
Espagne : première lourde défaite pour Zapatero
(De Madrid) Tout semblait lui sourire depuis sa victoire surprise aux primaires socialistes (PSOE) en 2000, mais, affaibli par la crise économique, Jose Luis Rodriguez Zapatero vient de subir son premier gros échec aux élections régionales de Galice. Il trouvera toutefois un peu de réconfort au Pays Basque, où son candidat, Patxi Lopez, devrait détrôner le parti nationaliste basque après vingt-neuf ans de pouvoir ininterrompu.
Le candidat socialiste malheureux en Galice, Emilio Pérez Touriño, a présenté sa démission dès lundi matin. Alors qu »il s »était personnellement impliqué dans cette campagne, M. Zapatero a attendu près de vingt-quatre heures pour lancer à la volée qu »il ne lui paraissait pas « opportun d »interpréter ce que les citoyens ont voulu dire aux urnes ». « Voter pour Touriño, c »est la même chose que voter pour Zapatero aux élections générales », avait-il pourtant lui-même clamé en clôturant la campagne.
Il y a à peine quatre ans que les socialistes, alliés au bloc nationaliste de Galice, étaient parvenu à déloger le parti populaire (PP) d »un fief sur lequel il régnait depuis vingt-cinq ans. La majorité des sondages promettaient une nouvelle victoire socialiste, bien que serrée, dimanche mais c »est finalement le PP, également la principale force d »opposition au gouvernement Zapatero, qui reprend sa place doté en plus d'une majorité absolue.
Le parti populaire renforcé
Le revers est d »autant plus cuisant qu »il renforce la crédibilité et le pouvoir sur ses troupes du chef de fil national du PP, Mariano Rajoy, alors que les élections européennes approchent. Empêtré dans des scandales d »espionnage interne et de corruption, ce Galicien n »espérait pas une victoire aussi nette, selon les analystes qui prédisaient tous son éjection brutale en cas de résultats médiocres. La tourmente interne au PP avait jusque-là évité au gouvernement de M. Zapatero des attaques trop virulentes sur sa gestion de la grave crise qui affecte l »économie espagnole.
Première grande défaite
Battre les populaires sur leurs terres de Galice en 2005 n'était que l »un des trophées de M. Zapatero, dont le parcours semblait jusqu'à dimanche immunisé contre les échecs.
A son heure le plus jeune député d »Espagne, il avait plus tard, en 2000, coiffé au poteau les autres candidats, plus vétérans, à la présidence de son parti. L »irruption violente des attentats du 11 mars 2004 à Madrid et la mobilisation en masse d »électeurs outrés par la gestion de crise du gouvernement Aznar lui avait ensuite offert une présidence là-aussi inattendue.
Sous sa direction, le PSOE a bien été devancé en nombre de votes aux municipales de 2007 mais il avait alors également progressé dans plusieurs villes stratégiques et la « défaite » n »avait pas été traumatisante.
Victoire stratégique au Pays Basque
Les socialistes étaient bien plus réjouis, hier, au Pays Basque, alors qu »ils fêtaient une défaite au bon goût de victoire. Même s »il n »a pas réussi à devancer, en nombre de députés, le parti nationaliste basque (PNV) au pouvoir depuis les premières élections démocratiques de 1980, leur candidat Patxi Lopez, (un internaute invétéré), devrait toutefois s »emparer de la présidence de la région grâce à une alliance avec… le parti populaire !
Il devra également compter sur le seul député du nouveau parti centriste, Union, Progrès et Démocratie, pour pouvoir remplacer Juan José Ibarretxe, président de la région depuis 1999. Pour la première fois depuis trois décennies, les forces « nationalistes » -souverainistes et indépendantistes- ne sont en effet pas majoritaires au parlement régional.
Autre « première », les partis ne condamnant pas l »ETA n »avaient pas pu prendre part au scrutin après une décision de justice. Leurs voix se sont reportées à la fois vers l »abstention et vers Aralar, parti indépendantiste qui rejette, lui, la violence et passe de un à quatre députés au parlement régional.
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De HECTOR VIGO
Journaliste retraité | 11H13 | 03/03/2009 |
En Galice, où les socialistes du PSOE ont dû boire la Galice jusqu'à la lie, on a reproché son train de vie au sieur Touriño, président socialiste de la Communauté autonome de Galice : Audi (voiture de fonction), mobilier somptuaire… Feijoo, le chef du PP galicien , qui vient donc de remporter la consultation promet un gouvernement autonome « austère ». Démagogie ? Compte tenu du passé et de la corruption politique, on attend pour voir…
De HECTOR VIGO
Journaliste retraité | 11H23 | 03/03/2009 |
Le comportement du maire de Vigo, principal port de pêche d » Espagne et première ville industrielle de Galice (300.000 habitants) n » a pas dû favoriser la campagne socialiste. On lui reproche un certain autoritarisme. Un exemple : en décembre, il a fait interdire, par la police municipale, l » accès du public à une réunion du Conseil Municipal et, affirment les personnes interdites d » accès, rempli la salle de militants socialistes entrés par une porte dérobée. (via le garage de la police locale).. Joli petit monde !
