
Et si les OGM réconfortaient l'humanité ?
Le texte de la loi sur les OGM est stocké sur un bureau de l'Assemblée, attendant son vote définitif qui ne saurait tarder. Les plantes OGM continueront à pousser en plein air et plus librement qu'avant. La colère des hommes envers leurs (ir)responsables mûrit en un rejet catégorique de ces monstres qui envahissent nos champs et nos assiettes. Les OGM sont honnis, soit. Et qui mal y pense ? Qui oserait encore suggérer que lesdits monstres peuvent apporter un quelconque bien-être à l'humanité ? Hé bien il en reste, de ces courageux ou de ces fous (rayez la mention inutile) pour qui les OGM peuvent aussi nous faire du bien. A vous de juger.
La malbouffe au cœur des colères… et des espoirs
Commençons par les applications dans le secteur de la bouffe, qui sont les plus difficiles à avaler. Les OGM résistants aux pesticides ou aux insecticides n'ont aucun intérêt pour l'humanité, chacun en convient. L'obtention d'un maïs moins gourmand en eau grâce à un gène de sorgho (plante africaine résistante à la sécheresse), même si elle poursuit une logique agricole discutable, mérite déjà plus d'intérêt. Et dites, si on parvenait à un résultat identique avec du blé, du mil, du manioc ou du riz ? Si on améliorait les rendements agricoles dans les régions semi désertiques, si on pouvait vaincre durablement les famines africaines ou asiatiques ? Et si un des rares moyens de la victoire résidait dans quelques espèces de plantes génétiquement modifiées ? Après la sécheresse, on envisage de produire des plantes résistantes à d'autres formes de stress comme le froid ou des sols trop salés. Alors qu'on se prépare à une inondation croissante des terres cultivables par la mer, l'idée vous semble-t-elle alléchante ? Elle l'est en tous cas pour les pays concernés, et des recherches d'amélioration génétique des plantes locales sont déjà lancées en Inde, en Afrique du Sud, au Kenya, au Sénégal, au Guatemala, en Ouganda, etc. Là-bas, le principe de précaution s'efface devant le principe de survie. Quand la priorité est de ne pas mourir à 35 ans, les OGM deviennent vite un espoir…
Dans ces mêmes pays en voie de développement, des millions de personnes souffrent d'une carence en vitamine A, présente en trop faible quantité dans le riz qui constitue parfois l'essentiel du régime alimentaire. Des milliers en meurent chaque année. Il existe sûrement plusieurs solutions. Un riz modifié, enrichi en vitamine A, en est une. Elle est en cours d'étude, et les malades ne rejetteraient peut-être pas catégoriquement ces OGM s'ils éliminaient leurs souffrances et proposaient un avenir plus souriant à leurs enfants.
De l'agriculture à l'industrie agricole
Faisons un pas en avant pour nous placer à cheval entre l'agriculture et l'industrie. Les « pays du sud » sont farouchement intéressés par l'idée de canne à sucre, de tabac ou de banane transgéniques, perçues comme de réels moyens de développement économique. Bien sûr, l'impact des OGM sur l'homme et l'environnement est aussi inconnu là-bas qu'ici. Mais une fois encore, lorsqu'il s'agit de ne pas crever de faim, les débats ne sont plus les mêmes.
Les projets industriels existent aussi chez nous. Toutefois, notre problème essentiel n'étant pas de nous remplir l'estomac une fois par jour, de tels projets laissent plus dubitatifs et frisent parfois le ridicule à grands coups de bigoudis. L'imagination humaine devient fascinante quand elle propose des huiles végétales enrichies en molécules excellentissimes pour la santé, histoire d'éliminer le mauvais cholestérol, ou des yaourts enrichis en bactéries génétiquement modifiées pour nous apporter des dizaines de trucs essentiels. De vous à moi, je pose la question : ne vaut-il pas mieux une bonne séance de sport, deux litres d'eau fraîche, une cuiller d'huile de foie de morue et les pizzas surgelées à la poubelle ? Compenser notre bêtise alimentaire par une ineptie industrielle, autant se mordre la queue tout de suite ça fera moins mal.
