Génétique: pour procréer, votre cousin(e) est votre meilleur atout

L’inceste est un des comportements les plus tabous de l’humanité. A toutes les époques, dans tous les textes législatifs et religieux, dans toutes les sociétés y compris les plus "primitives", il est généralement interdit d’épouser sa soeur, son cousin ou, pire encore, ses enfants.

Pourtant, une étude issue des laboratoires DeCode Genetics, une société de biotechnologies islandaise, montre que les couples formés par des cousins du troisième ou quatrième degré sont ceux qui ont le plus d’enfants et de petits-enfants. L’idéal serait-il donc de se lier à quelqu’un de proche… mais pas trop ? L’inceste est biologiquement inacceptable

Certes, Cléopâtre épousa successivement ses deux frères avant de les faire assassiner. A Rome, les liens sentimentaux et sexuels entre membres des familles impériales étaient emmêlés au point que le peuple n’y retrouvait plus leurs petits. Même Darwin, pourtant bien informé des risques encourus, épousa sa cousine.

Mais ce ne sont que des exceptions à la règle primordiale : on ne couche pas avec la famille. L’anthropologue Claude Lévi-Strauss a même suggéré que c’est la prohibition de l’inceste qui permit à l’animal de devenir humain et que les la recherche de femmes extérieures au groupe familial était le fondement de notre vie sociale.

Cette théorie est aujourd’hui contestée mais elle ne se trompe pas en hissant le refus de l’inceste parmi les plus violents instincts de notre espèce. Et pas seulement la nôtre, car les spécialistes qui ont étudié l’inceste chez les animaux confirment que chez les lions, les hyènes, les pics verts, les épinoches, les rats-taupes et bien d’autres, on évite aussi de se reproduire avec maman ou avec la frangine.

Pourquoi le monde animal connaît-il cet interdit quasi absolu ? Parce que faire des petits avec ses parents proches présente un inconvénient majeur : ça augmente les chances de mettre au monde des enfants atteints de maladies très graves. L’explication est ici d’ordre génétique.

Deux chromosomes chacun, l’un venu du père, l’autre de la mère

A quelques exceptions près, chacune de vos cellules renferme 46 chromosomes répartis en 23 paires. Dans chaque paire, un chromosome vous a été aimablement fourni par votre père et l’autre par votre mère. Un chromosome est formé de l’enchaînement de plusieurs centaines de gènes, et les deux chromosomes d’une paire sont deux frères presque jumeaux : ils contiennent des gènes qui remplissent les mêmes fonctions mais dont les structures ne sont pas tout à fait identiques. Vous possédez donc chaque gène en deux exemplaires qu’on appelle "allèles" : un allèle est porté par le chromosome paternel, l’autre par le chromosome maternel.

Voici une représentation schématique d’une paire de chromosomes. Chaque gène (A, B, C, D) est présent en deux allèles légèrement différents : A1 et A2, B1 et B2, etc.

Or de nombreuses maladies génétiques (la mucoviscidose par exemple) sont liées à des allèles défectueux mais ne déclenchant la maladie que s’ils sont présents en deux exemplaires. Dans l’exemple donné sur le schéma, imaginons que l’allèle A2 entraîne une maladie lorsque l’individu le possède en double (A2/A2). En revanche, les couples d’allèles A1/A2, A2/A1 et encore moins A1/A1 ne provoquent pas de maladie.

Sur l’ensemble de la population humaine, l’allèle défectueux est en général peu répandu. En revanche, il est toujours présent chez plusieurs membres d’une même famille. Normal : si vous êtes A1/A2, vous avez forcément reçu A2 de l’un de vos parents, qui l’a lui-même hérité de l’un des siens. Donc, à coup presque sûr, un de vos cousins ou cousines est aussi A1/A2 et, comme vous, porte l’allèle défectueux sans être malade. Et si vous décidez de faire des bébés ensemble, ces derniers auront une chance sur quatre de tomber malades ! Voilà pourquoi il est recommandé de chercher son compagnon de couette ailleurs que dans sa famille. Les animaux, sans rien connaître aux théories de l’évolution ni à la génétique mendélienne, le ressentent instinctivement. Et nous aussi, puisque bien avant que la science le comprenne, avant même que la religion n’y mette son grain de missel, la pratique de l’inceste était bannie.

La compatibilité des sangs entre en jeu

Alors comment expliquer les résultats obtenus par l’équipe de DeCode Genetics ? L’étude menée sur plus de 160&nbsb; 000 couples islandais nés entre 1800 et 1965 a montré que, toutes périodes confondues, les femmes mariées à un cousin du troisième ou quatrième degré étaient celles qui offraient au monde un maximum d’enfants et de petits-enfants.

D’après les chercheurs, les raisons de ces observations sont d’ordre uniquement biologique. En effet, la population islandaise est relativement homogène : là-bas, presque toute la population était paysanne en 1800 et elle est presque entièrement urbaine et aisée aujourd’hui. Des facteurs socio-économiques ne peuvent donc pas expliquer les résultats de l’étude.

Pour ce qui est de produire moins d’enfants quand les liens de parenté sont trop proches, l’explication semble simple. De nombreuses maladies génétiques apparaissent chez les enfants et entraînent leur mort prématurée. Pour expliquer la descendance nombreuse aux troisième et quatrièem degrés, les chercheurs suggèrent une autre explication biologique : la compatibilité des marqueurs sanguins.

Une mère peut rejeter un foetus, considéré comme un corps étranger

Les cellules du sang, globules rouges, globules blancs et plaquettes, présentent à leur surface des marques spécifiques, des protéines dont la combinaison constitue une sorte de carte d’identité. Elles déterminent le groupe sanguin (A, B ou O), le groupe rhésus (Rh+ ou Rh-) ainsi que plusieurs autres paramètres.

