
ITER : comment reconstituer une étoile en laboratoire
Mercredi 7 novembre, entre deux réunions avec les responsables syndicaux des facs en grève, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, s'est offert une pause méditerranéenne en descendant jusqu'au site du CEA (Commissariat à l'Energie Atomique) de Cadarache, près d'Aix-en-Provence. Elle y a signé un tout dernier accord, celui qui officialise l'installation du projet ITER en France et autorise les premiers coups de pelleteuse de son chantier de construction.
ITER (abréviation anglaise de Réacteur Expérimental Thermonucléaire International) est un projet planétaire co-dirigé par la France et le Japon et dont le coût est souvent qualifié de « pharaonique » puisqu'il représente un tas de billets haut comme 13 fois la pyramide de Kheops. En billets de 500. Le but du projet est de vérifier que l'homme moderne est capable de déclencher une réaction de fusion nucléaire, et surtout qu'il peut la maintenir pendant un temps suffisamment long et dans un réacteur suffisamment grand pour produire de l'électricité.
Chez ITER, on reste cependant modeste : les savants se fixent comme objectif une réaction qui tienne la route pendant… 6 minutes et demi. Tout un pataquès, donc, pour (peut-être) 400 secondes de bonheur, 400 secondes d'une victoire révolutionnaire sur la matière.
Des noyaux trop peuplés à l'origine de la radioactivité
Toute la matière connue de notre univers est constituée d'atomes, des éléments minuscules dont le diamètre est de l'ordre du dix milliardième de mètre. Parmi les atomes les plus célèbres, citons le carbone, le fer, l'oxygène, l'uranium ou l'or. Chaque atome est lui-même formé d'un noyau central autour duquel gravitent des petites particules appelées électrons, comme des moustiques autour d'une lampe par une moite soirée de juillet. Et en plongeant tête la première dans un noyau vous aurez l'occasion d'y apercevoir deux autres sortes de particules : des protons et des neutrons.
Les électrons et les protons sont électriquement chargés, l'électron est « moins » tandis que le proton est « plus ». Un atome moyen possède les trois particules en quantités égales ; il est donc totalement symétrique et neutre (autant de « plus » que de « moins »). Le carbone, par exemple, est formé d'un noyau de 6 protons et 6 neutrons autour duquel virevoltent allègrement 6 électrons. Or 6 protons + 6 neutrons font un noyau de 12 particules au total : l'élément est appelé carbone 12 (noté C12).
Mais la matière aime la diversité, sinon elle s'ennuie. Pour ajouter un peu de piment à son existence, elle a décidé que les noyaux ne disposeraient pas toujours d'autant de neutrons que de protons. Le noyau de carbone peut ainsi renfermer 6, 7 ou même, soyons fous, 8 neutrons. Dans ce dernier cas, 6 protons + 8 neutrons font 14 particules… et on l'appelle le carbone 14 (C14). Les scientifiques nomment ce genre d'atomes des isotopes. Le C14, comme le C13 et le C12, sont trois isotopes du carbone : toujours 6 protons, mais un nombre variable de neutrons.
Si les isotopes C12 et C13 sont parfaitement stables, en revanche le C14 est un peu moins net : trop de neutrons par rapport aux protons. Torturé par sa grande dissymétrie, ce noyau peut décider au hasard, quand l'idée lui vient, de se secouer un petit coup pour libérer les particules qui l'encombrent. Un tel soubresaut atomique, avec libération de quelques particules(au maximum, 2 protons et 2 neutrons) est appelé « désintégration radioactive ». Le C14 n'est d'ailleurs pas le seul à subir le phénomène : tous les atomes ont des isotopes radioactifs.
La fission de l'uranium, des conséquences dures à avaler
La fission nucléaire est un autre phénomène radioactif, exceptionnel celui-ci puisqu'il ne touche qu'un seul élément naturel : l'uranium, qui est aussi le plus gros atome connu sur Terre. L'éléphant des atomes, dont le noyau peut contenir jusqu'à 240 particules : 92 protons + 135 à 148 neutrons ! Avec une telle masse à supporter, et une telle instabilité permanente, l'uranium est si fragile qu'il peut se casser en deux morceaux quand on le titille un peu fort. Par exemple, un noyau d'uranium contenant 235 particules (92 protons + 143 neutrons) et qui reçoit un neutron sur le coin du pif éclate en deux petits noyaux : le xénon 140 (54 protons + 86 neutrons) et le strontium 94 (38 protons + 56 neutrons).
