
OGM : de quoi a-t-on peur exactement ?

Ils ont leurs partisans et leurs détracteurs, mais personne ne sait au juste ce qu'ils sont. Les OGM font débat depuis les campagnes d'arrachage des écologistes, mais saviez-vous que ce ne sont pas forcément des plantes et que vous en utilisez déjà beaucoup et depuis longtemps ?
Un OGM n'est pas forcément une plante
A force d'entendre parler de maïs arraché et de Monsanto qui ruine les agriculteurs à coups de RoundUp, on a tendance à croire qu'un OGM est une plante dans laquelle on a inséré des gènes qui ne lui appartiennent pas. Mais un OGM n'est pas forcément une plante. D'après la définition la plus courante, un OGM désigne tout être vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par la main et l'éprouvette de l'homme.
Lorsque Fred Griffith découvre en 1928 que deux souches de pneumocoques peuvent échanger du matériel génétique, il met le doigt sur le mécanisme qui permet de fabriquer des OGM. En 1944, Oswald Avery utilise ce même mécanisme pour montrer que l'ADN est bien le support de l'information génétique. Les premiers OGM furent donc des bactéries, dont on exploita les capacités d'échanges d'ADN pour établir des découvertes scientifiques majeures. Depuis cette époque, des milliards de bactéries modifiées ont été concoctées dans tous les labos du monde. Pour le bien de la science et de la médecine.
Les premiers OGM au sens moderne, c'est-à-dire porteurs d'un intérêt médical ou industriel, datent des années 1970, et ce sont encore des petites bêtes : bactéries, levures et champignons filamenteux (du genre moisissures, ce ne sont pas des cèpes tout de même). Les chercheurs entamèrent de grandes parties de Lego, piquant un gène de celui-ci pour le mettre dans celui-là et cultiver celui-là, qui pousse plus vite que celui-ci, afin d'en tirer un profit maximum. Et qui en tira profit ? Les labos, les industriels, mais aussi le peuple : la majorité des médicaments sont aujourd'hui produits dans des bactéries, des levures ou des champignons faits exprès. Des OGM, pour ne pas citer le mot.
Les plantes, des OGM qu'on digère (mal)
Depuis trente ans, les chercheurs sont parvenus à modifier tous les types d'êtres vivants. Des microorganismes d'abord, puis des plantes à usage alimentaire (tabac, tomate, maïs…) ou industriel (peuplier pour la papeterie) ou encore des animaux de laboratoire (souris, rats et on n'oublie pas Dolly).
Quand on se jette un comprimé d'antibiotique derrière la cravate, ce n'est pas la bactérie productrice du médicament qu'on ingère mais seulement le composé actif. Celui-ci a été si bien purifié, enrobé et empaqueté que le consommateur n'a aucun contact avec l'OGM initial. Lorsqu'on écrit un billet doux à son collègue ou à son contrôleur fiscal, peu nous chaut que le papier que l'on couvre d'encre soit produit à partir de peuplier naturel ou non.
Dans le cas des plantes alimentaires, la situation est différente. Car l'OGM passe directement du producteur au consommateur, qui remplit sa fourchette avec des gènes dont la tête ne lui revient pas. Or d'un point de vue sociologique, philosophique, psychologique, médical, et tout ce que vous aurez envie d'ajouter, le rapport qu'entretient l'être humain avec sa nourriture est fondamental. C'est une question de survie ! Alors on ne rigole plus, et les plantes OGM soulèvent des colères grosses comme les Andes.
Conséquence, le projet de loi discuté cette semaine porte avant tout sur les plantes génétiquement modifiées (PGM). Il se propose d'encadrer les conditions techniques, administratives et de transparence pour leur culture en plein air, appelée « dissémination volontaire 1 » et donc toujours autorisée ( premier sujet fâcheux, et je dirais même faucheux). Le texte étudie aussi les cas où des champs de PGM contamineraient des cultures classiques, rappelant ainsi qu'une telle contamination est possible (deuxième levée de boucliers).
