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Médiateur scientifique

Economies d'eau : elles pourraient faire dépenser plus !

Le Rio Grande vu la ville mexicaine frontalière Ciudad Juarez (Tomas Bravo/Reuters).

Les hommes manquent d'eau et ça ne va pas s'arranger. Le problème est un des premiers sujets de préoccupation du XXIe siècle. Economiser devient le mot d'ordre : fermons le robinet pendant qu'on se brosse les dents et arrosons les cultures avec parcimonie. Peut-être. Faut voir.

Le bassin du Rio Grande, zone d'études stratégiques

Ce n'est pas moi qui le dis, c'est un couple de chercheurs formé de Manuel Pulido-Velazquez, de l'université de Valence (Espagne) et de Frank A. Ward, de l'université de Las Cruces (Mexique).

Mon premier est hydrologue, mon second spécialiste de l'économie agricole, et mon tout a pondu une étude sur le système hydraulico-agricole du bassin du haut Rio Grande, depuis sa source dans le Colorado jusqu'à El Paso (Texas) en traversant le Nouveau-Mexique. (Lire ci-contre)

L'endroit est stratégique pour au moins deux raisons. D'une part, la région étant moins célèbre pour son humidité que la pointe bretonne, la moindre goutte d'eau y est avidement convoitée par les agriculteurs, les citadins et les industriels.

Parcours du fleuve Rio Grande. Le bassin considéré dans cette étude correspond à la zone entourée en rouge (image modifiée depuis Wikipédia).D'autre part, le Rio Grande constitue la frontière américano-mexicaine à partir d'El Paso jusqu'au golfe du Mexique. Le partage de l'eau fait donc l'objet de négociations permanentes entre les deux nations : tout ce qui est pompé avant la frontière est perdu pour les Mexicains.

La mode écologique actuelle encourage l'humanité à restreindre ses dépenses en eau. Excellente idée. Toute modération est bonne à prendre, surtout pour l'agriculture qui est la plus grosse buveuse de la planète -autour de 50% des consommations, sans chipoter sur les chiffres- et arrose souvent par des techniques aussi fines qu'un tronc de baobab : de loin, à grands coups de jets d'eau. Le précieux liquide est ici gaspillé à outrance, car entre la sortie du jet et les racines des plantes il rencontre une foule d'obstacles : l'air, les feuilles, le sol, voire le pare-brise de votre voiture lorsque le jet est installé (ô comble de la logique) au bord de la route.

Des plantes qui recrachent l'eau qu'on leur donne

Et il y a pire : il y a aussi l'évapotranspiration, c'est-à-dire la perte d'eau par les plantes elles-mêmes. Comme l'homme transpire par des petits trous parsemant sa peau (des pores), les plantes ont dans leurs feuilles des orifices appelés « stomates » par lesquels elles font, entre autres, évaporer de l'eau. On estime qu'une plante transpire ainsi 30 à 50% de l'eau qu'on lui amène. Le reste retourne à la terre puis, par infiltration, aux nappes phréatiques ou aux rivières, et enfin au fleuve d'où l'eau était tirée au départ.

Epiderme de feuille de poireau observé au microscope: chaque rectangle noir est un stomate (Didier Pol).

Cette eau infiltrée revient donc aux sources, au contraire de l'eau évaporée qui file dans les cieux, loin, très loin de ses origines. La différence est fondamentale : demandez leur avis aux Mexicains qui voient leur eau fraîche passer au-dessus de leurs sombreros… Le phénomène d'évapotranspiration est donc le bât qui blesse, le couteau que les deux chercheurs nous remuent dans la plaie. Suivez le raisonnement.

Phase 1 : on se rend compte qu'arroser au jet d'eau est aussi efficace que de nourrir un gosse à coups de yaourts chargés sur arbalètes depuis l'autre bout de la cuisine. On décide donc de promouvoir des techniques plus économes, dont le meilleur semble être le goutte-à-goutte : on tisse un réseau de tuyaux percés au pied des plantes, et on y fait couler l'eau qui est alors immédiatement pompée par les racines. Grâce à ce circuit court, aucune goutte n'est bêtement dispersée dans l'air, sur les feuilles ni sur le macadam.

