
Guadalajara ne veut pas débaptiser ses rues franquistes
Sommé par l'opposition de modifier des noms de rues d'héritage franquiste, le maire de Guadalajara, à l'Est de Madrid, a eu l'idée de consulter directement les habitants concernés. Résultat : 96% s'opposent au changement. L'opposition dénonce une initiative « choquante » et un procédé quelque peu trompeur.
Les habitudes ont la peau dure, a peut-être pensé Antonio Román, le maire conservateur (parti populaire, PP) de Guadalajara (83 600 habitants), pour s'assurer qu'il ne perdrait pas la face devant son opposition en lançant ce sondage informel.
Les conseillers municipaux socialistes (PSOE) et membres de Gauche unie (IU) lui avaient demandé au printemps dernier de modifier plusieurs noms de rues, baptisées en l'honneur de personnalités locales proches des Franquistes pendant la guerre civile, et qui ont traversé sans encombres trois décennies de démocratie.
Ils appuyaient leur demande sur la loi dite de « mémoire historique », adoptée sous le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero fin décembre et qui exige, entre autres, que les « administrations publiques » retirent les insignes, plaques et autres mentions commémoratives du soulèvement franquiste ou exaltant la guerre civile.
« Ne rouvrons pas de vieilles blessures »
Le maire a donc décidé de consulter directement les habitants des rues concernées :
« Je représente les citoyens, et s'ils me disent quelque chose que je crois juste, alors je vais agir, a-t-il déclaré au journal local El Decano. Si cela est contraire au droit, qu'un juge me le dise ».
Les résultats sont tombés la semaine dernière : sur les 272 réponses reçues, seules 12 étaient favorables au changement. Le maire a alors eu du mal à cacher sa jubilation en affirmant aux médias présents que les résidents lui avaient surtout demandé « si nous n'avions pas mieux à faire » :
« Il n'est pas nécessaire de rouvrir des blessures que la Constitution a déjà pansées. »
Une victoire écrasante
Cette victoire écrasante - 96% contre le changement de nom de rues franquistes - s'explique, selon le conseiller municipal d'IU, José Luis Maximiliano Romo, par le fait que les plus de 400 lettres envoyées n'expliquaient pas pourquoi l'on se proposait de débaptiser ces rues :
« Cela démontre les difficultés du Parti populaire à se défaire de ses tics franquistes. Il est choquant que le maire d'un régime démocratique décide de soumettre à une consultation par courrier l'application ou non d'une loi approuvée par le Parlement démocratique espagnol ».
Son parti envisage désormais de mener l'affaire en Justice, tandis que le Parti socialiste dénonce un sondage « partiel et biaisé ». La Ville a, par le passé, retiré d'autres noms de rues, ainsi que la médaille d'honneur qui avait été décernée au Général Franco, a pour sa part précisé le maire de Guadalajara.
La municipalité de La Corogne, en Galice, menée par une alliance entre socialistes et nationalistes, a quant à elle décidé lundi de retirer 53 symboles franquistes, dont de nombreux noms de rues ainsi que tous les titres honorifiques attribués en leurs temps au dictateur.
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De spleenlancien 78672
manant, de passage sous le soleil. | 11H13 | 09/09/2009 |
Que pouvons nous reprocher aux Espagnols ? Avons nous débaptisé nos nombreuses rues et avenues Thiers, Galliéni etc.. ?
à spleenlancien
De balala
11H22 | 09/09/2009 |
Mais nos Places Pétain… oui !
à balala
De inactive_Reality
Etudiant en cinéma et théatre | 13H10 | 09/09/2009 |
http://maps.google.fr/maps ? hl=fr&source=hp&q=pétain+amiens&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wl
n'est ce pas.
à spleenlancien
De JP_JP
12H27 | 09/09/2009 |
tu lis Siné Hebdo toi aussi ?
à spleenlancien
De Tyb
(par ici, par là) | 13H24 | 09/09/2009 |
Ceci dit ça marche dans les deux sens, y'a un stade Lénine à Malakof par exemple.
à Tyb
De Le Putsch
Konopsoproctotrype putatif | 19H33 | 09/09/2009 |
À noter qu'on peut porter objectivement au crédit de Lénine d'avoir accordé son indépendance à la Finlande, qui est donc devenue un pays démocratique hors de l'Union soviétique (bon, OK, ils ont eu Kekkonen, mais quand même).
