
La crise force les familles espagnoles à cohabiter

Ce n'est plus la fête à la maison chez les espagnols. L'explosion de la bulle immobilière, la crise financière internationale et l'augmentation des prix forcent de plus en plus de couples à rester ensemble même s'ils rêvent de divorce.
Déjà tendus, ils doivent en plus parfois supporter le retour au nid de leurs grands enfants, qui avaient difficilement pris leur envol avant d'être forcés de rentrer chez papa-maman faute de pouvoir payer leurs loyers.
Après des années de boom, l'Espagne accumule les mauvaises nouvelles depuis des mois et les gros titres témoignent jour après jour de la détérioration fulgurante de son économie. L'époque où l'on construisait plus de 500 000 nouveaux logements par an semble bien révolue alors que le marché immobilier est bloqué, les prix en berne et le nombre de sollicitations de nouveaux prêts au logement en chute libre.
Faute de pouvoir revendre leur appartement, les couples divorcent moins
Mauvais temps pour les couples qui ne s'entendent plus : en plus de la perspective du coût du divorce (frais de procédure, pensions alimentaires…), ils sont aujourd'hui assommés par des remboursements mensuels qui ne cessent d'augmenter, (les ménages espagnols s'endettent en grande majorité à taux variables) et inquiets à la perspective de ne pouvoir revendre qu'à pertes l'appartement conjugal.
Résultat, le nombre de divorces baisse en Espagne alors même que le gouvernement socialiste a introduit une forme de procédure simplifiée en 2005 : -18 % au premier trimestre 2008, comparé avec la même période un an plus tôt. En 2007, le nombre de ruptures officialisées avait déjà chuté de 5,8%, selon l'Institut National des Statistiques espagnol. Avocat et directeur d'un site de conseils légaux en ligne, Separaciononline.com, Alberto Rubio confirme cette tendance :
« On constate normalement un pic de demandes d'informations sur le divorce au retour des vacances d'été -lorsque les couples qui se supportent à peine pendant l'année sont forcés de se voir 24h/24h- mais pas lors de cette rentrée. On a même vu une baisse. »
Une chute des demandes estimées à 30% par le journal El Periodico.
Les couples se donnent une nouvelle chance, tentent de se supporter au quotidien… Ou « décident de divorcer sans dire au juge qu'ils continueront à vivre sous le même toit, pour ne pas compliquer la procédure », selon Alberto Rubio.
Touchés par la crise, les jeunes retournent parfois vivre chez leurs parents
Déjà peu festive, l'ambiance dans ces foyers peut empirer après un coup de sonnette fatidique : leur enfant, dépassant parfois la trentaine, demande à rentrer au foyer. Traditionnellement, les jeunes Espagnols figurent déjà parmi les Européens qui mettent le plus longtemps à s'émanciper, 55% des 18-34 ans vit encore chez ses parents et près d'un quart des 30-34 ans, selon le Conseil de la Jeunesse d'Espagne. La crise commence en plus à faire regretter ceux qui avaient, eux, déjà sauté le pas.
Avec la population étrangère, les jeunes sont les plus touchés par la situation économique actuelle. Syndicats et observateurs confirment que le retour a déjà commencé et s'attendent à ce qu'entre 20 et 25% des jeunes qui se sont émancipés lors des deux dernières années rentrent bientôt au bercail parental. Plus de la moitié des 710 000 qui vivent seuls ont de toutes façons déjà besoin de l'aide parentale, selon le quotidien gratuit 20 Minutos. Juanjo Lopez du Syndicat des Etudiants avertit :
« Nous n'avons pas encore vu le pire de cette crise et les jeunes sont déjà parmi les plus affectés. Ils risquent de beaucoup souffrir car ils ont souvent des contrats précaires, en première ligne en temps de difficultés. »
Une étude récente montrait en effet que le retour « à la maison » était surtout motivé par la précarité de l'emploi, le chômage, qui touchait 12,3% des 18-34 ans au premier trimestre 2008, et les bas salaires : un peu plus de 14 000 euros annuels dans cette tranche d'âge.
Photo : Manif pour des logements accessibles à Madrid le 16 juin 2007 ; les manifestants sont déguisés en prisonniers et arborent des masques à l'effigie du maire de Madrid, Alberto Ruiz-Gallardon (Andrea Comas/Reuters).
