
On ne transmet pas que des gènes à ses enfants
Intelligence, obésité ou délinquance : les médias ne jurent que par le pouvoir des gènes. Rue89 vous démontre le contraire.

Gène de l »intelligence ou de l »obésité, gène de la délinquance ou de la réussite sociale avec Rolex incorporée, les médias sérieux annoncent régulièrement des découvertes révolutionnaires confirmant le pouvoir absolu des gènes. Rue89 étant un média sérieux, je me fais un plaisir de vous annoncer l »exact contraire. Preuve à l »appui.
Le cerveau est capable de bien des merveilles, dont une des plus fascinantes est son aptitude à la mémoire. Fascinante même pour les spécialistes, qui ne savent toujours pas précisément les mécanismes grâce auxquels le cerveau garde nos souvenirs au chaud.
Ils savent au moins que plusieurs types de mémoire existent, et que dans tous les cas les connexions entre neurones subissent des bouleversements.
Pour ne pas oublier : serrez les tentacules
Le cerveau est un immense « trifouillamini » de neurones, véritables poulpes armés de milliers de tentacules. Chaque poulpe serre la louche à de nombreux collègues, établissant ainsi les connexions qui forment le réseau.
A l »état de repos, les poignées de tentacules sont lâches, on se tient juste du bout des ventouses pour ne pas se perdre dans la foule. Mais quand une info arrive à un poulpe A, il serre quelques tentacules, ce qui réveille tous les amis se trouvant à l »autre bout. En réponse, les amis serrent leurs tentacules, ce qui excite d »autres amis, etc. C »est ainsi que l »info circule entre les neurones.
Les poignées de tentacules sont le siège de modifications qui permettent la mémorisation. Un des mécanismes s »appelle la potentialisation à long terme (LTP en anglais). Son principe est simple : pour se souvenir qu »une info ayant excité le neurone A est parvenue jusqu »au n°D, le cerveau s »arrange pour que les poignées de tentacules A-B, B-C et C-D soient plus serrées, même à l »état de repos. Il suffit alors d »une légère excitation de A pour que le message passe à B, et ainsi de suite jusqu »à D.
Et l »info circule très vite : au lieu de se perdre dans les méandres du réseau, elle trouve immédiatement sa route de A vers D. C »est donc par un renforcement des liens entre les neurones que le cerveau mémorise. Le mécanisme est bien entendu dépendant de nos gènes, qui permettent aux neurones de se réorganiser. Mais il est aussi dépendant de l »environnement. En premier lieu car les infos à mémoriser viennent souvent de l »extérieur.
Tester la mémoire dans une cage électrique
Mais l »aptitude à la mémoire est elle-même influencée par le mode de vie. On le sait depuis les années 60 et les premières études en labo sur des rongeurs : vivre dans un monde stimulant est bon pour le cerveau. Des souris élevées en cages, avec pour seule compagnie un matelas de copeaux, un bol de croquettes et un distributeur d »eau, sont tristounettes et ont un banal cerveau de rongeur.
Dans un environnement « riche » où plusieurs animaux vivent en colocation, disposant d »équipements sportifs et de jouets souvent renouvelés pour briser l »ennui, les souris s »éclatent et deviennent très douées face à des tests de mémoire et d »apprentissage. Notre comportement est donc soumis à l »influence des gènes et de l »environnement. Le fait est déjà lourd de conséquences, notamment pour ceux qui voudraient repérer dès la crèche les futurs délinquants.
Mais jusqu »à peu, les gènes gardaient l »exclusivité dans leur fonction d »agent de l »hérédité : des parents aux enfants, ce n »était que des gènes qui circulaient et rien d »autre. Or depuis peu on se rend compte que tout cela est faux. Une étude parue dans le Journal of Neuroscience le confirme grâce à des travaux sur la mémoire et la LTP. (Voir le document ci-contre)
La méthode utilisée par les chercheurs est courante et pourtant, je vous l »accorde avant que vous me sautiez dessus, indigne d »une recherche moderne. On place une souris dans une cage spéciale, puis on lui envoie une petite décharge électrique et on observe : en général, la souris se fige dans un coin de la cage, terrorisée -je vous le ré-accorde, cette méthode est idiote.