Pour éviter la dissémination vers les autres plantations, on propose d'isoler les champs de PGM. Car le soja, le maïs ou le colza se reproduisent par sexualité, avec un élément mâle (le pollen) qui permet de féconder une cellule femelle (l'oosphère, enfermée dans le pistil). Deux possibilités s'offrent à ces plantes : soit le pollen d'une fleur féconde l'oosphère de la même fleur, auquel cas le risque de fécondation par du pollen venant d'autres fleurs et porté par le vent ou des insectes est faible. C'est le cas du soja par exemple. Le maïs et le colza adoptent un autre mode de reproduction, ou cette fois les pollens sont échangés d'une fleur à l'autre. La dissémination est alors un risque non négligeable. C'est une des raisons pour lesquelles la culture du colza transgénique a été interdite en Europe.
Pour isoler les champs de PGM, on peut donc les placer à une distance suffisante des autres champs. Cela limite le risque de dissémination mais ne l'élimine pas totalement. Or il suffit que le risque existe pour que le feu des colères se ranime. On peut aussi décaler les périodes de culture des plantes modifiées et classiques : si les fleurs n'apparaissent pas en même temps dans les deux champs, le risque de dissémination devient quasi nul.
Une loi sur TOUS les OGM
Les cultures en plein champ ne concernent pas que les plantes alimentaires. Les chercheurs ont parfois besoin de tester des PGM en plein air, car les expériences en labo ne suffisent pas. Pensons au peuplier, qui pousse difficilement dans les bureaux ou les appartements. Pensons aussi aux projets de décontamination des sols industriels par des plantes et des arbres génétiquement modifiés pour pomper un maximum de métaux lourds. Comment vérifier l'efficacité du procédé si on ne peut pas le tester dans un environnement réel ? La loi doit aussi encadrer ces situations.
Et ce n'est pas tout. Le texte doit parler des plantes mais aussi des bactéries ou des souris de labos, dont il faut encadrer l'utilisation sans freiner la recherche scientifique française, déjà bien ralentie par son administration à la vivacité légendaire. Il doit parler encore de l'industrie, consommatrice d'OGM qui, comme ceux des labos, ne rentrent pas dans la chaîne alimentaire. Du moins pas encore…
Les OGM scientifiques et industriels doivent donc être traités à part mais au sein d'un même projet de loi. Le casse-tête des parlementaires en devient si intense qu'ils en oublient de nous parler des bestiaux nourris au maïs et au soja transgéniques et qui arrivent finalement dans notre assiette. Ou des mammifères dans le lait desquels on envisage de produire des médicaments. Ni des bactéries transgéniques que les labos ont sous le coude pour modifier les processus industriels de fabrication des yaourts ou des fromages.
Quant au problème social fondamental, il reste en suspend : pourquoi autoriser ces fichues PGM ? La première génération, résistante aux pesticides et insecticides, ne profite qu'aux industriels. Tout le monde est d'accord. La deuxième génération, elle, pourrait voir émerger des plantes résistant au stress, à la chaleur, au sel, ou moins gourmandes en eau. Elles nous sont vendues comme capables de pousser dans les pays où on meurt de faim ou de résister aux changements climatiques qui nous attendent. Est-ce une bonne ou une mauvaise raison ? On saute sur la question pour débattre encore, à l'occasion de ce nouveau projet de loi qui ne fermera pas la plaie ouverte dans nos consciences. Peut-être même qu'en remuant le couteau à l'intérieur, il retarde un peu plus sa cicatrisation…
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De www.laguerredesmots.com-yannick
pays de gex | 12H12 | 02/04/2008 |
Que ce soit ce gouvernement ou le gouvernement suivant, les lois favorables à Monsanto et ses amis finiront par passer, il faut juste leur laisser le temps de préparer leur dossier correctement.
à www.laguerredesmots.com-yannick
De léo solo
15H42 | 02/04/2008 |
laguerredesmots
reprenons votre logique :
c'est pas la peine de parler
vous finirez par vous taire.
à léo solo
De kawouede
23H13 | 02/04/2008 |
Les Verts résistent : en février
Jacques Muller - Sénateur Vert - Loi OGM
par LesVertsFrance
aujourd'hui et demain devant l'Assemblée nationale
à léo solo
De uaybalam
20H35 | 03/04/2008 |
exact ! !
mais ca reste quand meme la loi du plus fort …
apres l'internationale ouvriere il faut créer (si ce n'est deja fait) l'internationale paysanne
et une sorte de KARl Marx de l'agriculture …
à www.laguerredesmots.com-yannick
De Les Chats
24526
16H42 | 02/04/2008 |
Vous baissez donc les bras au moment crucial ?
