
L'ombre des vols vers Guantanamo plane sur l'Espagne

Six ans plus tard et à l'aube de la « nouvelle ère Obama », l'Espagne est soudain forcée de se souvenir de l'époque où elle soutenait sans condition l'Amérique de George Bush. Le quotidien El Pais a révélé dimanche la supposée « complicité d'Aznar avec les vols vers Guantanamo ». Son successeur, José Luis Rodriguez Zapatero, pourtant longtemps persona non grata de la Maison Blanche après le prompt retrait des troupes espagnoles d'Irak, est lui aussi éclaboussé par l'affaire.
Selon le quotidien, le gouvernement de José Maria Aznar (1996-2004) aurait donné l'autorisation en 2002 à des avions américains en route pour Guantanamo et transportant des prisonniers de faire escale sur le territoire espagnol. Estimant qu'il y avait « la possibilité que quelques-unes des personnes transportées aient une nationalité européenne », ses responsables militaires avaient toutefois prévenu qu'il fallait « en soupeser les conséquences légales ».
« Le gouvernement était totalement conscient de l'illégalité de ces transports », concluait dimanche le journaliste d'El Pais, Miguel Gonzalez, avant d'insister sur le choix des aéroports finalement mis à disposition : les plus « discrets ».
Le gouvernement Aznar avait prévu les questions gênantes des médias
La correspondance publiée par El Pais est d'autant plus gênante qu'elle montre comment le ministère des Affaires étrangères avait prévu, dès le début, une stratégie pour parer aux éventuelles questions des médias :
« La ligne d'information publique […] pourrait être qu'il n'est pas prévu que ces vols réalisent une escale en Espagne mais que s'ils demandaient à atterrir en cas d'urgence, conformément aux lois d'aviation internationale, on les y autoriserait. »
Le principal intéressé, José Maria Aznar, n'a pas encore réagi à la fuite mais son parti, le parti populaire (PP, droite) a immédiatement contrattaqué lundi en accusant le gouvernement de diffuser ces documents pour détourner l'attention des électeurs de la difficile situation économique et notamment des nouveaux chiffres du chômage diffusés mardi matin.
Si c'était le cas, le plan aurait été mal calculé car le gouvernement Zapatero est lui-aussi éclaboussé. Toujours selon El Pais, neuf des onze vols avec escale auraient été réalisés depuis son arrivée au pouvoir en 2004. Pourtant, José Luis Rodriguez Zapatero affirme ne rien savoir de l'autorisation donnée par l'exécutif d'Aznar aux Américains. Son ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos a en outre nié catégoriquement avoir su que ces vols avaient duré jusqu'en 2006.
Zapatero coupable « par omission » ?
Le gouvernement a lancé une enquête dès dimanche à laquelle se sont depuis associés le Congrès des députés et l'Audience nationale, haute instance juridique qui voit ainsi l'occasion de raviver une investigation sur les vols vers Guantanamo entamée dès 2006.
Après avoir accusé le gouvernement Zapatero d'être lui aussi coupable « par omission », le parti d'alliance écolo-communiste Izquierda Unida exige, lui, la comparution devant les députés des ministres de la Défense et des Affaires étrangères ainsi que celle du directeur des services secrets.
Soucieux de placer l'Espagne au premier rang de la scène internationale lorsqu'il était au pouvoir, José Maria Aznar avait soutenu sans défaillir les projets d'intervention en Irak de George Bush malgré l'opposition d'une grande partie des espagnols –des millions étaient descendus dans les rues en février 2003 pour s'y opposer.
Leur bonne entente a été immortalisée avec deux photos devenues célébrissimes en Espagne, car elles en avaient outré beaucoup : celle de leur rencontre aux Açores et l'image d'un Aznar détendu, pieds sur la table, lors d'une réunion du G8.
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De marc23
19H51 | 02/12/2008 |
Rappelons-nous les grognements excédés du roi d'Espagne ordonnant à Chavez ,calomnié dans toute l'Amérique Latine par Aznar, de se taire alors qu'il traitait le dit Aznar de fasciste, d'héritier de Franco, et le ravissement des journalistes bien en cours en France
De Lemmy_Nothor
Penguin In Bondage | 20H24 | 02/12/2008 |
Avant de lancer des pierres au roi d'Espagne, sachez qu'il deteste profondement Aznar….depuis le tout premier jour.
Tant qu'a Chavez, ce jour la il aurai du effectivement la fermer….ce n'était ni le moment, ni le lieu de faire sa tirade anti Aznar.
De Waldo
bye bye ... | 21H07 | 02/12/2008 |
mais puisqu'ils vous disent qu'aucun d'eux ne savait.
ils ne savent même pas que l'Espagne possède en Méditerranée les îles Baléares où se sont posés les avions. Les Baléares existent-elles d'ailleurs ? Ils ne savent pas.
De sopadeajo
? | 05H32 | 03/12/2008 |
Con los pobres de la Tierra
Quiero yo mi suerte echar
Y el arroyo de la sierra
me complace más que el mar
Chanté ici par Pete Seeger qui était l´opposé de ce pauvre et mauvais Bush.
http://es.youtube.com/watch ? v=tiF5dtsB1Gc&feature=related
Notez qu´il dit guantanamera, non pas : cuánta ramera.
Et on se demande pourquoi ce bourgeois chante : con los pobres de la tierra…
http://es.youtube.com/watch ? v=wORjtMO8ux0&feature=related
Espérons qu´ils vont libérer TOUS les détenus injustement, faussement accusés, dans ce camp de concentration infame.
De r0d
exilé heureux | 13H09 | 03/12/2008 |
Décidément, les politiciens espagnols ne sont pas encore au point niveau propagande. Entre ça et les attentats de Atocha, ils feraient bien de prendre des cours auprès de leurs homologues français ou stazuniens : ces derniers font les mêmes bourdes (je parle ici de la « communication », je ne parle pas des faits en eux-mêmes) mais ils savent comment les faire passer inaperçues.
De sinclair 2580
17H35 | 03/12/2008 |
Il y a eu en janvier 2007 un rapport de la commission d'enquête de l'UE accablant. L'Espagne n'a pas été le seul pays ni le pire a avoir eu connaissance et aidé ou avoir fait sembler de ne pas connaitre ce type de faits. Sans compter enlèvement et lieu secret d'interrogatoire musclés.
Rapport du parlement Européen (pas des terroristes le parlement pourtant)
http://www.libertysecurity.org/IMG/pdf_Activites_de_la_CIA_en_Europe.pdf