On retire alors la souris de la cage puis, quelques heures ou quelques jours après, on l »y remet, cette fois sans l »électriser. Mais le rongeur se souvient et se fige de peur. En mesurant le temps passé dans cette position, on juge l »efficacité de la mémoire de l »animal. Comment la souris se souvient ? Grâce à la LTP.
L »info de départ est « je suis dans une cage », immédiatement suivie de « houlà, mais ça pique ici c »est quoi ce bordel ? » car la douleur rend la souris très grossière. Une 3e info est alors déclenchée : « j »ai peur, ça va recommencer ! » et passe le relais aux muscles qui figent la souris dans une posture tétanisée par la trouille.
La douleur et la peur encouragent le cerveau à garder l »expérience en mémoire, en renforçant par LTP les connexions le long de la chaîne « cage = ça pique = j »ai peur = tétanisation ». Voilà pourquoi, lors d »une 2e expérience, la souris se fige à la seule vue de la cage.
Une contre-révolution retire la couronne impériale aux gènes
Mais le plus beau est à venir. Avec cette méthode barbare, les chercheurs ont montré que des souris élevées dans un environnement riche se souvenaient mieux de leur expérience électrique. Elles possèdent en effet une LTP plus efficace, notamment dans l »hippocampe, une région cérébrale impliquée dans la mémoire.
Plus fort : les chercheurs ont étudié des souris ayant une anomalie génétique perturbant leur mémoire. Elles ont du mal à se rappeler l »expérience de la cage électrique, par exemple. Et bien élevez ces souris mutées dans un environnement riche pendant 15 jours, et elles deviennent capables de mémoriser aussi bien que les autres !
Ce qui veut dire que le milieu dans lequel elles ont vécu a permis de corriger l »impact néfaste de gènes mal fichus. Le pouvoir absolu des gènes prend du plomb dans l »aile. Et voilà le meilleur. Après avoir élevé des souris mutées dans un environnement riche et leur avoir fait passer le test de mémoire, ils les ont remises dans un environnement pauvre, où elles ont fait des petits.
Logiquement, ces derniers portent la mutation génétique et devraient donc mémoriser aussi bien qu »un python nage le crawl. Surprise : si vous faites subir aux petits le test de la cage, ils le réussissent parfaitement, comme leur maman ! Comme s »ils avaient eux aussi connu un environnement riche qui compensait leurs gènes défectueux. Or il n »en est rien.
Les petits furent toujours élevés dans un environnement pauvre, parfois par d »autres femelles que leurs mères. Conclusion : les petits ont reçu de leur mère, lors de la période intra-utérine, des gènes défectueux mais aussi la capacité à mieux mémoriser grâce à une LTP plus efficace.
Or cette capacité, la maman l »a acquise lors de son séjour en milieu riche, avant même de tomber enceinte, avant même de faire le test de la cage. Elle a donc transmis à ses petits des gènes, mais aussi des modifications biologiques induites par son vécu avant la grossesse.
Une théorie vieille de deux siècles revient à la mode
Ce résultat apporte sa pierre à l »édifice qui barre la route à la toute puissance des gènes, qu »on nous rabâche depuis trop longtemps et dans trop de circonstances. Il confirme ce que plusieurs études nous ont mis sous le nez depuis une quinzaine d »années : l »héritabilité des caractères acquis.
Un mécanisme proposé par de nombreux savants du XIXe siècle, notamment par le Français Lamarck et Charles Darwin lui-même. Un mécanisme qu »on a ridiculisé, moqué, écartelé, pour mieux dérouler le tapis rouge aux gènes, aux gènes et encore aux gènes.