http://rue89.com/2008/04/01/projet-de-loi-sur-la-dissemination-volontair…
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/etpourtantelletourne/ La réglementation sur les OGM à l'étranger
http://www.la-bas.org/article.php3 ? id_article=1059
Sur ce lien ci-dessous le sujet n'a rien à voir, mais l'intervention au téléphone (au debut) d'une auditrice qui a vu débarquer au dernier moment un groupe UMP à leur réunion. Ils s'expliquent …
http://www.la-bas.org/article.php3 ? id_article=1408
à Les Chats
De www.laguerredesmots.com-yannick
pays de gex | 08H18 | 03/04/2008 |
c'est vrai, excusez moi pour mon manque de foi, tellement de combats à mener sur tous les fronts. Il m'arrive de désespérer.
à www.laguerredesmots.com-yannick
De léo solo
13H52 | 03/04/2008 |
R.Ch. :
« Nous devons surmonter notre rage et notre dégoût, nous devons les faire partager, afin d'élever et d'élargir notre action comme notre morale »
à léo solo
De uaybalam
20H36 | 03/04/2008 |
anti OGM de tous pays ! ! !
UNISSEZ VOUS ! ! !
à www.laguerredesmots.com-yannick
De Les Chats
24526
17H56 | 03/04/2008 |
Moi aussi il m'arrive de désespérer mais JAMAIS par manque de foi ou de conviction, c'est plus le genre humain qui me désespère.
L'union fait la force, c'est bien français ?
Alors suffit de l'appliquer. Le nombre fera la décision.
Nous sommes 60 Millions ! La moitié dans la rue pour tout ce qui est d'intérêt général, me suffirait.
J'ai le droit de rêver, j'ai le droit d'espérer et j'ai le DEVOIR D'AGIR !
Nous avons le droit de rêver, nous avons le droit d'espérer et nous avons le DEVOIR D'AGIR !
à Les Chats
De Skohl
Etudiant à Lyon | 21H25 | 03/04/2008 |
Le droit de rêver, le devoir d'espérer et le devoir d'agir ? Merci, j'apprécie beaucoup de lire ce genre de commentaire. C'est mon état d'esprit à moi aussi, même si en ce moment, je suis assez atterré de voir autant de gens mécontents et aussi peu de personnes dans les rues.
Effectivement, loin de connaître une nouvelle ère de gloire, la France est entrée dans une phase de décadence. Sarko Premier est en train de nous faire passer toutes les saloperies qui étaient d'ordinaire réservées aux anglo-saxons (OGM, OTAN, ultra-libéralisme débridé), et devant de telles menaces, nous qui étions si prompts à sortir dans la rue pour protester, nous ne disons plus rien, comme si nous avions cessé d'y croire…
Ressaisis-toi, peuple français, tu es en train de tout perdre ! Quand est-ce que nous devrions nous battre, si ce n'est pas maintenant ?
à Skohl
De CourageuxAnonyme
le vrai | 00H47 | 04/04/2008 |
Ouii ! Ne te transforme surtout pas en anglo-saxon, petit Français, ça serait la pire chose qui pourrait t'arriver !
…
Ouais… faites attention à ce que vous écrivez quand même…
à Les Chats
De karlM
09H26 | 03/04/2008 |
Quelques infos sur les peupliers OGM…Qui sont une réussite mais n'intéresse pas l'industrie du papier…
Ils vont poursuivre la recherche d'Orléans à Colmar pour essayer de les rendre utile aux Agro-carburants ou pour créer une espèce plus résistante que celle plantée en Chine et qui crève à la vitesse grand V.
Y en a qu'y on du pognon à perdre…le notre.
source les Echos
Les chercheurs d'Orléans ont patiemment injecté in vitro différents gènes dans leur variété de référence. La dernière lignée la plus avancée joue sur quatre transgènes. C'est elle qui peuple la parcelle expérimentale. « Nous avons testé une quarantaine de lignées, chacune d'une teneur en lignine et en cellulose différente. Nous vérifions à chaque fois si ces modifications n'affectent pas le développement de l'arbre. Nous avons par exemple réussi à obtenir une lignée comportant 50 % de lignine en moins, mais elle ne poussait pas. La lignée actuelle offre de 10 à 20 % de réduction, tout en conservant de bonnes caractéristiques », expliquent les biologistes.