Mais imaginons qu'on produise dans des plantes modifiées des matériaux plastiques biodégradables et garantis sans pétrole ? Imaginons qu'on file des kilomètres de soie d'araignée, un des matériaux les plus résistants au monde, synthétisée par des feuilles de tabac ? Avouez que ça fait réfléchir. Et même agir : des matériaux biodégradables (au nom appétissant de polyhydroxyalcanoates) sont déjà produits par des bactéries, mais les coûts restent élevés. D'où l'idée d'utiliser du tabac, moins cher et presque plus facile à utiliser (attention toutefois à ne pas le fumer).
Pour la soie d'araignée, l'entreprise Nexia Biotechnologies propose aujourd'hui des chèvres transgéniques dont le lait contient des protéines de soie qui sont ensuite purifiées puis filées. On ne tire donc pas, lors de la traite de la chèvre, une fondue savoyarde de lait plein de fils de soie. N'empêche, je suis d'accord avec vous : pauvres bêtes. Plaignons les gosses des dirigeants de Nexia, vu ce qu'ils font aux chèvres. Dans ces conditions, l'idée de produire la soie d'araignée dans du tabac n'est-elle pas moins douloureuse ? La médecine au travail
Les meilleurs projets d'utilisation d'OGM restent malgré tout d'ordre médical. Comme dans certains cas agricoles, l'objectif est de proposer aux hommes une vie meilleure, et personne ne peut décemment prendre l'argument à la rigolade. De plus, le cadre pharmaceutique offre un nouvel avantage : les OGM, confinés sur le lieu de production, n'ébattent pas leur pollen à tous vents.
On produit déjà des protéines-médicaments dans des bactéries, des levures ou des cellules animales en culture. Ces procédés présentent plusieurs inconvénients : les microorganismes ne fabriquent pas des protéines exactement humaines, les cellules animales coûtent cher, les rendements sont parfois faiblards, etc. Pour y remédier, les plantes proposent encore leurs services. Plus proches de nous que les bactéries, elles fabriqueraient des protéines plus ressemblantes aux nôtres et donc plus efficaces. Elles offrent de bons rendements et ne coûtent pas cher à cultiver : de quoi produire des médicaments en grande quantité et à un prix abordable.
Parmi les recherches en cours, citons la production d'hémoglobine (protéine de transport de l'oxygène dans le sang), de collagène (protéine de la peau, importante dans les processus de cicatrisation par exemple) ou même de vaccins qui coûtent extrêmement cher avec les techniques actuelles. Dans ce dernier cas, l'idée serait de produire des vaccins directement dans des aliments faits exprès, comme des grains de maïs. Le prix de revient serait réduit, le mode d'ingestion dans l'organisme d'une grande simplicité. D'ici à ce qu'on achète nos boîtes de maïs en pharmacie, il reste quelques pas, mais tout de même : l'espoir de traiter à peu de frais des millions d'humains par des vaccins produits en grande quantité peut séduire.
Les plantes sont des outils médicaux de choix qu'il serait dommage de jeter aux ordures par principe. Surtout si les plantes poussent, comme les bactéries actuelles, dans des locaux hermétiques. En organisant le bazar, suffisamment pour qu'on ne retrouve pas de l'hémoglobine humaine dans les plants de manioc ou des fils de soie dans nos haricots verts, l'idée de soigner et nourrir l'humanité dans un cycle durable ne semble pas idiote. Reste à user raisonnablement de ces outils de progrès, et à convaincre nos (ir)responsables que nous en voulons bien un peu. Mais le strict nécessaire, et pas un grain de plus.
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De marmotte64
Super héros | 14H32 | 22/04/2008 |
Et si ma tante en avait ?
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 14H37 | 22/04/2008 |
Pas mieux. Le coup du « c'est dangereux (thèse) mais cela présente des aspects positifs (antithèse) donc soyons vigilants et tout ira bien (synthèse) », on ne me le fera plus.
à compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
De A.V.
tamagotchi89 | 15H08 | 22/04/2008 |
Ce serait simple Nompas, n'est-ce pas ? …
Comme le forum sur les fraises hors-saison : « les fraises hors-saison, c'est pas bon, c'est pas écolo, c'est pas naturel ». Soit, c'est pas bon… mais pas naturel ? Et les fraises domestiques, c'est naturel ?