Vous allez me dire, car vous avez fait vos calculs, qu'un uranium 235 avec son neutron en plus, ça fait 236 particules, et que la somme de celles contenues dans les deux produits ne fait que 234. Il manque donc 2 neutrons ! Et vous avez raison : la réaction de fission de l'uranium 235 bombardé par un neutron libère 2 nouveaux neutrons. Avec en prime de la chaleur, beaucoup de chaleur.
Ces deux produits de la réaction sont d'ailleurs exploités par l'homme dans les centrales nucléaires : on bombarde des noyaux d'uranium avec quelques neutrons, et les neutrons libérés lors de la fission percutent d'autres noyaux d'uranium, qui vont à leur tour échapper des neutrons, etc. La réaction finit par s'alimenter toute seule. Quant à la chaleur libérée, elle permet de faire bouillir de l'eau dont la vapeur entraîne un peu plus loin une grosse turbine, qui réagit tout de suite en fournissant de l'électricité. Merveilleux, non ? Eh bien non. Car si la réaction en chaîne de production de neutrons est mal contrôlée, tout s'emballe et le combustible d'uranium finit par vous sauter à la truffe. C'est le principe de fonctionnement d'une bombe atomique. L'uranium est lui-même un produit hautement radioactif et dont les stocks mondiaux sont assez limités. Et ne parlons pas des résidus de la fission, xénon, strontium, baryum, césium et autre plutonium qui sont aussi inoffensifs qu'une meute de lapins dans un champ de carottes.
La fusion, solution miracle ?
Pour palier ces inconvénients de la fission nucléaire, les scientifiques sont à l'affût de sources d'énergie « propres », renouvelables et peu dangereuses. Tel est l'objectif des recherches menées sur la fusion nucléaire, qui est l'exact inverse de la fission : il s'agit maintenant de rassembler deux noyaux en un seul. Le processus est diablement intéressant car il dégage une énorme quantité d'énergie. Pensez, ce sont des réactions de fusion qui sont à l'origine de la chaleur dégagée par les étoiles ! Le problème, c'est que pour faire fusionner deux noyaux il faut se lever de bonne heure. Je vous disais tout à l'heure que les protons du noyau étaient chargés électriquement (plus). Par conséquent, si on rapproche deux noyaux les charges « plus » se retrouvent face à face, et réagissent comme deux pôles nord d'un aimant : elles se repoussent violemment. La seule solution pour les accoupler malgré leurs réticences est de les chauffer à mort. L'expression « à mort » est à peine exagérée, puisque la fusion des noyaux nécessite des températures de plusieurs dizaines de millions de degrés.
Et encore. Avec une telle température, une étoile parvient tout juste à faire fusionner des tout petits noyaux, tous isotopes de l'hydrogène dont le noyau de base ne contient qu'un proton et aucun neutron. Par exemple, un noyau de deutérium (1 proton + 1 neutron) fusionne avec un noyau de tritium (1 proton + 2 neutrons) pour former un noyau d'hélium (2 protons + 2 neutrons), en libérant un neutron et une bonne quantité d'énergie, bien plus grande que celle libérée par la fission : si 1 gramme d'uranium fournit autant d'énergie que 2 tonnes de pétrole, 1 g de combustible de fusion, lui, fournit l'équivalent de 10 tonnes de pétrole ! Le jeu en vaut donc la chandelle.
Mais il faut une grosse chandelle, pour chauffer autant qu'une étoile. Jusqu'à présent, les savants n'ont pu faire mieux que de maintenir ces températures astronomiques pendant quelques dizaines de seconde. Les premiers succès sont l'œuvre des soviétiques, inventeurs d'un réacteur de fusion nucléaire appelé Tokamak qui leur a offert, en 1968, la bagatelle de 10 millions de degrés. Aujourd'hui, l'objectif est de chauffer plus fort, plus longtemps, et pour dégager un maximum d'énergie. L'homme veut vérifier s'il est capable de faire briller une mini-étoile sur Terre, pendant au moins quelques minutes. Si ça marche, on pourra envisager d'utiliser un jour la fusion nucléaire pour produire de l'électricité sans pétrole, qui devient franchement hors de prix, ni uranium, pas franchement idéal.
