
Les sans-papiers victimes de la crise de la construction en Espagne

Les deux policiers municipaux ne sont qu'à quelques mètres mais ils décident de s'éloigner de cette place madrilène balayée par un vent glacial. Pourtant, ici tout le monde le sait : les hommes de la Plaza Eliptica sont des sans-papiers qui attendent tous les jours, dès l'aube, qu'on veuille bien les faire travailler sur un chantier. Depuis l'explosion de la bulle immobilière, ils attendent souvent pour rien.
Entièrement vitré, le Bar Yakarta offre une vue de choix depuis près de quarante ans sur cette place d'un quartier populaire de Madrid. L'Espagne était alors un pays d'émigration, essentiellement vers les autres pays d'Europe ou d'Amérique latine.
Aujourd'hui, les hommes qui se réchauffent les mains sur leur verre de café au lait viennent du Mali, de Roumanie, de Bolivie ou d'Equateur. Ceux qui n'ont pas les moyens attendent dehors, en petits groupes ou tous seuls, leurs souffles formant des nuages au dessus de leur tête.
Certains sont très jeunes, d'autres ont dépassé la quarantaine. Tous sont arrivés à l'aube avec l'espoir qu'on les engage pour la journée, ou plus, sur un chantier. Selon un chauffeur de taxi qui passe souvent sur la place :
« Avant, le défilé n'arrêtait pas, même des particuliers venaient quand ils avaient besoin de refaire leur salle de bain. »
50% de chute de la construction
Mais l'attente s'est faite plus longue depuis que le rythme infernal du secteur de la construction –près de 600 000 logements construits en 2007– s'est brusquement ralenti. La chute de plus de 50%, alliée à la crise financière internationale, a fait trembler l'économie du pays : on prévoit tout juste autour de 250 000 nouveaux logements cette année.
Vers 9h00, une voiture utilitaire s'arrête enfin et tous s'en rapprochent. Les pas engourdis par le froid se font plus rapides. Mais la nuée se disperse vite lorsqu'un Vénézuélien, habitué de la place et porte-parole improvisé, se fait écho de la demande de l'employeur et crie qu'il ne cherche que des légaux.
Les candidats ne sont plus qu'une poignée et lorsque, finalement, un homme monte avec lui, la plupart des autres retournent à leurs conversations. L'heure tourne, le soleil réchauffe enfin un peu la place et ils commencent à rentrer chez eux, au goutte-à-goutte. Seuls quelques-uns ont trouvé un employeur.
Le taux de chômage pourrait atteindre 15% en 2009
Comme toujours, la bataille des chiffres autour des sans-papiers, difficiles à recenser, fait rage. Il y en aurait moins de 300 000, selon ce qu'avançait le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero en février. L'opposition parle, elle, de plus d'un million d'illégaux. Près de 700 000 avaient été régularisés en 2005.
Désemparés, ceux de la Plaza Eliptica pensent à bouger, mais vers où ? « Il y a du travail en France ? », interroge l'un d'eux. Avec 12,8% de taux de chômage, l'Espagne arrive aujourd'hui en tête des pays de l'Union européenne, selon Eurostat. Il était d'à peine 8,6% fin 2007 et certains experts estiment qu'il pourrait atteindre jusqu'à 15% en 2009.
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De pedro66
informaticien bon à rien | 16H47 | 28/11/2008 |
Il me semble avoir lu,très souvent, que les sans papiers étaient une richesse car ils travaillaient .
Et quand il n'y a pas de travail, ce sont des boulets qu'ils faut expulser immédiatement car il vont très rapidement se reconvertir en délinquants (ce qu'ils sont déjà) dangereux ! ! !
Donc l'immigration clandestine est un grave danger pour tous les pays qui la subissent .
à pedro66
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H51 | 28/11/2008 |
Tout à fait d'accord Pedro, d'ailleurs je viens d'appeler Brice, et il va tout de suite te renvoyer à Guadalajara.
à pedro66
De jeanannick
marier | 14H46 | 02/12/2008 |
je suis d acord avec toi
meme si il travaillent il envoi l argent dans leurs pays d origine et ca ne contribue pas a la croissance de notre pays si ils foute rien il nous coute chere
De Chris du Fier
Chroniqueur | 18H07 | 28/11/2008 |
Ne vous inquiétez pas. On va les retrouver chez nous sous peu.Arrêtez de pleurer svp…. Il y en aura pour tous…
De r0d
exilé heureux | 18H38 | 28/11/2008 |
L'Espagne subit une double crise (la crise financière mondiale et une crise immobilière plus spécifique) qui n'a pas fini de semer ses mauvaises graines. Ici, nous la sentons à tous les niveaux.