Ça fait 2,5 millions d'années qu'on « manipule » le vivant, et ça ne s'arrêtera qu'avec la disparition du manipulateur. On ne revient pas en arrière, parce qu'il n'y a pas d'« avant ». Avant, nous n'étions pas humains.
La question est donc bien de savoir comment et dans quel but nous manipulons. Et si tu regardes derrière la bête OGM, tu vois l'intelligence et la bêtise. Et le rôle du citoyen, c'est de faire pencher la balance du bon côté.
Les OGM ne sont qu'un outil, qu'on peut mal ou bien utiliser, et ce n'est pas en supprimant l'outil que tu régleras le problème.
à A.V.
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 15H41 | 22/04/2008 |
Le problème avec les outils, c'est qu'une fois qu'ils sont apparus, ils demeurent, quoi qu'il arrive. Je ne me fais donc aucune illusion sur l'avenir des OGM : ils existent, et ils vont prospérer. Le citoyen ne sera pas convoqué dans le débat pour la bonne raison que bientôt il n'y en aura plus, sur ce sujet du moins.
A propos de votre première phrase : « Tout ce qui est simple est faux, et tout ce qui est complexe est inutilisable » (de l'optimiste Paul Valéry qui savait de quoi il parlait).
Remarque : ce n'est pas moi qui ai « voté contre » vous.
à compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
De karlM
08H42 | 24/04/2008 |
Après la mise en place spéciale d'une loi anti-faucheurs, après les procès, pv et autres, c'est au tour des anti-nucléaires de rattraper les anti-ogm comme ennemi public N°1 :
Ce mercredi 23 avril vers 18h30, une dizaine de policiers ont fait irruption à Pertuis (84) chez Jean Marcon, président de l'association Médiane et représentant du Réseau « Sortir du nucléaire » en Provence. Jean Marcon a été menotté, placé en garde à vue et transféré au commissariat de Manosque. Son
appartement a été laissé dans un état déplorable par
la police.
Le prétexte de cette arrestation est la simple
diffusion d'un tract dénonçant la construction en cours du réacteur ITER à Cadarache (13), non loin de Pertuis. Or, bien qu'étant en pointe dans la lutte contre ITER,
l'association Médiane assure qu'elle n'est pas
responsable de ce tract.
Le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce cette arrestation arbitraire et demande la libération immédiate de Jean Marcon. Des militants antinucléaires
sont rassemblés ce soir devant le commissariat de
Manosque.
Après la mise en garde à vue par la DST, le 25 avril
dernier, de Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau « Sortir du nucléaire », cette nouvelle arrestation démontre qu'il y a en France une véritable « chasse aux militants antinucléaires ». Cette inquiétante dérive est à mettre en regard de l'obsession pronucléaire de M Sarkozy et de ses efforts pour vendre du nucléaire à des dictatures (Lybie, Chine, etc).
La France est de moins en moins bien placée pour
donner des leçons au reste du monde au sujets des Droits de l'homme, et cela est en particulier dû à la
politique nucléaire, civile et militaire, de la
France. Le nucléaire ne nuit pas seulement à l'environnement mais aussi à la Démocratie.
à compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
De Sacha25
09H15 | 23/04/2008 |
Essayez ces plantes garanties sans OGM :
la cigüe (testée par Socrate, excusez du peu)
la belladone
la digitale
etc
C'est sain et plein d'intérêt pour la planète.
La rapidité du changement climatique risque de ne pas laisser le temps à la nature de créer les OGM adaptés (du moins du vivant de l'humain)
Alors, que faire à part disparaitre ? ?
à Sacha25
De léo solo
19H56 | 23/04/2008 |
Disparaitre ou ne pas disparaitre.
Telle est la question.
à marmotte64
De ELCHEKATZO
La Revolte des Crabes | 05H40 | 23/04/2008 |
Elle serait une femme transgène ? J » ai bon ?