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De ah_bon
cherchant | 19H17 | 07/10/2008 |
Pourquoi Rue89 nous fait-il des articles sur les pauvres ?
Ne savez-vous pas qu'en temps de crise il faut faire rêver les gens en leur parlant de la vie passionnante des stars et des grands de ce monde ?
Salauds de pauvres !
De Yfig
Poète sans illusions j'écris des ch... | 18H01 | 07/10/2008 |
mon blog : http://yfigexnihilo.hautetfort.com/
bonne visite !
De pomme53
Médiation | 18H28 | 07/10/2008 |
Reverrons-nous bientôt en Espagne mais aussi en France, des « maisonnées » qui abriteront trois voire quatre générations d'individus, partageant le pain qu'ils découperont soigneusement dans leur soupe de légumes made in resto du coeur ?
De Teberli
Enseignant | 23H45 | 07/10/2008 |
Comme quoi, les écrans plats, ça ne fait pas tout.
à Teberli
De robindesfoix
cherche une issue | 01H03 | 10/10/2008 |
si ça libère de la place pour la cohabitation ….
De JANCAP
04H54 | 08/10/2008 |
Alors qu'en Espagne, plus du tiers des agences immobilières ont fermé, 1 Million 800 000 maisons sont vides et ne trouvent pas preneur aux USA.
En France, ORPI vient de fermer 50 agences…
En fait, la véritable cause de la « crise financière et immobilière » ne réside pas dans les magouilles sans fin des hyènes de la finance. La création de fausse monnaie spéculative a débuté dès 1973 !
C'est bien la baisse dramatique du pouvoir d'achat, depuis 7 ans, des classes moyennes et défavorisées qui a causé leur ruine et paupérisation relative dans les pays dits développés, à cause d'une mondialisation néo-esclavagiste. Privatisation des services publics, réduction de la protection sociale (santé et éducation ont augmenté respectivement de 68 % et 46 % aux USA entre 2000 et 2007) et crédit facile basé sur prévision de saisie ont fait le reste…
« Je considère que les institutions bancaires sont plus dangereuses qu'une armée.Si jamais le peuple américain autorise les banques privées à contrôler leur masse nonétaire, les banques et les corporations qui se développeront autour d'elles vont dépouiller les gens de leurs possessions jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront sans domicile, sur le continent que leurs Pères avaient conquis » (Thomas Jefferson, 1743-1826, Président des USA de 1801 à 1809).
De Pouffpouff
En activité | 08H05 | 08/10/2008 |
Et dire que la commission européenne voulait allonger les congés de maternité. Vive l'effondrement démographique ! C'est notre seule chance !
De pete sampras
étudiant | 08H48 | 08/10/2008 |
http://carpediempolitique.hautetfort.com
De Courage-Fuyons
Encerclé par l'ennemi. | 11H19 | 08/10/2008 |
Bon en fait en Espagne (j'en revient après 14 ans à Almeria, province extrêmement touchée par cette crise) il y a plusieurs facteurs ; la hausse du prix des logement a été exponentielle due à un excès d'achats-revente pour faire du bénef, tout le monde s'y est mis, les constructeurs ont vécu une époque dorée vu la forte demande, non pas de logements pour vivre mais pour investir, donc on a atteint la situation ubuesque d'avoir des immeubles entiers vides de locataires ou proprios avec des prix de ventes comparables a des lofts à Manhattan. En 10 ans,les prix se sont multipliés par 100, un appart qui à l'époque valait 70 000 euros (c'est la province…) est à vendre 400 000-450 000 euros, du délire pour les plus humbles.
C'est le même cas qu'ici, à Paris, avec les apparts et les biens de consommation courante, trop d'intermédiaires, trop de revente pour gagner du pognon fait que n'importe quel bien ou produit atteint des prix stratosphériques.
Tuons la bourse !
De Patrick de Vigo
journaliste retraité de la BBC | 12H01 | 08/10/2008 |
Sans généraliser, je crains que les études universitaires en Espagne ne soient souvent caractérisées par le bachotage et les connaissances livresques (ce en quoi elles se rapprochent des études en France).