
Faut-il régulariser les clandestins qui ont risqué leur vie?
Les déclarations restrictives du ministre espagnol du Travail, mardi, ont relancé le débat dans le pays européen le plus touché.

(De Madrid) Les images se succèdent et se ressemblent tragiquement depuis des années en Espagne : des immigrés clandestins exténués descendent, jambes chancelantes, d’un radeau de fortune échoué sur une plage d’Andalousie ou des îles Canaries. Ces derniers mois, la scène est de plus en plus souvent rendue encore plus insupportable par la présence de femmes enceintes ou accompagnées de jeunes enfants. Mais la dureté du voyage doit-elle faciliter leur arrivée ? Le ministre espagnol du Travail et de l’Immigration a tranché clairement devant les députés, mardi.
Le gouvernement serait irresponsable s’il décidait de régulariser tous ceux qui arrivent en radeau car cela provoquerait un 'effet d’appel' , a déclaré le ministre Celestino Corbacho, avant de préciser que les mafias pourraient alors être tentées de faire miroiter aux candidats à l’immigration clandestine une entrée en Europe d’autant plus facilitée que leur voyage aurait été éprouvant.
Cette décision enverrait un message aux pays d’origine qui les conduirait à partir d’abord dans une embarcation, puis en pirogue et enfin sur un matelas pneumatique et finalement à rester en mer , a-t-il ajouté.
Avec des territoires à quelques encablures de l’Afrique et des villes frontalières du Maroc, l’Espagne est l’un des pays qui reçoit le plus d’immigrés tentant d’entrer en Europe par la mer. Comme chaque année, l’arrivée de l'été a multiplié le nombre de tentatives de traversées vers les côtes espagnoles et les opérations de sauvetage se font de plus en plus nombreuses. Mais il est parfois trop tard. Près de trente personnes sont mortes en moins d’une semaine début juillet, dont neuf bébés jetés sans vie par-dessus bord. La nouvelle avait alors secoué l’Europe, pourtant de plus en plus indifférente devant la fréquence lugubre de ces arrivées au goutte-à-goutte.
Selon les ONG chargées d'accueillir les survivants, les mafias organisant ces voyages promettraient aux femmes qu’en arrivant enceintes ou jeunes mamans, il leur serait plus facile d’obtenir des papiers ou au moins que leurs enfants soient nationalisés.
Le sort de ces mères qui venaient de perdre leurs enfants avait particulièrement préoccupé le gouvernement espagnol, début juillet, provoquant le débat entre ses ministres. Partisan lui aussi de rapatrier les immigrés clandestins, le responsable de l’Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, avait alors toutefois déclaré qu’une mère perde son enfant lors d’une traversée n’est pas normal, c’est donc un cas qui autorise une réflexion exceptionnelle et c’est ce que nous sommes en train de faire. » Les propos récents du ministre Corbacho pourraient finalement frustrer leurs espoirs, même s'il a tout de même laissé une porte ouverte mardi en précisant que la loi espagnole permettait des exceptions pour motifs humanitaires .
Le nombre d'arrivées en embarcations a baissé de 50 % entre 2006 et 2007
Les drames récents ne reflètent pas la réalité statistique : le nombre d’immigrés sans papier arrivés sur les côtes espagnoles au premier semestre 2008 a diminué de 7% par rapport à la même époque l’année dernière. La baisse avait été beaucoup plus spectaculaire en 2007 lorsque les arrivées avaient chuté de 50% par rapport à 2006. Selon Frontex, l’agence européenne chargée de gérer la sécurité des frontières extérieures de l’Union européenn, elle s’expliquerait par les accords de coopération établis entre le gouvernement espagnol et les pays d’où partent la majorité des embarcations comme la Mauritanie, le Sénégal, Cap Vert ou la Gambie. Mais l'immigration maritime n'a pas disparu et se déplace désormais surtout vers l'Italie et Malte, selon Frontex.
Après l’annonce des dizaines de décès début juillet, le premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero avait réaffirmé que l’unique solution se trouvait dans l’aide au développement et promis que l’Espagne parviendrait enfin d’ici 2012 à respecter la recommandation des Nations unies qui enjoint les pays développés à consacrer 0,7% de leur revenu national brut aux politiques de développement, avant d’appeler les autres pays n’y étant pas encore parvenu –dont la France- à faire de même.
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Ces drames ne sont pas concevables. En même temps, on ne peut pas dresser un mur autour des frontières de l’UE de même que nous ne pouvons pas régulariser tout le monde.