Par ailleurs, et dans un autre registre,à Vigo il y a quelques années, quatre policiers municipaux, condamnés pour l'enlèvement d » un ressortissant sénégalais et les mauvais traitements à lui infligés ont été condamnés par la justice, mais le gouvernement central les a grâciés. Les quatre grâcies ont été rétintégrés dans la police municipale. Belle manière de lutter contre le racisme !
De Broillet
étudiant | 16H38 | 03/03/2009 |
Il faut rappeler que depuis l'accès à la démocratie en Espagne, il y a un constant changement des électeurs, à la suite des initiatives socio-économiques effectuées par les gouvernements en place.
Ainsi, le raisonnement devient assez simple dans ce qu'on pourrait appeler « l'esprit collectif » espagnol :
- Mauvaise conjoncture économique : PP
- Mauvaise conjoncture sociale, tentative d'ôter de l'autonomie aux régions : PSOE
Et vice, versa. Peut-être est-ce faire un amalgame trop rapide des réactions des électeurs espagnols, mais ne voyons nous pas ici le renforcement du PP et des partis nationalistes à la suite d'une mauvaise conjoncture économique et de la « crise » mondiale ?
De paco
17H59 | 03/03/2009 |
Petites précisions sur le vote au Pays basque : les partis « nationalistes », pas majoritaires en sièges, le sont en voix (en raison du mode de scrutin : même nombre d'élus en Alaba, Guipuzcoa et Biscaye, mais pas même nombre d'habitants). Les « partis ne condamnant pas ETA » ont appelé au vote nul (en utilisant des bulletins D3M, du nom du parti interdit) et ont regroupé environ 100.000 voix (ce qui leur aurait donné 7 sièges).
Tout ça pour dire que le PSOE peut bien se déclarer satisfait, il attendait certainement mieux. Et que Patxi Lopez, s'il devient lehendakari (président), aura du pain sur la planche pour diriger la communauté, et slalomer entre le PNV et le PP.
De basque
étudiant | 21H00 | 03/03/2009 |
Notons l'incohérence totale de la possible politique d'alliance du PSOE en Euskadi : à quoi sert de s'unir avec le PP, rendre le pays ingouvernable ? Comment pourrons gouverner deux partis aussi opposés ? De plus exclure le parti qui je le rapelle est le GAGNANT des elections le Parti nationaliste basque (30 siège sur 75 ) serait un déni de démocratie.
De plus l'exclusion de la gauche abertzale ( EHAK 9 sièges aux dernières elections) bien que selon moi justifiée à empeché des gens d'exprimer une tendance indépendantiste affirmée en clair sans interdiction les nationalistes auraient toujours la majorité à la chambre.
Enfin derniers éléments dont on ne parle pas en france, le gouvernement Zapatero n'a qu'une faible marge au congrès si il insiste pour imposer son candidat à la présidence de la communauté autonome, les nationalistes lui retireront leur soutient , très recherché à l'assemblée espagnole , d'autant plus que Zapatero rencontre des difficultés avec les nationalistes catalans.
En bref que le PSOE tente un passage en force et je prédis des troubles en pays basque et des difficultés à la chambre, remplacer le PNV, c'est un désir d'alternance souhaitable, le faire et ne pouvoir gouverner, c'est stupide .
De basque
étudiant | 21H02 | 03/03/2009 |
Notons l'incohérence totale de la possible politique d'alliance du PSOE en Euskadi : à quoi sert de s'unir avec le PP, rendre le pays ingouvernable ? Comment pourrons gouverner deux partis aussi opposés ? De plus exclure le parti qui je le rapelle est le GAGNANT des elections le Parti nationaliste basque (30 siège sur 75 ) serait un déni de démocratie.
De plus l'exclusion de la gauche abertzale ( EHAK 9 sièges aux dernières elections) bien que selon moi justifiée à empeché des gens d'exprimer une tendance indépendantiste affirmée en clair sans interdiction les nationalistes auraient toujours la majorité à la chambre.
Enfin derniers éléments dont on ne parle pas en france, le gouvernement Zapatero n'a qu'une faible marge au congrès si il insiste pour imposer son candidat à la présidence de la communauté autonome, les nationalistes lui retireront leur soutient , très recherché à l'assemblée espagnole , d'autant plus que Zapatero rencontre des difficultés avec les nationalistes catalans.
En bref que le PSOE tente un passage en force et je prédis des troubles en pays basque et des difficultés à la chambre, remplacer le PNV, c'est un désir d'alternance souhaitable, le faire et ne pouvoir gouverner, c'est stupide
De HECTOR VIGO
Journaliste retraité | 12H32 | 04/03/2009 |
Le chef du PP , le galicien Mariano Rajoy, qui fut désigné par Aznar, a accusé le juge Garzon d » être un socialiste. Curieusement, le PP n » avait pas porté une telle accusation lorsque le juge Garzon instruisait les cas de corruption sous le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez ou faisait mettre sous les verous les narcotrafiquants galiciens.
Il faut dire que le juge Garzon instruit actuellement des graves cas de corruption dans lesquels seraient, apparemment, impliquées de grosses huiles du PP :