Derrière la modernité du Pékin des JO, la tristesse de ma voisine

Huanxin hutong (P. Haski/Rue89)


(De Pékin) Assise sur le pas de la porte, la vieille femme a pointé le doigt vers mon ancienne maison et m'a fait un grand sourire. Elle a été ma voisine pendant deux ans dans le « hutong » Huanxin, au nord de la Cité interdite, dans le centre de Pékin. Elle m'a d'autant plus chaleureusement salué qu'elle est aujourd'hui la dernière habitante de ce quartier sinistré.

Tous les autres habitants du quartier sont partis. Loin, très loin, au-delà du quatrième périphérique de la capitale chinoise, et elle s'apprête à suivre le même chemin. « Impossible de rester, la pression est trop forte », dit-elle, avec une profonde tristesse d'abandonner ce quartier où elle a passé toute sa vie, mais dont il ne reste plus que les ruines. Les JO et la modernité sont passés par là, la spéculation immobilière aussi. (Voir la vidéo.)



Pas de nostalgie mal placée : j'étais un privilégié dans ce quartier, avec une maison à moi tout seul quand mes voisins avaient été forcés, pendant la période maoïste, de partager les « cour carrées » en plusieurs familles, à la promiscuité de plus en plus grande.

Un jour, pour avoir laissé la porte ouverte, j'ai vu entrer deux grand-mères dans ma cour, qui m'ont demandé, avec stupéfaction : « Tu vis seul ici ? “

J'avais aussi des sanitaires à moi tout seul, quand mes voisins devaient aller aux toilettes puantes du quartier, même lorsqu'il faisait -15°C dehors en plein hiver. J'avais le chauffage central au fuel, quand mes voisins se chauffaient aux briquettes en charbon, polluantes et malsaines, etc.

Les hutongs étaient l'âme du Pékin historique, immortalisées par le grand écrivain Lao She dans sa saga ‘Quatre générations sous un même toit’ (éd. Gallimard), et l'incarnation d'un caractère pékinois gouailleur. Mais on y vivait aussi de plus en plus mal, sans hygiène et sans les facilités des appartements modernes, qui faisaient rêver tout le monde.

Pour autant, fallait-il y envoyer sans faire de détails le tourbillon de la modernité urbaine ? A l'issue d'un processus qui ne laisse plus dans la capitale chinoise qu'un squelette symbolique des temps anciens, on peut se poser la question du coût humain de cette transformation. Sans oublier cependant que toutes les grandes villes se sont construites de la sorte, le parallèle avec Haussmann à Paris étant régulièrement fait par les responsables chinois, confrontés aux critiques.

JO ou pas, Pékin devait s'adapter. Mais l'attribution des Jeux à Pékin en 2001 a donné un coup d'accélérateur à cette transformation, dont j'ai été le témoin, et, modestement, la victime, expulsé deux fois de mes logements pour cause de rénovation.

Mention 'Chai', détruire, inscrite sur une maison (P. Haski/Rue89).

Il faut s'être réveillé un jour pour découvrir le caractère ‘Chai’ (détruire) peint sur sa porte, avec une notice vous donnant un mois pour partir, pour ressentir un minimum ce qu'ont vécu des centaines de milliers, peut-être des millions de Pékinois, ces dernières années.

En quelques jours, des dizaines de milliers de personnes réorganisent leur vie, négocient des compensations financières, et se trouvent un logement alternatif à 20 kilomètres de là, abandonnant leur passé, leur histoire, et un pan de leur culture.

Et aussitôt après entrent en scène les démolisseurs, des ‘mingongs’ (paysans ouvriers) venus de la campagne, et qui cassent le patrimoine historique de Pékin sans états d'âme : ce n'est pas le leur, c'est un boulot.