D'ailleurs, la fusion nucléaire évite, paraît-il, la plupart des inconvénients de la fission : du combustible en veux-tu en voilà (la Terre porte des milliards de tonnes d'hydrogène, et on pourra bientôt en produire à peu de frais), un minimum de radioactivité, et quasiment aucun déchet dangereux. Bien entendu, elle a ses petits inconvénients, dont le premier est qu'on n'est pas sûrs qu'elle soit faisable ! Car même avec 400 secondes de fusion à fond la caisse, on n'aura toujours pas assez d'électricité pour alimenter le TGV entre Paris et Bordeaux. Déjà que, cette semaine, il n'a plus de chauffeur…
Mise à jour, 20/11/07 : modification du paragraphe commençant par « Si les isotopes C12 et C13 ».
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De
13H33 | 17/11/2007 |
13 fois la pyramides de Kheops en billets de 500 !
Par Amenhotep, ça fait cher pour un truc qu'est même pas sûr de fonctionner !
De
10H46 | 19/11/2007 |
Puisqu'il s'agit de science, soyons rigoureux :
Est-ce que qu'il s'agit d'un tas sous forme de pile (un billet sur un autre billet etc…) dont la hauteur serait 13 fois celle de la pyramide (ce qui limite quand même un peu la casse) ou bien d'un tas en forme de pyramide dont la hauteur serait 13 fois celle de Khéops (et donc dont le volume total serait 13x13x13 fois plus important que la dite pyramide (qui a tout de même bien une forme de tas elle aussi ! )
Cela ne fait pas du tout la même quantité de billets ! Et votre expression « tas de billets » pourrait laisser penser que c'est la seconde solution qui est exacte, ce qui me semble pourtant difficile à croire.
Alors, quelle est la bonne réponse ?
De
16H14 | 17/11/2007 |
Bonjour,
Article très sympa avec gros effort de vulgarisation humoristique.
Je ne suis pas expert en fusion, mais doctus con libro (ceux de H. Reeves pour ne pas le nommer) j'ai l'impression (erronée vraisemblablement) que votre conclusion est très, très optimiste : « minimum de radioactivité » et « du combustible en veux-tu en voilà » ! ! !
Si j'ai bien compris mes doctes lectures Reeviennes, les techniques actuellement essayables expérimentalement, nécessitent la présence de tritium (gaz hautement radioactif) qui lui même est obtenu à partir de lithium (produit vachement peu répandu sur terre).
Donc pour la radioactivité, espérons que personne ne partira de la centrale, en oubliant de fermer la porte ; quant au lithium, c'est comme le pétrole bientôt ou l'uranium demain, une rareté . Reste aussi les problèmes de durée de vie et du recyclage de la dite centrale après bombardement aux neutrons survitaminés ! ! !
Bref, je me demande avec Hubert (j'aime bien me poser des questions avec de grands scientifiques sympas) s'il n'aurait pas fallu investir tout cet argent plutôt dans les énergies renouvelables ? ? ? ?
Quant à Iter, moi franchement je l'aurais laissé aux Japonais qui avaient l'air d'y tenir …..des fois que ! ! Et je ne parle pas des consommations d'Electricité qui, elles aussi, doivent être pharaoniques (je sais ce sera bon pour le PIB du pays) ! !
Chris
De
11H11 | 19/11/2007 |
Je crois qu'en terme de radioactivité, le problème essentiel est celui de la cuve et de structures dont les atomes (fer, carbone etc…), après avoir reçu des neutrons dans la poire pendant un bon moment pourraient décider de se transformer en quelque isotope pas sympa à longue durée de vie et donc condamnés à un long séjour dans quelque oubliette souterraine (La problématique principale du stockage étant de savoir qui paye le veilleur de nuit et comment provisionner des frais de gardiennage pour 200000 ans quand on ne sait pas combien coûtera une baguette de pain dans 50 ans). Cela dit, dans le cas d'ITER, le flux de neutron, on n'est pas encore tout à fait sur le point de l'obtenir, et de toute façon pas pour très longtemps. Si ceci devait un jour déboucher sur un grand nombre de réacteurs de production, la donne serait différente.
