
Bientôt plus de pétrole, mais plein d'idées pour carburer

Pour remplacer le pétrole, tout le monde est d'accord : il faut varier les sources d'énergie. Notamment dans le domaine des carburants, où les idées fourmillent pour alimenter les véhicules en respectant nos portefeuilles et l'environnement. Beaucoup d'espoirs… et même quelques frissons !
Pour faire tourner un moteur, plusieurs solutions. La classique est à base de pétrole : essence pour les véhicules courants, kérosène pour les avions, gasoil chez les moteurs Diesel et fuels lourds dans les gros bateaux. Chacun sait que ce système, à long terme, n'est pas viable. La planète sera un jour à sec de pétrole.
Les autres solutions consistent à remplacer tous ces carburants par d'autres composés chimiques issus de nouvelles sources. C'est là que les chercheurs s'éclatent. La chimie et le bricolage sont déjà des activités rigolotes. Mettez-les ensemble sur fond de combat vital pour le bien-être collectif, vous verrez ce que les savants inventeront. De tout vous dis-je. Et même n'importe quoi !
Pour la bagnole : du sucre non alimentaire
Un des produits en vogue est l'éthanol, celui que le commun des saoulards nomme « alcool ». On le fabrique d'ailleurs de la même façon pour emplir des bouteilles et des réservoirs : à partir de sucre. Pour abreuver les voitures à l'éthanol, on utilise aujourd'hui des restes de betterave, de canne à sucre, de pomme de terre ou de maïs.
Problème : ces plantes sont aussi nos ressources alimentaires les plus fondamentales. Alors l'industrie chimique court-circuite la paysannerie, quitte à la dévaster, comme le Brésil est en train d'en prendre douloureusement conscience.
Il faut donc trouver du sucre ailleurs. L'Institut technologique de Corée vient ainsi de déposer un brevet pour développer une technique de fabrication d'éthanol à partir d'algues marines. Non alimentaires, faciles à cultiver et à transformer, pouvant assurant six récoltes par an et captant jusqu'à sept fois plus de CO2 que les arbres, les algues sont, sinon la panacée, au moins une piste à explorer.
Une autre consiste à valoriser des déchets agricoles mais aussi industriels et horticoles : copeaux de bois, herbes, feuilles… Une étude menée au Virginia Tech (Etats-Unis) vient de montrer la possibilité de transformer la cellulose contenue dans ces déchets en sucres, qui sont à leur tour convertis en gaz dihydrogène, très prometteur comme carburant.
Les chercheurs ont utilisé un cocktail d'enzymes qui permet d'effectuer toutes les réactions nécessaires sans changer de récipient. La transformation se déroule donc en une seule fois. De quoi faire rouler Titine avec le gazon fraîchement tondu ? Pourquoi pas. Ceux qui n'ont pas de jardin pourront toujours organiser un troc contre leurs pelures de patates.
Pour les avions, les huiles sont essentielles
Les plantes feraient rouler la voiture, mais aussi décoller les avions. Ceux-ci ont mauvaise réputation, car s'envoyer en l'air à plusieurs demande des doses colossales de calories. Les biocarburants volent là encore à notre secours. Pas à grandes goulées d'éthanol mais d'huiles végétales, des ersatz de kérosène avec -entre autres- de meilleurs rendements énergétiques et une meilleure résistance au gel.
Et ce ne sont pas des promesses en l'air : le 30 décembre 2008, un Boeing 747 de la compagnie Air New Zealand a effectué un vol de deux heures avec un de ses quatre moteurs nourri par un mélange 50% kérosène-50% huile de jatropha raffinée. La jatropha est une plante toxique (donc non alimentaire) abondante en milieu tropical ou semi désertique. L'Afrique de l'Est et l'Inde ont déjà commencé sa culture à grande échelle…
Le 7 janvier, un Boeing 737 de Continental Airlines effectuait un autre vol de deux avec un moteur alimenté à 50% par un biocarburant issu de jatropha et d'algues marines. Et le 30 janvier, la Japan Airlines testait sur un Boeing 747 un mélange d'algues, de jatropha et de caméline, une plante de la famille du chou. Avec encore de bons résultats.
Du gras, vite, du gras !
Les graisses végétales confirment donc leur intérêt. Reste à trouver des filières d'approvisionnement ingénieuses, rentables et pas trop farfelues. La chasse aux lipides est lancée, attention à ne pas en faire une course folle. Le danger est réel, car les huiles nouvelles engraissent à la fois les réservoirs et les comptes en banques de ceux qui en détiennent le secret.
La valorisation des déchets intéresse fortement les industriels, par exemple : suif de bœuf, gras de poulet, lard de cochon, tout est bon à prendre. Des recherches sont déjà menées à leur sujet. Plus fort : une étude publiée fin 2008 montre que le marc de café contient entre 10 et 15% d'huiles convertibles en biodiesel.