Démolisseurs à l'oeuvre en 2001 (P. Haski/Rue89)

Le rouleau compresseur de la modernité est passé par là. Si les premiers programmes immobiliers étaient déprimants de banalité, la capitale chinoise a vite pris des goûts de luxe. Des immeubles de plus en plus sophistiqués, pour une couche de plus en plus fournie de nouveaux riches ou plus simplement de la classe moyenne émergente. Et des cités HLM de plus en plus éloignées, qui rappellent étrangement d'autres expériences urbaines ayant mal tourné ailleurs…

Paradoxalement, très vite, point une nostalgie d'un passé à peine révolu. Ce furent d'abord de vraies-fausses cour carrées, souvent à un étage (ce qui n'était pas le cas des maisons traditionnelles), qui ont commencé à faire leur apparition.

D'ailleurs, mon ancienne voisine m'a confié qu'on allait en construire à l'emplacement de sa maison actuelle. Y vivra-t-elle ? ‘Non, m'a-t-elle dit avec un sourire entendu. Elles seront achetées par des riches Chinois qui les loueront à des étrangers.’ Ou qui y vivront eux-mêmes, car une nouvelle génération prend goût à ce mode de vie d'antan… revisité à l'aune des exigences de confort ‘moderne’.

Et, le plus étonnant, c'est ce nouveau quartier de Qianmen qui a été inauguré la veille de l'ouverture des JO. Au sud de la place Tiananmen, là où se trouvait un très ancien quartier populaire situé à l'extérieur de la muraille de Pékin, les autorités ont construit une Chine mythique, mix entre un parc à thème et un mall commercial !

Dans le nouveau Qianmen (P.Haski/Rue89)

Sur près d'un kilomètre, on a reconstruit des maisons à l'ancienne, qui abriteront prochainement les principales marques du luxe international, des restaurants, des boutiques de souvenirs. D'ores et déjà, alors que les bâtiments sont encore vides, les badauds s'y pressent par milliers, pour retrouver les sensations de la Chine d'hier et d'avant-hier, mais aseptisée et rassurante.

Ainsi va Pékin, entre son rêve de modernité réalisé à la faveur des JO, et sa nostalgie naissante d'une époque à peine révolue, dans laquelle la vie était sans doute plus dure, mais les rapports humains plus fraternels que dans la jungle urbaine qui pousse à grande vitesse.

Le pari de faire de Pékin une vitrine à l'occasion des JO est assurément gagné. Tous les visiteurs étrangers de ces Jeux expriment leur admiration, leur fascination pour tout ce qui a été accompli en quelques années. Ils admirent ce mélange de vrai/faux ancien, et de modernité quelque peu artificielle (cf. l'immeuble de la télévision réalisé par Rem Koolhaas, l'architecte néerlandais) destinée à damer le pion à New York, Paris, Tokyo… (à voir, ce montage multimédia du New York Times sur les projets phare du nouveau Pékin).

Mais peu d'entre eux ont la moindre idée du coût humain élevé qui a été payé pour assurer cette transformation en un temps record. Pas un n'a rencontré mon ancienne voisine et partagé avec elle sa tristesse d'avoir perdu une vie de tissus social, d'histoires heureuses ou malheureuses partagées, pour aller s'exiler dans une HLM à 25 km du centre. Même doté des toilettes et d'une salle de bains.

Photos : dans les hutongs de Pékin et le nouveau Qianmen (Pierre Haski/Rue89).

7 commentaires sélectionnés

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 11H25 | 21/08/2008 | Permalien

Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire

http://musique.fluctuat.net/alain-bashung/comme-un-lego-t192495.html

Portrait de lioe

De lioe

berlin | 11H34 | 21/08/2008 | Permalien

Bonjour

Merci PHaski pour cette piqûre de rappel et ce témoignage.
Je éprouve une honte immense pour ces décideurs du CIO qui porteront sur leur épaules et leurs consciences les drames humains qu auront engendres cette attribution des JO.
Pour ma part je ne suis pas triste d avoir boycotter ces JO-(,mais je n avais pas le courage de m émouvoir devant les larmes d un sportif vainqueur d une médaille dans un pays n ayant aucune espèce d intérêt pour « l espèce humaine »
Je sais, devant des milliards de téléspectateurs cela parait ridicule,et cela n a aucune influence mais je suis certains que beaucoup auront fait la même chose que moi.
Bonne fin de JO

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 11H41 | 21/08/2008 | Permalien

La Chine semble adopter l'excès inverse du nôtre : là où nous sommes confits dans la dévotion du patrimoine, les Chinois font du passé table rase (il n'y a bien que cela qu'ils ont gardé du communisme ! ). Nous (la France) ne nous comportions pas très différemment dans les années 70, si je me rappelle bien (voir l'urbanisme ravageur de ces années-là à Nancy ou à Lyon, par exemple).