Enfin, je m'éloigne un peu du sujet, mais il existe une autre technique de « chauffage » de l'hydrogène qui consiste à bombarder au laser une petite bille d'hydrogène congelé qui subit alors une violente déflagration du à la vaporisation de sa surface. Elle explose donc… Mais son coeur est lui violement ecrasé par la détente des parties périphériques de la bille et subit donc une augmentation de pression et de température pouvant conduire à la réaction tant récherchée. Le CEA dispose d'un très beau (très très cher) joujou pour expérimenter cela. Mais il faut savoir qu'à ce moment là on obtient non pas un « feu » continu comme dans une étoile, mais une étincelle très brève et violente, un peu comme une minuscule bombe H.
Ce qu'il faut savoir, c'est que ces recherches ont également pour objectif l'idée de disposer d'un moyen d'« allumer » les bombes H qui dispense d'utiliser une bombe A (à uranium) comme allumette. En effet, outre les problèmes de pollution radioactive importants dus aux bombes A (elles explosent bien avant d'avoir consommé tout leur uranium (ou leur plutonium) et dispersent des très importantes quantités de produits radioactif dans l'atmosphère), on ne sait pas en faire de petites à cause d'une bête question de masse critique (pour amorcer une réaction en chaine, il faut une quantité minimum d'uranium, de l'ordre de plusieurs kg). Une bombe H qui utilise une bombe A en amorce est donc condamnée à jouer dans la catégorie des superbombes statégique (façon équilibre de la terreur, bref, des bombes qui sont faite pour ne jamais servir, ce qui est bien domage vous ne trouvez pas ? ).
Or, une des problématique très à la mode en ce moment dans les caboches des Follamour du monde entier est celle de la capacité à développer des bombes H de poche (mininukes), qui puissent servir comme arme à tout faire sur un champ de bataille où en opération tactique (fracasser un bunker entéré par exemple, rase une colonne de char). Bref, l'efficacité d'une (très) grosse bombe classique, mais qui ne necessite pas un gros missile ou un avion de chasse, et puisse tenir dans la besace d'un soldat commando ou être porté par un projectile léger, tout cela avec peu ou pas de radioactivité pour permettre une réoccupation immédiate du terrain, tout en ayant des troupes à proximité. Super non ? Enfin des bombes atomiques qui servent en vrai, en opération.
C'est dans cette direction que sont tournées toutes les recherches actuelles. En effet, les mégabombes, on sait déja les faire. Mais évidement, comme ce nouveau type de bombe ballaie toute la théorie de la dissuasion à peu près acceptées aujourd'hui par les opinions publiques (les bombes sont faites pour ne jamais servir et garantissent l'absence de guerre) et bien personne n'en parle, mais tout le monde y travaille discrètement….
De ONCLETOM
19H18 | 17/11/2007 |
La folie des hommes détruira la planéte.
Ils n'ont pas eu assez de TREE MILES ISLAND et TCHERNOBYL ; sans parler de tous les sous marins nucléaires envoyés au fond des mers.
Le budget est colossal.
Ce n'est que dans 2 décennies que nous aurons peut être ces 400 secondes de bonheur et, si ça marche, nous repartirons sur un nouveau programme de plusieurs années ……. pendant ce temps la planète se sera réchauffée, les énergies fossiles ne seront qu'un vieux souvenir et nous regretterons les investissements non réalisés à cause d » ITER dans le solaire, l » éolien, la biomasse … etc, etc
Quand Docteur FOLAMOUR est aux manettes, il vaut mieux se mettre à l'abri ; mais ou ? ? ? ? ?
De
21H19 | 17/11/2007 |
Une petite inexactitude dans l'article original : Le carbone 13 est parfaitement stable bien que présent en faible quantité (1%) dans les sources de carbone terrestre. Donc seul le carbone 14 est radioactif.
De Pierre-Grenoble
21H41 | 17/11/2007 |
6 minutes et demi cela fait 390 secondes
Cela fait surtout beaucoup d'argent pour quoi ?
D'accord pour la recherche fondamentale mais de la a exaucer tous les voeux du CEA et consorts …
De Kwisatz
22H48 | 17/11/2007 |
Vous êtes dans votre droit lorsque vous vous demandez pourquoi tant d'argent est dépensée dans la recherche fondamentale.
Mais en connaissez-vous vraiment toute l'étendue ? Pouvez-vous vous venter de savoir à quoi cela sert ? Si vous répondez « rien », ce qui suit devrait vous intéresser.