Ce fut une période passionnante qui nous a permis d »approfondir le rôle des gènes dans le fonctionnement des êtres vivants. Des théories extrémistes en ont été tirées, il fallait en arriver là car ainsi sont les hommes : tant qu »ils ne sont pas allés au bout du chemin, ils ne peuvent pas savoir qu »au bout il n »y a qu »un gouffre d »ignorance -tudieu, comme je parle bien, des fois ! Mais il est temps de s »enlever les œillères et saisir enfin la complexité du monde…
2009 est l »année Darwin, car son premier livre à sensation, « L »Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie », fut publié en 1859, il y a 150 ans. L »occasion de faire le bilan sur ce qu »on sait de l »évolution, de l »hérédité et des gènes. En voilà un premier aperçu.
Si le cœur vous en dit, j »en parlerai de temps en temps. Le sujet est vaste et passionnant. Rien que de savoir qu »on ne transmet pas que des gènes à ses gosses, ça me fait bien réfléchir… Pas vous ?
Photo : Avary Hunsinger dans les bras de son père lors d'un meeting de campagne de Barack Obama, le 30 décembre 2007 (Keith Bedford/Reuters).
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De ysengrimus
14H00 | 04/03/2009 |
La génétique de troquet, on en revient, en effet. Il y a des dérives fort nocives à cela…
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/07/03/male-alpha-foutaise-omega-con…
et anciennes, et malodorantes… la facette sombre de Darwin…
Paul Laurendeau
à ysengrimus
De napakatbrax
14H19 | 04/03/2009 |
Très intéressant, et instructif.
Résumons : des souris dotées d'une « anomalie génétique perturbant leur mémoire » obtiennent une mémoire performante par électro-stimulation. Et leur descendance, bien que porteuse de cette même anomalie, lorsqu'elle est élevée dans une ambiance mollassone… aussi. D'où la conclusion : y a kèkchose d'autre qui est transmis.
Au point de vue du raisonnement pur, une question : pourquoi les souris de première génération n'auraient-elles pas aussi été porteuses de ce « kèkchose » ? Qui est venu en premier, l'oeuf ou le… sourisseau ?
Petit rappel complémentaire : la génétique a été totalement remise en cause - par les généticiens - depuis une demi-douzaine d'années, mais j'ai l'impression que l'info a du mal à passer.
. : : Voir : « Génétique : retour à la case départ, là où il y a de la gêne… » : : .
à napakatbrax
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 18H23 | 04/03/2009 |
Juste un commentaire sur la logique du raisonnement : l'influence sur ces petits de ce qu'a connu la mere souris durant ses belles annees pourrait tres bien s'expliquer par quelque production hormonale favorisant le developpement du cerveau de son petit. Cette production hormonale, pourtant caractere acquis, peut se transmettre au petit par son action pendant la grossesse.
Un exemple humain pourrait etre celui d'une femme qui a commence a fumer ou a picoler etant jeune et qui a garde cette habitude tout au long de sa vie, jusqu'a tomber enceinte. Cette habitude acquise aurait pourtant des consequences evidente sur la sante du petit. Je ne vois donc pas vraiment en quoi cette experience apporte un resultat revolutionnaire. Mais peut etre ai-je mal compris ?
à Azza
De Damien Jayat
(auteur)
Médiateur scientifique | 18H41 | 04/03/2009 |
Le côté révolutionnaire est que, contrairement à ce qu'on pensait, des caractères acquis peuvent se transmettre. Ca vous parait peut-être naturel, mais ça ne l'est pas pour la plupart des théoriciens de la génétique !
à Damien Jayat
De tobernite
13H45 | 05/03/2009 |
L'usure du cadre théorique de la génétique se mesure à l'accumulation des expériences « ratées » (c'est à dire produisant des résultats difficiles à expliquer), un peu comme à l'époque où Ptolémée accordait au marteau-pilon ses observations de trajectoires planétaires avec le principe « Terre au centre de l'univers ». Pour se sortir de l'ornière, on attend une nouvelle théorie de la biologie, on attend, on attend.