Cela dit, je crois que la crise immobilière ne fait qu'accélérer un processus qui, de toutes façons, est déjà commencé dans le pays depuis, je dirais (à la louche) 3 ou 4 ans. A savoir que l'Espagne est maintenant une grande puissance économique (8eme rang mondial en PIB), avec un système économique conforme au normes dictées pas Maastricht, donc « libéral » (au sens européen). L'Espagne a donc commencé à rencontrer les mêmes problèmes que les pays qui sont dans la même situation, comme la France (pour faire court : augmentation de la productivité alliée à un modèle économique financiarisé, ce qui génère peu d'emploi ; richesse qui attire l'immigration, « fuite des cerveaux », monopolisation des ressources par les grosses entreprises, privatisations/restructurations/délocalisations, etc.).. les crises ne font qu'accélérer ces phénomènes.
L'Espagne va avoir un gros problème avec l'immigration, comme la France depuis quelques dizaines d'années. Et je ne crois pas que l'actuel gouvernement soit capable de gérer les problèmes qui s'annoncent. Bien qu'un peu plus libéral, le PSOE est très comparable au PS français, et sur ce type de problème, il fait l'autruche.
Je côtoie régulièrement un groupe de sud-américains qui (sur)vivent à Madrid. Des gens du Honduras, Mexique et Equateur. Ils ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangé, et ils ont peur car ils sentent monter, dans la population, des « pulsions » xénophobes. Quand ça va mal, il faut bien trouver un fautif. La France est un exemple magistral de ce phénomène. Ajouté à cela les nauséabonds remugles du Franquisme (voir par exemple : http://www.publico.es/espana/177056/horas/ultraderecha ) et nous voilà face à un tableau qui a de quoi laisser perplexe.
Cela dit, je fais confiance aux espagnols, dignes, fiers, et nettement plus au fait de la notion de liberté que n'importe quel de leurs confrères européens, pour ne pas suivre le mauvais exemple de leurs voisins gabachos.
« En sus ojos, se puede leer la palabra libertad. »
De Marie-France
Toujours ailleurs | 13H26 | 29/11/2008 |
Cela fait penser aux années noires où les travailleurs agricoles (braceros) se réunissaient à l'aube sur la place du village et attendaient que quelques « señoritos » viennent les embaucher pour la journée. Les autres n'avaient plus qu'à rentrer chez eux pour crever de faim avec leur famille.
Flash back…
De affreuxjojo
15H58 | 29/11/2008 |
Progressivement, le travail est devenu une marchandise comme une autre. Et tout aussi progressivement, l'individu qui propose son travail est, lui aussi, devenu une marchandise. En conséquence, on importe en cas de pénurie, on exporte en cas d'excès. Dorénavant, cela vaut aussi pour les personnes
Les lois de l'offre et de la demande se sont généralisées et l'humain lui même doit s'y soumettre. Pour que le marché du travail soit flexible, nos conditions de vies doivent devenir précaires. Pour que le marché soit plus libre, nous devons être plus soumis. La condition humaine se dissout dans un marché qui se dit libre.
De mechante langue
17H59 | 29/11/2008 |
L'Espagne illustre bien l'utilisation de l'immigration comme moyen pour faire baisser les salaires.
Malgré un gouvernement de gauche une trés forte croissance le salaire moyen espagnol a baissé de 4% entre 1995 et 2004 (« Perspectives de l'emploi 2007 »,OCDE, juin 2007) alors qu'il a augmenté en France malgré une trés faible croissance .
Selon l'OCDE ce phénomène unique en Europe par son ampleur est en grande partie du au recours massif a l'immigration
à mechante langue
De mao-tse-toung
grand démocrate réformateur | 22H06 | 29/11/2008 |
« Selon l'OCDE ce phénomène unique en Europe par son ampleur est en grande partie du au recours massif a l'immigration »
Mais cela, il faut le taire, les gardiens de l'orthodoxie immigrationniste, créatrice de richesse, vont te tomber dessus à vitesse grand V .
A moins qu'ils ne préfèrent se taire, se voyant démasqués comme complices du MEDEF ! ! !
De jpbfrance
informaticien | 12H23 | 02/12/2008 |
A paris dans le Sentier au coin de la rue du Caire et la rue d'Aboukir (Paris 2) on voit exactement la même phénomène. Le problème est purement économique. Quand les gens ne peuvent pas gagner correctement leur vie chez eux ils iront vers les pays plus riches. Que feriez-vous à leur place ?