Ce travail a porté ses fruits scientifiquement, mais devrait rester sans suite industrielle. « Il n'y a aucune demande », regrette Gilles Plate. Les papetiers sont aujourd'hui obnubilés par les eucalyptus, espèce phare des pays du Sud. Pour valoriser leurs résultats, l'Inra va poursuivre son expérimentation en direction des biocarburants. Grâce à leur faible taux de lignine, ces peupliers pourraient aussi faciliter la production des biocarburants de seconde génération. La lignine est la partie la plus difficile à traiter pour produire de l'éthanol. La première génération de bioéthanol s'est affranchie de cet écueil en utilisant de la biomasse facile à faire fermenter, de la cellulose essentiellement (grains de céréales). Pour augmenter les sources de biomasse, la prochaine génération devra utiliser les tiges et le bois des végétaux.
Nouveaux crédits
Les chercheurs vont profiter des nouveaux crédits européens sur ce sujet pour ajouter un autre transgène codant pour la résistance à la rouille foliaire, un pathogène qui décime les peupleraies l'été. « Nous devons miser sur des stratégies complexes pour améliorer la résistance des arbres par rapport aux autres plantes. Les pathogènes ont des cycles de vie beaucoup plus courts que ceux des arbres, ils peuvent vite s'adapter à une protection simple. C'est ce qui se passe en Chine où les peupliers OGM à un seul transgène de résistance aux insectes sont dépassés. Des milliers d'hectares sont menacés », insiste Christine Bastien.
S'ils progressent sur le front de la recherche, les chercheurs veulent aussi améliorer la communication de leurs travaux. Jusqu'ici, leurs expérimentations ont évité les foudres des faucheurs. Il est vrai que ces peupliers ne sont pas exactement les mutants qui irritent les anti-OGM. Les transgènes ne viennent pas d'une bactérie ou d'un autre espace, mais d'autres variétés de peupliers. Comme pour la vigne OGM de Colmar, les chercheurs ont aussi multiplié les précautions dans le protocole expérimental. Les individus plantés sont d'abord des femelles, elles ne peuvent disséminer de pollen. Par sûreté, les fleurs des arbres sont systématiquement supprimées. Le risque de drageonnage, la repousse de tiges par la racine, est évité par une surveillance régulière des alentours des troncs.
Les chercheurs d'Orléans envisagent toutefois de reprendre le processus efficace de négociation de l'Inra Colmar pour tenter de gagner la confiance des habitants de la région. « Nous n'avons plus d'aides de la région Centre, qui voit d'un mauvais oeil toute demande de subvention de recherche concernant le peuplier. Or nous ne pouvons pas monter nos projets sur une seule aide européenne ou avec un contrat Agence nationale de la recherche », déplore un chercheur.
De ppfri
12H27 | 02/04/2008 |
merci pour ce bon papier (non-chloré) …
mais je sens déjà se fourbir les arguments lus lors de la tribune de CLAIRE BILLAUX Projet de loi sur la dissémination volontaire des OGM : danger, que j'étais en train de commenter lorsqu'a été publier le présent article.
histoire d'alimenter le débat voici un copier-coller du précédent commentaire.
en fait je dois être un peu limité mais malgré tous ces vibrants appels à la lutte je n'ai toujours pas bien compris le sens du débat qui nous occupe aujourd'hui. au risque de dire une ânerie, je ne vois pas bien qu'elle opposition théorique voit-on entre agrobiologie et ogm …
l'agriculture occidentale s'est développée ces cinquante dernières années autour de l'idée d'une augmentation des rendements agricoles par tous les moyens avec comme corollaire une emprise sur les agriculteurs des semenciers et des boîtes d'agrochimie de plus en plus importante. cette orientation productiviste a conduit à certaines catastrophes en matière environnementales mais aussi à l'émergence d'un secteur industriel honnis dans ces pages mais qui emploie tout de même plusieurs centaines de milliers d'individus : l'agroalimentaire.
on assiste depuis quelques années a un revirement de paradigme salutaire en matière de méthodes de productions agricoles. ceci sous la pression de groupes écologistes -et des industries environnementales-relayée dorénavant par une partie de l'opinion publique dont l'argumentaire est essentiellement étayé par des données scientifiques de qualité.
or, les dits scientifiques, qui ne sont pas tous des Pr Nimbus, réfléchissent depuis longtemps à des méthodes alternatives de production de produits non seulement alimentaires mais aussi de « bioparming », de substitution au pétrole, réduisant les intrans chimiques durant la transformation et la production de plantes ou d'animaux d'intérêt , etc … et il se trouve que parmi les solutions techniques avancées les ogm ont un rôle intéressant à jouer.
par ailleurs, et contrairement à une idée largement répandue, l'ensemble de la communauté a dès l'origine établie des règles strictes quand à l'usage de ce types de technologies (mise à jour récente : Biotech. Industry Org. 2002) et vertement tancée les autorités de régulation et certaines industries suite aux affaires ProdiGene ou Venturia par exemple (Nature Biotech. may 2004).
