Des droits de l'homme pour les singes? L’Espagne dit oui

S’ils partagent près de 99% de notre patrimoine génétique, les grands singes ne devraient-ils pas être eux aussi protégés légalement contre la torture et l’enfermement ? Vilipendée depuis des lustres par les défenseurs des animaux pour ses sanglantes corridas de taureaux, l’Espagne vient de décider de répondre par l’affirmative, devenant ainsi le premier pays du monde à leur reconnaitre des droits.

Chimpanzés dans un zoo de Thailande, en 1998 (Reuters)

La commission environnementale multipartite de la Chambre des députés a décidé mercredi d’adhérer au Projet grand singe (GAP), une organisation internationale fondée en 1993 par deux chercheurs et philosophes, Paola Cavalieri et Peter Singer. Elle appelle depuis à ce que l’on protège les chimpanzés, bonobos, gorilles et orang-outan car ils font partie d’une communauté d’égaux incluant les êtres humains. Dans sa déclaration de principes, GAP demande qu'on leur reconnaisse le droit à la vie, que leur liberté individuelle soit protégée et que l'on interdise qu'ils soient victimes de torture.

Selon les résolutions adoptées cette semaine par la commission, le gouvernement Zapatero a désormais quatre mois pour déclarer officiellement son soutien au projet ainsi que pour commencer à le promouvoir auprès des autres pays de l’Union européenne. Il dispose d’autre part d’un an pour adapter la législation nationale afin d’interdire les expériences sur les grands singes si celles-ci produisent des souffrances et ne leur bénéficient pas , ainsi que leur utilisation à des fins commerciales ou dans n’importe quel type de spectacle.

Selon les médias espagnols, l’Espagne n’utilise de toute façon pas ces hominidés pour ses expérimentations scientifiques. Le gouvernement devra en outre entreprendre les actions nécessaires » au niveau international pour protéger les grands singes des mauvais traitements, de la torture et de l’extinction.

Peu après le vote, une députée de la principale force d’opposition, le parti populaire (PP), a affirmé se sentir honteuse devant le travail de ses collègues qui s'occupent de mettre sur un pieds d’égalité légale les singes et les hommes alors même que l’Espagne fait face à de graves problèmes économiques. Une accusation rejetée par les défenseurs de l’initiative au Parlement. Cela n’a rien à voir. Il s’agit de faire tout notre possible pour conserver une espèce , a ainsi déclaré au quotidien El Mundo le député socialiste Emilio Amuedo. Sur son site, l’organisation GAP jubile :

Sous la plupart des gouvernements, les droits légaux sont la seule voie pour s’assurer que les grands singes non-humains ne souffrent pas de torture, de morts inutiles et de captures. »


En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.

 
Par proselyte2fabre
15H48    29/06/2008

Bonjour,

C’est une bonne chose que l’Espagne adhère au projet GAP… mais il ne faudrait pas oublier les massacres sanglants organisés dans les arènes de tauromachie en Espagne et dans certains endroits du Sud de la France.

Cette « tradition » barbare et sanglante qui torture des animaux pour le plaisir des foules sadiques, ils viennent prendre un bain de souffrance et de sang, un héritage moyenâgeux des exécutions en place publique.

Arrêtons le divertissement sanglant sur le compte d’animaux, arrêtons ces massacres de taureaux organiser au profit de la joie affreuse.

Oui pour le GAP, non à la corrida !

 
Par stangrof
17H38    29/06/2008

Bonjour, cela fait partie de la déshumanisation progressive, les prochaines étapes seront les droits des « formes de vies non biologique »comme les robots http://www.tevader.com/decouverte/technologie/robots-japonais.php
On vous y a préparer sans que vous le sachiez par la fiction, l’exemple qui me vient est blade runner mais il y en a beaucoup d’autre. je suis , bien sur , pour un traitement correct des animaux , l’ élevage en batterie me révolte mais il faut faire attention aux dessein cachés. A bientôt
http://www.ipernity.com/home/stangrof

 
Par Charles Mouloud
16H48    29/06/2008


Bonobo35 se joint à moi pour t’embrasser.

 
Par Alex Engwete
17H00    29/06/2008

Cette dérive cocasse du politiquement correct me rappelle le roman de Vercors intitulé « Les animaux dénaturés ». Encore est-il que dans cet univers romanesque il s’agissait du « chaînon manquant » dont les membres étaient utilisés en esclavage dans la manufacture… Faudra-t-il parler des « droits humains » ou des « droits des hominidés » ? Que se passera-t-il alors lorsque certains de ces hominidés violeraient les droits des autres membres de leur espèce ? (Au fait, doit-on tout simplement abolir la notion d’ « espèce humaine » ?). Par exemple, les bonobos seraient ainsi en violation flagrante des droits de leurs enfants puisqu’ils ont des rapports sexuels avec ceux-ci avant leur maturité sexuelle…