Or ces protéines sont hautement variables, au point que leur combinaison agit comme un code et permet aux systèmes biologiques de se différencier. Si votre organisme rencontre des cellules portant d’autres marqueurs sanguins que les vôtres, il les reconnaît comme étrangères et s’empresse de se payer leur tête. Un système de défense très efficace, mais catastrophique pour certaines mères qui identifient malgré elles leur foetus comme étranger et le rejettent ou le rendent gravement malade ! En revanche, les marqueurs sanguins étant transmis par voie génétique ils sont plus proches entre deux individus appartenant à la même famille. Du coup, si vous choisissez votre cousin ou votre sœur pour concevoir des bébés, leurs marqueurs auront de grandes chances d’être "acceptés" par le système de défense de la maman et vous pourrez donner vie à une ribambelle d’enfants en pleine forme.

Deux phénomènes contradictoires s’opposent donc lorsqu’on se reproduit en famille. D’un côté on favorise l’apparition de maladies génétiques, de l’autre on améliore la compatibilité des sangs de la mère et de son enfant. Et d’après les chercheurs islandais, le lien du 3ème ou 4ème degré serait le juste milieu permettant de profiter des avantages de la proximité sans courir trop de risques. S’il s’avère que l’hypothèse des chercheurs est la bonne (ce qui reste à confirmer), vous pourrez sortir vos arbres généalogiques et partir draguer vos cousins éloignés : il paraît que c’est bon pour la santé.


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Servais-Jean
17H01 04/03/2008

Darwin a épousé sa cousine! Ben alors! Tout est donc remis en question dans sa théorie, enfin on peut respirer, les poissons ne sont plus nos ancètres.

 
zénon denon 84 | Bonne
11H37 09/03/2008

PETIT RAPPEL,

Relire ,calmement ce dimanche toutes
les informations diffusées depuis(entr’autre)
la parution de l’excellent article de
Ophélie Neiman de RUE 89
le 16 02 de cette année intitulé

O G M :// quand MONSANTO sème la terreur
12h23 à ce jour
64 311 visites et 216 réactions …

EDIFIANT
RAPPEL RAPPEL RAPPEL RAPPEL RAPPEL RAPPEL RAPPEL
ET TOUS DEVANT ARTE CE 11 MARS 08 ////////

 
DidierB63 | Devant un écran
17H10 04/03/2008

J’avais cru lire « Pour procréer, votre cuisine est votre meilleur atout ».

Mais je préférais ça, parce qu’on voit bien que vous ne connaissez pas mes cousines. :-)

http://polemiquons.over-blog.com/

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
17H33 04/03/2008

La fin du tabou de l’ inceste ?
Cela à été prevu par l’ ecrivain Philippe Muray (1946-2006),dans son catalogue des absurdités post-modernes :

Sa réflexion, à la fois grinçante et terriblement juste avec son style tranchant comme un éclat de rire, dénonçait pêle-mêle, l’identification forcenée du monde au Bien, la fin de l’Histoire comme catastrophe déjà advenue, la festivisation généralisée de l’humanité, la loi comme bras armé de la morale, l’acharnement judiciariste comme compensation rageuse au désastre des existences particulières (sa fameuse « envie de pénal »), la maternification délirante élevée sur les ruines de la différence sexuelle (Ségolène Royal), la nouvelle police de la pensée, la rébellion bidon(altermondialistes), la dérangeance en livrée de valet de chambre, les accros de la trottinette, la guerre préventive de Bush, la féminisation jusqu’au risque d’annihiler le tabou de l’inceste, l’infanthéisme comme nouvelle religion du monde, l’hystérie antipédophile (les enfants disent toujours la vérité), l’Europe divine, la bataille entre les divers groupes d’oppression, l’abolition des frontières entre le public et le privé.

 
sccber
22H03 04/03/2008

Dit comme ça, ça fait un peu inventaire à la Prévert, même catalogué absurdité postmoderne. Bon, je vais le lire -si je trouve le bouquin-, il y a peut-être quelques pépites dedans. A part ça, je ne vois pas bien le rapport entre « la féminisation jusqu’au risque d’annihiler le tabou de l’inceste " (?!) et la procréation entre cousins du 3ème ou 4ème degré, dans le premier cas un pamphlet contre la (supposée) féminisation de la société, dans l’autre une étude statistique purement biologique. C’est Damien jayat qui introduit la notion de tabou de l’inceste : d’ailleurs, sur ce point je le trouve un peu léger quant il dit que " les animaux, […] le ressentent instinctivement (??), après avoir cité quelques races qui témoigneraient de la répugnance à copuler  »en famille », ce qui me fait doucement rigoler (j’ai eu de nombreux chats, tous « incestueux »). J’aurais aussi aimé en savoir plus sur les laboratoires DeCode Genetics, société de biotechnologies islandaise, pour mieux apprécier la portée et les buts de l’étude.

 
Damien Jayat | Vulgarisateur scientifique
22H39 04/03/2008

Je me permets d’apporter une précision « technique » : l’inceste est un événement rare dans le monde animal a l’état sauvage. En captivité, ou dans des conditions de domestication, le phénomène est plus fréquent. Ce qui explique que vos chats, ainsi que des millions d’autres de par le monde, soient incestueux.

Concernant les buts de l’étude, ils ne visent bien sûr pas à encourager les mariages en famille. Une des conclusions est au contraire que la diversification des groupes, observée dans notre mode de vie urbaine où les gens se connaissent de moins en moins, évitera les mariages consanguins. On peut donc imaginer, de ce point de vue, que les femmes auront « statistiquement » moins d’enfants et que ceux-ci seront en meilleure santé. Je trouve ça plutôt pas mal comme perspective, non?

 
sccber
02H35 05/03/2008

Merci de la réponse. Pour l’animal en captivité, j’admets que son comportement doit être perturbé. J’avais envisagé le « biais » lié à la domestication (mes chats formaient un groupe social à mon domicile, mais s’ignoraient à l’extérieur, en ville). N’empêche, quid des instincts chez l’animal domestique ?
Je ne suis pas éthologue, mais je me pose la question de la pertinence d’introduire le monde animal pour expliquer le tabou de l’inceste. Pourquoi pas un sujet la dessus dans Rue89 ?