à la lecture des commentaires précédents, il semble que nous assistions aujourd'hui à une crispation réactionnaire du débat entre d'un côté une industrie (Monsanto) qui de par son histoire reste dans le paradigme productiviste et à la limite de la corruption et d'autre part un nouveau lobby biologisant qui sous couvert de préoccupations environnementales légitimes est en train d'asphyxier toute recherche nouvelle tout en continuant de ce chercher un modèle économique viable.
si le but est de coincer l'opinion publique dans un débat entre crever de faim ou d'un cancer, c'est très réussi mais ça ne change rien aux problèmes fondamentaux qui restent de pouvoir d'une part garantir des productions agricoles de qualité et d'autre part de minimiser leur impact et de les diversifier.
je finirai ce laïus sur un exemple récemment publié par une équipe INRA (Plant Cell 2007), un peuplier OGM produisant moins de lignine permettrait à terme de réduire drastiquement l'utilisation d'agents chimiques de blanchissement lors de la production de papier. doit-on se priver d'une telle option et arrêter toute recherche sous prétexte d'un moratoire indifférencié ?
à ppfri
De déluge
menuisier | 12H53 | 02/04/2008 |
La recherche scientifique que vous défendez fort bien, paye en fait son refus et aussi son mépris pour les fonctionements démocratiques, considérant qu'elle SAIT, alors que la société ignorante par essence est animée de craintes irrationelles.
C'est également valable pour le nucléaire dont les tenant mentent comme ils respirent depuis le début.
Ces craintes sont peut être irrationelles, toutefois, permettez moi de douter de la pureté des intentions des semenciers, dont le passé (et le présent) montre assez que le bien-être de la population et la bonne santé de l'éco-système ne figure pas en tête de leurs préoccupations.
Pour s'en sortir ?
C'est pas compliqué : Un vrai débat, long et argumenté, public. On a vu en 2005 que les sujets même les plus ardus pouvaient mobiliser les attentions.
En lieu de quoi on a une vague loi qui sera amendée en douce dans quelques mois par un petit texte d'apparence anodine planqué dans un autre. On prends les paris ?
Donc : Fauchage. Point barre.
à déluge
De kkadim
service public rhone alpes | 15H42 | 02/04/2008 |
tout a fait d accord avec vous, il serait temps que ces messieurs les scientifiques cessent de poser les questions et les réponses sous prétexte que nous n'y comprenons rien. pourquoi toujours avancé ? et si nous ne voulons pas d'ogm, nous n'en voulons pas. ce n'est pas à une élité, fut elle scientifique pour les ogm ou les nanotechnologie, économique pour la gestion des entreprises, politique pour la direction du pays ( l'argument fut le même pour le traité constitionnel )de décider systématiquement en démocratie.
à kkadim
De glaurent
ingénieur info | 00H08 | 03/04/2008 |
ce n'est pas à une élité, […] de décider systématiquement en démocratie.
A quoi sert d'avoir une élite, alors ?
à glaurent
De léo solo
14H56 | 03/04/2008 |
« A quoi sert d'avoir une élite, alors ? »
A éviter que la société se délite.
Donc à bien saisir le principe constitutionnel d » Egalité
à léo solo
De glaurent
ingénieur info | 15H55 | 03/04/2008 |
égalité de droits. Pas de compétences.
à glaurent
De léo solo
22H55 | 03/04/2008 |
« Tout savoir est troué. »
J.L.
à léo solo
De terrien4589632
17H17 | 08/04/2008 |
non aux OGM non contrôlés non à l'adaptation de l'environnement par rapport à nous oui à notre adaptation par rapport à l'environnement ! ! rien ne sert de courir mieux vaut partir à point.
à kkadim
De Caius
Expert en management | 12H18 | 04/04/2008 |
Les scientifiques restent des hommes, avec leurs faiblesses. Mais leur travail doit être respecté, leurs connaissances doivent être écoutées, même s'il faut pour cela faire parfois un gros effort.