Mais en fait, en génétique ce serait plutôt :
« Et si mon oncle n'en avait pas (de chromosome Y) ? »
Car l'homme est une femme castrée de sa féminité, le chromosome Y étant très peu codant, mais surtout répresseur de gènes…
trève de balivernes^^
Selon l'article qui a au moins l'avantage de développer il y a plusieurs types d'O.G.M. :
Les aliments végétaux génétiquement modifiés :
Ils posent de nombreux problèmes en qualité surtout (important car notre société semble s'être passé de ce paramètre, nous ne vivons plus qu'en quantité).
1- Les céréales O.G.M. et autres produits poussant au niveau du sol.
Elles sont d'une part produite sur des sols morts brûlés (eux) par les pesticides et nourris par des engrais chimiques. La « terre » n'est plus qu'une couche hydrophile juste valable comme éponge malléable.
La sélection des plantes en vue d'être modifiées sont plus sélectionnées sur leur aspect caractéristique que sur leur saveur. Comme en plus il s'agit de plantes « trafiquées », ce qui techniquement demande un minimum de travail, elles seront le plus souvent pour les mêmes espèces des clones entre elles sans richesse de diversité. Cette perte de qualité n'effrayant plus personne, les goûteuses tomates si elles ne sont plus cultivées disparaîtront…
« Et les fraises domestiques, c'est naturel ? »
Oui c'est naturel car nous sommes naturels, Mme AV, nous ne faisons que cueillir et se laisser s'ébattre des plantes pour notre plus grand bonheur et les choisissons pour des qualités bien naturelles et qui nous apportent beaucoup par leur goût, leur diversité et la richesse variable du sol qui contribue tant à leur résistance-persistance locale qu'à ce goût.
Le bilan de cette forme d'agriculture :
des sols morts, des produits bien quelconque mais qui peuvent passer fièrement à la TV pour une pub ! Des eaux sur-polluées car tuer le vivant dans les sols c'est tuer les filtres de la terre. Toute pollution est toujours subie par les plantes et les organismes du sol : en l'occurrence ces pollutions volontaires filent de plus en plus droit vers nos nappes phréatiques.
Si ce n'était que cela…
certaines céréales graminées Génétiquement Modifiées (par exemple) sont cousines de celles des bords de champs et de route, et sont en puissance « contaminables » par ces gènes : que ferons-nous quand certains de ces graminés non volontairement modifiés se retrouveront en plein champ ! ! !
Si les quantités de cultures OGM sont grandes, vers quelles sources de céréales non corrompues ,dés lors, nous tournerons-nous ? Et quand bien même aurions-nous encore quelque bonne céréale que ferons-nous de ces nouveaux OGM non voulus ? Si Nous créons de nouvelles résistances : elles deviendront résitantes de même…
Des paysans ce sont rendu compte que les voisins qui cultivaient des OGM de la même espèce les avaient fortement contaminé et ce à bonne distance. Même si la contamination ne sera pas aussi facile elle viendra.
2. les innovations sur les animaux
Le problème reste que créer des monstres pour arriver aux (insondables et infinies) fins humaines ne nous rendra pas meilleur. Et que dire des futurs viandes clonées que nous mangerons. Qui n'auront jamais couru, ni été engendré. Allez dans certains « discounts » vous verrez déjà le goût de la viande de mauvais élevage.
Créer des médicaments ? Derrière toute industrie de pointe qui cherche son marché, on montre toujours les applications nobles. Mais qu'en est-il de la condition de vie de ces animaux, futurs clonés eux aussi. Nous soignons quasi tout et ne sommes pas encore content dans cette vie ? Y a t il quelque chose qui puisse satisfaire l'homme ?
En tout cas, les OGM ne sont pas fait pour nourrir la planète mais plutôt l'asservir demandez aux paysans indiens, aux sud-américains aussi… Descendez en bas de chez vous demander un sandwitch gratuit car vous avez faim et pas d'argent… On verra si on vous en donne ! Quand l'Afrique ou d'autres crient famine… Monsanto va leur envoyer des semences gratuites ? ? ?
Enfin, bon courage aux « futuristes » à ceux qui croient en un autre progrès que le progrès de l'intelligence et de la fraternité.
