
La guerre des drapeaux agite à nouveau l’Espagne
Les couleurs sang et or de l’étendard national ne sont pas du goût de tous les Espagnols. Alors que la Catalogne célèbre cette semaine sa fête nationale, la plupart de ses frontons municipaux ne devraient arborer que le drapeau de la région, la Senyera.
Là, comme au Pays Basque et en Navarre, de nombreuses communes se passent de l'emblème national toute l'année, au grand dam du parti populaire (PP, opposition) et de la presse conservatrice. Une polémique ancienne ravivée cet été par une décision du Tribunal suprême
Le jugement en question concernait le cas particulier d’une école de police basque. En réaffirmant l’obligation légale de faire flotter le drapeau espagnol tous les jours sur les bâtiments officiels, le tribunal a renforcé les arguments de ceux qui se plaignaient depuis des années de l’application aléatoire de la loi, dans ces régions à forte sensibilité indépendantiste.
Les drapeaux espagnol et européen cachés derrière un rideau
Le quotidien El Mundo (centre-droit) a ainsi enchaîné les gros titres sur le sujet pendant tout l’été. Ce week-end, il dénonçait les communes du Pays Basque, de Catalogne et de Navarre qui ne laissent flotter que le drapeau de la ville sur leurs bâtiments publics, comme c’est le cas à la mairie de Saint-Sébastien (Pays Basque).
L’ensemble des médias espagnols a, en outre, rapporté la semaine dernière le geste de défi d’un conseiller municipal de Pampelune (Navarre), membres du parti indépendantiste ANV, qui a pris soin de faire disparaître derrière un rideau les drapeaux espagnol et européen avant de commencer une conférence de presse.
Pour couper court au débat dans ces régions, d’autres municipalités préfèrent imaginer d’ingénieuses stratégies. En Catalogne, on retire parfois tous les drapeaux pour se contenter d’envelopper le balcon officiel de la Senyera. Certaines communes ne montrent simplement aucun emblème, et d’autres vont jusqu'à ôter les mâts de leurs façades officielles.
Une question de bon sens, selon Eduard Ortiz, adjoint au maire socialiste de la commune catalane de Reus, où les supports ont ainsi été retirés, et qui expliquait dimanche dans El Mundo que n’arborer aucun drapeau est un signe de respect pour tout le monde, car puisque personne n’est d’accord, mieux vaut travailler pour les citoyens […] que de se disputer pour des sottises.
La maire d'une ville basque menacée de mort
Sottises » : Regina Otaola, maire (PP) de la ville basque de Lizartza, frémirait sans doute en l’entendant, elle qui brave les insultes depuis vendredi pour avoir hissé le drapeau espagnol sur la mairie aux côtés de l’ikurriña -le drapeau basque. Dès l’aube suivante, l’étendard avait été recouvert du drapeau basque... et de l’inscription geurea ( le nôtre » ). Menacée de mort, elle est devenue l’héroïne de son parti et plus largement des partisans de l’application stricte de la loi.
Mariano Rajoy, chef du PP et candidat au poste de président du gouvernement lors des prochaines élections générales, a ainsi souligné son courage samedi, avant d’affirmer que la défense des symboles patriotiques formerait l’un de ses thèmes de campagne. Le Parti socialiste (PSOE) lui a également offert son soutien par la voix du ministre de la justice, Mariano Fernández Bermejo.
La guerre des drapeaux avait agité violemment le Pays Basque dans les années 1980 avant de s’assoupir. Le sénateur du Parti national basque (PNV) Iñaki Anasagasti a d'ailleurs comparé dimanche la récente décision du Tribunal suprême à un coup de pied dans un nid de guêpes .
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Chacun sa croix, en France, durant les présidentielles, c’était plutôt la surenchère au drapeau tricolore…
Il me semble que le Pays Basque espagnol a été agité par un peu plus qu’une guerre des drapeaux…
Pour mémoire, ce sont les indépendantistes, essentiellement basques et catalans, qui refusent le drapeau national, et les indépendantistes pointent du doigt l’ombre des années franquistes qu’ils voient dans les plis de la bannière nationale.
Barcelone, lundi soir…
Je préfère de beaucoup la décision de n’en montrer aucun. J’ai vécu aux Etats Unis……ils en foutent partout, a toutes les sauces.
Quant a Mariano Rajoy…..le pauvre, il est vraiment mal barré en Catalogne…..tout ce qu’il touche se transforme en desastre, et il ment aussi mal que son triste predecesseur.