Phase 2 : on encourage les paysans à adopter cette technique grâce à de nombreuses subventions, car le système coûte cher à installer et à entretenir. Et la vie est belle pour tout le monde : l'agriculteur dépense moins d'eau et obtient des subventions d'Etat, ce même Etat bombe son torse écolo auprès des copains, le citoyen est fier de participer à la sauvegarde de la planète, et le Mexicain retrouve son Rio Grande de la belle époque.

Quand économiser augmente finalement les dépenses

Trop beau pour être vrai et l'étude des deux compères hispanisants plombe le moral. D'après eux, le goutte-à-goutte serait en fait pire que le jet d'eau ! Avec ce dernier, on perd une partie de l'eau par évapotranspiration et une autre par infiltration, mais l'infiltration permet quand même à l'eau de rejoindre le circuit local. Avec le goutte-à-goutte en revanche, l'eau est apportée en quantité juste suffisante : elle est donc entièrement absorbée par les racines… puis entièrement évaporée ! Et plus rien ne s'infiltre en profondeur.

Avec le goutte-à-goutte, on pompe donc moins d'eau mais celle-ci est perdue à 100% pour le bassin hydraulique local car l'évapotranspiration l'envoie grossir les nuages. Avec le jet d'eau, on pompe des quantités plus importantes, on gâche de l'eau, mais au moins on en récupère une partie… et même plus qu'avec la technique moderne.

Comble du paradoxe, non ? Pour palier un défaut, on trouve une autre technique qui ne ferait qu'apporter de plus gros inconvénients. Une histoire qui nous rappelle cette loi essentielle du progrès technique : chaque fois que l'homme se débarrasse d'une de ses chaînes, il ajoute un maillon à une autre. Ou comment, en voulant supprimer un problème, on ne fait que le déplacer.

La conclusion des chercheurs est finalement du genre normand : aucune des deux voies d'arrosage n'est parfaite. Le mieux, selon eux, serait de revenir au bon sens avant d'inventer de nouvelles bêtises technologiques. Cessons de faire pousser des plantes gourmandes en eau dans des endroits secs (par exemple le maïs), essayons de suivre rigoureusement les dépenses réelles en eau calculées sur des territoires entiers, arrêtons de planter là où il y a déjà beaucoup, et pourquoi pas commencer par ne pas arroser en plein soleil ? C'est le pire moment pour le faire, tous les bons agriculteurs le savent. Le bon sens, je vous dis !

Photos : Le Rio Grande vu la ville mexicaine frontalière Ciudad Juarez (Tomas Bravo/Reuters). Parcours du fleuve Rio Grande : le bassin considéré dans cette étude correspond à la zone entourée en rouge (image modifiée depuis Wikipédia). Epiderme de feuille de poireau observé au microscope (x 100) : chaque rectangle noir est un stomate (Photo aimablement autorisée par Didier Pol).

67 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Tita

De Tita

oiseau | 13H28 | 17/12/2008 | Permalien

Il y a tout de même une sérieuse nuance à faire. Je ne sais pas comment cela se passe dans le système hydraulico-agricole du bassin du haut Rio Grande, mais en france, (et en europe), il n'y a pas de désert. L'agriculteur va donc pomper dans le bassin hydraulique local (la rivière du coin, a nappe, etc.).

De fait, imagions les deux hypothèses :
- Hypothèse A : arrosage au jet d'eau (traditionnel) permettant 10% (chiffre fictif) de retour au bassin hydraulique local

- Hypothèse B : arrosage au goute à goute permettant 0% de retour aux bassin hydraulique local.

Donc si l'agriculteur a besoin de 100 mille litres / jour selon l'hypothèse A, il consommera donc 100 mille litres - 10% de retour au bassin hydraulique local, soit 90 mille litres.
Si l'agriculteur a besoin de 50 mille litres / jour selon l'hypothèse B, il consommera donc 50 mille litres - 0% de retour au bassin hydraulique local, soit 50 mille litres.