P.S. :
http://www.rue89.com/2008/04/22/loi-sur-les-archives-ladministration-enc…
« Une étude de Monsanto tenue secrète en France, accessible en Allemagne
Ainsi, une étude de Monsanto sur les OGM, tenue secrète par le ministère de l'Agriculture et démontrant des problèmes sur des cellules du foie chez les rats, n'a pu être obtenue qu'à travers l'Allemagne, grâce à sa loi plus souple sur l'accès aux documents…
[Ce n'est pas que des OGM-Entreprises qu'il faut se méfier mais des libéraux qui feraient feu de tout bois par arrivisme]
à marmotte64
De marie 75
08H23 | 23/04/2008 |
des économies ? ? ? ? ? Elle n'en a plus
des vraies infos ? ? ? Elle en a ! ! !
Pour le reste… c'et la main de ma soeur dans la culotte du zouave !
à marie 75
De karlM
08H36 | 23/04/2008 |
ben si le bio peut nourrir la planète, selon le FAO, faut lire rue 89, mon cher Kawouede.
http://www.rue89.com/2007/06/30/selon-la-fao-lagriculture-bio-peut-nourr…
Quand aux obsédés de la techno-science, je leur conseilles du riz aux carottes, c'est mieux qu'un ogm pour la vitamine A.
Quand vont-ils cessé de rêver, n'y t il pas assez de preuves des dégâts.
à karlM
De marie 75
08H59 | 23/04/2008 |
tribune de genèvde :
« Il faudrait déjà que les paysans aient accès aux graines ! »
CRISE ALIMENTAIRE | 00h05 Des ONG accusent : quelques multinationales trustent les semences et le font payer cher aux paysans du Sud.
Le prix des graines a augmenté, celui des fertilisants aussi …
OLIVIER BOT | 23 Avril 2008 | 00h05
Qui veut récolter doit semer… La nécessité de préserver la souveraineté alimentaire est revenue en force dans le débat après les émeutes de la faim. Si on ne peut pas produire de tout partout, des voix s'élèvent pour que les pays puissent diversifier leurs ressources alimentaires, en comptant pour cela sur leurs paysans et leurs semences.
Carin Smaller, responsable du bureau de Genève de l'ONG américaine « Institute of agriculture and trade policy » (IATP) plante le décor : « Les deux-tiers des pays du Sud sont dépendants de leurs importations agricoles et soumis à la volatilité des prix du marché mondial. Il faut les aider à “produire local, régional et national” pour mieux résister.
La Banque mondiale, qui répète pourtant que la solution à la crise alimentaire est un “nouvel accord commercial”, reconnaît dans son rapport sur le développement 2008 que “l'agriculture à petite échelle est un moyen puissant pour sortir de la pauvreté”. Sauf qu'au départ de la chaîne de production alimentaire, côté semences, la tendance est aussi à la concentration et à l'uniformisation.
Et que sur ce terrain, les pays du Nord poussent ceux du Sud à signer des accords qui leur lient les mains et augmentent le coût de leur agriculture. Illustration avec la brevetabilité des plantes.
Au syndicat suisse Uniterre, affilié à Via Campasina, Valentina Hemmler revendique le droit pour les paysans “de replanter, multiplier, échanger et commercialiser les semences. Pour garantir la sécurité alimentaire, il faudrait déjà que les paysans aient accès aux graines ! ” Or, de nombreuses évolutions grignotent petit à petit ce droit ancestral, pourtant confirmé par un traité international (Tirpa) de 2004 visant à la “conservation et à l'utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture”.
Le prix de la propriété intellectuelle
L'ONG Grain écrit que les grands semenciers “représentent plus de la moitié des 30 milliards de dollars annuels du marché mondial des semences”. En tête du top ten mondial, en millions de dollars, les Américains Monsanto (2803), Dupont-Pionner (2600) et le suisse Syngenta (1239). La secrétaire syndicale d'Uniterre s'insurge : “Une armada de textes sur la propriété intellectuelle, le coût et la complexité de l'inscription au catalogue des semences empêchent l'accès des paysans à la propriété de leurs graines.” Pendant ce temps-là, les multinationales “promptes à déposer des brevets” trustent les droits et “élaborent hybrides et OGM qui ne se replantent pas”. Contactée hier pour répondre à ces accusations, la multinationale Syngenta, dont le siège est à Bâle en Suisse, n'a pas répondu.