L'épistémologue André Pichot (que je m'étonne de ne pas trouver en référence dans votre excellent article) nous raconte comment la science, depuis sa naissance, a évolué, a pu franchement débloquer, s'est figée, mais peut aussi reprendre son élan. Parmi les livres de Pichot, je recommande les deux tomes de la Naissance de la science, ainsi que l'Histoire de la notion de gène.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Pichot
à Damien Jayat
De PolemiKe
polemike.fr - Vulgarisateur philoso... | 15H00 | 05/03/2009 |
« Or cette capacité, la maman l'a acquise lors de son séjour en milieu riche, avant même de tomber enceinte, avant même de faire le test de la cage. Elle a donc transmis à ses petits des gènes, mais aussi des modifications biologiques induites par son vécu avant la grossesse. »
Vous semblez vous méprendre sur les fondements mêmes de la théorie de la mémétique, l'erreur est trop cruciale pour ne pas être rectifiée.
Le patrimoine génétique est transmit à l'enfant, mais qu'est ce que le patrimoine génétique ?
Dawkins dans son ouvrage « Le gène égoïste » insiste sur le fait que l'homme/l'animal ne soit qu'un porteur d'ADN.
Si un lion se reproduit plus que son rival, c'est parce qu'il possède une plus belle crinière, que ses griffes sont plus solides, qu'il a un système immunitaire plus perfectionné qui lui a permis un développement plus sain etc …
Les gènes de la belle crinière et compagnie serons souvent transmis à sa descendance (plus nombreuse), ainsi l'ADN le plus viable statistiquement survit.
Jusque là rien de nouveau, rappelons qu'un homme musclé ne donne jamais naissance à un enfant musclé, ni qu'un homme très cultivé ne donne naissance à un enfant très cultivé. Pourquoi ?
Tout simplement parce qu'il s'agit d'un apprentissage postérieur à la naissance, c'est pour ça qu'on parle d'acquis et non d'inné.
La très grande plasticité du cerveau de l'homme le caractérise parmi le monde animal. Anthropologiquement parlant, l'intelligence de l'homme était sa seule arme, les individus les plus intelligents se multiplient plus que les autres. Mais la taille du bassin de la femme n'est pas adapté aux nouvelles dimension du crâne des enfants qu'elles mettent au monde, seuls ceux qui ne meurent pas en couche survivent et se reproduisent, limitant ainsi les dimensions du crâne. Le développement se fait de tel manière que seuls les individus qui s'adaptent le mieux à leur environnement s'en sortent. Bien sûr, ceux qui s'adaptent le mieux sont les individus possédant les cerveaux les plus perfectionnés possédant à la naissance (de manière innée, génétique) la plus grande capacité d'apprentissage, la plus grande capacité d'adaptation au milieu.
Par contre, l'apprentissage en lui même des méthodes de pêches, de chasse et de tout ce qui a pu faire la survie de l'homme, se fait par apprentissage, par acquis.
On parle alors « d'apprentissage vicariant » ; le mimétisme permet la survie parce que les plus adaptés sont les modèles et ceux qui ont le plus de chances de survie.
Est c'est seulement maintenant qu'intervient la théorie de la mémétique, ainsi nommée par Dawkins dans son ouvrage du gène égoïste, pressentie par Darwin, Lamarck et Spencer.
Cette théorie est celle selon laquelle un geste, un comportement (acquis) ne survit que s'il est adapté et permet une meilleure survie.
La cigale qui chante tandis que les fourmis travaillent à donc peu de chances de survies … Chanter n'est donc pas, pour une cigale française, en été, un comportement adapté. Par contre, peut être que la cigale amazonienne (ça existe ? ) qui ne craint pas le froid, si elle chante toute l'année à plus de chance d'attirer les femelles et ainsi de faire survivre ses gènes.
En Roumanie, après la chute de Nicolae Ceausescue, des dizaines de milliers d'enfants sont retrouvés dans les orphelinats d'état. Pour la petite histoire, le despote voulait assurer un avenir à son pays et condamnait les jeunes filles sans enfant passé un certain âge à une amende ou peine de prison. Les bébés, en criant, en pleurant, remarquent qu'ils peuvent agir sur leur environnement, lorsqu'ils pleurent, ils entrent en interaction avec le monde. Dans un orphelinat roumain en sous effectif, personne ne vient répondre à ces appels. L'enfant n'est pas stimulé et attend simplement passivement qu'on veuilles bien le nourrir. Le syndrome d'hospitalisme chez un enfant est ravageur, c'est ce que démontre l'expérience de Harlow sur des singes, il s'agit de la théorie de l'attachement.