90 mille litres / jour est toujours plus dépensier que 50 mille litres / jour pour le bassin hydraulique local…

Méfions-nous des généralisations abusives… et d'en tirer des conclusions tout aussi abusives.

Portrait de Lemmy_Nothor

à Tita Portrait de Tita De Lemmy_Nothor

The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 13H35 | 17/12/2008 | Permalien

Tu dis qu'il n'y a pas de desert en Europe….pas tout a fait juste.
En Espagne il y a un desert, et qui grandit.
Or justement l'Espagne souffre de desertification parce qu'ils y ont coupés tous les arbres dans les derniers 4 siècles. Il n'y a plus rien pour retenir l'eau dans la terre. Les plantes evaporent de l'eau ? J'espère bien, c'est cette eau qui forme les nuages, et qui retombera en pluie.
J'habite à Barcelone, et ici il n'y a pas une seule mouche. C'est la première fois de ma vie que je vis dans un endroit sans mouches.
Pourquoi ? Parce qu'il n'y pleut jamais, il n'y a aucun endroit ou une mouche ou un moustique puisse pondre ses oeufs.
L'année dernière les reserves d'eau sont tombés a moins de 20%, plus pres de 15%….ils achetaient des navires de flotte a 90 000 euros le chargement.
Et si vous achetez un jour une maison ici…….assurez vous qu'elle a l'eau courante ! !

Portrait de benzitoune

à Lemmy_Nothor Portrait de Lemmy_Nothor De benzitoune

réveillez moi! | 14H28 | 17/12/2008 | Permalien

Ai vecu a Barcelone aussi, c'est vrai, pas une mouche a l'horizon. Tout est sec sec sec.
Faut pas oublier le portugal non plus en matiere de deserts, avec les incendies qu'ils se sont manges ces derniers temps ils ne se sont surement pas arranger.
Les problemes d'eau c'est maintenant !
Et ce serait pas mal de le gerer avant d'avoir des guerres sur ce sujet vous croyez pas ?

(desole pour les accents, pas de clavier francais, j'y travaille ! )

Portrait de Cocoricooo

à Tita Portrait de Tita De Cocoricooo

Chômeur ayant fauté | 14H05 | 17/12/2008 | Permalien

Méfions-nous surtout des hypothèses en l'air… Votre raisonnement est d'une vacuité époustouflante puisque vous prenez un taux de retour de 10% au hasard. Faites le même calcul avec un taux de 90%…

Portrait de Tophee

à Cocoricooo Portrait de Cocoricooo De Tophee

en haut a gauche | 15H10 | 17/12/2008 | Permalien

le resonement est toujours valable. En fait, la comsomation d'eau des plante ne variera pas en fonction de la methode d'arosage.

On peut dire que dans l'hypothese A , la consomation pour le bassin Ca= Eau evaropee par la plante + eau restant dans la plante + eau evaporee durant l'arosage (l'eau de ruisellement retournant a la nape, je ne la compte pas)

Dans l'hypothere b, on a CA = Eau evaropee par la plante + eau restant dans la plante

On gagne toujours l'eau perdue par evaporation durant l'arosage…

Donc on perd toujours de l'eau

Portrait de Cocoricooo

à Tophee Portrait de Tophee De Cocoricooo

Chômeur ayant fauté | 16H38 | 17/12/2008 | Permalien

Vous dites que « la comsomation d'eau des plante ne variera pas en fonction de la methode d'arosage. » : qu'en savez-vous ? Hypothèse gratuite et probablement fausse. La consommation, dont fait partie l'évaporation par la plante, dépend sûrement du taux d'humidité de l'air ambiant, lequel dépend sûrement de la méthode d'arrosage… Et pan !

Portrait de Kolia

à Cocoricooo Portrait de Cocoricooo De Kolia

Lycéen | 22H06 | 17/12/2008 | Permalien

« Dépend surement du taux d'humidité de l'air ambiant »

Hypothèse gratuite et probablement fausse.

Pan ?