Romain Benicchio, représentant de l'ONG Oxfam à Genève, confirme l'augmentation substantielle des prix liée aux droits de propriété intellectuelle défendue par les multinationales.
Il souligne aussi que “les Etats-Unis ou l'Europe poussent les pays du Sud à signer des accords empêchant les paysans de réutiliser ou de conserver des semences protégées”. C'est par exemple le cas pour un accord commercial passé par les Américains avec le Maroc.
à marie 75
De léo solo
19H59 | 23/04/2008 |
Ici, dans le sud-ouest, le sevice de la répression des fraudes passe dans les marchés à la recherche des paysans qui vendent les semences qui ne sont pas sur le catalogue officiel.
à léo solo
De ELCHEKATZO
La Revolte des Crabes | 23H04 | 24/04/2008 |
Bonjour Léo ce dont tu parles est très important, si je crois bien comprendre, il y a eu une émission TERRE A TERRE sur France Culture là dessus. Ce sujet est très mal connu, explicite svp…
A bientôt te lire.
à marmotte64
De marie 75
09H30 | 23/04/2008 |
Pétition « Libérons les semences » de l'Association Kokopelli
La semence, essence même de la vie, est aujourd'hui menacée. 12 000 ans de construction collective patiente et réfléchie ont abouti à la création d'un patrimoine végétal, technique et culturel inestimable, commun à toute l'humanité. Cet héritage court aujourd'hui le risque d'être confisqué par une infime minorité.
L'aliénation de la semence par l'agro-industrie, constitue un danger sans précédent pour l'avenir : l'indépendance alimentaire et la santé des peuples. Les vendeurs de pesticides bricolent dans leurs laboratoires des chimères génétiquement modifiées, qu'ils osent appeler semences, générant des plantes dépendantes entraînant une régression technique pour les paysans, les jardiniers et les amateurs. Les lobbys, aidés par l'Etat, pour obtenir le monopole de ce qui appartient à tous, veulent supprimer le droit inaliénable de chacun de ressemer sa récolte. Les sélections de terroir garantissent des plantes saines et savoureuses. La semence industrielle est malade, elle ne peut vivre sans pesticides, engrais chimiques ou manipulations génétiques. Polluante pour l'environnement, elle est le point de départ de la mal-bouffe. Comme les générations qui nous ont précédés, nous avons le devoir de transmettre à nos successeurs, la possibilité d'orienter et de choisir leur avenir.
Conscient que le maintien de la biodiversité est facteur de sécurité, d'indépendance alimentaire et de nourritures abondantes pour demain,
Conscient que la semence est un bien commun à tous les peuples,
Je demande que la loi AFFIRME le droit inaliénable de toute personne de cultiver, semer, multiplier, acheter, échanger, offrir, céder, transmettre, tout végétal (graine, bouture, plant, tubercule, etc.) sans restriction légale d'aucune sorte.
Je revendique le droit de me procurer et de consommer librement la nourriture issue du produit des semences de population, de pays, de famille, dites anciennes : toutes, graines de vie.
En signant cette pétition, je défends ma liberté, un patrimoine et permet, avec l'association Kokopelli, la transmission de la biodiversité et de la fertilité aux générations futures.
Signez la pétition :
http://www.univers-nature.com/signez/ ? code=cat
De kawouede
14H47 | 22/04/2008 |
A lire, ce post de Laure Noualhat sur son Libéblog, qui vous répond en quelque sorte http://environnement.blogs.liberation.fr/noualhat/2008/04/les-guerres-de…
Le drame est que la sophistication - depuis les « révolutions vertes » des années 1960-1980 - a parfois fait oublier ou perdre de vue des méthodes « traditionnelles » qui pouvaient être plus performantes que l'agriculture productiviste, même dans les conditions de stress « nouvelles » que vous citez.
Le bio ne peut pas nourrir la planète, c'est sûr, et il y a des OGM utiles et inoffensifs, c'est probable, mais avant de jouer aux apprentis sorciers épuisons les autres voies possibles et ne faisons pas une confiance aveugle aux gourous qui, comme Monsanto, vendaient il n'y a pas si longtemps des défoliants aux armées… même s'il y a des gens très bien (ingénieurs, chercheurs) qui travaillent dans ce secteur.