Pour faire court, la théorie de l'attachement postule que l'attachement est source de tout développement, que l'interaction est source de toute connaissance, réflexion, pensée.
Un bébé privé de tout ses sens (odorat, vue, toucher, ouïe, gout) peut il se faire une idée du monde ? La pensée ne vient elle pas de la stimulation ?
Les caractères acquis se transmettent donc bel et bien, on parle de culture, de rites … mais chez l'homme, la sécurité sociale existant, les individus peuvent se permettre de passer du temps à des taches très secondaires à leurs survies (mais jamais inutiles).
Ainsi, les loisirs comme les gouts permettrons de rencontrer une personne du sexe opposée peut être plus en adéquation que n'importe qui d'autre dans la rue, afin de se reproduire.
Les modes permettent de regrouper des individus dans des états d'esprits bien particuliers et d'afficher leurs différences et leurs similarités. D'un simple coup d'œil un rebelle reconnait une rebelle.
Pour en savoir plus, depuis un site de vulgarisation et de débat :
Le propre de l'homme ?
http://polemike.free.fr/index.php ? topic=42.0
Sur le mimétisme :
http://polemike.free.fr/index.php ? topic=88.msg299#msg299
Sur le mémétisme :
http://polemike.free.fr/index.php ? topic=95.10
Ou tout simplement depuis le site :
http://polemike.fr/
Cordialement.
à Damien Jayat
De alaber
ingénieur | 03H18 | 06/03/2009 |
En effet ce que l'on appele le lamarckisme semble revenir au gout de certains scientifiques mais pas encore aux neo-darwinistes.
Les mères hollandaises qui avaient vers la fin de leur grossesse subit la famine durant la seconde guerre mondiale avaient produits des enfants de petit poids. Leurs filles ont hérités de cette mème caractéristique de produire des enfants de petits poids.
http://humrep.oxfordjournals.org/cgi/content/full/17/10/2487
Une piste pour cette transmission de caractère acquis par la mère vers l'enfant est l'epigenetic inheritance où le DNA n'est pas changé mais la façon dont les gènes s'expriment est changée.
à napakatbrax
De OISANS38
retraitée | 19H16 | 04/03/2009 |
Depuis bien plus longtemps qu'« une demi-douzaine d'années ». Mais le combat est toujours à mener. Pour ma part, j'ai été vaccinée contre les modes périodiques, parce lorsque j'étais en terminale (il y a 45 ans ! ), la mode était celle du « chromosome de l'assassin », fort démentie, et très rapidement, études à l'appui. Par ailleurs, je repense toujours dans ces cas à Rostand qui disait : plus on développera les connaissances, plus on découvrira de déterminations, et plus il y aura de raisons de s'émerveiller de l'inventivité.
à ysengrimus
De tom-pouce
Détenu universitaire | 14H41 | 04/03/2009 |
Vous parlez sûrement du darwinisme social (http://fr.wikipedia.org/wiki/Darwinisme_social)
On ne doit pas cette méchante bébette à Darwin cf. l'article de wikipedia. Bien au contraire, on retiendra cette très belle réponse de Darwin au darwinisme social :
« Quand à nous, hommes civilisés, nous faisons au contraire tous nos efforts pour arrêter la marche de l'élimination : nous construisons des hôpitaux pour les idiots, les infirmes et les malades ; nous faisons des lois pour venir en aide aux indigents ; nos médecins déploient toute leur science pour prolonger autant que possible la vie de chacun…
»
à tom-pouce
De ysengrimus
14H49 | 04/03/2009 |
Tout à fait d'accord. Le Social-Darwinisme (élucubration sociologique) sabote la pensée de Darwin (science biologique), la violente, la distord, en abuse. Le Social-Darwinisme est le stalinisme du darwinisme…
P.L.
à tom-pouce
De PolemiKe
polemike.fr - Vulgarisateur philoso... | 15H08 | 05/03/2009 |
N'oublions pas que Francis Galton était le cousin de Darwin.