Portrait de Tita

à Cocoricooo Portrait de Cocoricooo De Tita

oiseau | 16H45 | 17/12/2008 | Permalien

Le raisonnement est de démontrer que l'article mentionné ci-dessus part du postulat que le lieu de pompage dans le bassin du haut Rio Grande, n'est pas le bassin hydraulique local et que les conclusions présentées sont donc probablement valides uniquement dans ce cas.

Un seul contre-exemple suffit et un chiffre fictif de 10% de retour au bassin hydraulique local en vaut bien un autre. Par ailleurs, c'est plus facile à comprendre que d'utiliser des inconnus x, y, z (et j'en passe) pour respectivement la quantité d'eau utilisée, la quantité d'eau évaporée, perdue, retournée au bassin, consommée par tel type de plante, la températures, etc,…

Portrait de Azza

à Tita Portrait de Tita De Azza

Ingénieur en informatique scientifi... | 15H10 | 17/12/2008 | Permalien

Le probleme du raisonnement que vous faites, c'est que vous raisonnez a besoin de l'agriculteur constants. Or, Vous vous doutez bien que comme ceux ci ne sont limites que par l'offre d'eau dont il dispose, plus il a un « rendement » efficace, plus il va consommer.

Je reprends donc au debut, en fixant comme constante la quantitee d'eau fournie par la source. Mettons 100.

Avant : l'agriculteur du nouveau mexique ou du Texas pompe 90. Il reste 10 dans le fleuve qui vont vers le mexique (s'ils survivent au passage par El Paso, ou il faut tout de meme bien remplir les piscines). Sur ces 90, 9 fichent le camp dans le sol et finissent dans les puits mexicain. Les mexicaines ont 19.

Maintenant : l'agriculteur du nord a pu, sur la base des economies que lui permet le goute a goute, passer de 90 pour ses x hectares a 40 pour x hectares. Il peut donc augmenter sa surface cultivee et la porter a 2x hectares. Il consomme maintenant 80 et peut donc dire qu'il fait des economies. Sur cette base, en aval, El Paso peut raisonnablement augmenter ses pompages pour les besoins urbains de 5. Il reste donc 15 dans le fleuve et les Texas peuvent dire aux mexicains que grace a leur effort, ces derniers auront desormais 5 de plus dans le fleuve. Mais comme il n'y a plus de pertes a l'arrosage, le mexicains n'ont plus rien dans leur puits et sont passes de 19 a 15 grace a l'effort et l'investissement de leur voisin, qui a lui presque double sa production agricole…

Et encore, il a de la chance l'ex-futur wetback (ben oui, la crise des subprimes et passe et a mis un terme aux promesses d'avenir radieux aux US), en investissant lui aussi dans le goute a goute, ces 15 de plotte lui permettront de produire plus qu'avant avec ses 19, mais bon…

Imaginons juste que le voisin US soit moins altruiste et continue de pomper ses 90 (en augmentant ainsi sa production d'un facteur 2.25).

Il ne reste plus que 10 a notre mexicain !

Les Texans peuvent meme prendre pretexte de leur plus grande efficacite agricole pour pomper 95 (plus que 5 pour les hispanos) et de proposer aux mexicains de compenser la difference en mais (monsanto OGM evidement)…

Portrait de Damien Jayat

à Tita Portrait de Tita De Damien Jayat (auteur)

Médiateur scientifique | 20H43 | 17/12/2008 | Permalien

Raisonnement qui tient la route, sauf si les chiffres que vous prenez ne sont pas les bons ! Et d'après les chiffres choisis par les chercheurs, qui ont essayé de coller au mieux à la réalité, la balance penche de l'autre côté. Essayez de lire l'article originel, vous verrez la différence avec vos estimations…

Portrait de Monrdhil

à Damien Jayat Portrait de Damien Jayat De Monrdhil

Monde à DéDé | 10H16 | 18/12/2008 | Permalien

Justement, en revenant à l'article originel, et en particulier au premier tableau de données, il est possible de constater que les auteurs de l'articles ont basé leur calcule sur une augmentation de la productivité d'environ 20 % par « goutte à goutte ».

