
Son employé sans-papiers perd un bras : il le jette
(De Madrid) L'employeur affirme ne pas le connaître. Problème : la police a découvert le bras sectionné de son ancien employé sans-papiers dans une poubelle près de sa boulangerie industrielle. Les syndicats espagnols dénoncent le grand nombre d'accidents du travail mortels.
Peu après minuit, le 28 mai, Franns Rilles Melgar, un Bolivien de 33 ans, prend son poste à la machine à pétrir le pain d'une boulangerie industrielle près de Valence, à l'Est de l'Espagne. Il devait y rester entre 11 et 12 heures, comme tous les jours, et gagner ainsi 23 euros. Mais la machine a soudainement happé son bras gauche, l'arrachant avant qu'il n'ait le temps d'arrêter lui-même les rouages avec sa main droite.
Selon le syndicat Commissions Ouvrières (CC.OO), ses employeurs « ont forcé l'accidenté à nier qu'il s'agissait d'un accident du travail lorsqu'ils le transportaient dans leur camionnette de livraison, avant de l'obliger à descendre à 100 mètres de l'hôpital ».
« Après avoir nettoyé la machine, l'entreprise a continué le travail »
Devant ses propos confus, les médecins ont rapidement appelé la police et la Guardia Civil a finalement découvert son bras dans une poubelle publique près de l'entreprise. Plus d'un jour avait allors passé et la greffe était désormais impossible.
« Après avoir nettoyé la machine et s'être débarrassé du bras, l'entreprise a continué le travail », affirme CC.OO qui va se porter partie civile aux côtés de la sœur du blessé pour atteinte aux droits des travailleurs et non-assistance à personne en danger.
Le parquet a ouvert une enquête.
Interrogé par le quotidien 20 Minutos, le chef d'entreprise maintient sa version :
« Il était ivre et il est tombé dans la machine. Je l'avais déjà renvoyé mais il était venu me supplier et je l'avais rembauché », affirme-t-il.
Selon lui, le « bras n'aurait pas pu être regreffé » de toutes façons. Il nie également avoir abandonné Franns Rilles en chemin et affirme que des témoins pourront le confirmer.
Le blessé confirmait lui aux médias espagnols, mercredi, que son ancien employeur lui avait ordonné de « ne rien dire ». Il gagnait 700 euros par mois.
Qualifiant l'affaire de « répugnante », la secrétaire d'Etat à l'immigration et l'émigration espagnole, Consuelo Rumí, a déclaré ce jeudi que le Bolivien pourrait être régularisé « pour raisons humanitaires » s'il en faisait la demande. Son dossier devrait être étudié mais « il semble évident » que son cas entre dans ce cas de figure.
Deux morts par semaine dans l'agroalimentaire
Les syndicats de travailleurs dénoncent régulièrement le nombre d'accidents mortels du travail en Espagne.
En une seule semaine du mois de mai, six ouvriers de la construction ont perdu la vie, soit 62 victimes depuis le début de l'année.
Dans le secteur agroalimentaire, le deuxième le plus touché après le bâtiment, on dénombre deux accidents mortels par semaine en moyenne, selon CC.OO. :
« Ces taux de mortalité sont indignes d'un pays qui se veut la huitième puissance économique du monde, avec des systèmes de production modernes et qui, cependant, supporte des taux rappelant le XIXe siècle. »
► Mis à jour le 11/05/2009 à 16h22 suite aux déclarations du ministre de l'Immigration sur une possible régularisation.
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De Ryze
La Jeune Garde Rouge | 12H57 | 11/06/2009 |
C'est ignoble ! J'arrive pas a croire ce que je lis…
Comment ce genre de truc peut il se passer au XXI e siècle ! ?
J'ai honte ! Ça me file la nausée ! !
Mérite d'être amputé d'un bras (de préférence sans anesthésie) cet esclavagiste de merde et qu'on le file a ce pauvre mec qui pour le coup a sa vie complètement flingué maintenant ! ! J'ose même pas imaginé le traumatisme psychologique de sentir son bras se faire arracher…
De meiganga
pompiste | 13H15 | 11/06/2009 |
évitons d'appliquer la charia et laissons la justice faire son boulot, il en va ainsi des démocratie.N'empêche vous avez raison c'est ignoble.
De VoisinDuQuartier
oui, mais quelle civilisation ? | 16H02 | 11/06/2009 |
C'est la première fois que j'ai la nausée à la lecture d'un article …
Mais vers quelle « civilisation » (si on peut appeler cela comme ça) allons-nous ? ? ?
De einna
16H20 | 11/06/2009 |
j'ignore ce qui est le plus horrible : l'amputation accidentelle ou le cynisme de l'employeur.
Voilà un homme qui vient en Europe pour s'en sortir et qui se retrouve exploité comme on ne le pensait plus possible depuis 1930.
A priori cet acte fait suite à de nombreux accidents du travail en Espagne, et témoigne de conditions de travail scandaleuses ; que celà soit possible au XXIème siècle me scandalise, j'allais écrire « les bras m'en tombent » mais …
De Jean-Luc LUMEN
en invalidité | 00H30 | 12/06/2009 |
Un pétrin doit être équipé d'une grille de protection couvrant toute la cuve (en Espagne aussi)
En soulevant cette grille cela coupe automatiquement le moteur.
Il est utopique que de croire qu'un homme arrivera à arrêter par sa seule force un pétrin.
Cette malheureuse personne a eu une chance folle de ne pas être passé entièrement dans le pétrin.
Cette entreprise doit avoir un sérieux problème de sécurité sur son matériel
L'hygiène doit aussi laisser à désirer.
Ce patron doit être un libéral à outrance.