Ce n’est pas une vie de devoir quitter la terre qui vous a vu naître tout simplement pour une question de survie. Certains migrants qui ont laissé leur famille au pays ne voient pas leurs enfants grandir et ne peuvent pas mener une vie de famille normale. De même, ce n’est pas une vie de vivre dans un pays qui ne vous offre AUCUNE perspective d’avenir quand vous êtes jeune.
Entre crever au pays et crever en esseyant de rejoindre un pays riche, que choisir ?
Il serait temps de revoir les coopérations économiques qui lient les pays de nord avec ceux du sud. Les accords signés dans les cadres internationaux (type OMC) ne permettent pas au pays du Sud de subvenir aux besoins de leur population.
Tant que les pays du Nord tiendront les pays du Sud sous le joug de la dette, des accords commerciaux léonins et de la pression financière, il y aura des migrants.
Il serait peut être temps d’oeuvrer pour que les hommes puissent vivre décemment dans leurs pays d’origine et la question de la régularisation des clandestins ne résout rien là dessus. Elle ne fait que répondre aux conséquences des rapports économiques qui règnent entre le Nord et le Sud.
Non, la régularisation ne résout pas les déséquilibres issus de notre merveilleux monde libéral, mais elle est une exigence :
- pour nos équilibres sociaux et politiques : savez vous que la régularisation espagnole de 800 000 personnes a ramené plus de 600 millions d’euros pour les comptes sociaux espagnols et qu’elle a contribué à hauteur d’un point au PIB du pays ?
- Pour les droits de tous : tant que les employeurs pourront opposer travailleurs déclarés et sans-papiers corvéables et expulsables à merci, rien ne s’améliorera dans les secteurs du bâtiment, de la restauration, des services à domicile, etc…
- pour les migrants eux-mêmes, qui souvent restent plusieurs dizaines d’années en France avant d’espérer obtenir des papiers. Pendant ce temps là ils vivent, consomment, payent des taxes et impôts, participent à la vie culturelle, associative, politique, et pourtant, ils restent des « clandestins ».
- pour le développement de leur pays : en étant régularisés, ils accélèrent la participation à la richesse de leur pays, par les sommes renvoyées (le double de l’aide publique au dévéloppement aujourd’hui), par la formation et la qualification qu’ils pourront acquérir, par l’accès au savoir.
Quant au fameux « appel d’air » que notre moindre tremblement de doigt de pied serait censé entraîner, il n’a jamais été prouvé, et de plus en plus aujourd’hui. Les USA, le CANADA, la CHINE font aujourd’hui bien plus réver les migrants d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique Latine, que notre vieille Europe qui n’en finit pas de se refermer sur elle-même (tout en souhaitant plus de migrants du fait du vieillissement de sa population, comprenne qui pourra…)
bonjour
«Les expériences humaines dans bien des régions du monde ont démontré que les liens spirituels (…) n´ont pas pu résister aux coups de boutoir de la pauvreté et de l´ignorance pour la simple raison que les hommes ne veulent pas aller au Paradis le ventre creux. (…) Les peuples qui ont faim ont besoin de pain, les peuples ignorants de savoir, les peuples malades d´hôpitaux.» Discours de Boumediène à la Conférence des États islamiques à Lahore en 1974.
Le problème n est pas nouveau, ces pauvres gens ne quittent pas leur pays en risquant leur vie pour envahir l Europe, non ils ne veulent qu une seule chose! survivre , manger, s habiller, s eduquer ce qu ils malheureusement n ont pas chez eux!La situation economique de leur pays dirrigee par des voyous, voleurs,escrocs,a qui les gouvernement occidentaux font de grands sourires radieux pour pouvoir implanter je ne sais quelle compagnie pétrolière !
Et j ai peur que cette situation ne perdure encore longtemps. La « faim » justifie ces moyens
« ….Faut-il régulariser les clandestins qui ont risqué leur vie?…. »
==Ceux qui débarquent sur le côte, d’un bâteau tout sec, retour immédiat aussi sec au pays,
ceux qui arrivent à la nage, titre de séjour accordé, ça coule de source.
ceux qui sont à moitié bouffés par les requins, naturalisés immédiatement, morceau bouffé compris.
Bonjour P5r
L emotion vous sbmege.
Je ne suis jamais d accord avec vous, mais certains de vos posts etaient plus intelligent.
Est ce en fait votre vrai visage?
bonne journee