La quantité d'eau stoquée par la production supplémentaire (pas l'évapo-transpiration) est écartée. Ce gain de productivité peut aussi signifier que chaque plante réussit à mieux accéder/prélever une partie de cette ressource en eau qui lui est apportée.

Portrait de JP_JP

De JP_JP

13H22 | 17/12/2008 | Permalien

Ben heu … l'arithmétique basique me ferait écrire :
Pour la nappe phréatique, est il préférable de perdre totalement les 10 litres d'eau par heure utilisés par un goutte à goutte ou 50% des 1000 litres d'eau utilisés par un jet ? …

Portrait de Xiaolin

à JP_JP Portrait de JP_JP De Xiaolin

17H39 | 17/12/2008 | Permalien

Oui, mais par jet, il y a, du fait de l'évaporation, un retour par les nuages et la pluie à la nappe phréatique…

Portrait de amipb

à Xiaolin Portrait de Xiaolin De amipb

Chef de projet à Barcelone | 12H17 | 19/12/2008 | Permalien

Oui, mais sans jet ni goutte à goutte il n'y aurait de toutes façons rien à retourner aux nuages, sauf en cas de pluie, ce qui est hors sujet.
Donc, je ne vois pas trop l'intérêt de cette recherche, l'eau étant apportée, dans les 2 cas, de manière artificielle

Portrait de sirilou

De sirilou

anti-isme | 13H31 | 17/12/2008 | Permalien

Dans les propositions constructives, on pourrait aussi imaginer qu'on ne produise que ce dont on a besoin (à l'échèle globale)….

Qu'afin d'arrêter le n'importe quoi actuel, on interdise la spéculation financière sur la nourriture.

Vous souvenez-vous de la crise du riz d'il y a 6 mois ? disparu le manque de riz. Tout comme la crise pétrolière des années 70, ce n'était que pure spéculation.

Portrait de TonyLibertaire

De TonyLibertaire

Lycéen section littéraire | 13H38 | 17/12/2008 | Permalien

ça laisse songeur…..j'ai pas d'avis tranché sur la question, c'est un problème vraiment complexe

Portrait de BobLaMouche

De BobLaMouche

subversion + construction = substru... | 13H42 | 17/12/2008 | Permalien

C'est dommage que l'article n'indique pas pourquoi il pourrait être intéressant de laisser l'eau pénétrer en profondeur. Puisque si on suit le raisonnement, l'eau qu'on ne pompe pas de la nappe phréatique y reste bel et bien ! Et si on l'extrait d'une rivière, on peut aussi se demander si cette ponction est bien appropriée.

En fait, l'intéret se trouve dans les systèmes agricoles utilisant des arbres (ou simplement des plantes persistantes), qui ont des racines qui plongent beaucoup plus profondément dans le sol que les plantes annuelles.

Il faut aussi mémoriser le fait que toute l'eau qui tombe sur un sol ne tombe pas dans les profondeurs par gravité. Une bonne partie reste dans les microporosités, jusqu'au seuil dit de ressuyage. Cette eau reste alors disponible pour les plantes, dans toutes les strates du sol. Evidemment, en cas de sécheresse, cette eau a tendance à s'évaporer, d'abord à la surface, le reste remontant par capilarité. On peut casser cette capilarité en mettant un paillage par exemple, ou du BRF (bois raméaux fragmentés), ce qui permet de retenir l'humidité nettement plus longtemps.

Signalons que l'évapotranspiration est également fonction du rendement des plantes cultivées. Plus la plante fabrique de matière organique, et plus elle a besoin d'eau par unité de matière (photosynthèse). Planter une proportion importante de plantes à haut rendement ou à croissance rapide est donc contre-indiqué là où l'eau se fait rare.