En soi, je trouve que cela peut suffire à justifier du nom du stade ou d'autres boulevards ici et là (même si ce n'est pas forcément la raison pour laquelle le nom de Lénine leur a été donné).
à spleenlancien
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 14H29 | 09/09/2009 |
@ Spleenl'ancien : Vous avec raison. C'est une manie de pays sous-culturés de croire changer l'Histoire et ses conséquences en changeant des noms, en escamotant la mémoire des événements et en prétendant que ce qui a été n'a pas eu lieu.
Si, comme Big Brother dans 1984, on fait du biffage politiquement correct, on n'apprend rien du passé et on s'imagine qu'un « dessein intelligent » nous a guidé jusqu'au parfait et incontournable présent.
En ne donnant aux départements que des noms géographiques, on s'est évité bien des discussions, mais on doit être assez ouvert pour entretenir le Square XVI, sans devoir s'excuser de l'avoir « raccourci ». On peut honorer Ney, même s'il a été exécuté pour haute trahison.
Il y a encore des statues de Staline et il y en aura sans doute un jour davantage, Saddam Hussein aura peut-être la sienne, comme il n'est même pas exclu qu'on ré-évalue un jour le rôle de notre Maréchal à nous… Mais je n'aimerais pas qu'un gouvernement d'extrême gauche ou d'extrême droite commence à enlever les références à de Gaulle…
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De ostia
enjoying norwegian summer | 11H16 | 10/09/2009 |
@pierrejcallard
je suis d'accord avec vous sur le fait qu'on ne peut prétendre changer l'histoire et ses conséquences en changeant des noms.
Cependant, concernant l'Espagne, contrairement à ce qu'affirme se cher maire de Guadalajara, la constitution espagnole est loin d'avoir pansée les blessures de 30 années de franquisme.
Etant basque, je me sens très concerné par ce qui se passe au Pays Basque et aussi en Espagne. Ces grands démocrates du PP sont les premiers à s'insurger quand des rues et des places du Pays Basque portent le nom de militants d'ETA assassinés ou fusillés durant le franquisme (militants, qui rappelons le, on était parmi les rares à avoir combattu le franquisme après la guerre civile).
Ils ne mentionnent alors ni la mémoire historique, ni le pansement de la constitution mais uniquement la mémoire des victimes de la « barbarie terroriste » comme ils disent. Ils ont une mémoire à sens unique, ce qui prouve bien que quand ils sont fiers des monuments à la gloire du franquisme, il ne s'agit pas de mémoire historique mais bien de nostalgie malsaine (voire de sympathie) à l'égard de ce régime fachiste.
Malgré cette chère constitution, certaines mentalités n'ont pas changé en Espagne, et pas que chez les grands démocrates du PP (je pense notamment à l'Eglise, et à la grande influence de l'Opus Dei…)
C'est pourquoi le maintient de ces monuments franquiste me révolte, car il s'agit bel et bien d'un hommage, d'une nostalgie et d'une sympathie pour ce régime.
à ostia
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 11H56 | 10/09/2009 |
Je connais un peu le Pays Basque. Je trouverais choquant qu'on fasse du neofranquisme à Gasteiz et je ne pense pas qu'un monument au national-syndicalisme y resterait debout bien longtemps. Idem à Barcelone, d'ailleurs…
Mais je ne vois rien d'inconvenant à ce qu'on préserve l'Alcazar de Tolède ou Valle de los Caidos. Si on voulait rendre le passé acceptable au présent, il faudrait enlever tous les patronymes hispaniques d'Amérique latine et démolir quelques cathédrales…
Pour le politiquement correct, il y a encore, je crois, une rue Attila à Budapest que même les Russes n'ont pas renommée Staline, Mao est encore une légende en Chine, même si la Chine a pris une autre direction…
Pierre JC Allard
à ostia
De Ryze
La Jeune Garde Rouge | 12H36 | 10/09/2009 |
Très bon post et très bonne argumentation.