Paradoxalement, dans l’exemple de l’article, même le drapeau de l’union est oculté, alors qu’il est possible de penser que l’entrée de l’Espagne dans la CEE a permis aux nationalisme régionaux de gagner du terrain.
En revanche, peut-on réellement comparer les nationalismes régionaux de pays en pays ? Au sein même de l’Espagne, est-il possible de comparer les mouvements mafieux qui sacrifient des civils à ceux qui expriment démocratiquement leurs idées ?
Attention : du nationalisme régional (que l’on peut comprendre dans un cadre Européen) au fascisme la frontière est très mince et les glissades fort nombreuses.
Par expérience le nationalisme basque est plus souvent un fascisme (rouge ou noir) qu’autre chose. Ce n’est plus l’ETA d’il y a 20 ans (ou même 10) du temps de Txomin par exemple.
J’y ai vécu plusieurs année, maintenant on entend très souvent un discours sur la pureté de la race basque !
Moi ça me fait très peur et je préfère le drapeau de l’Europe (avec tous les défauts de l’Europe actuelle) à celui de n’importe quelle région ou automonie.
Chère Elodie Cuzin, j’aime bien quand vous écriver que la » guerre des drapeaux » au pays basque s’est assoupie. Est-ce que cela nous réserve de futurs feux d’artifices. On a réussi à attenuer le nationnaliste au niveau de l’europe, j’ai bien dit atténuer, pas éradiquer et maintenant il faut se taper les régions. Tous cela ne démontre pas l’intélligence des êtres humains. C’est bien d’ètre indépandent avec l’argent européenne. Au risque de facher certaines personnes qui sont pour la liberté d’expression, certainnes sanctions devraient ètre appliquer pour calmer tous cela.
Alors… Je ne suis pas raciste, loin de là, pas pute non plus, d’ailleurs je ne vois pas ce que ça vient faire là, et quant à l’extrémisme, ça dépend de ton point de vue!
Quant au bâtard, à l’enculé et au fasciste, j’ai failli les signaler en tant que contenu illicite mais j’ai finalement préféré y répondre moi-même.
Donc oui, je suis catalan et catalaniste, mon père est né à Barcelone, mon grand-père a combattu sur le front de l’Ebre dans la « lleva del biberó »… Tu veux d’autres garanties de mon non-fascisme ou ça va?
Je continue: je ne me sens pas du tout espagnol mais bien catalan, la Catalogne n’est pas qu’en Espagne, il y en a un bout en France…
I per gabatxo, em sembla que tú n’ets un gros ! Parles català, almenys? Perquè sinó no sé perquè m’emprenyes! Apa, adéu!
Et inscris-toi si tu veux me répondre, que je sache à qui je parle.
Manel
je dois être complètement dépassée, mais ces histoires de drapeaux me paraissent dater d’un autre temps… Ceci dit, je connais très mal l’histoire espagnole… un peu plus de détails dans l’article serait-il nécessaire ?
J’ai effectivement vu en pays basque espagnol de nombreux drapeaux basques sur les façades accrochés à la fenêtre ou au balcon des appartements. Bon. Faut croire que c’est important pour eux.
Pour ma part je ne me verrai accrocher ni un drapeau français, ni auvergnat à ma fenêtre (ne parlons pas du drapeau francilien, ma région d’adoption, je ne sais même pas s’il en existe un et quelle tête il peut bien avoir).
Je préfère parler aux gens de nos ressemblances que de brandir une « différence identitaire » tel un obstacle préalable à la discussion.
(Quant à l’autodétermination, cela me fait bien rire… je me demande même pourquoi les régions ne l’organise pas ce référendum, à part le cout de la consultation… ça calmerai tout le monde. Déjà, j’imagine les discussions pour savoir qui peut voter, mouaaarfff ! les bretons nés en bretagne et y vivant (voire nés en Bretagne de parents bretons !) ? les gens qui y habitent mais qui n’y sont pas nés ? ceux qui y sont nés mais qui se sont exilés à Paris parce que pas de boulot sur place ? c’est quoi être un « breton » ou un « corse » au XXI° siècle ?)
Pourquoi confondre nationalisme (notion puante) et autodétermination (notion que personne n’oserait blamer) ?
