffusés sur la toile, des dizaines articles d'analyse sur la réforme, la situation actuelle de la recherche et de l'enseignement, sur l'Europe circulent. Il y a aussi des rétentions administratives (c'est à dire des refus de rendre des rapports.. forts nombreux quoi qu'on en dise.) Six cent directeurs de laboratoire ont prit formellement position contre les réformes en cours, et certains d'entre eux sont prêts à démissionner de leur fonctions de direction.
Il y aura bientôt un meeting à Bruxelles.
Bref, pour ce qui est de réfléchir, on a commencé. A agir aussi.
Si vous avez des idées neuves, elles seront les bienvenues.