à kawouede
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 15H00 | 22/04/2008 |
L'un des problèmes posés par le problème, c'est que notre avis, on ne va pas nous le demander. Sinon, je ne doute pas qu'il existe des gens très bien ( d'autres pas bien du tout, et la plupart entre deux) dans toutes les professions.
à kawouede
De kestiontoi
travailleur forcé | 20H28 | 22/04/2008 |
« Si on améliorait les rendements agricoles dans les régions semi désertiques, si on pouvait vaincre durablement les famines africaines ou asiatiques ? Et si un des rares moyens de la victoire résidait dans quelques espèces de plantes génétiquement modifiées ? »
Depuis quand Mosanto & Co font-ils de la recherche pour le bien de l'Humanité ?
« Le bio ne peut pas nourrir la planète, c'est sûr, et il y a des OGM utiles et inoffensifs, c'est probable, mais avant de jouer aux apprentis sorciers épuisons les autres voies possibles et ne faisons pas une confiance aveugle aux gourous qui, comme Monsanto, vendaient il n'y a pas si longtemps des défoliants aux armées… même s'il y a des gens très bien (ingénieurs, chercheurs) qui travaillent dans ce secteur. » (kawouede)
La planète peut-t-elle nourrir l'Homme ?
L'Homme est-il capable de générosité et de partage ? ? ?
à kestiontoi
De targon
précaire de la recherche | 20H38 | 22/04/2008 |
« Depuis quand Mosanto & Co font-ils de la recherche pour le bien de l'Humanité ? »
Ce que vous ne voulez pas comprendre c'est que Monsanto n'est pas la seul à faire des OGM et que manque de bol il y a des personnes philanthropes dans le tas. Je vous renvoie au précédent de M. jayat et les commentaires correspondants.
« L'Homme est-il capable de générosité et de partage ? ? ? »
Si vous en doutez à quoi cela sert-il de continuer à essayer de vivre dans ce monde ?
Targon
à targon
De léo solo
20H02 | 23/04/2008 |
Descarte a éclairé sur les vertus du doute.
Ce n'est pas une invitation à s'autoliquider.
à kawouede
De Desactivé
Pourvu d 'antennes , c 'est pas cou... | 23H20 | 22/04/2008 |
Pourquoi « le bio ne peut pas nourrir la planète ? » As-tu vu les résultats prodigieux obtenus par quelques illuminés adeptes de Rudolf Steiner - très sceptiques au départ - : un peu de poudre de perlinpinpin déposée à telle période saturnienne ou lunaire ou je ne sais quoi , dans une corne de boeuf , puis ces cendres balancées sur les cultures et miracle : de superbes fruits ,sains , sans engrais , sans pesticides. Faut le voir pour le croire ! c » était une émission tardive bien sûr, sur Arte probablement.
L « avenir existe : il est dans la sagesse des anciens.
De nosil35
en mutation | 15H02 | 22/04/2008 |
oui laissons les pauvres choisir : mourir de faim à 35 ans ou d'un cancer à 36 ans ?
à nosil35
De kestiontoi
travailleur forcé | 20H31 | 22/04/2008 |
Les pauvres ont-ils le choix ?
Le peuple a-t-il le choix ?
Les représentants du peuple écoutent-ils la voix du peuple sur le sujet des OGM en France ?
à kestiontoi
De Desactivé
Pourvu d 'antennes , c 'est pas cou... | 23H28 | 22/04/2008 |
A kestiontoi : moi, Faucheur Volontaire d « Ogm , te réponds que le peuple est un troupeau de veaux (air connu), qu'il a le choix entre la lâcheté, l'indifférence , et notre engagement citoyen juste, courageux, magnifique : si nous êtions 400.000 dans les champs au lieu de 400 , on ne parlerait plus des OGM en plein champs - je rappelle que nous ne sommes pas contre la recherche fondamentale , mais pour le principe de précaution , justifié par les catastrophes survenues en Inde etc. - Attention les nanotechnologies arrivent : ce sera bien pire !
De marmotte64
Super héros | 15H08 | 22/04/2008 |
A-t-on le droit de ne pas manger des OGM ?