 
Damien Jayat | Vulgarisateur scientifique
10H30 05/03/2008

Les instincts chez les animaux domestiqués sont en général assez perturbés, et dévient de leur comportement naturel. Pas complètement cependant, car l’instinct est quelque chose de très puissant, ce qui les conduit à des comportements parfois étranges aux yeux d’un humain. Ca me fait toujours rigoler de voir mon chat gratter le carrelage en sortant de sa litière…

Je ne voulais surtout pas « expliquer » le tabou de l’inceste par l’instinct animal, je voulais juste donner une des possibles explications et rappeler que c’était quelque chose qu’on retrouvait jusque dans le monde animal. Mais il y a surement d’autres explications à ce tabou, dont certaines ont été données dans les commentaires de mon article.

 
robindesfoix | cherche une issue
22H33 05/03/2008

Hé bien je ne comprends pas pourquoi l’inceste est tabou pour les religions, car si pour les chrétiens nous sommes les descendants d’adam et Ève à un moment il a bien fallut que dans leur famille cela se produise pour QUE nous en parlions aujourd’hui !!!
Un religieux peut il me répondre siouplait ?

 
MAGENTA | Pesteux génétique
00H40 06/03/2008

Mon fils ,une foi(s)n’est pas coutume :-)

 
agathevelikotny | pigiste en province
12H55 07/03/2008

j’y connais rien, mais un truc me semble bizarre pour l’avoir observé tout près de moi. Dans certaines familles de france, on se marie depuis des siècles avec des cousins, cousines etc…(que dire des familles royales en Europe ???). Le résultat physique en tout cas, c’est pas toujours jojo je peux vous le dire..Il me semble il y avoir un paradoxe biologique (je sais pas si cela existe ?)

 
Xiaolin
18H08 04/03/2008

La question qui se pose est : est-ce que les chercheurs qui ont réalisé cette étude ont posé la bonne (question) ? Faut-il considérer comme un atout le fait d’avoir plus d’enfants et de petits-enfants ? A l’heure où nous sommes déjà trop nombreux et polluons inévitablement la planète de notre envahissante présence, la réponse devrait être non, non et non. Produire plus (de bébés) pour gagner plus ? L’important n’est pas le nombre mais l’amour qu’on leur porte et l’éducation qu’on leur offre.
La finalité de cette étude me choque.

 
comptecourant
19H12 04/03/2008

Les débats ne sont pas ouverts. Les dégâts de la consanguinité ne sont plus à démontrer. Ils ont été démontrés en France, certaines régions en portent encore le témoignage récent. Cette étude est stupide et ceux qui la colportent sans souci d’analyse et de cohérence ne le sont pas moins.

 
toto_a_la_plage
19H21 04/03/2008

[mode biologiste ON]
Le mariage entre cousins germains, finalement ca ressemble un peu a ce qui est pratiqué sur les vegetaux par les créateurs de race commerciale (petits enfants avec grands parents, etc) et qui a pour but de stabiliser certains phenotypes interressants dans le genome…
oui dit comme ca, ca fait flipper, mais c’est peut etre une necessité de l’evolution de l’espece du fait de la victoire absolue de la strategie repoductive K dans nos sociétés humaines… C’est finalement un accelerateur d’evolution génétique, en bien ou en mal suivant les cas et permet peut etre l’emergence d’une nouvelle diversité génétique par la stabilisation de caracteres recessifs dans certains des descendants.
Ca permet sans doute de faire emerger au niveau dominant des genes qui etaient recessifs dans les generations passées; avec parfois des avantages et parfois des inconvenients.
On peut imaginer (je dis bien imaginer) que les yeux bridés, souvent expliqués comme une adaptation au froid, ont peut etre ete stabilisés plus vite grace a ce genre de pratique du fait de populations isolées. (hypothese bien sur)
[mode biologiste OFF]

Dans cet article tres réducteur, n’est abordé qu’un aspect, un seul point positif, celui de la plus grande compatibilité sanguine mere-enfant et c’est bien domage de ne s’en tenir qu’ a ce type de remarque…car cela peut etre detourné par nombre de demagogue, de fantiques religieux ou d’incultes scientifiques. C’est tout le probleme de la vulgarisation.
Comme Xiaolin, je suis un peu etonné que le « nombre » soit présenté implicitement comme un atout ou une réussite dans cet article.
En cas de surpopulation sur une ile isolée, on obtient pas forcement de succes et la survie de l’espece mais parfois son extinction et la destruction des ressources de son milieu (iles de paques ?)…et de la a dire que la terre est une ile isolée dans l’ocean galactique….

Désolé pour les non biologistes, ne vous indignez pas, je reste sur le plan purement biologique et scientifique dans mes reflexions, et non sur le plan de l’ethique ou de la morale.

Milles excuses aussi aux croyans non evolutionistes.

 
Jonas2
19H56 04/03/2008

Je comprends pas tout Toto. Et c’est bête car c’est sûrement instructif; ah! la vulgarisation, c’est pas une sinécure..

Donc, si je reformule, d’après toi les fantiques religieux n’ont de cesse de stabiliser certains phenotypes interressants afin d’éviter la victoire absolue de la strategie repoductive K dans le cadre de l’émergence, ou plus précisément de l’augmentation de la recrudescence, pour tout ce qui touche à la stabilisation de caractères récessifs du génome dans certains des descendants. Et quand ça marche pas ça fait des yeux bridés ?

Putain ! Ça fout les chocottes. :-)

 
pablico
20H11 04/03/2008

vous devrez faire de la politique. vous êtes doué pour noyer le poisson, en triturant tellement ce qui est clair pour le rendre incompréhensible. bravo et cela sans méchanceté aucune.

 
Gotch | ancien ouvrier de la banque
19H56 05/03/2008

Ghhhhh…. vous oubliez le facteur de risque apporté par le carré de l’âge du capitaine divisé par la longueur de sa jambe de pantalon…. qui joue sur sa fertilité!