Savez-vous que votre ordinateur au départ ce n'était que de la recherche fondamentale, « inutile » donc ? Que les rayons X, les IRM et même les lasers à épilation (oui oui) sont des aboutissements de recherche fondamentale ?
Vous répondrez qu'il y a recherche fondamentale et recherche fondamentale. C'est vrai, il ne faut pas tout mettre dans le même sac, c'est pourtant ce qui est souvent fait. Certaine fois on a l'impression de perdre son temps et de jeter de l'argent en l'air, pourtant dans la plupart des cas, il y aura des applications ou un intérêt à avoir fait ces recherches, même si cela vient après, bien après parfois. Einstein a « piqué » des résultats à Poincarré qui ne les avait pas compris ! Recherche sans intérêt économique pour Poincarré, révolution pour et par Einstein.
Pour ce qui est d'ITER, le projet est colossal, impressionnant par son ampleur, voire déroutant. Nous ne serons sûrement pas là pour en voir l'aboutissement (un réacteur à fusion fonctionnant de façon permanente), mais tous ce qui aura était mis en oeuvre pour y arriver ne restera pas cause perdue car il y a des défis dans tous les domaines : circuit éléctrique, informatique, matériaux, réaction nucléaire, coordination internationale… Tout ceci sera utile pour le futur et pour le présent, améliorant le quotidient, si cela est du ressort de la recherche, de chacun sans pour autant qu'il soit dit directement « au départ ce n'était que de la recherche fondamentale ».
à Kwisatz
De karlM
21378
21H43 | 19/11/2007 |
Pierre-Gilles de Gennes, nobel de physique 1991 et Masatoshi Koshiba nobel 2002 ont tous les deux exprimés leurs désaccords devant ce délire techno-scientifique (dangereux et cher)de plus l'urgence environnementale nécessite que toutes les énergies s'appliquent pour le présent…dans 50 ans, ça sera grave.
De
23H06 | 17/11/2007 |
La fusion nucléaire ne verra jamais le jour pour produire de l'énergie, bien que ses promoteurs espèrent arriver aux premiers réacteurs utilisables dans un cadre commercial à partir de 2100.
Entre temps, plusieurs étapes sont planifiées (sur des dizaines d'années) avec des démonstrateurs, expérimentateurs et prototypes.
Cela fait déjà 50 ans que l'on nous promet la fusion pour dans 50 ans. C'est comme la pierre philosophale ou la transmutation du plomb en or
Entre temps, les énergies renouvelables seront devenues dominantes, à un coût très inférieur à celui du nucléaire et sans les risques du nucléaire (qui ne sont assurés par aucune compagnie au monde au delà d'un montant très inférieur aux dommages probables).
Dans dix à vingt ans selon la situation géographique, certaines énergies renouvelables (le solaire en particulier) permettront un coût de production de l'électricité inférieur à celui du nucléaire.
Aller ici : Energie et énergies
pour trouver de bons articles sur les diverses énergies, en particulier dans le domaine du nucléaire et de l'électricité.
Avec des liens vers des sites ou des documents de premier plan sur ces questions.
De Aurélien.
13H15 | 19/11/2007 |
c'est justement ça la fusion : la transmutation
on prend deux atomes isotopes de l'hydrogène
et on les fusionne.
Il y a création d'un nouvel élément
qui n'était pas là au départ
d'où transmutation !
De babakchit
01H28 | 18/11/2007 |
Merci pour cet article qui explique bien le but du projet ITER et son fonctionnement.
De
10H43 | 18/11/2007 |
D'après ce que j'ai lu, le budget « pharaonique » d'ITER est de 10 milliards d'euros sur 40 ans partagés par plusieurs pays (budget qui sera sans dout allègrment dépassé). Mais à comparer aux 15 milliards PAR AN du « paquet fiscal » (qui sera allègrement dépassé ? ).
De
10H44 | 18/11/2007 |
ITER n'est plus, officiellement, l'acronyme de International Thermonuclear Experimental Reactor. Iter s'écrit désormais en minuscule et renvoie au mot latin qui signifie « le chemin ».
Le programme n'est pas « co-dirigé par la France et le Japon ». Chacun des 7 partenaires (Europe, Russie, Japon, Corée du Sud,Chine, Etats-Unis et Inde)est placé sur un strict pied d'égalité. Les partenaires se sont accordés pour construire la machine Iter en Europe, à Cadarache dans les Bouches-du-Rhône et l'actuel directeur-général, nommé pour cinq ans en 2005, est japonais.