Encore aujourd'hui des interprétation plus que fallacieuses des ouvrages de Darwin circulent. Il me semble qu'il s'agisse seulement d'une méthode pour vendre du papier en crachant sur un grand homme.
Je doute que les fantasmes des néo-nazis ne convainquent les foules, encore une fois il s'agit sans doute simplement pour certaines presses de caresser leurs lecteurs dans le sens du poil par exposition sélective de l'information.
L'exposition sélective de l'information : dernier paragraphe.
http://polemike.free.fr/index.php ? topic=100.0
à ysengrimus
De kdb
18H04 | 04/03/2009 |
quand ont vois les menaces a peine déguiser du nain sarkozy sur le metissage obligatoire ! ! pas par choix ou par amour mais par obligation ! ! ! sauf pour certains peuples je me pose des questions sur la santé mental de ce gouvernement ! voir la video
http://www.dailymotion.com/video/x8cdoh_sarkozy-metissage-pour-la-france…
à kdb
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 20H34 | 04/03/2009 |
A part le fait que t'es complètement HS, et que Sarkozy parle toujours de manière aussi ridicule (« on va changer partout » - signe des mains qui se joignent & s'écartent - des « obligations de résultat » ; « si le volontarisme républicain ne fonctionne pas, alors on va radicaliser les méthodes »… pffff ! tout ces propos « radicaux » qui ont une fâcheuse/heureuse (selon votre point de vue) à se modérer fortement au contact de la réalité - à part ce qui concerne les prisons, bien sûr), je ne vois vraiment pas ce qui te dérange dans ces discours.
Ou c'est le fait qu'on te parle à la fois de métissage et de respect des « identités ». Tu trouves ça contradictoire ? Tu n'es pas Vendéen, dis-moi ?
à Network 23
De kdb
13H25 | 05/03/2009 |
De qui se moque t'on ? Comme si se mélanger avec des noirs ou des arabes était plus « naturel » qu'avec des Slaves,pure moment de propagande qui n'hésite pas dans ce cas à parler de difficulté culturelle ! !
De Michael A.
apprenti-chercheur (futur chômeur) | 13H47 | 04/03/2009 |
Clair, drôle, intéressant.
Merci pour cet article.
J'attends les suivants.
De titeso
en marge d'un monde que je ne compr... | 13H54 | 04/03/2009 |
Merci !
Vous recommencez quand vous voulez… C'est passionnant d'apprendre et ce genre de découverte vont peut-être permettre de faire comprendre aux apprentis sorciers en génétique qu'ils ne maitrise rien et sont encore loin de comprendre la Vie…
Finalement certains finiront peut-être par admettre qu'ils ne sont pas Dieu et que la mort fait partie intégrante du cycle de la vie…
Merci encore !
à titeso
De KAT6
admi | 12H11 | 06/03/2009 |
Bonjour,
justement à ce sujet : connais-tu la différence entre un médecin et dieu.. ?
Et bien, dieu ne se prend pas pour un médecin.. !
; )
De einna
13H54 | 04/03/2009 |
dire au XXIème siècle que gênes ne sont pas le siège de ce qui nous détermine et que l'environnement, le lien du sujet avec les autres , la famille, l'extérieur joue un rôle au moins tout aussi essentiel, est aller à contre courant de ce que les médias nous imposent à longueur de pages. Et pourtant ces expériences et bien d'autres qui vont dans le même sens, ne font que confirmer ce que défendent les cliniciens qui travaillent dans le soin ou le social à savoir que le sujet est un être en devenir qui se construit au travers de l'expérience.
Nos gênes vont déterminer nos caractéristiques physiques mais pour tout ce qui est du psychisme, penser prédetermination génétique c'est penser l'humain comme un objet et pas comme un sujet.