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
20H16 04/03/2008

Merci bcp. Toujours réévaluer ce que l’on croit savoir est une question d’hygiène personnelle et/ou de bonne santé de la société. Comprendre, comprendre et se méfier de ce que l’on a cru comprendre ou de ce qu’on croit savoir. Vivre sans avoir la grosse tête et vivre sans se faire enfler …

C’était bien expliqué.

 
Les Ln au carré | démocrates sociales convaincues
22H14 04/03/2008

Voici encore un bel article, mais nous tenons à spécifier quelques points de notre point de vue évolutionniste (et non vous n’y échapperez pas ;)).

D’un point de vue évolutif (et non écologiste je l’accorde à Xiaolin), la question est la bonne. En effet, d’après la pensée évolutionniste, nos gènes ne persistent que par la reproduction. Pour se maintenir dans la population, ils doivent donc passer d’une génération à l’autre. Pour plus de détails lisez le gène égoïste de Dawkins…

Comme D. Jayat l’explique, chaque parent transmet 50% de son patrimoine à chacun de ses enfants. Plus il a d’enfants, plus il a de chance de transmettre la totalité de son génome. On considère la ressemblance des génomes de deux frère et sœur de 50% pourcent (mais c’est une moyenne).

Par contre, nous ne trouvons pas le même résultat sur les chances d’avoir un enfant malade quand on s’accoouple avec un cousin (soit 25% d’après l’article et moins de 12.5% d’après nos calculs). En effet, si vous êtes porteur, l’un de vos parents l’est ainsi, et un de ses parents à lui également. Donc, si vous avez des enfants avec votre cousin lui aussi issu de ce grand-parent porteur (dans le cas de ces maladie génétique, les malades ont rarement des enfants), la chance d’avoir un enfant malade est égale à votre ressemblance génétique commune soit un seizième (12,5% ).

Si vous avez des enfants avec des cousins encore plus éloignés, cette probabilité diminue encore. Cependant ce cousin est probablement plus proche de vous génétiquement qu’un individu extérieur à votre famille. Ce partenaire pourra alors transmettre les allèles que vous avez en commun à vos enfants. Vos gènes ont alors plus de chance d’être transmis. D’un point de vue purement évolutif, les cousins au troisième ou quatrième degrés sont un bon compromis.

Pour en revenir à la remarque de Xiaolin, ce n’est pas parce que le raisonnement évolutif dit que c’est ce qu’il faut faire qu’il faut le faire. En effet, il existe un certain nombre d’évolutionniste qui ne souhaitent pas avoir d’enfants alors qu’ils savent que c’est le moyen le plus sûr de propager leurs gènes… Bref, comme le dit toto à la plage, la réflexion de cet article reste biologique (évolutionniste) et ne tiens pas compte de l’éthique.

Sinon, sur la question du tabou, il n’est pas certain que l’inseste soit mal vue uniquement pour des questions génétiques, mais également pour des raisons sociales… Pour les questions d’héritages notamment. Comment calculer physiquement ce qui revient de droit à chaque couple d’une grande famille lorsqu’il y a des alliances consanguines? La réponse peut paraitre simple, mais un héritage est déjà une affaire difficile sans ce paramètre… La consanguinité engendrerait un certain nombre de conflicts sociaux sur lesquels justement la société n’est pas considérée comme hapte à juger: « ce qui est dans la famille doit se règler en famille » est une autre des règles bien encrées dans nos sociétés…

 
Babalawo | docteur es "ju-ju"
00H07 05/03/2008

« Genèse 38:8
8. Alors Juda dit à Onan : Va vers la femme de ton frère, prends-la comme beau-frère, et suscite une postérité à ton frère.
9. Onan, sachant que cette postérité ne serait pas à lui, se souillait à terre lorsqu’il allait vers la femme de son frère, afin de ne pas donner de postérité à son frère.
10.Ce qu’il faisait déplut à l’Éternel, qui le fit aussi mourir. »

 
Gringo | 
17H44 05/03/2008

Comme quoi, de tout temps les branleurs-rebelles (ou gaucho-onanistes) ont déplu aux tout-puissants…

C’est un extrait du discours du Latran à l’attention de la France qui se lève tard?

 
Propergol | Etudiant francais en Allemagne
01H22 05/03/2008

Merci Rue89! J’avais un mal fou à convaincre ma cousine!

 
MAGENTA | Pesteux génétique
00H44 06/03/2008

Pareil ,si j’avais eu ce document dans ma jeunesse , ma vie sexuelle aurait débuté bien plus tôt (soupirs )

 
nane
08H27 05/03/2008

il me semble que le mariage entre cousins germains est autorisé en France…

 
Heureux Nouveau.
12H46 05/03/2008

non, en Allemagne !

 
nane
08H33 05/03/2008

Les interdits dans le droit français

Tout d’abord, en raison de l’interdiction universelle de l’inceste, toutes les sociétés interdisent le mariage entre certains parents.

Ces interdictions ne sont pas exclusivement en rapport avec des liens de consanguinité. Ainsi le droit français prohibe le mariage entre parents et enfants, grands-parents et petits-enfants, frères et sœurs par le sang, mais également entre beau-père et bru, belle-mère et gendre. Une dispense est alors possible en cas de décès, mais pas en cas de divorce, donc entre personnes que n’unit aucun lien de consanguinité.

Le droit interdit aussi la polygamie et, par conséquent, la conclusion d’un nouveau mariage tant que le précédent n’est pas dissou.

En revanche, il autorise le mariage entre cousins germains, et le tolère entre tante ou oncle et neveu ou nièce, moyennant cependant une dispense accordée par le chef de l’État

trouvé sur mariage.fr
c’est dommage de faire un article si travaillé sur le plan scientifique et de commencer par une petite erreur législative…

 
Damien Jayat | Vulgarisateur scientifique
10H33 05/03/2008

Toutes mes excuses pour l’erreur. Je me suis un peu trop avancé avec l’aspect législatif, j’aurais dû rester dans le seul aspect « tabou psychologique ». Merci d’avoir apporté ces précisions!

 
marie 75
14H38 05/03/2008

une étude sérieuse sur l’adn et les textes de loi mis en place, lire le dossier fait par Charlie hebdo! TB fait et fort documenté! Et en plus, c’est drôle!