à spleenlancien
De Peureux anonyme
14H45 | 09/09/2009 |
Nous avons à Paris une rue Bonaparte et des Boulevards des Maréchaux. On ne compte plus en province le nombre de voies publiques au nom du « putchiste » corse qui a renversé militairement le Directoire, organisé une censure implacable et rétabli l'esclavage.
De onapatouvu
perdu pour la science | 11H17 | 09/09/2009 |
0,48 % de la population consultée ; 0,33 % de la population décide. Les noms des rues sont un patrimoine collectif et c'est au Conseil municipal de les choisir ou l'ensemble de la population par referendum. Scandaleuse conception de la démocratie ; souhaitons qu'elle ne donne pas d'idées à d'autres démocrates du même acabit.
à onapatouvu
De DBL8
Retraité | 11H52 | 09/09/2009 |
Les absents ont toujours tord !
Pourquoi n'ont-ils pas été donner leurs avis puisqu'il le leur était demandé ?
Maintenant ils crient aux charrons ?
C'est avant qu'il fallait ce décidé.
Si cela avait le contraire, auraient-ils dit la même chose, 0 ; 33% de la population à voter ?
C'est pareil dans certaines communes, les élus de la majorités font un tour des présent pour avoir leurs avis et si l'avis ne plait pas… nous n'avons pas compris la question.
Bien sûr le sujet est bien plus fort ici, mais c'est une comparaison.
à DBL8
De onapatouvu
perdu pour la science | 17H04 | 09/09/2009 |
A la lecture de l'article, je comprends que seuls ont été interrogés les 400 riverains des rues visées (personnes « concernées »). J'imagine que changer le nom de leur rue ne les intéresse pas car cela entraînerait pas mal de démarches pour eux (comme un déménagement). La consultation est donc, à mon avis, biaisée et la réponse était connue par avance ; c'est contre ce procédé que je m'élève.
Ma réponse vaut aussi pour d'autres posts qui se sont lancés dans des procès d'intention sans avoir lu ni l'article ni mon commentaire.
à onapatouvu
De Le Putsch
Konopsoproctotrype putatif | 19H35 | 09/09/2009 |
Et on peut ajouter dans une certaine mesure : ceux qui habitent là ont probablement emménagé APRÈS le baptême des rues aux noms en question.
Donc, ils ont choisi d'y habiter, là plutôt qu'ailleurs. Libre à chacun d'en penser ce qu'il veut.
De Caillera
Gibier de gibet | 11H22 | 09/09/2009 |
En même temps, en France, combien de rues et de boulevards portent le nom d'Adolphe Thiers qui donna l'ordre du massacre en masse des communards en 1871 (plus de 25 000 victimes) et des déportations des survivants en Nouvelle Calédonie ?
à Caillera
De DBL8
Retraité | 11H54 | 09/09/2009 |
VRAI !
Mais il y a encore des rues et bâtiments publique qui s'appelle « Louise Michel », entre autre.
à Caillera
De Peureux anonyme
14H36 | 09/09/2009 |
Et la capitulation face aux allemands.
Adolphe Thiers a été glorifié pour avoir fait en 1871 ce que Pétain a fait en 1940.
Il me semble assez probable que l'exemple de Thiers a pu encourager les Pétain, Laval et consorts à pactiser avec l'Allemagne.
à Peureux anonyme
De loloetalex
De plus en plus en colère | 22H33 | 09/09/2009 |
Je pense qu'on reproche plus à Pétain la collaboration et la complicité de crime contre l'humanité que la demande d'armistice.
à loloetalex
De Peureux anonyme
09H15 | 10/09/2009 |
Ce n'était pas l'avis de de Gaulle.
On note de plus que Thiers à eu recours à la collaboration des Prussiens pour abattre la Commune, ce qui n'est pas très différend des motivations de Pétain contre le bolchevisme.
Entre pactiser et collaborer la différence est mince.
De DrTom
Citoyen | 11H31 | 09/09/2009 |
« par le fait que les plus de 400 lettres envoyées n'expliquaient pas pourquoi l'on se proposait de débaptiser ces rues »
Si les habitants de cette ville ne comprennent pas cela spontanément, c'est que le problème doit se situer à un autre niveau…
De quoi de neuf
enseignant | 11H38 | 09/09/2009 |
Le référendum est un mode démocratique d'expression. On demande directement au peuple son avis. Le peuple choisit. Certes, il y a eu peu de participants mais, sur ce faible nombre, seule une toute petite fraction s'est déclarée favorable au changement de nom de certaines rues.