Je veux dire : a-t-on VRAIMENT le droit de ne pas en manger, sans qu'on vienne nous dire qu'on est des monstres d'égoisme vis à vis du tiers monde et des poltrons effrayés par la moindre innovation ?
Parce que j'ai comme la sensation que moi qui gueule tout seul dans mon coin que je n'en veux ABSOLUMENT pas, dans quelques années je vais découvrir que j'en mange de 50 manières différentes.
à marmotte64
De targon
précaire de la recherche | 20H45 | 22/04/2008 |
Le bétail européen en consomme déjà, donc d'une certaine manière, à moins d'être végétarien, vous en mangez déjà. Est-ce bien, non car nous devrions être au courant, mais faut-il pour autant jeter les OGM pour autant, je ne le pense pas. Reprenant mon baton de pélérin, il faut déterminer, « démocratiquement » avec un « risque calculé et assumé » si nous voulons d'OGM « agronomiques », qui sont le principal problème actuel, les OGM « médicaments » , qui posent moins de problèmes à la société (mais qui pose les mêmes problèmes écologiques si cultivés en plein champ) et enfin les OGM « techniques » type producteur de plastique.
Il faut plutôt étudier le problème des filières. Pensez-vous que les filières Bio et traditionnelle sont strictement étanches (même avec les certifications)
à targon
De marmotte64
Super héros | 12H45 | 23/04/2008 |
Je n'ai pas de problèmes avec les OGM techniques ou médicaments tant que leur production est encadrée avec un maximum d'attention.
En revanche, je suis foncièrement opposé à deux choses :
1) Le brevet sur le vivant.
2) Les OGM de consommation : question est ce que si sur un bonbon pour votre enfant il y a marqué : bonbon normal d'un côté et de l'autre : bonbon à base de produits expérimentaux garantissant une vie sans carie. Moi j'hésite pas une seconde et on ira chez le dentiste s'il faut.
à targon
De léo solo
20H05 | 23/04/2008 |
Tout le bétail européen mange des ogm
Vous êtes européen
Donc vous êtes du bétail.
Quand au poisson le saumon n'est pas étanche.
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 15H10 | 22/04/2008 |
Vous dites : « Mais une fois encore, lorsqu'il s'agit de ne pas crever de faim, les débats ne sont plus les mêmes.“Si cet argument est le plus fort, c'est aussi un coup bas bien culpabilisant à l'égard de tous ceux que les OGM n'ont pas convaincus.
Dit autrement, des milliards d'êtres humains crèvent de faim et avec le réchauffement climatique ça ne va pas s'arranger. Les OGM sont peut-être une solution. Donc, s'y opposer revient à les laisser mourir. de faim.
C'est à dire que ces mêmes multi nationales qui mettent la planète à genoux invoquent leur action dévastatrice comme raison principale de l'obligation du recours aux OGM.
Quant au hold-up des semenciers s'apprêtant à confisquer le vivant pour leur plus grand profit, le sujet n'est pas abordé. Un oubli sans doute ?
à Jonas2
De Voyageur
17H43 | 22/04/2008 |
Personnellement j'adhere a tout dans les OGM anti pesticides, moindre consommation de l'eau, fabrication de medicaments Remedes miracles quoi
Sauf que
« Quant au hold-up des semenciers s'apprêtant à confisquer le vivant pour leur plus grand profit, le sujet n'est pas abordé. Un oubli sans doute ? »
Ce probleme essentiel est constament cache quand on entends tout ces beaux discours. Comment faire confiance a des gens qui veulent capturer le vivant et en faire une source de profit
Nous ne pourront certainement pas couper a cette vague OGM mais il faut avoir conscience que le controle doit etre aussi rigouraux que pour tout ce qui touche au nucleaire car c'est potentiellement aussi dangereux, mis dans les mains d'inconcients
Jean Michel
à Voyageur
De Desactivé
Pourvu d 'antennes , c 'est pas cou... | 13H24 | 24/04/2008 |
à Voyageur : mais les plantes transgéniques sont à 99 % des plantes - usines à pesticides , qui les fabriquent elle-mêmes( une vilaine bactérie ) ! ou qui résistent aux pesticides = les agricultUeurs en balancent encore plus.