 
Claude PELLETIER | Retraité dans son jardin
21H56 05/03/2008

Merci.
De quel n° de Charlie s’agit-il ?

 
Gringo | 
17H29 05/03/2008

Je me permets un doute sur la pertinence de l’étude, menée en Islande par des islandais. Rien de xénophobe, je précise quand même.

Je crois que l’Islande compte à peine plus de 300 000 habitants dont quelque chose comme 50%, rien qu’à Reykjavik. Sans parler d’inceste, qui sonne un peu péjoratif, n’y a t’il de plus grande probabilité de consanguinité que dans des pays plus peuplés, où les jeunes voyagent pour étudier et où l’immigration est plus forte?

Il serait intéressant de connaître le rapport à l’inceste/consanguinité dans des civilisations anciennes ou isolées (genre les villages d’indiens d’Amérique)

 
Gotch | ancien ouvrier de la banque
19H58 05/03/2008

D’autant que j’avais entendu dire que la société islandaise était très fermée : fort peu d’arrivées, fort peu de départs!

 
Les Ln au carré | démocrates sociales convaincues
13H06 06/03/2008

C’est justement une des raisons qui font que l’Islande est un terrain d’étude intéressant pour les consanguinités… C’est une île isolée, et les taux de consanguinité permettent une étude approfondie des cas. De plus ils aiment énormément la généalogie, ce qui permet d’avoir des informations sur plus de générations qu’ailleurs.

Si on cherche à faire la même étude autour d’un lieu de forte migration, il y a de fortes chances pour que les annalyses soient difficiles à faire en raison du faible pourcentage de consanguinité…

 
Heureux Nouveau.
08H41 06/03/2008

Beaucoup d’africains se marient entre cousins: pour preuve ils sont souvent tous noirs !

 
nane
11H07 06/03/2008

chez moi on est tous blancs….vous croyez que ?….zut on m’a rien dit !

 
uleski | Rentier
22H57 06/03/2008

Ainsi va la recherche !
Aujourd’hui, si nous ne sommes sûrs de rien ni de personne, c’est tout simplement parce que nous sommes infiniment plus nombreux qu’hier à chercher à savoir ; et plus nous serons nombreux à trouver et moins les évidences auxquelles il nous a si longtemps été demandé d’adhérer s’imposeront à notre esprit.

Ainsi va la recherche ! Vers un savoir de plus en plus complexe mais sans surprise car, ce savoir doublé d’une compréhension dévastatrice nous renverra fatalement à ce que nous sommes : à cette nature en trompe l’oeil, dissimulatrice, accapareuse et rétentrice qu’est la nôtre.

Porteuse de tous les dangers, cette recherche expansionniste toujours plus performante et exigeante : le danger de nous laisser sans évidences et sans certitudes.

Danger qui ouvre la voie à tous les cynismes, condamnés que nous sommes à devoir à nouveau, nous résoudre à choisir le moindre mal en lieu et place d’un Bien que d’aucuns voudraient Absolu.

Une fois épuisée cette recherche d’absolu absolument vrai, fruit d’une aspiration irréaliste et illusoire, viendra alors une haine têtue et démesurée, une haine du désespoir : haine de notre espèce à l’endroit de sa propre espèce jusqu’à la dévorer, jusqu’à l’abolir pour ne plus jamais en apprendre davantage à son sujet, saturés et repus.

Des nanotechnologies au service de la biologie, y contribueront-elles ?

Copyright.2007.Serge ULESKI

 
uleski | Rentier
22H58 06/03/2008

ADN ? Vous avez dit « ADN » ?

Extrait du titre inédit : “Des apôtres, des anges et des démons” - chapitre 5

“Dites Monsieur ! Hé ! Vous m’entendez ?
- Qu’est-ce que c’est ?
- Je me présente : je suis généticien et je suis chargé de vous prendre en main.
- Encore ! Mais ça n’en finira donc jamais ?
- Du calme. Vous avez fait la connaissance de mon ami l’anthropologue ?
- Oui, oui !
- Il vous a tout expliqué ?
- Justement, il m’a tout dit. Alors… peut-être qu’on pourrait…
- Il vous a soûlé, c’est ça ? Faut dire qu’il se la raconte un peu, l’anthropologue. D’ailleurs, ils se la racontent tous.