Mettre tous les OGM dans le même panier, sous prétexte qu'ils sont artificiels, c'est d'un simplisme qui confine au fanatisme.
La réponse face aux OGM ne peut pas être : « est artificiel, donc nous n'en voulons pas. Le débat doit se faire OGM par OGM, et ceci autour de deux questions très simples :
1) Quels avantages apporte t-il à la société ?
2) Quels risques fait-il courir à la société ?
Une partie de ces réponses est dans les mains des scientifiques, qui doivent PROUVER aussi bien les avantages que les risques, ou plutôt l'absence de risques.
Le débat, ensuite, est de savoir si les avantages justifient les risques, ou si les risques sont inacceptables.
Dans un tel débat, il y a de fortes chances que beaucoup d'OGM alimentaires soient rejetés, soit parce que les risques sont encore mal cernés, soit parce qu'en définitive les avantages sont au seul profit de l'industrie agro-alimentaire, et pas des citoyens.
Mais l'exemple des plantes OGM, non alimentaires, modifiées pour exprimer le gène permettant de lutter contre la mucoviscidose est, au contraire, un cas dans lequel les avantages pour la société sont énormes (il s'agit d'une question de vie ou de mort pour des milliers de jeunes malades), et les risques proches de zéro. Dans un cas comme celui-ci, la posture anti-OGM par principe est plus qu'une stupidité : c'est une attitude criminelle.
La réalité est toujours complexe. Y répondre de manière simpliste est dangereux. Il faut faire l'effort de comprendre.
à déluge
De glaurent
ingénieur info | 23H50 | 02/04/2008 |
C'est pas compliqué : Un vrai débat, long et argumenté, public. On a vu en 2005 que les sujets même les plus ardus pouvaient mobiliser les attentions.
Ah oui, avec d'un coté « si on vote non c'est la catastrophe » et de l'autre « le TCE remet en cause la laïcité et l'abolition de la peine de mort »… Oui les attentions ont été mobilisées, mais quasiment personne ne savait de quoi il parlait.
Il est évident que les semenciers n'ont aucune intention philanthropique. Leur but est de créer un marché en rendant rare ce que la nature sait multiplier. Tout le monde est d'accord sur le fait que ceci n'est pas acceptable, mais demander un débat public sur un sujet de recherche qui dépasse de loin la simple question des entreprises exploitant ces recherches ne me paraît guère être une bonne solution. Le grand public n'est pas moins sensible au lobbying et aux arguments bidons que les élus, et surtout pas moins que les chercheurs. A vrai dire, votre post « tout en opinions nuancées et réfléchies » (« les tenants du nucléaire mentent » - « fauchage. Point barre. ») en est plutôt une démonstration.
à glaurent
De déluge
menuisier | 08H47 | 03/04/2008 |
Pour aller au bout de votre argumentaire :
Supprimons les élections et confions nos destinées à de vrais spécialistes qui nous conduiront à coup sûr vers le bohneur et l'harmonie.
à déluge
De glaurent
ingénieur info | 09H19 | 03/04/2008 |
Non, c'est tout aussi absurde. Tout ce que je dis c'est qu'il y a un sens à reconnaître que des gens ayant une plus grande connaissance de certaines questions sont plus aptes à porter un jugement dessus.
Vous êtes menuisier, je ne connais rien au travail du bois. De mon point de vue, vous êtes une « élite » dans ce domaine. Aimeriez-vous que je vous dise comment construire un meuble, ayant pour seule source d'info sur la question un reportage de 2mn au journal de 20h ?
à glaurent
De déluge
menuisier | 09H56 | 03/04/2008 |
Ca s'appelle un sophisme.
On parle ici de la destinée d'un groupe composés d'individus-les Français- qui sont qualifiés individuèlement pour décider ce que collectivement ils veulent devenir.
Dénier cette qualification, c'est dénier la démocratie. Laquelle n'est pas une religion, vous pouvez parfaitement proner un autre système.
PS : Ma proposition « d'experts », c'était du second degré.
à déluge
De glaurent
ingénieur info | 11H30 | 03/04/2008 |
Ça n'est pas un sophisme, c'est l'illustration de ce que vous proposez : soumettre votre travail à l'opinion d'une masse de gens n'ayant peu ou pas d'information sur la question.
