08/08/2008 à 20h19

JO : beaucoup de motivation mais peu de manifestants à Paris


« Sarko Collabo », « Hu Jintao assasin », « Tibet libre ». Ils étaient quelques centaines à être venus scander ces slogans, ce vendredi, lors de deux manifestations organisées, pour l’une par Reporters sans frontières et pour l’autre par différentes associations communautaires, la Ligue des droits de l’homme, des membres de Falun Gong... pour dénoncer la violation des droits de l’homme en Chine.



Le rendez-vous de RSF était initialement prévu devant l’ambassade de Chine, mais la préfecture de police a fait savoir, jeudi, via un arrêt préfectoral, qu’il était interdit de manifester aux alentours de l’ambassade. Les manifestants (entre 300 et 500) ont été contraints de se rejoindre sur les Champs Elysées, devant le Fouquet’s, lieu choisi par Nicolas Sarkozy pour fêter sa victoire à la présidentielle.

Saisi par plusieurs organisateurs de la manifestation, le tribunal administratif de Paris a finalement levé l’arrêté préfectoral. Ce qui a apaisé le climat de tension qui régnait au début de la manifestation. Après plusieurs barrages de CRS, les manifestants ont finalement pu atteindre la rue Trémoillet et faire un sitting devant l’ambassade, à 14h08 pétante, heure du début de la cérémonie d’ouverture à Pékin.

Quelques minutes avant, deux membres de RSF ont escaladé un immeuble proche de l’ambassade de Chine, pour y apposer le drapeau portant le symbole de RSF durant ces JO : des anneaux olympiques représentés par des menottes. Les deux individus ont été interpellés par la police, sous les huées des manifestants. Jane Birkin était elle aussi présente pour manifester.

Les participants ont été imaginatifs et les gestes symboliques n’ont pas manqué : un militant UMP a déchiré sa carte du parti, un autre a brûlé sa carte d’électeur… Le drapeau chinois a lui aussi été réduit en cendre. Et réunir un grand nombre de personnes en plein mois d’août n’étant pas aisé, Vincent Brossel, responsable du bureau Asie de RSF, s’est dit plutôt satisfait de la participation :

« Pour un 8 août, nous sommes très contents du nombre de participants à la manifestation. Cela montre qu’il y a encore en France une vraie volonté de dénoncer la violation des droits de l’homme en Chine. »

Des manifestations devant les différentes ambassades de Chine dans le monde étaient organisées (Berlin, Washington, Londres, Madrid...). Paris était la seule ville occidentale dans laquelle le rassemblement devant l’ambassade a posé problème. A Katmandou, au Népal, des manifestants pro-tibétains se sont fait arrêter par la police au terme d’un jeu du chat et de la souris. (Voir la vidéo envoyée par Okras)



Au même moment se déroulait, toujours à Paris, une manifestation sur le Parvis des droits de l’homme, au Trocadéro. Elle regroupait de nombreuses associations : les communautés tibétaine, birmane et ouïguour de France, la Ligue des droits de l’homme, des membres du Falun Gong, secte interdit en Chine, des Taiwanais...

Tous venus réclamer plus de liberté, de justice et la non-tenue des JO. 400 personnes environ se sont mises en marche vers l’ambassade chinoise. Le cortège était mené par des cercueils vides, symboles des morts tibétains pendant la dernière répression chinoise à Lhassa. Les derniers membres de la manifestation de RSF les attendaient de pied ferme. Tous ensemble, ils ont repris les slogans : « Hu Jintao assassin ! “, ‘Sarko collabo ! .



Quentin Girard et Caroline Vigoureux

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  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 08h17 le 09/08/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Pour avoir plus de monde aux manifestations contre le régime totalitaire chinois, il faut lier la question des droits de l’homme avec les conditions moyennâgeuses dans lesquelles se trouvent de nombreux Chinois.

    Les 300, 500 millions de paysans (les mingongs) qui viennent travailler dans les villes pour payer la scolarité de leurs enfants. Ils sont considérés comme citoyens de seconde zone, 12% d’entre eux ayant un contrat de travail. Ils travaillent dans les mines où il y a une vingtaine de morts TOUS LES JOURS, ils font les travaux les plus difficiles. Ils sont logés dans des tentes, sur les chantiers où dans des taudis à la périphérie des villes. Comme les syndicats sont interdits en Chine, ils ne peuvent pas réclamer de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail, sinon on les ramène chez eux ou la police les arrête, les met en prison où l’on torture allègrement...

    Les jouets sont fabriqués par des femmes et parfois des enfants également. Elles travaillent dans des conditions quasi carcérales : Dortoirs de l’usine Ming Sheng : 12 lits, 20 mètres carrés, une douche et deux toilettes pour 50 personnes. Les ouvrières doivent payer payer l’eau et l’électricité en plus du prix de leur lit (une simple paillasse). Elles sont obligées de dormir là, moyennant un tiers de leur salaire, car les usines n’aiment pas la dispersion des employées. Elles travaillent 12h/j, 7/7 pour 1 euro par jour.
    Il faut savoir que 75% des jouets, vendus dans le monde, sont chinois... ! !

    5 000 Chinois ont été expulsés de chez eux pour pouvoir faire les infrastructures nécessaires aux JO...

    Donc, pour éviter que les manifs anti dictatature chinoise n’apparraisse que comme des rassemblements de Bobos et pour qu’il y ait plus de monde dans le futur, il faut lier les questions sociales aux question des droits de l’homme...
    Certes, la question du Tibet est importante, mais ce qui ce passe à l’intérieur de ce pays totalitaire est dramatique pour des millions de gens... !

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