Sarkozy en Espagne : duel de belles et sans-papiers

(De Madrid) Le tourbillon Sarkozy a rythmé l'Espagne pendant deux jours. Reste dans son sillage une coopération renforcée contre le terrorisme et le crime organisé mais aussi la promesse de collaborer pour arrêter et reconduire dans leurs pays les étrangers sans papiers.

La princesse Letizia Ortiz et Carla Bruni à Madrid lundi (Sergio Perez/Reuters)

Tout occupés qu'ils étaient par le « duel » de Carla Bruni et de la Princesse Letizia, et caressés par les propos flatteurs de Nicolas Sarkozy qui a déclaré à plusieurs reprises son attachement à la jeune démocratie espagnole et sa bonne relation avec le chef du gouvernement espagnol -« très brillant », pas idiot, a-t-il assuré à Madrid- les Espagnols ne sont pas encore nombreux à réagir sur le revirement confirmé de la politique d'immigration espagnole.

Le quotidien El País, le plus lu en Espagne, alertait pourtant ses lecteurs, le matin même du sommet franco-espagnol, sur « la volonté » du gouvernement de « dissimuler » ce revirement « derrière d'autres compromis internationaux ».

Les deux pays créent un « comité de sécurité ». Carla va au Musée

Le travail devait en effet primer, mardi, à Madrid, après les fastes de la veille, les multiples tenues et les bons mots complices, envoyés à la communauté française, d'un Nicolas Sarkozy fier de l'attention que suscitait son épouse…

Quitte à ce qu'elle lui fasse de l'ombre : « Quoi ? Carla ne vient pas ? », râlaient les journalistes espagnols envoyés mardi matin couvrir le discours de Nicolas Sarkozy devant les députés et sénateurs espagnols alors que leurs collègues étaient de musée plus tard avec la première dame et la reine. Avant de l'apercevoir, soulagés, derrière une balustrade.

D'inévitables incursions glamour jusqu'au bout, donc, mais qui n'ont pas tout à fait rendu inaudible l'annonce attendue du renforcement de la coopération sur la sécurité entre l'Espagne et la France.

Alors que la lutte commune contre l'ETA a permis de nombreuses arrestations ces derniers mois, les deux gouvernements ont décidé d'étendre cette étroite collaboration à d'autres sphères en créant un « comité stratégique de sécurité » qui réunira tous les six mois les responsables des forces de l'ordre de la France et de l'Espagne. Leur objectif : renforcer la lutte contre l'ETA, mais aussi contre le terrorisme islamiste, le trafic de drogues, le blanchiment d'argent et l'immigration clandestine.

Des vols communs pour reconduire les sans-papiers

Sur ce dernier point, la déclaration commune des deux pays assure qu'ils lutteront ensemble pour « le démantèlement des filières clandestines et l'arrestation des immigrés en situation illégale. » Ils uniront également leur force pour identifier les pays d'origine des sans papiers et obtenir de ces derniers qu'ils acceptent leur rapatriement, et s'ils le jugent « opportun », la France et l'Espagne affréteront des vols communs pour leur retour.

José Luis Rodriguez Zapatero et Nicolas Sarkozy n'ont pas toujours eu la même vision d'une politique d'immigration. Ce dernier a durement critiqué la décision de Zapatero de régulariser près de 700 000 travailleurs sans papiers, en 2005.

Mais alors que le taux de chômage vient d'atteindre 17,35% en Espagne, le gouvernement semble bien décidé à s'éloigner des politiques qu'il avait défendues en temps de boom économique. Ancien pays d'émigration, l'Espagne compte aujourd'hui plus de 10% population étrangère.

Photo : la princesse Letizia Ortiz et Carla Bruni à Madrid lundi (Sergio Perez/Reuters)

7 commentaires sélectionnés

Portrait de BobCat

De BobCat

observateur | 21H25 | 28/04/2009 | Permalien

ces sans papier auront contribué à l'essor économique de l'espagne.

Ils ont permis à ce pays de maintenir des frais de main d'oeuvre très bas, en les expoitant, pour certains comme des esclaves.

sans état d'âme, sans scrupules, les consommateurs, les patrons y trouvaient chacun en ce qui le concerne, leurs comptes.

Si les sans papiers sont renvoyés « chez eux », il y aura nécessité d'employer de la main d'oeuvre espagnole, rétribuée au prix « européen »,

mais pour maintenir leur marge, les chefs d'entreprises (industriels) préféreront délocaliser hors europe, les patrons « agriculteurs, du bâtiment et des services » utiliseront encore le peu de main d'oeuvre sans papiersdisponible, ou la polonnaise ou la bulgare, taillables et corvéables à merci, jusqu'à ce que leurs pays, à leur tour arrivent au niveau de vie de l'europe de l'ouest, et ainsi de suite,

Finalement, qui sera de nouveau le dindon de la farce ?

Portrait de franc parleur

De franc parleur

anarchieevangelique.wordpress.com | 21H32 | 28/04/2009 | Permalien

Carla Bruni, c'est le drapeau de NS.
C'est Marianne !
C'est la gauche aussi, ne l'oublions pas.

Je préfère Louise Michel fière femme libre parmi les femmes libres.

.
 » Ce n'est pas une miette de pain, c'est la moisson du monde entier qu'il faut à la race humaine, sans exploiteur et sans exploités. « 
Note annexe à l'audience du 23 juin 1883 dans les Mémoires de Louise Michel, (1886).

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Portrait de la prune

De la prune

naturaliste | 22H26 | 28/04/2009 | Permalien

Le plus fou, c'est que l'engouement populaire-médiatique pour Bruni est autenthique, troisième sujet d'importance de cette visite, semblerait-il, entendu à la radio plusieurs fois. Une énorme fraction de la population considère sa venue comme un évènement de grande importance ….
On en tire les conclusions qu'on peut

Portrait de antoine.nohe

De antoine.nohe

Sous Terre | 22H32 | 28/04/2009 | Permalien

Je comprends pas le but de cet article ?
Ca rentre dans le cadre du culte de la personnalité ?

Portrait de Boris Carrier

De Boris Carrier

cogito ergo sum | 22H44 | 28/04/2009 | Permalien

le but ? Rendre compte d'un événement fortement médiatisé de ce côté ci des Pyrennées (en Espagne donc) révélateur du niveau abismal auquel est parvenu ce qui se prétend être de la politique.

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

HS | 23H14 | 28/04/2009 | Permalien

Le roi d'Espagne n'a certainement pas pensé utile de faire décrocher le tableau de Goya « Dos de mayo » comme il l'avait fait par délicatesse lors d'une visite de Mitterand.
Avec sarco le cultivé c'est pas la peine de se casser la tête.
Et que dirait-il si les Espagnols faisaient lire en classe la lettre de l'un des fusillés du Dos de Mayo ?

Portrait de Ishtar

De Ishtar

01H37 | 29/04/2009 | Permalien

On retiendra les décisions populistes des deux pays : renforcement de la lutte contre les sans-papiers et l'éternelle répression du terrorisme : ceux qui ne s'intéresseront pas à l'exhibition de C.Bruni pourront apprécier le message : en temps de crise voyez nos priorités,à défaut de s'occuper de votre pouvoir d'achat on va se défouler sur les étrangers qui s'approprient vos emplois et vous faire une enième piqûre de rappel de la menace terroriste.

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