De
19H38 | 18/11/2007 |
Il semble que le projet ITER n'est pas que des adorateurs, loin de là.
Voir ces articles sur le site de JP petit.
Pourquoi il faut stopper le projet ITER :
http://www.jp-petit.org/Presse/radio_grenouille.htm#iter
http://www.jp-petit.org/science/ITER/iter1.htm
http://www.jp-petit.org/science/ITER/fermer_ITER.htm
De
20H00 | 18/11/2007 |
Bonjour,
Je tiens à rappeler aux pessimistes : Que dans la vie, il faut s'essayer sinon on avancera jamais. Et je trouve tout à fait risqué et élégant de se lancer dans une course à la fusion nucléaire sans savoir véritablement si nous allons en tirer profit à bon compte. Pour ma part, je suis bien familié au concept de la fusion nucléaire en terme de physique et principe nucléaire. Toutefois, un fait qui vous marquera peut-être (car c'est super intéréssant, voir même trippant), la fusion peut être réaliser par des isotopes de l'hydrogène, mais aussi par d'autres réactifs. Par exemple, la fusion est possible avec de l'helium 3 ! Soit dit en passant 1 gramme d'helium 3 équivaut à plusieurs millions de dollar puisqu'il est en quantité limité (voir même « super rare ») et ce sur terre… Helium 3 est produit par les étoiles et projeté dans l'espace (lors d'activité intense à la surface). Hors, ses particules en « suspension » dans l'espace se déplace. La terre est pauvre en helium 3. Pourquoi ? Et bien, c'est simple. L'atmosphère agit comme bouclier au rayon Ultra-Violet et bien, il en est de même pour l'helium 3. Toutefois, une certaine partie (minime) réussit à passer au travers, mais ce fait demeurt anodin. C'est la, ou la lune rentre en jeux ! La lune n'ayant pas de bouclier amasse les résidus de particule d'helium 3 sans arrêt. Les scientifiques ont découverts que la lune contenait une quantitié astronomique voir même démentiel de ce fameux helium 3. La solution : Vu les coûts astronomiques de cette substance sur terre et de sa difficulté à trouvé, pourquoi nous allons pas le miner sur la lune ! ET OUI, NOUS Y ALLONS. Des projets sont en cours et je vous assure que d'ici 10 ans, vous allez en attendre parler !
J'aimerais apporter une autre notion pourquoi helium 3 plutot que deutérium et tritium. L'énergie dégagée par l'helium 3 est « moindre » que celle dégagé par les isotopes de l'hydrogène. Ceci vient jouer un rôle au niveau de notre engin de « la fabrication d'une réaction de fusion nucléaire », car dû à la grande chaleur dégagé, les parois électromagnétique (bref, l'équipement interne) doit être renouvellé à tous les 3-5 expériences et sa coute une fortune ! L'helium 3 vient rentabiliser ce concept en augment le nombre d'essai. Beaucoup d'autres raisons sont en cause mais la principale demeure cette derniere.
De
10H01 | 19/11/2007 |
Ca y est la fameuse course en avant. On peut continuer sans se poser de questions grâce à l'Hélium 3. Chouette !
Et si vous n'y croyez pas c'est que vous êtes un pessimiste… Et hop, balayée d'un revers de main toute critique …
Pffffffffff
Ce type de raisonnement me fatigue.
Ce qui m'aurait intéressé c'est : voici un nouveau projet (les infos sur l'Helium 3 sont instructives, je le reconnais), et voici son écobilan : envoi d'une fusée sur la lune : quelle énergie nécessaire ?
Entretien d'une unité de production : quelle énergie nécessaire ? Retour de l'Helium 3 sur terre : quelle énergie nécessaire ? Traitement de cet Helium 3 : quelle énergie nécessaire ?
On fait la somme. On compare avec la prod. Bon, ça doit être intéressant sinon, on n'en parlerait pas. Mais pour quel rendement entre énergie consommée et énergie produite ?
Et quel impacte de pollution ? Ne serait-ce qu'en matériaux utilisés ? Faire décoller une fusée, nonobstant ses propres coûts de fabrication…
Bref, ce genre de bilan intégral n'est pas ajouté au débat.