L'avenir qu'on peut entrevoir des anciens hutongs rappelle pourtant quelque chose que nous connaissons bien : les classes défavorisées chassées des centres-villes par la pression immobilière au profit d'une nouvelle bourgeoisie friande du caractère si pittoresque de ces quartiers auparavant méprisés (toujours à Lyon, voir ce qui s'est passé à la Croix-Rousse).

Finalement, les Chinois ne sont pas si différents des Français !

Portrait de sapsanyi

De sapsanyi

12H45 | 21/08/2008 | Permalien

C'est la même chose, peut-être mais ça se passe en ce moment. Ils font les mêmes erreurs que nous il y a quarante ans. On peut à tout le moins les alerter sur les méfaits d'une telle politique de la ville, non ? Ce n'est pas ce que fait la France en tous cas. A part leur montrer nos nouvelles technos, nos soit disant droits de l'Homme et leur étaler notre culture devant les yeux on prend bien soin de leur cacher ce qui n'est pas beau et ce qui n'a pas fonctionné ! Et pourtant ça ne ferait pas de mal aux chinois candidats à l'exil de voir le vrai visage de la France avec son taux de chômage et ses exclus, ses familles qui ne s'en sortent pas même en habitant à la périphérie des villes. Ils verraient à quoi ils rêvent véritablement. Combien de fois n'ai-je entendu des chauffeurs de taxi (le taxi n'est pas cher à pékin, 1 euro les 4 premiers kilomètres, ensuite le prix varie en fonction de la catégorie du taxi)me dire « pourquoi venez-vous en Chine , c'est pas bien la France ? C'est le pays des belles filles et on gagne plus d'argent en travaillant qu'ici » ! et moi de répondre « ben non, en France plein de gens n'ont pas de travail, de plus en plus sont dans la rue, je suis ici parce que je savais que je trouverai du travail “
Maintenant je suis en France et je déprime d'avoir retrouvé mon pays dans cet état. Alors quand je vois qu'ils prennent le même chemin à vitesse puissance dix, je déprime encore plus.

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 13H57 | 21/08/2008 | Permalien

Ce qu'il est permis d'entrevoir entre les lignes de cet émouvant témoignage de Pierre Haski, c'est l'étrange ressemblance entre la politique de démolition/reconstruction des autorités chinoises aujourd'hui et la politique de « réinvention » de l'histoire telle qu'illustrée par la rénovation du site ancien de Williamsburg (Virginie, USA) réalisée par la société… Walt Disney il y a un peu plus de 15 ans.

A Williamsburg, le site historique proprement dit a été rasé. S'est substituée à celui-ci une étrange « reconstitution » du lieu permettant aux péquins et autres touristes à la petite semaine de se familiariser avec les us et coutumes des habitants de Williamsburg au 17ème siècle : la forge du maréchal ferrant, la fabrication (avec four à l'ancienne) et le commerce de céramiques « d'époque », l'échoppe d'un écrivain public, un salon de barbier-dentiste-chirurgien, un étal de boucherie, et le reste à l'avenant. Le guide et les aboyeurs distingués d'aujourd'hui présentent sans vergogne l'actuel site de l'ancienne Williamsburg comme « authentique ». Une fois sorti de l'enceinte du site ainsi « rénové », le visiteur est naturellement aspiré dans le type de centre commercial (mêlé à quelques résidences construites à l'imitation des anciennes) dont Pierre parle dans son article. On y vend tout l'attirail propre aux centres de loisir tristement célèbres de l'entreprise Walt Disney : des Mickey Mouse gonflables, etc., ainsi que d'inévitables dépliants et cartes postales vantant les mérites « uniques » de l'historique Williamsburg.

