31/01/2010 à 17h47

Non, Facebook n'a pas supprimé le groupe du « No Sarkozy Day »



« Le groupe Facebook du “No Sarkozy Day” a été supprimé. Il semblerait que nous commencions à devenir gênants. Facebook aurait-il subi des pressions ? » Voici le début du message qui a envahi les boîtes mails, les forums et les commentaires, depuis vendredi peu après 20h40 et l'impossibilité effective de se connecter au dit groupe.

Un nouveau groupe Facebook avait alors immédiatement été créé et voyait les adhésions affluer par centaines. Car le mouvement est important : vendredi soir, le groupe originel comptait 365 000 membres prêts à se mobiliser pour dire « non » à Nicolas Sarkozy lors d'une journée d'action prévue le 27 mars prochain.

« Un des administrateurs a pété un plomb »

Sauf que... non ! Non, le premier groupe n'avait pas été supprimé ou censuré. Vingt-quatre heures après sa « disparition », il était même de nouveau accessible. L'explication est venue ce dimanche dans un post publié sur le site du « No Sarkozy Day » et intitulé « Le ver était dans le fruit » :

« Un des administrateurs du groupe a trahi la confiance que nous lui avions accordée, pour user d'une astuce très simple consistant à rendre le groupe inaccessible. (...) Nous tenons à nous excuser auprès de vous tous, de cet incident qui nous a tous profondément choqués. »

Contacté par Rue89, Benjamin, l'un des deux principaux coordinateurs du mouvement, confirme qu'il s'agit bien d'un sabotage, et qu'il a été effectué en interne :

« C'est un des administrateurs, qui a craqué, qui a pété un plomb. On ne sait pas encore lequel, on ne sait pas encore pourquoi. On a des idées, mais aucune certitude. En attendant, on a viré de la gestion du groupe les cinq administrateurs qui s'en occupaient. »

« L'antisarkozysme primaire ne fera pas évoluer les mentalités »

Il faut dire que si « l'initiative baptisée No Berlusconi Day » a été couronnée d'un succès populaire en Italie, avec 350 000 participants selon les organisateurs le 5 décembre dernier dans les rues de Rome, la question divise en France.

Début janvier, 28 blogueurs publiaient d'ailleurs une tribune commune sur Rue89, expliquant pourquoi ils ne pouvaient s'associer au « No Sarkozy Day » :

« Nous estimons que l'initiative est biaisée dès le départ. Le problème du “No Sarkozy Day”, c'est que le nom de Sarkozy soit l'unique vecteur de mobilisation. L'antisarkozysme primaire ne fera pas évoluer les mentalités, elle les confortera. »

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  • Thorgal46
    Thorgal46
    Informaticien dans le Lot
    • Posté à 17h59 le 31/01/2010
    • Internaute
      Informaticien dans le Lot

    Alors, là les gars, on a l'air con ! !
    Et je m'inclue complètement dans le « on » ! !

    On fait quoi maintenant ?
    On présente nos excuses à Notre Majesté pour l'avoir suspectée à tort d'être à l'origine de cet incident facebookien ?

    bon, je commence :
    Ô Splendeur de l'Occident, Sauveur du Monde Libre et Refondateur du Grand Capitalisme, j'implore ton pardon pour t'avoir soupçonné d'une vilenie dont ta noble personne n'aurait en aucun cas pu concevoir le projet.

    Ca va ? ça fait pas trop lèche-cul ?

  • Holocrate
    Holocrate
    Douteur plus que douteux
    • Posté à 18h18 le 31/01/2010
    • Internaute
      Douteur plus que douteux

    Au delà de l'incident lui-même - un admin qui, en interne, s'arroge unilatéralement le droit de bloquer l'accès au compte (quelles que soient ses raisons) - cette parano collective et immédiate illustre ô combien l'image d'absolutisme qui colle désormais aux basques de Sarko. Que tout le monde se soit engoufré comme un seul homme dans cette seule hypothèse, voilà qui en dit long sur la réputation du Prince.

    Mauvais, très mauvais, ça, dans un pays où le peuple peut parfois se réveiller assez brutalement dès qu'il pense qu« on » l'a baladé...
    ... Et d'autant plus mauvais que l'alternative, à gauche, est assourdissante d'absence...

    Sinon, voilà un mea culpa qui honore ses auteurs.
    Dommage que ce geste ne fasse pas partie des outils habituels chez les ténors de la chose publique...

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 18h44 le 31/01/2010
    • Internaute
      oiseau

    Dans sa quête frénétique de s'accaparer les regards, les projecteurs et les médias, Nicolas Sarkozy envahie et sur-envahie l'espace publique. Adulé par certains, honni par d'autres, il ne peut pas laisser indifférent. Son image est donc nécessairement et socialement investie d'affects souvent forts (positifs ou négatifs).

    Quand on est en proie aux émotions (positives ou négatives) suscitées par ce stimulus qu'est notre président, nous sommes aussi en proie à une envie : partager notre émotion et la partager avec des gens comme nous. Ainsi, quand l'affect est négatif critiquer Nicolas nous rassure car on voit qu'on n'est pas seul (à souffrir de ses bêtises). Cela nous fait du bien d'en parler et de dénoncer tout cela car par nos critiques, il perd de sa superbe. C'est là une réaction bien humaine et c'est sans doute une des raisons du succès du groupe Facebook du « No Sarkozy Day ».

    Le risque de ces affects et de leur partage, c'est que l'envie de critiquer dépasse la validité de la critique. Critiquer une décision de Sarkozy, ce n'est pas la même chose que critiquer Sarkozy (indépendant de ce qu'il décide). Dans ce dernier cas, la critique est un risque pour notre propre crédibilité.
    En effet, critiquer pour critiquer, n'est souvent pas éloigné du délit d'intention (accuser sans preuve, juste sur la base de ce qu'on pense des intentions d'en face) tout comme les fameuses « pressions élyséennes » sur le groupe facebook dont on cause. Critiquer injustement quelqu'un (même Sarkozy), ce n'est pas nécessairement glorieux et, surtout, c'est très contre-productif. C'est contre-productif, puisqu'il suffira à cet homme d'utiliser l'illégitimité de cette critique pour laisser le doute sur la légitimité de toutes les autres critiques (même si elles sont très légitimes cette fois).

    En bref, la critique facile qui cède à nos émois ne nous sert pas. Elle le sert, lui, lui qui n'aura qu'à se faire passer pour une « pauvre » (pour une fois) victime car son électorat l'en trouvera d'autant plus sympathique. Il ne faut donc pas céder à nos émois, mais seulement à la raison. C'est d'autant plus facile que rien qu'avec la raison, il y a matière à critiquer !

  • sevinilud
    • Posté à 20h11 le 31/01/2010

    si vous retrouvez l'un des cinq administrateurs dans un fauteuil doré de ministère, c'est lui !

  • leo s
    • Posté à 20h57 le 31/01/2010

    14 mars
    no sarkozy day

    je répète

    14 mars
    no sarkozy day

  • Strawman
    • Posté à 21h20 le 31/01/2010

    Ils ont raté le coche.

    Le No Sarkozy Day, c'était en 2007 qu'il fallait le faire.
    Maintenant, il ne reste plus qu'à attendre 2012.