- Moi, j’ai rien dit. Je vous écoute comme je les ai écoutés. Mais… j’ai pas fait de commentaires. Notez-le ! J’ai rien dit. Je ne veux pas d’histoires !
- Rassurez-vous ! Ca ne sortira pas d’ici. Et puis, faut bien se la raconter un peu si on veut y croire et progresser ! Mais, je vous rassure, nous, les généticiens, on ne se la raconte pas. On n’a pas le temps. On est forcés de passer à l’action tout de suite car, vous savez, les gènes, ça cavale vite, ces petites bêtes-là ! Alors, quand on en identifie un, faut lui mettre la main dessus illico presto sinon c’est trop tard. L’ADN, ça vous dit quelque chose ?
- L’AD quoi ?
- L’ ADN ?
- A cette heure-ci, je dois dire que je ne suis plus très sûr de rien. L’ADN ? C’est pas… des fois… une Association… une Association De Naturistes ?
- Ah lala lala ! Quelle catastrophe ! C’est pas Dieu possible ! Une telle ignorance, ça ne s’invente pas !
- On me parle de mille choses à la fois. On me dit que je suis un déviant et un pervers. L’anthropologue m’a parlé de masochisme et de Dieu sait quoi d’autres. Vous, vous me demandez mon avis sur l’ADN. Je suis désolé mais si vous me parlez d’ADN, eh bien moi, je pense tout de suite à une Association De Naturistes. C’est comme ça. Oui ! Une Association De Naturistes. Je vois des femmes, des hommes et des enfants nus et moi aussi qui suis nu avec eux et nous tous, nous formons un cercle et nous tournons… main dans la main, nous tournons en rond car nous dansons… tout nus. Voilà ! J’y peux rien. C’est comme ça. Et puis, j’en ai assez ! Vous les trouvez où toutes vos histoires ? Hein ? Vous les trouvez où ? Dites ! Jamais, vous vous reposez ? Je veux sortir d’ici ! J’en ai assez ! Je veux rentrer à la maison ! Je veux rentrer chez-moi.
- Du calme ! C’est fini ! Là, allongez-vous ! Comme ça ! Voyez ! Ca va mieux maintenant, n’est-ce pas ? Alors, je peux continuer si ça ne vous dérange pas trop ?
- Faites ce que vous voulez ! Je m’en…
- Bon ! Sachez Monsieur que l’ADN n’est pas une Association De Naturistes mais l’ADN est la base de toute vie. Programme de toute existence, aussi misérable et inutile qu’elle puisse être cette existence pitoyable, eh bien, cette molécule appelée ADN, molécule d’une complexité et d’une richesse inouïes, nous permettra d’écrire la prochaine et la dernière page d’histoire de notre espèce. Ces trois lettres, ADN, on les répètera autant de fois qu’il le faudra et à l’infinie, jusqu’à ce qu’ils comprennent tous ce qu’on attend d’eux. Ce nouveau moyen d’investigation et de communication réduit à sa plus simple expression est la nouvelle et la dernière ligne de départ parce qu’il est la nouvelle et la dernière ligne d’arrivée. Il est le début et il est déjà… la fin. Cette molécule jusqu’à présent commandait toute chose et maintenant que nous sommes sur le point de lui donner des ordres, nous entendons bien l’utiliser afin d’assurer pour les siècles à venir la pérennité du bon fonctionnement de tous nos programmes de vie en société au sein d‘un système immunitaire sans faille. Tenez ! Pensez à…
- Pensez ? Ah ! Non ! Je ne veux plus penser. Je veux dormir.
- Ca viendra. Un peu de patience ! Je vous disais donc… vous êtes, mais ça vous ne le soupçonnez sans doute pas encore, vous êtes donc, vous et vos semblables, au centre d’enjeux considérables car le gène, pour ne prendre qu’un exemple parmi tant d’autres, est devenu une véritable matière première. Nous allons enfin pouvoir in vivo et ex vivo remplir le vide, combler les manques, réparer les derniers disfonctionnements en contrôlant tous les facteurs, tous les transferts, tous les échanges, toutes les mutations dans le but de modifier, dans un premier temps, le patrimoine génétique de notre espèce pour, dans un deuxième temps, outil implacable d’évaluation, calibrer ce patrimoine au milliardième près, le stabiliser, le formater afin que notre descendance à tous puisse reproduire un modèle génétique pour la demande qui en aura été faite. On peut donc parler d’une nouvelle organisation du vivant et d’un nouveau flux et d’un nouveau brassage dont on pourra à tout moment contrôler la qualité, la quantité et la cadence, loin de toute sélection naturelle et arbitraire, cause de tensions internes insurmontables. Finis donc les mutations et les mélanges génétiques aléatoires qui favorisaient jadis les chances d’une meilleure adaptation car, ce n’est plus la nature mais nos investisseurs qui décident des modalités de cette adaptation. Il nous faut donc des êtres sur mesure dans un milieu tiré à quatre épingles. Le délai qui nous sépare encore de la fabrication du vivant se réduit de jour en jour. Encore quelques manipulations et nous serons enfin capables de rationaliser et de maîtriser totalement la vie en passant de l’aide à la procréation à la fabrication et à la reproduction du même avec le même et vice versa et sans passer par la case départ ; celle de l’autre… cet autre potentiellement tout autre, étranger, perturbateur, pollueur, rebelle et chaotique ! Il ne doit plus y avoir d’autrement… autrement… autre ! Vous comprenez ? Cette rupture majeure altérera la nature humaine en brisant l‘indéterminabilité de ses modes de fonctionnement. A long terme, nous ne souhaitons plus soigner qui que ce soit. Les débouchées thérapeutiques de notre travail ne nous intéressent pas. Nous ne voulons plus de ce matériau génétiquement contaminé, vérolé et imparfait parce que… humain, trop humain. Nous entrons dans l’ère de la fabrication du vivant pour en contrôler tous les maillons et toutes les liaisons. Inutile de vous dire que la tâche est immense ! Tenez ! Buvez ça ! Ca vous remontera.
- Je ne bois pas.
- Vous avez tort ! Qu’est-ce que je disais ? Ah oui ! Vous nous servirez de matière première comme tous ceux qui vous ont précédé et tous ceux qui vous succéderont. Ceux qui financent nos recherches s’intéressent à vous aussi ; et comme vous le savez : ceux qui paient sont ceux qui décident : pas d‘argent… pas de science… pas de recherche… pas de solutions… et pas d‘espoir ! Nos partenaires financiers sont les seuls à décider et ils ont décidé pour vous et pour nous. Comme vous voyez, il n’y a rien de personnel là-dedans. Moi, je suis généticien et mon métier, c‘est la génétique. Je l’ai étudiée, alors je ne peux que l’exercer. C’est toute ma vie maintenant. Et de vie, on n’en a qu’une ! Alors, autant que ce soit la bonne.
- C’est ça.
- Mon outil à moi, c’est le microscope. L’échange quotidien avec cet instrument représente le sel de ma profession. On peut nouer des relations d’une richesse inouïe avec un microscope. Avec lui, on se plonge dans l’inconnu, dans l’aventure, dans l’incertitude et puis soudain, tout devient clair et lumineux ; même si, et le plus souvent, lui et moi, au cours de nos multiples échanges, on avance à l’aveuglette ; mais quand une réponse, une solution se dressent là sous nos yeux, alors, dans ces moments-là, mon microscope et moi, on jubile. C’est la fête ! Champagne pour tout le monde ! Oui, vraiment, dans ces moments-là, c’est l’extase. Bouche bée, l’œil écarquillé, pour un peu, on s’évanouirait. Vous savez, finalement, nous les scientifiques, on ne vit que pour ça : chercher, trouver et puis, chercher encore et encore et toujours. Et quand on trouve, on peut dire que l’on jouit. Oui, on jouit ! Alors, c’est un peu comme pour les femmes : on ne jouit pas souvent car, ces moments-là sont plutôt rares mais quand on trouve, mon microscope et moi, eh bien… on est comme ivres. Pour un peu, on en viendrait même à en perdre la raison car, la découverte, c’est le sperme de notre profession. Oui, Monsieur : le sperme ! Trouver c’est… jouir et jouir, c’est éjaculer ! Tenez, je vous fais une confidence : savez-vous que je tutoie mon microscope ? Oui, je le tutoie, Monsieur ! Je sais, c’est bête. Alors, vous comprenez maintenant ? Comme vous voyez, tout ça n’a rien de personnel. Il ne faut pas m’en vouloir. D‘ailleurs, on ne se connaît pas. Comment peut-on en vouloir à quelqu’un qu’on ne connaît pas ? Hein ? Quant à moi, je ne connais que vos antécédents médicaux et c‘est tout. Mais venez ! Levez-vous ! Dans un instant vous prendrez un train. Nous serons trois à vous accompagner : votre instructeur, mon collègue anthropologue et moi-même, votre serviteur dévoué.”