à einna
De Okotoks
Expatrié | 16H31 | 04/03/2009 |
La génétique joue tout de même un rôle important sur le cerveau, la preuve en est les nombreuses maladies mentales liées à un problème génétique. Mais comme disait je sais plus qui : « tout est inné, tout est acquis ». Mon interprétation, c'est que nos gênes sont la matière brute, la pâte, qui va prendre forme sous l'influence de l'environnement, un peu comme un potier fait modèle un bol ou une assiette, mais pas la vénus de Milo grandeur nature. Les deux visions ne sont donc pas en opposition. En tout cas, les chercheurs sont revenus de l'idée du gène de la violence, du gène de la mémoire, etc.
à Okotoks
De einna
19H37 | 04/03/2009 |
qu'appelez-vous les maladies mentales liées à un problème génétique ? Est-ce les maladies neurologiques amenant à une forme de démence ou évoquez vous les maladies relevant de la psychiatrie ? Certaines maladies ou handicaps montrent indiscutablement un problème relevant de la génétique : la mucovicidose, les trisomies ou la chorée de hutington (orthographe dont je doute) mais pour les psychoses, rien de concluant dans les travaux des chercheurs.
Toute difficulté psychique dans la vie du sujet peut être vite classée du côté de l'hérédité et le « t'es bien comme ton père … ou ta mère » doit-on le penser comme une transmission de gênes ou comme une transmission de comportements, d'attitudes, de positions subjectives.
Certes la génétique joue un rôle sur notre « matière corporelle » , chacune de nos cellules en contient tout un matériel mais la génétique ne peut prédire ce que nous ferons de ce matériel. Nous ne sommes pas des sujets isolés vivant en autarcie mais des êtres en interaction avec un environnement, ce que denombreux chercheurs dans leurs labos ont tendance à oublier ou à ne pas vouloir savoir.
à einna
De Okotoks
Expatrié | 20H06 | 04/03/2009 |
« Qu'appelez-vous les maladies mentales liées à un problème génétique ? »
Trisomie, etc. (autisme aussi, apparemment). Ce type de maladies touche essentiellement au développement du cerveau. Pour les psychoses, il est possible qu'il y ait un terrain génétique favorisant leurs apparitions mais sans que cela soit la cause premiére, juste un facteur parmis d'autres ayant plus ou moins de poids selon l'environnement du sujet. Bref, personne ne cherche de gène de la psychose aujourd'hui (en tout cas, personne de sérieux). Par contre il y a des scientifiques qui cherchent à comprendre comment fonctionne le cerveau à l'échelle de la cellule et en deçà, ce qui peut les amener à impliquer telle ou telle protéine (et donc tel ou tel gène) dans un mécanisme. Mais ceci n'est absolument pas en contradiction avec la psychiatrie.
En gros, nous sommes bien d'accord : faire de la génétique, que cela soit sur une bactérie ou un bonhomme, n'a aucun sens si on ne le fait pas en fonction d'un environnement. D'ailleurs, Darwin ne dit pas autre chose : ) Mais il est vrai que le développement spectaculaire de la biologie moléculaire a amené à se focaliser sur un gène, une protéine, un effet sur l'individu à la fois. Mais cette vision isolée du gène est en voie de disparition aujourd'hui.
à einna
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 20H49 | 04/03/2009 |
Je serai plus méfiant… d'une part sur les conséquences à tirer d'une telle expérience… d'autre part sur le fait que de telles théories, si elles viennent à se populariser (dans le champ scientifique et médiatique), seraient vraiment des garde-fous contre les réductionnismes qui font l'impasse sur le rôle du milieu & de l'environnement, bref, de l'acquis, dans notre formation.
Car il s'agit au contraire de montrer que même l'acquis se transmet : ces théories peuvent servir à insister sur le rôle du milieu, mais tout autant (sinon plus) sur le rôle de l'hérédité. Où l'on revient à Zola, et à l'alcoolisme maladie héréditaire. De là à dire qu'il faille empêcher les alcooliques de procréer, il n'y a qu'un pas.