Les basques et les différents groupes indépendantistes espagnoles ont été les seuls à lutter contre le franquisme après la défaite de la révolution espagnole de 1936, tandis que les différents gouvernements, et surtout le gouvernement français, collaboraient avec Franco, en livrant des etara et traquant tout les « rouges » (communistes, anars, et j’en passe).
A la chute de Franco, la société civile et politique espagnole a gentiment demandé à ces indépendantistes de la boucler et de rentrer à la maison, sans aucun respect pour leurs actions, qui ont pourtant permis la transition presque démocratique du parti franquiste au roi.
Alors, effectivement un drapeau est un symbole niais, mais le besoin de reconnaissance, notamment des basques, est légitime.
Bien sur que je ne suis pas objectif !!!
La révolte et le sentiment d’appartenance n’a rien d’objectif !
Quant à « refuser le dialogue », le gouvernement espagnol n’a rien à envier à l’ETA : Interdire Batasuna au moment où une transition de l’ETA était possible, est le contre-exemple parfait de la politique anglaise (que je n’approuve pourtant guère) avec l’IRA, le Sinn-Fein ayant permis les différents cessez-le-feu qui ont amenés à une démilitarisation.
Se draper dans son passé n’est pas forcément une mauvaise chose, se souvenir d’où l’on vient et de sa culture peut permettre d’avancer. Voir son passé nié ne peut conduire qu’à une révolte : Arménien, Créoles, Maghrébin, Amérindiens, etc.
Pour les Etara, il faut regarder quels ont été leurs actions, même si souvent condamnables dans les années quatre-vingt, sur presque soixante ans. Même dans la résistance française contre l’Allemagne.
L’identité est lié à la langue (toujours utilisée au pays-basque, tandis qu’en france…) et à la culture, ne pas la respecter amène forcément les gens à la révolte.
Je vous cite : « Que les basques aient été les seuls à lutter contre le franquisme, soit.
Mais le franquisme n’est plus ! Franco est mort !!! »
Primo, il n’y a pas eu que les Basques. Les Catalans y étaient aussi au casse pipe.
Deuxio, depuis 8 ans que j’habite en Espagne, je peux vous dire que le franquisme est loin d’être mort, et il montre sa sale gueule très souvent, très souvent drapé du fameux drapeau espagnol, et aussi au PP, parti politique fondé par nul autre que Manuel Fraga, ministre de l’information sous Franco. Et qui est toujours en politique.
Vous nous dites: »En plus, les basques et le catalans sont les SEULS qui ont subis l’oppression franquiste! Aucun madrilène, aucun galicien, aucun castillan, aucun andalou, aucun aragonais, aucun cantabre, aucun asturien, aucun navarre, aucun valencien, aucun baléar, aucun estrémegne, aucun canarien, aucun murcien!· »
Vous aurez surement mal lu l’article. Pour l’instant on n’y parle que de la Catalogne et du Pays Basque. Restons sur le sujet svp.
Personne n’a osez dire qu’il n’y a pas eu d’abus ailleurs.
Ils demandent plus de droit ?? Pas du tout, il en veulent pour leur argent, pas plus. Si le Pays Basque et la Catalogne se cassent de l’Espagne, c’est surement pas les Madrilenes qui feront vivre le reste. Je dis ça parce que chaque fois que je vais a Madrid, je les vois roupiller toute la journée, parce qu’ils ont fêtés toute la nuit. Ah pour ça, il y a beaucoup d’ambiance le soir, moins pendant la journée. Arriver en retard à un rendez vous est considere normal……..pas cinq minutes en retard, je parle de une heure ou deux.
Quant au discours victimiste, vous dites….je me marre……moi ici, j’ai jamais entendu personne jouer la victime, ils travaillent trop.
Ceux qui jouent la victime en ce moment c’est les types du PP…..ils l’ont au caca, et il font une tronche pas possible.
Alors Manuel, ce qui unit est bon, et le contraire est mauvais ? On croirait entendre Louis XIV…..tous à Versailles!
Quelle bêtise! un tel aperçu, tellement superficiel, tellement touristique, sur la Communidad de Madrid qui concentre la plus forte progression économique d’Espagne…
Les madrilènes sont tous dans la rue, c’est vrai, et adorent la fête c’est vrai, mais ils sont au travail à 9 heures du matin dans les bureaux et à 8 heures ailleurs.Et qui intègre le plus de travailleurs immigrés!
Par ailleurs, faire des provinces basque et catalane les seules martyrs du franquisme est aussi une contrevérité.