Si les vagues successives d'éradication des fondements de l'histoire réelle des Etats-Unis suscitent chez le visiteur non averti une conception pervertie du passé, on peut se demander si ce même processus n'est pas en passe d'être dupliqué à Beijing. Aux Etats-Unis, pays jeune et en situation de renouvellement constant, plus personne (mis à part les historiens) n'est surpris par l'effacement des traces du passé. Mais la Chine se vante de ses millénaires d'histoire : quelles preuves est-elle en train d'en livrer à ses citoyens ?

Il est permis de se demander si, à terme, la reconstruction de Beijing ne conduira pas à la même dépersonnalisation du réel, que nous Européens percevons (pour combien de temps encore ? ) comme étant la résultante nécessaire du temps, qu'à Tokyo, Hong Kong ou Séoul ? Au bout du compte, y aura-t-il dans quelques années une différence quelconque entre la néo-Chine et le néo-Japon, et la jouissance du téléphone portable (ou d'un autre artifice tout aussi transitoire et vulgaire) ne vaudra-t-elle pas bien davantage que les 6000 ans d'histoire dont chaque citoyen pourra se prévaloir avec fierté sans pourtant rien y comprendre, à l'exception de quelques mirages ou légendes soigneusement entretenus par le pouvoir politique ?

Portrait de adaunis

De adaunis

Nul part....si adelyne me plaque...... | 15H32 | 21/08/2008 | Permalien

Plus que trois jours et c'est la fin d'une forme de « calvaire ».
Calvaire pour certaines et certains qui ne supportaient aucune vision de ces Jeux, même sous un angle décalé, et semble t-il, instructif.

Je dis ça, et ne suis sûr de rien, tant les brigades de censeurs sont là, à même de dégainer, avec leurs petits doigts, à l'abri du clavier, et déchaîner leurs instincts castrateurs ( quoique tant que ce n'est que des pastilles), et leur velléités à faire passer leur message, l'unique message, le leur, le bon message donc.

Enfin trois jours, et quand même merci pour ce témoignage, comme venu d'un autre temps, d'une autre époque, et emprunt d'humanité :
« Derrière la modernité du Pékin des JO, la tristesse de ma voisine ».

A titre personnel, je sais qu'autant je voue un culte personnel à la pratique du sport, je n'aime guère ces « joutes » « olympiques » ou « mondiales » quelque soient leur lieux, destinations, et surtout arguments d'être des tableaux représentatifs des forces vives des nations.

Raison de plus pour moi, qui ne peux me complaire dans une « nationalite » aiguë, symbolique de toutes les dérives et asservissements de l'espèce humaine.
Mais votre parcourt dans le Pékin de votre séjour passé, et le constat de la disparition à terme de cet espace, est lui, emprunt d'humanisme.
Pour cela merci.

Pour les « violons », vous devrez attendre, car c'est probablement l'instrument le plus ingrat qui soit à apprendre. Éventuellement de la guitare ! ; -))

j'ai noté l'intéressante phrase de Jaycib :
« Il est permis de se demander si, à terme, la reconstruction de Beijing ne conduira pas à la même dépersonnalisation du réel, que nous Européens percevons comme étant la résultante nécessaire du temps, qu'à Tokyo, Hong Kong ou Séoul ? »

C'est le point sur lequel, (et bien qu'ayant une idée personnelle sur la question, ayant connu les Jeux de Munich, de Grenoble, d'Alberville), j'aimerais que vous nous précisiez si vous pensez vous aussi que :
En reprenant la conclusion de Jaycib : « 6000 ans d'histoire dont chaque citoyen pourra se prévaloir avec fierté sans pourtant rien y comprendre, » et je continue pour mon compte, pourraient être occultés par tous les artifices de la société de consommation, et tous ses « hochets » soit disant modernes !
Question subsidiaire !
Comme le sous entend Thierry Reboud : « Finalement, les Chinois ne sont pas si différents des Français ! »

N'en est il pas de même dans tous les pays confrontés à l'organisation de tels manifestations d'aussi grande envergure ?