Qui a été franchi par la dernière loi de bioéthique (2004), qui permet de stériliser contre son gré un handicapé mental (pareil pour la Suisse, art. 8 loi 17 décembre 2004 sur la stérilisation)*. Si ce n'est pas de l'eugénisme, ça, expliquez-moi…
*cf. paragraphe sur l'IVG, la contraception & la stérilisation ici : http://bulletin.conseil-national.medecin.fr/article.php3 ? id_article=117
à einna
De amatxo
06H23 | 05/03/2009 |
Tout-à-fait d'accord ! Merci pour cet article qui remet l'Homme au centre même de l'univers : rien n'est jamais définitivement acquis ; l'éducation,l'enseignement,les chances offertes à tout être humain peuvent l'aider à oublier un passé difficile : honte à nos politiques qui osent parler de « délinquants“incurables qui devraient être enfermés dès …13 ans !
De gsourima
13H57 | 04/03/2009 |
« Si le cœur vous en dit, j'en parlerai de temps en temps. “
Je vous prends au mot ! J'aime beaucoup vos articles, c'est loin d'être un exercice simple de faire de la vulgarisation de qualité, pourtant vous réussissez à chaque fois haut la main !
J'attend donc les suivants avec impatience ! : -)
Merci
à gsourima
De dalun
14H41 | 04/03/2009 |
pareil : ça m'botte bien de lire ça ! merci .
De antonh
curieux | 13H58 | 04/03/2009 |
l'inné et l'acquis. vaste concept ! ! !
plus on va vers des espèces « évoluées », plus ce concept d'acquis prend de la place.
chez les mammifères, l'acquis est important car les parents élèvent (normalement) les jeunes.
chez les poissons, ça dépend : le brochet mangera ses petits s'il en a l'occasion alors que certains poissons mettront leurs jeunes à l'abri dans leur gueule en cas de danger.
chez les insectes aussi cela dépend du groupe ou meme de genre d'espèces : les hyménoptères (guepes, abeilles, fourmis…)élèvent leurs jeunes. certaines espèces de guepes parasitent d'autres insectes en pondant leurs oeufs …dans les espèces voulues (ex : les ichneumons) ! !
bref : plus on est élevé par des parents, plus un phénomène de mimétisme se dévelloppe, cela s'appelle l'acquis. l'inné, est lui, issu des gènes…
il arrive parfois, surtout chez les humains, que l'acquis ne soit pas celui des parents, mais il reste toujours lié au « vécu » car dans nos société sociales (quoi qu'on en dise l'humain reste une espèce qui vit en groupe), c'est l'expèrience du jeune au contact des autres qui va forgé son caractère, ses opinions…
à antonh
De vinz13
37135
bisounours gauchiste | 14H14 | 04/03/2009 |
Vous mettez le doigt sur l'essentiel. L'être humain est l'animal le plus intelligent (et en un sens le plus évolué) précisément parce qu'il est le plus capable d'emmagasiner de l'expérience. Autrement dit l'acquis, chez l'homme, prend très souvent le pas sur l'inné. Chez nous, tout est souvent affaire de culture, rarement de « nature » (mais parfois si quand même ; -) ).
à vinz13
De antonh
curieux | 14H32 | 04/03/2009 |
l'etre humain est aussi doué d'intelligence qu'il est auto-destructeur.
plus les technologies évoluent, plus, plus l'homme est capable de prouesses insoupconnées. il façonne désormais l'environnement à ses besoins (contrairement à toutes les autres espèces de la planète qui s'y adaptent ! ! ! ).
mais l'homme auto-destructeur a désormais les moyens (et les ambitions pour une partie d'entre-eux) de se détruire et la planète avec ! ! !
les enjeux de l'éducation ? du mode de société ? , j'en ai bien une petite idée…
ces reflexions me viennent de mon acquis personnel…
à antonh
De 98euro
technicien | 10H10 | 06/03/2009 |
« les enjeux de l'éducation ? du mode de société ? , j'en ai bien une petite idée… »
Magnifique ! c'est pour ça qu'on est ici. Développez SVP ! ! !
à vinz13
De muy
15H11 | 04/03/2009 |
Non, l'Homme n'est ni le plus intelligent et encore moins le plus évolué : classique erreur de biologie car tous les êtres vivants aujourd'hui sur Terre sont tous autant évolués les uns que les autres !
Et quelle erreur de croire que seul l'Homme est capable d'emmagasiner de l'expérience !