Si l'on s'oppose au résultat d'un référendum, il faut oublier les grands discours sur la démocratie et le respect de la volonté du peuple.
En Irlande, les électeurs ont voté non au traité de Lisbonne. On va leur reposer la question jusqu'à ce qu'ils disent oui : n'est-ce pas une mascarade ?
En France, on n'a même pas pris la peine de les reconsulter, on a usé de subterfuges.
Si je ne respecte le choix du peuple que lorsqu'il me convient, je mérite le nom de fasciste (qu'il soit rouge ou brun).
à quoi de neuf
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 11H42 | 09/09/2009 |
Non mais vous rigolez, là ? ? ? ? ? ? ?
On demande directement au peuple son avis. Le peuple choisit. Certes, il y a eu peu de participants mais, sur ce faible nombre, seule une toute petite fraction s'est déclarée favorable au changement de nom de certaines rues.
Vous avez bien lu l'article ? ? ? ? ? ?
On a envoyé 400 lettres pour une population de 83600 habitants, 272 ont répondu, et vous appelez ça « un referendum » ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
à Tigerbill
De DBL8
Retraité | 11H55 | 09/09/2009 |
AH oui, là ça le fait pas.
à Tigerbill
De quoi de neuf
enseignant | 12H12 | 09/09/2009 |
Si les réponses avaient été favorables à 96 % au changement de nom, auriez-vous eu la même appréciation de la situation et vous opposeriez-vous alors au résultat ?
à quoi de neuf
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 12H21 | 09/09/2009 |
1) Vous répondez à côté de la plaque
2) Vous me faites un procés d'intention
Vous ne manquez pas d'air
Votre réponse n'appelle d'autre commentaire que le silence.
à Tigerbill
De quoi de neuf
enseignant | 12H24 | 09/09/2009 |
La fuite est un choix comme un autre.
à quoi de neuf
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 12H30 | 09/09/2009 |
C'est ce que vous avez fait vous même, vous l'aurez noté…
Donc, à vous d'abord :
Vous maintenez qu'envoyer un courrier à 400 administrés en leur demandant leur avis constitue un « réferendum », et que le résultat est valide et conforme à la démocratie ? ? ? ?
à Tigerbill
De quoi de neuf
enseignant | 13H15 | 09/09/2009 |
Je suis tout à fait d'accord avec vous que le fait d'envoyer seulement 400 lettres est pour le moins surprenant. Mais si ces 400 lettres ont été envoyées au hasard (ce que l'on est en droit d'espérer ! ), elles constituent néanmoins un échantillon qui commence à être représentatif. J'aurais nettement préféré un référendum général aux électeurs de cette commune.
Ce qui me chagrine quant aux réactions qui sont éditées sur ce site, c'est qu'elles n'auraient probablement existé si le résultat avait été en faveur du changement de nom. Me trompe-je ?
à quoi de neuf
De Tigerbill
retraité en CDI en charente-maritim... | 13H35 | 09/09/2009 |
Oui, vous vous trompez……
Une manoeuvre reste une manoeuvre, d'où qu'elle vienne
Le fait de n'envoyer que 400 lettres n'est pas « surprenant », il est révélateur
Qu'elles aient été envoyées « au hasard », je ne vois pas en quoi on est en droit de l'espérer… on ne peut au contraire que supposer l'inverse( oui, j'ai mauvais esprit )
Non, les 400 lettres ne constituent EN AUCUN CAS un « échantillon représentatif », même « un commencement »…..Le nombre à lui seul ne suffit pas à établir la représentativité d'un échantillon…encore faut-il qu'il ait été constitué « dans les règles de l'art », ce qui n'est probablement pas le cas……quand on constitue un échantillon représentatif, ce n'est JAMAIS au hasard, mais selon la technique de la stratification pondérée.
Et de toute façon, le résultat pourrait être qualifié au mieux de « sondage », mais en aucun cas de « referendum »
Je vous trouve bien sensible à ce que vous supposez être des réactions partisanes, et bien indulgent envers la qualification de « referendum » pour ce qui n'est qu'une petite manoeuvre antidémocratique