Le problème est justement que l’on parle de nationalisme dans le cas des « Basque et Catalan….voire Corse ou Breton !!! ».
Même si une frange de ces groupes (surtout depuis la fin des années quatre vingt) est effectivement nationaliste, qui dérive souvent vers une notion de « supériorité » de sa propre nation, une grande partie est historiquement attaché à sa culture, et non à sa nation.
« Supériorité » que l’on retrouve chez la ligue lombarde de Bossi et le vlaams block, qui sont des partis xénophobes.
« La Tradition n’appartient pas aux nationalistes ».
On peut être attaché à sa langue, à son pays, à ses traditions sans pour autant se replier sur soi-même.
Dans le cas de la france, le combat que mènent ces groupes « régionalistes » est compréhensible sur plusieurs points :
- La destruction des langues régionales par la Grande Ecole de la République (Ha Ferry… non pas Luc !, L’autre, le premier), demandez aux plus de soixante dix ans quels étaient les punitions en écoles primaires pour avoir parler « patois » (péjoratif pour une langue à part entière…) dans la cour de récré…
- Le centralisme français, toujours vaillant en 2007, qui considère que si ce n’est pas à Paris, ce n’est pas valable, culturellement, économiquement, etc. Sans compter l’édiction de lois parisiennes pour l’ensemble du pays sans presque aucune adaptation aux us et coutumes locales. On ne vit pas de la même manière à Marseille, Lyon, Paris ou Lille. Contrairement aux allemands, espagnols, italiens, qui fonctionnent par régions, les nôtres étant plus ou moins fumeuses…
- Sentiment de « colonisation » par le centralisme français, renforcé par l’U.E.(même si…)
- Le manque de reconnaissance de ces cultures par l’état, n’autorisant l’enseignement des langues régionales que dans les lycées privés.
Quant aux refus de la constitution, les mêmes régionalistes peuvent tout à fait être d’accord avec l’europe, qui a fait plus pour les régionalismes que l’état français (ce qui explique le même si…), et refuser le contenu libérale du traité.
On peut être de gauche (parce que c’était bien votre sous-entendu Alviano ?), pro-européen, régionaliste, et contre le traité… Rien d’incompatible là-dedans.
Un pays qui ne reconnait pas différentes composantes n’a pas à faire la leçon à ses habitants, à ses immigrés, à ses voisins, avec un ministère de l’identité nationale.
»- Dis LuxB, pourquoi les hommes sont-ils cons dès qu’on parle d’identité ?
- A cause des frontières ! »
Oaï Star - Va à Lourdes
Et bien, moi, justement, je ne comprend pas la langue (et non le patois) de mes grands-parents, et c’est bien ce dont j’accuse la « république ».
L’idée de nation est également ce que je récuse.
« On peut rêver à de petites patries, recroquevillées sur leur petites traditions, défendant leurs petits intérêts ». Non, on peut rêver de ne pas avoir de patrie.
Un sentiment d’appartenance à une culture peut ne pas amener à rejeter les autres cultures, au contraire.
De plus, on parle ici de sentiment, l’appartenance à un peuple est du sentiment, on a donc pas besoin de définir des critères d’appartenance (lieu d’habitation, langage, généalogie, etc.).
Quant au centralisme, l’exemple de décentralisation de nos proches voisins européens nous montre que « glisser vers l’égoïsme économique », est le fruit du pays le plus centralisé…
« L’adaptation aux us et coutumes » dont je parlais, n’est pas sur les plans que vous évoquiez. Seulement législatif (édictions de lois applicables sans discernement, demandez à des méditerranéens de ne pas se réunir devant chez eux le soir à plus de quatre personnes…), social (paris dirige, les reste se tait) et culturel, on a cassé le multilinguisme français tandis que nos voisins ont souvent beaucoup plus gardés leurs langues (voir les polars d’Andréa Camilleri, écrit en « patois » et traduit en français/marseillais).
Autonomie pour tout le monde, et cassons les frontières.
P.S. : « Va à Lourdes » est le nom d’un album, pas une insulte.
Oui, bien vu ! D’où la précision « national »
Chère Elodie
Y a t’il un mouvement qui prendrais de l’ampleur en catalogne au point de devenir pur et dur comme au pays basque avec ces extrémistes? Je me trompe peut-étre mais la catalogne est une région assez riche, il me semble. La guerre des drapeaux n’ est-elle pas juste un rideau pour masquer des activitées plus ou moins recommandables.