Or, il me semble primordial.
Si il l'est, je n'y ai pas accès.
Mais bon, pour l'éolien non plus, donc ….
Une discussion sur cette base me semble indispensable pour ensuite faire des choix de société. Ce qui permettrait aussi d'éviter l'éternel duel stérile entre promoteurs du « progrès » qui s'opposent aux pessimistes « durables'.
Juste une chose : il me semble qu'il y a toujours un équilibre entre l'équation du avant = après via transformation.
Que cela soit pour la fusion, ou pour son succédané, l'Hélium 3, j'ai du mal à croire à une solution magique qui produirait bonheur éternel sans effort.
Par exemple, poursuivons cette hypothèse de l'Hélium 3 :
On s'inquiète du réchauffement climatique. en fait pour faire simple, on peut postuler que l'énergie totale de la terre est à peu près constante. Donc s'il y a réchauffement, c'est seulement du au fait qu'une partie de celle-ci stockée sous forme fossile est libérée dans l'atmosphère. Juste un simple transfert de localisation. mais avec des effets sympathiques sur les petits animaux vivant en surface dont nous sommes.
Que penser alors d'un système qui dirait : le bouclier atmosphérique est un obstacle. Nous allons donc mettre en place une navette qui permet de faire passer de l'énergie fortement compactée pour le transport à travers ce bouclier. Puis on va la libérer pour s'en servir.
Ma réaction immédiate c'est : bonjour l'étuve sur cette planète d'ici peu.
Mais bon, je n'ai pas de craintes : nul doute qu'on ne puisse me proposer un thermomètre géant du sol vers le “vide” spatial pour évacuer l'excédent de chaleur.
Au nom de la recherche fondamentale ?
De
11H32 | 19/11/2007 |
>simple, on peut postuler que l'énergie totale de la terre >est à peu près constante. Donc s'il y a réchauffement, c'est >seulement du au fait qu'une partie de celle-ci stockée sous >forme fossile est libérée dans l'atmosphère. Juste un simple >transfert de localisation.
Ah non, là vous vous trompez : l'énergie sur terre n'est pas une quantité constante. Il y en a plein qui rentre (le jour, sur la face éclairée par le soleil) et plein qui sort (la nuit, l'autre face rayonne sa chaleur vers l'espace). Les quantités d'énergie en jeu lors de ce simple échange quotidien sont monstrueusement supérieures à tout ce que l'homme peut dégager et pourra dégager avant longtemps. La quantité d'énergie fossile libérée par les activitées humaines ne compte quasiment pas dans ce bilan (d'ailleurs, on le voit bien en hiver, vous avez beau chauffer votre maison, elle refroidit en quelques heures ou jours car toute la chaleur produite par votre chaudière a vite fait de ficher le camp vers le ciel pur de l'hiver pour aller chauffer les fesses des martiens. Inversement, en été, il suffit d'une belle journée de soleil pour chauffer un ville comme jamais vous n'en seriez capable avec tout le pétrole de l'Alaska… Le réchauffement n'a donc rien a voir avec un simple transfert de localisation.
Donc, vous n'y êtes pas du tout. L'impact des énergies fossiles sur l'énergie de la terre est plus subtil : certains gaz, dont le CO2, mais aussi la vapeur d'eau et plus que tout le méthane ou les oxydes d'azote sont capable d'influencer le bilan entre ce que la terre reçoit du soleil le jour et ce qu'elle renvoit dans l'espace. En effet, le rayonnement solaire se situe dans des longueurs d'ondes particulières qui traversent sans problème tout ces gaz présents dans l'atmosphère. Ils sont absorbés par la surface du sol qui s'échauffe et commence donc à envoyer vers l'espace un rayonnement plus froid (la terre est plus froide que le soleil) dont les longueurs d'ondes sont donc plus grandes et qui est absorbé par les gaz en question (dont le plus abondant est le CO2). La chaleur reste donc piégée dans l'atmosphère et il fait de plus en plus chaud. C'est un peu comme si, au milieu des grosses rentrées et sorties de votre compte en banque, vous parveniez à augmenter légèrement votre capacité d'épargne et freinant légèrement vos dépenses. En étant suffisement patient, votre solde grossit…
Comme on disait autrefois, la bois, ça réchauffe trois fois : quand on le coupe, quand on le range en tas et quand on le brûle. Le pétrole aussi ça chauffe plusieurs fois : quand on fait la guerre pour l'avoir, quand on le brûle et surtout surtout quand il empèche la terre d'équilibrer son bilan thermique.