Portrait de bader

De bader

Etudiant activiste | 19H53 | 21/08/2008 | Permalien

J'en ai plus que marre de la nostalgie galopante qui ronge les français qu'ils soient de gauche comme de droite…
Cette forme de réaction à toute forme de progrès, de modernité, qui s'apparenterait à la négation des traditions, des cultures ancestrales et patati et patata.

Un ami, qui s'est rendu à l'endroit cité, et est un amoureux des cultures asiatiques me faisait d'ailleurs remarquer : « pour y avoir été, ces quartiers là sont des bidonvilles pourissants, je doute qu'on ait pu les restaurer sans en faire le chateau de versailles. Les pauvres seraient jamais restés dfaçon »

Vous me retorquerez que Pierre Haski lui même déclare ne pas avoir de « nostalgie mal placé » ? Pas si sûr… Les propos contredisent la déclaration de bonne intention. Je lis notemment : « la vie était sans doute plus dure, mais les rapports humains plus fraternels que dans la jungle urbaine qui pousse à grande vitesse. »

Quelle belle arnaque intellectuelle ! Ou plutot un préjugé classique de l'idéologie dominante écrite d'une belle plume. Le mythode des rapports humains fraternels au bon vieux temps est assené en permanence en France. Dans le temps c'était comme ci, dans le temps comme ça. Même dans les modes vestimentaires, les bourgeois aiment à porter les vêtements de leurs grands parents. Le vieux c'est chic.

D'ailleurs, cet article me semble être là pour faire la parallèle avec la France. Un doux regret de l'ancienne classe ouvrière d'antant, par rapport à la nouvelle.
Pierre Haski parle de paysans-ouvriers (« mingongs ») qui détruiraient la culture chinoise ancestrale car ce n'est pas leur patrimoine à eux, car ils sont trop pauvres pour réfléchir. En lisant ce paragraphe, moi j'y vois de façon subconsciente la critique de l'immigration, de ces paysans-ouvriers venu des anciennes colonies françaises, qui détruisent justement ce mythe d'une France qui aurait vécu une harmonie sociale… Le mythe du compromis social gaulliste…

Décidemment je n'ai pas cette gauche (ni cette droite) qui prétends que la modernité est faite de toc, qu'il existe des vrais besoins qu'on aurait oublié, qu'il faudrait revenir à la Terre (la quelle), qui vote écolo, qui voyage au Maroc parce que c'est tellement pittoresque (comprendre la pauvreté suinte de partout et je me sens tellement supérieur).

A Paris les endroits qui ont le mieux gardé leur cachet historique sont devenus de toute façon des ghettos de riches : Versailles, les Champs Elysées etc. Prétendre conseiller les Chinois à ne pas comettre la même erreur c'est leur dire de rester à leur place, celle de pays sous développé tellement pittoresque et exotique…

Je vois dans les commentaires des critiques sur l'homogénéisation des cultures, des grandes villes. J'y vois déjà un gros mensonge, vu que le tourisme vers les capitales européennes explose. Et puis, au fond deux citadins de grandes métropoles de pays différents ont plus en commun qu'avec les ruraux de ces pays là. Moi-même quand je voyage à l'intérieur de la France c'est une découverte, un voyage vers l'exotisme… Au XIXème Paris n'avait rien à voir déjà avec le reste de la France. On y pratiquait l'athéisme, le concubinage, et l'industrie y était florissante. Hier Haussman rasait Paris, aujourd'hui ses avenues sont le patrimoine parisien où l'on adore flaner.

Non le patrimoine n'est pas inscrit dans le marbre, comme tout il évolue. Ce qui est important c'est le pourquoi et le comment. A-t-on relogé ces pauvres gens ? Leurs nouvelles habitations sont-ils ou non des ghettos de prolos ?

Alors messieux décrassez un peu vos cervelles des préjugés et des idées dominantes pas toujours innocentes derrière le discours du bon vieux temps…

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