Les voitures et camions pourraient donc, elles aussi, carburer au café. Des bacs à recyclage pour vieux filtres trôneraient à côté de ceux pour le verre et les emballages, et le marc de café continuerait à nous promettre un bel avenir.
Du gras à tout prix… et si on brûlait celui des hommes ? Biologiquement, la graisse humaine est une graisse animale. Techniquement, c'est faisable. Mais légalement, c'est interdit. Vous me direz : qui aurait l'idée de tronçonner un groupe d'obèses pour en extraire un nouveau gasoil 100% bio ?
Et bien si. Un médecin américain de Beverly Hills faisait rouler sa Ford et la Lincoln de sa copine avec des résidus de liposuccions effectuées sur ses patients. Il vantait même les mérites de la pratique sur un site Internet.
Aujourd'hui le site est fermé, et le médecin est en fuite en Amérique du sud. Espérons que la police ne perde pas sa trace : il serait foutu de monter un élevage de Mexicains gras nourris au maïs OGM.
On n'a vraiment pas besoin d'un nouveau scandale sanitaire. Il y des projets tellement plus intelligents qui sont en cours de développement. Affaire à suivre à la pompe… d'ici quelques années.
Photo : une station-service Shell, la nuit (Matsuyuki/Flickr)
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De ratman
comité invisible | 17H03 | 18/02/2009 |
l'électricité
http://www.dailymotion.com/video/k3OtmuRYjUqYYDDCTh
moteur minato
http://www.dailymotion.com/video/k5Qzk1tIna4d2ZOtx2
chauffage
http://www.dailymotion.com/video/k2Uitb5z7UnYOQCnI5
mais les banquiers ne vont jamais investir dans ce qui causera leurs perte
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 17H10 | 18/02/2009 |
Merci pour cette question. Le probleme du remplacement du petrole dans le cadre de notre economie capitaliste fondee sur la croissance infinie n'est pas de fournir une quantite fixe de bio/necro/organo/carburant qui viendrait remplacer notre conso actuelle, mais d'en produire une quantite croissante qui suive (voire precede ! ) la croissance de la demande mondiale ! ! !
Et la encore, on se heurte au plafond de la production/consommation un jour ou l'autre (en fait, il est deja heurte pour les carburants d'origine biologique puisqu'ils ne sont produit qu'en petite quantite par rapport aux carburants fossiles).
Qu'on le veuille ou non, il faudra se desintoxiquer de l'energie abondante. Peu importe sa forme, parceque plus on en produit, plus on en consomme, et qu'on est toujours a un moment confronte a une forme de penurie.
Que n'auraient pas fait l'humanite il y a 100 ans avec la quantite annuelle d'energie que nous volatilisons ?
De VinceDeg
étudiant | vincedeg.nolizard.org | 18H35 | 18/02/2009 |
Et le vélo ? Ben ça va, ça peut emmener loin, ce bidule là, en fait (dans mon cas, de Rio de Janeiro à la Patagonie Chilienne -pour l'instant, vous pouvez éventuellement consulter vincedeg.nolizard.org mais ça éloigne du sujet).
Bref, y'a un truc qui est pas mentionné dans l'article mais qu'il me semble important de dire. Le problème n'est pas tellement aujourd'hui de trouver des sources d'énergie. Le problème est d'arriver à transformer l'énergie sous une forme stockable, transportable, facilement retransformable en énergie mécanique ou électrique, et ce d'une façon rentable, puisque les dites sources d'énergie ne fournissent pas une puissance continue et n'étant pas toujours là où on les nécessite.
Or, pour ça, comme le montre l'article, rien ne vaut encore la bonne vieille photosynthèse, ce miracle que font les plantes en transformant de l'énergie solaire en énergie potentielle chimique facilement exploitable (c'est d'ailleurs comme cela que s'est formé le pétrole). Toutes les solutions énoncées viennent de là, même le coup de la lipposuccion : vous croyez qu'elle vient d'où, l'énergie de votre gras ? Du bisteak en trop que vous avez mangé, donc du brin d'herbe amoureusement ruminé par la vache, donc du rayon de soleil qui a illuminé le brin d'herbe…
Une question que je me demande souvent : pourquoi ne pas fabriquer de l'hydrogène par hydrolyse à partir de l'énergie fournie par des panneaux solaires ou des éoliennes ; puis transporter cet hydrogène et ensuite redonner de l'electricité ou de l'énergie mécanique par pile à hydrogène ? Ca résoudrait le problème de stockage et le fait que les endroits les plus venteux ou ensoleillés sont loin des zones de consommation… Par exemple, là, en Patagonie, ça vente sévère, mais bizarrement il n'y a personne pour profiter de toute cette énergie… [bon, scusez-moi les scientifiques, je pense évidemment dihydrogène, quand je dis hydrogène, on se comprend quoi]