Petite précision au passage, le réchauffement climatique n'a rien a voir avec les problèmes d'ozone.
De Nicolas Marchand
Ingénieur | 11H26 | 19/11/2007 |
C'est encore une fois l'éternel débat (combat ? ) entre Edouard et l'« oncle Vania »…
De Aurélien.
13H31 | 19/11/2007 |
La dépense de sommes d'argent sur ITER peut laisser songeur (Combien de SMIC).
Or les projets nucléaires et spatiaux ne sont pas de la même nature. Cet argent n'est pas comme la bourse du père de famille. C'est un emprunt sur l'avenir.
Le projet Appolo d'aller sur la lune à dépensé des fortunes. Mais pour 1$ investi, il y a eu 10$ de retombées sur l'ensemble de l'économie américaine.
(bilan à débattre, mais restons au principe)
Appolo n'a pas fait que ramener des petits cailloux lunaires. Il a fallu faire de nombreuses recherches et découverte en physique, informatique, médecine…
Découverte qui ont permi d'améliorer la vie.
Tout bêtement : micro-ondes, poëlles en téflon, protèses.
Le projet ITER est une véritable aventure vers l'avenir.
On ne sait pas ce que ça peut donner exactement.
Mais l'histoire de l'humanité est faite de cela :
- aller voir au delà de la montagne
- comprendre comment ça marche
- essayer de le reproduire.
Sinon les êtres humains n'auraient pas pu se distinguer des primates, plus fort physiquement et plus adaptés biologiquement.
Mais peut être que certains le regrètent.
à Aurélien.
De
03H50 | 20/11/2007 |
Quand avons nous donné notre accord ?
De
11H46 | 20/11/2007 |
Quelques réponses en vrac aux commentaires précédents…
- le tritium est un produit radioactif, dangereux et cancérigène, mais on ne peut pas le qualifier de « hautement radioactif ». Ses émissions sont faiblement énergétiques, et sa 1/2 vie n'est que de 12,3 années. On peut donc envisager de s'en débarasser sans trop de dangers. Cela dit, travailler avec la radioactivité reste extrêmement périlleux, et cette source d'énergie reste une des moins intéressantes pour la survie de notre espèce… et des autres.
Comme vous le dites, il vaudrait bien mieux, dès aujourd'hui, se dire que le nucléaire ne PEUT PAS représenter l'avenir, et dépenser nos sous sur d'autres projets plus « modernes ».
- le lithium est un métal dont les gisements sont bien sûr limités. Sur les continents, on estime les stocks à 3 fois ceux de l'uranium. Il parait qu'il y en a aussi des dizaines de milliers de tonnes dans l'eau de mer, sous forme d'impuretés. Reste à l'extraire…
- La « seule » contamination liée à la réaction de fusion nucléaire semble être celle des parois internes du réacteur. Le CEA prétend, sûrement à juste titre, que c'est peu. Cela dit, à l'intérieur du réacteur il ferait 100 millions de degrés, et le gaz chaud serait enfermé dans des parois invisibles formées par un champ magnétique. Cela empecherait le réacteur de fondre, car rien ne résiste à cette température. Mais je pose la question : et si le champ magnétique tombe en rade ? ?
- La recherche fondamentale est par définition un défi, une expérience, un essai, une question parfois posée dans le vide, une exploration les yeux ouverts, fermés ou a moitié ouverts. Rien ne permet de dire au départ que l'expérience ne sert à rien et ne mènera jamais à rien. On ne compte plus, au cours de l'histoire, ceux qui ont ri d'une expérience et qui se sont rendus bien ridicules une fois celle-ci réussie. On n'a pas le droit de dire « ça ne marchera jamais ». La réussite est trop aléatoire pour qu'on la rejette a priori.
Reste bien sûr le débat sur l'énergie nucléaire, mais c'est un autre problème. Essayer est dans la nature de l'homme. Malheureusement, l'excès d'optimisme et de pessimisme aussi…
- Le carbone 13 est en effet stable. je m'en vais demander une correction immédiate de l'article. Avec toutes mes excuses !