
En Espagne, la droite impose l'immigration dans la campagne
» Il ne peuvent pas tous venir : il n'y a pas assez de place. » Avec ces mots, l'Espagne vient d'entrer dans le triste club des pays où la peur de l'immigration joue un rôle de premier plan en politique. A coup de déclarations de ce genre et de promesses chocs, Mariano Rajoy, le leader du Parti populaire (PP), principale force d'opposition, en a fait l'un des grands sujets de la campagne pour les législatives du 9 mars prochain.
L'Espagne a connu un changement démographique fulgurant en moins dix ans. Ancien pays d'émigration, elle compte aujourd'hui le plus grand pourcentage de population immigrée d'Europe, avec 4,5 millions de nouveaux arrivés, soit 10 % de la population totale.
La régularisation massive de travailleurs sans-papiers, en 2005, avait ajouté d'un seul coup près de 700 000 nouveaux inscrits aux registres municipaux. Aujourd'hui, plus de 13% des naissances recensées sont celles de bébés nés de » mères étrangères » .
L'arrivée de centaine de milliers d'immigrés a jusque-ici coïncidé avec une période de croissance soutenu (3,8% en 2007) qui a permis leur intégration sur le marché du travail, notamment dans les secteurs de la construction, de la restauration et de l'aide à domicile.
Mais l'économie espagnole connaît une baisse de forme depuis quelques mois, un ralentissement qui a notamment affecté de plein fouet la construction. Si le taux de chômage se maintient autour de 8%, il atteint déjà 12,4% parmi la population étrangère.
Un » contrat d'intégration » pour faire respecter » les coutumes espagnoles »
C'est dans ce contexte d'inquiétude croissante face à la situation économique que le PP a décidé de faire figurer l'immigration en bonne place dans son programme.
Son objectif ? Aller récupérer des votes dans les quartiers populaires, traditionnels bastions de la gauche, où la population se sent le plus menacée par la concurrence face à une nombre d'emplois qui se réduit. Des votes d'autant plus déterminants que les sondages montre le PP à quelques points du parti socialiste (PSOE).
Début février, Mariano Rajoy annonce vouloir établir un » contrat d'intégration » pour les étrangers vivant en Espagne. Une proposition inédite qui fait immédiatement la une de tous les journaux espagnols. Selon lui, un immigré devrait s'engager à apprendre la langue du pays, à payer ses impôts, à quitter le pays s'il ne trouvait pas d'emploi après un certain temps… Et à respecter les » coutumes » espagnoles.
Ce dernier point, laissant place à toutes sortes d'interprétations, a d'ailleurs provoqué une grande hilarité en Espagne. Gaspar Llamazares, coordinateur du groupe parlementaire Izquierda Unida (communistes et écologistes) remarquait ainsi quelques jours après : » Qu'est-ce que ça veut dire, apprendre à parler fort au bar parce que la télé est à fond ? »
Finalement forcé par un journaliste à préciser ce qu'il entendait par » coutumes » , Rajoy a avancé : » le respect des droits de l'homme » et renoncer à l'excision et à la polygamie. Deux pratiques de toutes façons illégales en Espagne.
Parler d'immigration pourrait bénéficier au PSOE
Au-delà des premières moqueries, la gauche espagnole s'est outrée de la proposition du PP, l'accusant de faire monter les tensions à propos d'un problème… inexistant. José Luis Rodriguez Zapatero a ainsi qualifié le plan » d'indigne, discriminatoire et inconstitutionnel » . De son côté, le quotidien El Pais a décidé de consacrer vendredi quatre pages aux bienfaits de l'immigration en Espagne.
La stratégie du PP pourrait d'ailleurs finalement bénéficier à la gauche, qui s'en est emparée pour renforcer l'image d'une opposition aigrie et crispée. Un portrait qui pourrait bien motiver l'électorat socialiste, plus enclin à l'abstention que celui du parti populaire.
Faisant d'une pierre deux coups, Zapatero se sert désormais de la proposition pour critiquer le PP et l'aile dure de l'Eglise avec laquelle il est en conflit ouvert depuis janvier. Jeudi soir, il déclarait ainsi devant 6 000 personnes, en Galice, à propos des dirigeants du PP :
» Ils disent de genre de choses puis vont tranquillement à la messe. Quelle hypocrisie ! Un évêque va-t-il les réprimander pour parler comme cela des immigrés ? »
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De morgan
20H59 | 29/02/2008 |
Je vois que vous, les internautes de rue89,vous interesez beaucoup pour ce que se passe en espagne.
Le PP cherche la peur pour avoir des votes des gens sans opinion, des gens simples.