Portrait de Damien Jayat

à BobLaMouche Portrait de BobLaMouche De Damien Jayat (auteur)

Médiateur scientifique | 20H48 | 17/12/2008 | Permalien

Il n'est pas plus « intéressant » d'arroser au jet pour laisser percoler ensuite. L'article voulait seulement alerter sur le fait qu'à trop encourager des pratiques apparemment plus écolos, on finit par se créer d'autres problèmes auxquels il est donc bon de penser avant.

Tout à fait d'accord avec votre dernière remarque, les auteurs ont eux-mêmes rappelé l'aberration consistant à planter des végétaux très gourmands et à haut rendement dans des zones sèches. Car en effet la transpiration est plus forte chez les plantes poussant très vite.

Portrait de Monrdhil

à Damien Jayat Portrait de Damien Jayat De Monrdhil

Monde à DéDé | 10H26 | 18/12/2008 | Permalien

De plus d'autres sujets d'importance sont omis par l'article :
- la question de la fitration de l'eau par la terre (fonction qui est souvent oubliée),
- la pollution des eaux liées aux produits phyto-sanitaires (engrais et insecticides), eux aussi épendus en trop large quantité,
- le circuit de l'eau (l'eau s'infiltre en aval de son lieu de pompage, alors que l'eau évaporée peut revenir à la source …)

Portrait de alakauf

De alakauf

informaticien | 13H50 | 17/12/2008 | Permalien

Si on lit un peu le texte original il faut nettement moduler non pas les conclusions de l'article en question, mais celles de Rue89. En effet ce que dit l'article c'est :
1- la quantité d'eau perdue, A VOLUME DE PRODUCTION EGAL, est strictement la même dans les deux cas. La différence de consommation entre l'arrosage intensif et le goutte à goutte provient uniquement du fait quand dans le second cas LA PRODUCTION EST MEILLEURE. Donc a production égal, il n'y a strictement aucune différence pour le bassin hydraulique concerné !

2- Par contre, le coût du système fait que le coût à l'hectare est plus important (même en tenant compte de l'amélioration de la production) avec le système de goutte à goutte.

Maintenant en ce qui concerne l'application des conclusions sur le cas européen, il faut bien comprendre que la situation est très différente. effectivement dans son hypothèse l'arrosage reste dans le même bassin. Mais c'est du fait de la faible distance entre zone de pompage et zone d'utilisation, et aussi du fait d'un bassin hydraulique gigantesque (essayez de me trouver de me trouver des bassins similaires en Europe, en dehors peut-être du Danube).

A contrario, en Europe (et là je pense entre autres à l'Espagne) les zones de pompage peuvent être éloignées des zones d'utilisation. On assiste alors à un transfert d'eau entre deux bassins séparés. Et il faut en plus tenir compte de la perte du aux distances (fuites, etc).

Maintenant, il y a un dernier point qui n'est absolument pas pris en compte dans cette étude : « la pollution par les produits phytosanitaires ». En effet dans l'arrosage massif on pompe de l'eau a peu près propre, et on réinjecte dans le sol de l'eau chargés en cochonneries. Donc si on ajoute au coût de l'arrosage massif celui des usines de traitement d'eau que cela nécessite qu'en devient-il de la comparaison économique ?

Portrait de Cocoricooo

à alakauf Portrait de alakauf De Cocoricooo

Chômeur ayant fauté | 14H11 | 17/12/2008 | Permalien

Ben mince ! Si tous les informaticiens raisonnent comme ça… M'étonne pas qu'on trouve partout des programmes et des procédures merdiques !

Portrait de bjone

à Cocoricooo Portrait de Cocoricooo De bjone

dev 3D | 15H42 | 17/12/2008 | Permalien

Bin ouais, t'as remarqué aussi que dans la vraie vie les choses sont plus toujours compliquées qu'elles ne paraissent ? : )

Portrait de softrain

à Cocoricooo Portrait de Cocoricooo De softrain

16H31 | 17/12/2008 | Permalien

Tous les salariés ont-ils ton niveau de réflexion ?