Copyright © 2006. Serge ULESKI

 
uleski | Rentier
23H00 06/03/2008

L’anthropologie politique et la génétique font leur entrée triomphale !

Extrait du titre inédit : « Des apôtres, des anges et des démons » - chapitre 5 

Copyright © 2007. Serge ULESKI

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« Je suis anthropologue ! L’anthropologie, vous connaissez ?

- L’anthropophagie ?

- Je vous parle d’anthropologie ! Alors, vous connaissez ?

- Pas vraiment ! Enfin… vaguement. C’a peut-être quelque chose à voir avec notre longue et glorieuse tradition culinaire ?

- Laissez tomber ! C’est pas grave. Laissez-moi plutôt vous expliquer une ou deux choses, car il est important que vous compreniez tout de nous. Les psychiatres, les sociologues, tous ces représentants d’une science approximative et mollassonne, sans oublier les commentateurs, les politologues, les éditorialistes, les éducateurs et animateurs de quartiers, chefs de bandes compris… tous ces gens-là ne progressent dans leurs analyses. Depuis des années, ils font du surplace. Ils bégayent. Ils tergiversent sans fin et sans but et sans résultats. Mais on va les mettre tous d‘accord car l’entrée dans le nouveau siècle se fait sous l’empire des sciences fondamentales : sciences pures et dures, biologie génétique et anthropologie en tête. Oui, Monsieur ! La biologie génétique et l’anthropologie. Finies donc les sciences discursives, pareuses et lâches ! Fini l’amour de son prochain par amour pour soi ! Finie la charité ! Finie l’aumône ! Fini le soulagement de la souffrance pour atténuer le malaise de ceux que cette souffrance dérange ! Finie la culpabilité intermittente et éphémère parce que … culpabilité d’humeur et non de conviction, des classes supérieurement émotives ! Finies les tentatives de médiations, d’explications et d’insertion et de réinsertion structurantes. A partir d’aujourd’hui, on ne cherche plus les arrangements à l’amiable. On n’explique plus, on n’insère plus ! On ordonne et on exige le silence ! Oui, Monsieur, on ordonne et… pour finir, on balaie devant notre porte toutes ces thérapies avortées. Notre science n’a plus besoin du retour au sein de notre normalité sociale et économique de ceux qui s’en sont écartés. Nous n’avons plus besoin de l’adhésion de ceux qui ne veulent ni comprendre ni adhérer. Vous ne voulez pas marcher droit ? Eh bien, rassurez-vous, plus personne ne vous demandera de marcher car, bientôt, vous ne marcherez plus. Car, aujourd’hui, nous avons élaboré une stratégie de substitution face à l’incurie de tous ces acteurs politiques et sociaux. Déboutés, ils sont ! Nous sommes sur le point de conclure et de transformer tous les essais. L’anthropologie et la génétique sont maintenant capables d’apporter des solutions à tous les problèmes. Comprenez bien une chose : l’histoire de l’humanité est une bombe à retardement qui court à sa perte. Face à la déchéance de notre humanité, on peut rester les bras croisés mais… on peut aussi faire quelque chose, et vous savez quoi ?

- Non. Dites un peu pour voir.

- Supprimez l’être humain en tant que tel. Voilà ce qu’on doit faire.

- Vous êtes ivre !

- Oui ! Ivre mais… d’une nouvelle ivresse : l’ivresse de ceux qui touchent au but. L’ivresse de celui qui est sur le point de franchir la ligne d’arrivée en tête, seul et sans conteste. Sachez qu’on ne guérit un malade mortellement atteint qu‘en le supprimant. Et supprimer l’être humain, c’est supprimer sa déchéance. Mais… vous devez vous dire : »Ils sont cinglés ! » N’est-ce pas ?

- Cinglés, je sais pas mais… ivres, certainement.

- Vous ne comprenez pas ce qui nous motive. Notre savoir progresse plus vite que le développement intellectuel des êtres humains car nos sciences sont le fruit d’une conception exponentielle du développement de toutes les connaissances. D’où l’incompréhension de nos contemporains face au monde dans lequel ils vivent et dans lequel nous nous proposons, dès demain, de les faire vivre. Ca va beaucoup trop vite pour eux qui vont si lentement. Face à l’accélération des connaissances scientifiques, le fossé se creuse. Cette humanité-là, avec son égalitarisme infernal et têtu ne sera jamais à la hauteur de tous ces nouveaux enjeux. Elle ne sera jamais assez mûre et… elle ne le sera jamais assez tôt. D’ailleurs, vous-même, vous êtes, que vous le vouliez ou non, l’incarnation vivante de cette chute de niveau de compréhension et d’adaptation au nouvel état du monde. L’être humain n’a pas encore pris l’exacte mesure des conséquences des nouvelles technologies, alors, vous pensez bien : lui demander de comprendre l’ingénierie génétique et le concept de l’homme démonté, ré-assemblé et réinventé… parce que c’est bien de ça qu’il s’agit. Oui ! Monsieur ! L’homme réinventé du tout au tout !