Les inmigrés travaillent dans des emplois que personne ne veut parce qu'ils sont dificilles, dangereux,lourds,etc.etc.
Les inmigrés ont fait monter l'économie, et le fons de la sécurité social par exemple.
Au troisiem millénaire on peut pas parler d'une culture « pure »,ça c'est du nazisme tout court.
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 23H23 | 29/02/2008 |
Bouh !
Que diraient nos ancêtres,
les grands-parents à nous-zautres,
nos anciens les plus reculés (à notre connaissance)
et qui venaient d'Afrique de l'Est
et qui ont occupé de plus en plus de territoires ?
Et qui se sont diversifiés en peuples originaux,
en peuplades qui n'ont pas arrêté de muter.
Leurs voyages ont donné naissance, ici et là, à des ethnies qui ont connu des phases d'uniformatisation locale et d'éclatement local, et ainsi de suite. Les groupes humains n'ont pas arrêté de muter, évoluer, se transformer.
En quelques siècles, des « unités humaines » sont apparues, ont paru se fixer, puis ont encore évolué, se fragmentant, évoluant, amalgamant des groupes voisins. Les activités économiques, les guerres, les migrations ayant toujours été des moteurs puisants. Lent et continuel travail de recomposition. L'image que nous avons des peuples est aussi trompeuse que si nous arrétions la caméra pour isoler une image dans un très long film composé sur la base de 24 images par seconde.
Et nous voilà au XXI° siècle ; et ici, dans la Rue89, des gens invoquent la pureté intrinsèque de tel ou tel groupe humain et des menaces sur sa destinée. L'un des intervenants a même eu l'idée de comparer les ethnies à des pots de couleurs imaginant sottement que comme le mélange des peintures, la mixité allait gâcher les « ethnies » premières. Mais ces « unités humaines premières » sont des mirages ; leur existence est forcément de courte durée à l'échelle de l'humanité ! C'est par myopie ou ignorance que certains les veulent stables ou nées d'un coup de la cuisse de Jupiter.
Heureusement que l'homme a deux belles jambes. Il peut courir la planète. S'il n'avait qu'un pied, il serait arapède ou escargot et resterait tout le temps dans son quartier de naissance et il n'aurait inventé ni la poudre d'escampette ni le sac à dos.
Je m'aperçois que je suis bien loin de l'article bien documenté de Rue89. La faute à qui ?
De insomnia
23H58 | 29/02/2008 |
Le problème est où ? Celui de l'immigré venant chercher travail ? Cherchant une situation en somme normale pour vivre, je dirai même survivre ? Pourquoi parle-t-on de racisme ? Moi fille d'immigrés espagnols, vivant en France avec des parents repartis au pays. Ma fille quant » à elle vit une relation amoureuse avec un Tunisien Français et je n'y vois aucun inconvénient.
Le problème est autre : ces personnes venant de quelque soit l'endroit vivraient décemment dans leurs pays, viendraient-elles ? Je ne pense pas, car difficile de laisser, sa famille, amis, souvenirs et culture.
Mais voilà ; à force de recevoir, il y a parfois saturation car bien évidemment et mondialisation oblige, le travail ce fait rare… et à vouloir tout confondre racisme et tolérance, on se mélange quelque peu.
Le vrai problème à qui cela profite ? Ni à vous, ni à moi, seulement à un nombre d'individus qui nous dominent… vive l'ultralibéralisme, nous ne sommes que des pions.
On peut comprendre parfois le marrasse me de certains pays qui reçoivent. La critique est facile, le quotidien beaucoup moins…
Puis ne confondons pas les siècles passés avec notre siècle…
De martin citron
stagiaire en Colombie | 00H07 | 01/03/2008 |
L'immigration le nouveau bouc émissaire pour toute la droite européenne(ou presque).
On en oublierait presque toutes nos actions si glorieuses en Afrique, notre écoeurante exploitation du continent, nos ventes d'armes a des régimes dictatoriaux qu'on soutient pour pouvoir encore plus exploiter…. la misère qui découle de tous nos actes et les pauvres gens qui tentent de la fuir, pour venir chez nous mais la non ! on les traite comme des chiens : travail au noir, racisme, traque, rétention, violence, expulsion…
Pendant ce temps nos élites placent leurs sous au Luxembourg, Lichenstein et compagnie pour éviter de payer des impots, nos chers grand patrons se sucrent grassement quelle qu'qit été la qualité de leur gestion, les délocalisations se succèdent… et ils nous disent « si ça va mal c'est de la faute aux étrangers »
Faut vraiment etre con pour croire a ça.