Il ne s'agit pas de denier la démocratie, il s'agit de faire la part des choses et de comprendre que tout le monde n'est pas forcément à même d'avoir une opinion bien informée sur n'importe quel sujet, et donc qu'il est utile de confier certaines décisions à d'autres plus qualifiés. Ça s'appelle la démocratie participative.
Si il fallait soumettre à référendum chaque sujet de recherche, on en serait encore à l'âge de pierre.
à glaurent
De déluge
menuisier | 13H20 | 03/04/2008 |
« tout le monde n'est pas forcément à même d'avoir une opinion bien informée sur n'importe quel sujet ».
D'où la necessité d'informer et de débattre.
Il me semble, peut être n'est ce pas votre avis, que sur un certain nombre de sujet majeur, il est bon de donner la parole aux citoyens. Non pas pour décider dans les détails, mais pour donner des orientations claires, à l'intérieur desquelles, les spécialistes travailleront. Les OGM en font partie.
Quant à l'argument de « l'âge de pierre »… Il s'agit ni de diaboliser la science ni de faire d'elle un Guide qu'il faudrait suivre aveuglément. A titre d'exemple, ce prix nobel (dont j'ai oublié le nom) « découvreur » de la trisomie 21, qui se révêle un raciste de la plus belle eau.
Et pour finir, se rappeller que la démocratie fait courir le risque de la médiocrité (L'age de pierre), mais que ce risque vaut la peine d'être couru eut égard aux risques que les autres systèmes font courir, y compris lorsque ce sont des esprits éclairés et scientifiques qui sont aux manettes.
Je connais quelques scientifiques, et pour certains, de leur propre aveu ne se soucie pas des conséquences de leurs travaux. Ils pensent, à juste titre qu'il y a des structures, parlement, commission d'éthique, référendum pour cadrer tout ça.
Si mon travail concernait l'ensemble du corps social, je trouverai normal que celui-ci donne son avis. Je traville pour des particuliers, ils font de même.
à déluge
De glaurent
ingénieur info | 15H53 | 03/04/2008 |
Il me semble, peut être n'est ce pas votre avis, que sur un certain nombre de sujet majeur, il est bon de donner la parole aux citoyens. Non pas pour décider dans les détails, mais pour donner des orientations claires, à l'intérieur desquelles, les spécialistes travailleront. Les OGM en font partie.
Sur le fond, je suis d'accord. Mais dans les faits, j'y croirais plus volontiers quand Arte fera plus d'audience que TF1.
A titre d'exemple, ce prix nobel (dont j'ai oublié le nom) « découvreur » de la trisomie 21, qui se révêle un raciste de la plus belle eau.
Je présume que vous faites références aux commentaires récents du Dr Watson, co-découvreur, précisément, de la fonction de l'ADN, sur la relation entre l'ethnie et le Quotient Intellectuel. Notez que ses collègues scientifiques sont parmi les premiers à l'avoir contredit. La recherche n'est pas une communauté parfaite, mais elle fonctionne assez démocratiquement, justement. Et au moins ses participants sont un peu qualifiés.
Si mon travail concernait l'ensemble du corps social, je trouverai normal que celui-ci donne son avis.
Il s'agit ici surtout de débattre des applications industrielles, qui elles touchent effectivement tout le monde, plus que de la recherche elle-même.
à glaurent
De déluge
menuisier | 16H06 | 03/04/2008 |
Le problème, c'est le plein champs, la dissémination. Ca ça concerne tout le monde. Dans les labo, je ne dis pas. Encore que les labos ne soient pas des sanctuaires sacrés à l'écart de la société.
Au fond, notre discussion et les positions que nous défendons l'un l'autre reflêtent le problème de la place de la science et de la recherche dans notre société. Que vous le vouliez ou non, je pense qu'il serait nécessaire que les chercheurs quittent une certaine culture « extra sociale ». Je veux dire par là que toute recherchea un impact sur la société. Il est donc nécessaire que celle-ci ait son mot à dire sur les grandes orientations, les principes et l'éthique (ce qui au delà du problème OGM.
Cordialement.
à déluge
De glaurent
ingénieur info | 17H48 | 03/04/2008 |
Sur la question précise du plein champ, je suis assez d'accord. Egalement sur le point général que la société ait son mot à dire, mais par le truchement de référendums, cela me semble hasardeux. Des comités d'éthiques sont a priori plus aptes à prendre ce genre de décisions.