Non, l'ampoule basse conso n'est pas dangereuse
« Les ampoules basse consommation émettent des ondes électromagnétiques, sont des mini-usines d'éclairage, et contiennent du mercure, toxique » : c'est ce que prétend Annie Lobé, qui se présente comme « journaliste scientifique » dans une longue pseudo-démonstration vidéo que l'on reçoit de plus en plus souvent, accompagnée du message « il ne nous reste plus qu'à nous éclairer à la bougie ».
Alors que les ampoules à incandescence sont sur le point de disparaître de la circulation, il est temps de démonter la rumeur. (Voir la vidéo)
1 - Pourquoi cette rumeur ?
Dans la série des scandales des ondes cancérigènes, vieux comme le micro-ondes et récemment réactivés par la polémique sur les téléphones portables et leurs antennes-relais, les ampoules ne sont pas les pires.
Mais le 1er septembre prochain, les lampes à incandescence de plus de 75 watts, halogènes non claires et autres lampes vont être bannies de la vente (consulter le calendrier ci-contre). Et un marché plus vaste s'ouvre alors pour les lampes basse consommation, puisqu'elles deviennent la règle : sur les 180 millions de lampes vendues en 2008, les « basse consommation » ne représentaient que 30 millions. Elles sont vendues six fois plus cher (pour une durée d'utilisation prétendue au moins six fois supérieure).
Bref, tous les ingrédients sont rassemblés : un « marché de la peur » avec toutes les personnes inquiètes des ondes dégagées par tous les appareils électriques, une obligation d'achat et un marché de masse. Le « journalisme d'épouvante » peut commencer.
2 - Qui est Annie Lobé ?
On ne sait pour quelle obscure raison la journaliste Annie Lobé a pris l'initiative de cette vidéo amateur, qui a fait rire tous les scientifiques l'ayant vue. Auteure de « La Fée électricité », livre auto-publié chez Santé Publique éditions où elle donne ses conseils pour lutter contre la « pollution électrique ». Contactée par mail via sa maison d'édition elle n'a pas répondu à nos sollicitations. Poursuivie par SFR pour avoir écrit « Les gens meurent sous les antennes », elle a été selon ce qu'elle écrit sur son site « à la fois relaxée et condamnée » à payer 500 euros d'amende. Sa bonne foi a été reconnue.
Cela n'avait pas suffit à faire d'elle une journaliste connue… Mais depuis sa vidéo sur les ampoules, son nom est souvent cité en lien avec cette polémique résumée en « ampoule basse conso égale danger ». Sa rigueur journalistique s'illustre bien dans la dernière séquence de la vidéo, qu'on vous détaille (si vous n'avez pas le courage d'aller à la sixième minute) :
« Il y aurait actuellement un pic mondial de l'incidence du cancer de la prostate en Guadeloupe, où 350 000 lampes ont été acquises par 43 000 foyers au début des années 90. Ces deux informations pouraient-elles être liées ? Permettez moi d'en faire l'hypothèse et de vous conseiller de ne pas utiliser ces ampoules basse conso. »
3 - Les lampes dégagent-elles des ondes ?
Oui, comme tous les appareils électriques. Le ballast électronique inclus dans l'ampoule et qui permet de produire la lumière en émet, mais dans des proportions jugées non dangereuses pour la santé. Le Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks (SCEHNIR), organisme indépendant qui a travaillé pour la Commission européenne, a publié le plus récent et officiel rapport sur les risques liés à la sensibilité lumineuse.
Il prévient seulement les autorités contre l'exposition prolongée, dans des conditions extrêmes et à une distance inférieure à 20 cm, à la lumière de ces lampes dites « fluo-compactes », et met en garde contre d'éventuelles séquelles pour la peau et les yeux. Oui mais « ces lampes ne sont pas faite pour être collées à la joue, dès qu'on s'éloigne, le champ magnétique diminue considérablement », remarque le Syndicat de l'éclairage.