- Je vois. C’est pas rien votre projet.

- Aujourd’hui, nous avons la rage de conclure une fois pour toutes les fois où nous nous sommes arrêtés à mi-parcours pour regarder le train nous passer sous le nez à cause de types comme vous. Oui, c’est bien la rage de conclure, de tout conclure, qui nous anime et qui nous pousse en avant. Nous sommes au début d’une conclusion et d’une forclusion exemplaires : celles de l’homme concluant, définitif et forclos dans une finitude à sens unique et sans issue, comprenez : sans échappatoire ! Un vrai cul de sac, cette forclusion ! Enfin libre et responsable, l’homme n’aura plus qu’une seule origine : lui-même. Lui-même comme début et comme fin. Lui-même avec pour seul géniteur : la science. La seule origine de l’homme sera sa naissance, le jour de sa naissance et seule la science sera autorisée à se pencher sur son berceau. L’homme sera à lui tout seul… le père, le fils, la mère, l’oeuf, le coq, la poule et seule la science sera autorisée à pondre. Nous supprimons l’être humain pour mieux le libérer des malédictions de sa condition et des imperfections de sa nature car, c’est au delà de l’humain et de son histoire chaotique que nous irons chercher les outils nécessaires à la construction d’un monde enfin prévisible, un monde qui saura triompher de la nature humaine : nature égoïste, paresseuse, immature ; nature rebelle et réfractaire au changement et au sacrifice. Nous voulons un homme qui n’aura d’humain que le nom, un homme coulé dans un moule unique, indifférencié, un homme né sans cordon ombilical, un homme au-dessus de tout soupçon, sans mémoire, sans tradition et fatalement sans imagination, sans conscience et sans contradictions. Nos médias et tous les moyens modernes de diffusion et de communication y contribuent déjà, mais ce n’est pas suffisant. Après le décervelage et l’abrutissement, viendra la déshumanisation de cette espèce maudite. L’anthropologie politique et la génétique font leur entrée triomphale. Enfin ! Finis les diagnostics psychiatriques et les résistances des patients au processus thérapeutique de cette science bancale et sans résultat probant. Nous proposons aux gens de votre espèce, non pas de se soigner mais… nous leur proposons… sans vanité et jusqu’à l’ultime conséquence du don de soi … de servir un projet inouï : servir et mourir ! Servir en mourant pour mieux servir les intérêts de la communauté scientifique. Cher Monsieur, nous travaillons au sens propre et au premier degré, sans gants, sans poésie et sans métaphore.

- Vraiment ?

- Nous allons enfin mettre la main basse sur tout ce qui touche de près ou de loin au vivant car quiconque contrôle le vivant, contrôle aussi et par voie de conséquence, la mort. Le processus de planification et d’instrumentation de l’être humain est en route et il cavale, il court… il court ce processus comme le furet quand il court… et rien ne pourra l’arrêter. Toutes les forces du progrès viendront modifier toutes les conceptions et ébranler toutes nos certitudes moralisantes. Et je défie de me prouver le contraire ? Trouvez-moi une voie et un domaine de recherche qui aient été entr’ouverts puis un jour, refermés, abandonnés à jamais ? Cherchez ! Vous n’en trouverez pas car personne ne fera le choix de l’ignorance. Personne ! Ils attendent de tout de nous et de cette nouvelle connaissance. Mais au réveil et devant le miroir de leur salle de bains, je peux vous dire qu’ils ne se reconnaîtront plus… parce qu’ils ne s’y… retrouveront plus… Sachez une chose Monsieur : la connaissance a deux têtes. Avec la roue, nous avons découvert la bicyclette et une nouvelle façon de torturer ; avec le fer, nous avons inventé le chaudron pour y faire cuire le Bœuf bourguignon mais aussi, l‘épée pour trancher les têtes. La radiographie nous a conduit tout droit à la bombe atomique. Eh bien, avec l’homme réinventé et recomposé, nous aurons aboli et la maladie et la mort, en échange de quoi, nous exercerons un contrôle absolu sur tous ces humains qui ne veulent plus mourir. Oui, il est là le prix à payer ! Nous contrôlerons et leur vie et leur mort car cette vie sans souffrance et sans la mort, cette vie-là devra se mériter. Les autres, ceux qui n’auront finalement rien mérité, les troubles fêtes, les aigris, les éternels insatisfaits, ceux-là nous apporteront la matière première dont nous aurons besoin ; matière génétique, bien évidemment ! Alors, ce sera… au pied, couché, pas bougé ! Sinon… à la trappe ! Et hop ! Direction… labo ! Je vous le dis ! Tous les crédits ont été votés. On est blindés. On est pleins aux as. Tous les feux sont au vert ! Alléluia !!!!! »

Copyright © 2007. Serge ULESKI

 
malicelle
15H27 11/03/2008

donc, si j’ai bien compris, si le père et la mère sont porteur de la même maladie il y a plus de risque de problèmes de santé pour des enfants à venir ? et si seulement un des deux parents a « un gène déficient » il n’y a pas plus de risque que pour n’importe quel autre couple ? par contre deux inconnus porteurs tous les deux du même gène déficient fera courrir un risque de santé pour leurs descendant ?
Choisir une femme dans la « tribu " voisine c’est entre autres faire un pacte de non agression : j’ai des enfants avec ta soeur ainsi tu ne me fera pas la guerre, et pareil pour toi !ca s’appelle des alliances. dans les célébrations de mariages (presque partout sur la planète) c’est un homme (le père de la marièe) qui dit à un autre homme (le gendre) " je te donne ma fille » (pour qu’elle te fasses des enfants )