Portrait de bjone

à softrain Portrait de softrain De bjone

dev 3D | 16H54 | 17/12/2008 | Permalien

J'ai ptet mal interprété ce qu'il voulait dire alors : )
edit : j'ai cru que tu me répondais : ) (pas moyen de supprimer un message ? ? )

Portrait de pablico

De pablico

14H17 | 17/12/2008 | Permalien

il y a eu une émission sur la 5 je crois,
le fait de faire un barrage sur le rio grande pour donner de l'eau à foison à las vegas (arroser le désert et ses greens), une tribu d'indien mexicains qui vivait des coquillages du rio grande son embouchure, crève de faim, et a du se mettre à la pêche en mer , (achat de bateaux, filets, crédits, apprendre un nouveau métier etc etc)

le rio grande est devenu un ruisseau ….pour les mexicains, sans compter de la catastrophe écologique qui en résulte.
mais se ne sont que des mexicanos pauvres….

Portrait de Luziadell

à pablico Portrait de pablico De Luziadell

hispaniste | 14H44 | 17/12/2008 | Permalien

Eeehh à Las Vegas c'est le Colorado mais c'est effectivement le second fleuve sur lequel s'empoignent les Mexicains et les Etatsuniens… avec un débit du Colorado de 35 m3/s à la frontière quand d'après les Mexicains il devrait y en avoir 7000. La faute aux prélèvements massifs, notamment pour Vegas.

Portrait de pablico

à Luziadell Portrait de Luziadell De pablico

14H51 | 17/12/2008 | Permalien

rire ! ! errare, et pourtant sur la carte de l'article, c'était écrit colorado..c'est ce qui m'a fait réagir..

j'en suis tout dé colorado de honte…

Portrait de freestyler

De freestyler

14H12 | 17/12/2008 | Permalien

Pour avoir suivi des cours en hydrologie et en agronomie lorsque j'étais étudiant, j'au eu l'occasion de faire des études de cas dans des PED comme madagascar des pays d'afrique et d'amérique centale comme le mexique concernant la gestion de l'eau.

Ce qui en ressort, c'est que ce sont avant tout les « canaux » réseaux d'iirigation qui sont mal adaptés de mêmes que certaines retenues d'eau barrages ou encore « conduites forcées » (des pertes pouvant aller jusqu'a 80 % par évaporation dans certains cas)

Concernant l'irrigation au mexique, le goutte à goutte n'est pas efficace dans la mesure ou le sol à une structure compacte (l'eau ruisellera sans être absorber) ou une texture trop sabloneuse (l'eau passera à travers le sol sans bénéficier à la culture). Cette précision aurait été judicieuse à mon sens.

Le système d'iirigation doit être adaptée à la culture au sol et au climat tout comme la culture doit être adaptée au climat local (comme vous le soulignez fort justement en fin d'article.

Le mais qui est une plante équatoriale très gourmande en eau et intrants ne devrait pas être cultivée dans des zones semi-arides ou sous nos climats tempérés cela relève du simple bon sens.

Portrait de Lemmy_Nothor

à freestyler Portrait de freestyler De Lemmy_Nothor

The Emmett Grogan Memorial Barbecue | 14H25 | 17/12/2008 | Permalien

Et il n'y a pas que le mais qui pose un problème de consommation d'eau. La tomate aussi. Les premiers plants de tomates ( indigènes) qui furent amenées en Europe ne consommaient presque pas d'eau….les fruits étaient plus petit. La plante avait un système de racines beaucoup plus developpées que les versions modernes qui elles n'ont presque pas de racines profondes, et donc dependent totalement de l'irrigation humaine.

Portrait de Cocoricooo

De Cocoricooo

Chômeur ayant fauté | 14H22 | 17/12/2008 | Permalien

Ce qui est amusant, c'est que l'article conclue qu'il faudrait en revenir au bon sens, cette espèce de boussole dont on ne devrait jamais se départir, alors qu'il vient de nous montrer qu'il faut se méfier du bon sens appliqué au goutte-à-goutte. Désolé pour l'auteur, mais il a tort : il faut se méfier du bon sens comme de la peste, les analyses scientifiques le démontrent chaque jour. (Bien qu'elles soient elles aussi sujettes à caution quand elles sont mal comprises).

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