Ce n'est donc pas à 5 cm qu'Annie Lobé aurait dû faire ses mesures mais à 30 cm, et de toutes façons avec un autre appareil que un gaussmètre incapable de mesurer les ondes produites sous cette distance. La question de la mesure exacte de ces lampes est si complexe que l'Afsset (l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) vient d'y consacrer, à la demande de l'Ademe, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, un rapport d'une trentaine de pages.
A l'Ademe, Bruno Laffitte, l'expert en charge du sujet explique ainsi :
« Dans le but de rassurer le consommateur et d'actualiser les mesures sur les nouvelles lampes, l'Ademe va lancer des grandes campagnes de mesure du champ électromagnétique. »
Citons aussi cette mise au point de Martine Souques, médecin de santé publique à EDF, dans un article paru sur le site de la sérieuse Association française pour l'information scientifique (AFIS) :
« Les lampes basse consommation émettent des champs électromagnétiques dans plusieurs gammes de fréquences, de 50 Hz à 10 MHz. Cependant, les mesures effectuées dans ces différentes gammes (…) sont très inférieures aux niveaux indiqués dans la recommandation européenne de juillet 1999 sur l'exposition du public aux champs électromagnétiques. »
4 - Les lampes dégagent-elles du mercure ?
Oui, mais ce n'est ni nouveau ni un secret. La directive européenne ROHS impose un maximum de 5 mg de mercure par lampe. Le Syndicat de l'éclairage nous assure :
« Il faudrait des centaines de lampes fluo-compactes pour obtenir l'équivalent du contenu en mercure d'un thermomètre à l'ancienne. De plus, le contenu en mercure est passé en 20 ans de 100 mg par lampe à 2 à 5 mg aujourd'hui. »
Pour l'instant, on ne connaît pas d'alternative au mercure pour produire des lampes peu énergivores. « L'avenir, ce sont sans doute les diodes électro-luminescentes (LED), tout le monde cherche la lampe du futur dans cette direction », nous dit-on au Syndicat de l'éclairage. Mais personne n'a encore trouvé…
Si le mercure était potentiellement dangereux, ce serait à l'occasion d'un bris de lampe. Mais les vapeurs qui sortent ne sont pas dangereuses à ces dosages, d'autant que le mercure s'incorpore dans le verre de la lampe au fur et à mesure de son utilisation et en fin de vie il y a encore moins de mercure dans la lampe.
5 - Faut-il recycler ces lampes ?
Rappelons enfin qu'il est impératif de les recycler une fois qu'elles sont arrivées à la fin de leur (longue) vie. Pour cela, la filière est organisée autour de Récylum, organisme collecteur agréé dont les points de collecte, sont disponibles sur ce site. Mais la filière a encore des progrès à faire et les consommateurs ne sont pas tous au courant. Il suffirait pourtant de lire sur l'ampoule qu'il est interdit de les jeter à la poubelle.
► Mis à jour le 27 août après la rencontre avec Annie Lobé, qui nous a demandé de préciser le jugement du procès SFR et d'ajouter le mot « hypothèses » sur les cancers en Guadeloupe. Elle nous a à cette occasion précisé qu'elle auto-publiait ses livres dans la maison d'éditions créée à cet effet.
►Droit de réponse, 10-09-09 : Annie Lobé nous a finalement adressé le droit de réponse suivant :
Dans son article publié sur Rue89.com : « Non, l'ampoule basse consommation n'est pas dangereuse », Sophie Verney-Caillat qualifie ma vidéo de « journalisme d'épouvante » et minimise les risques inhérents à ce mode d'éclairage.
Non seulement ses allégations sont contredites par ses propres sources, mais de plus son article dissimule quatre spécificités de ces lampes basse consommation (LBC) : elles émettent des ultraviolets dont la dangerosité est officiellement reconnue, des radiofréquences à des intensités supérieures aux valeurs réglementaires, des champs magnétiques de 50 hertz reconnus comme cancérogènes possibles par l'OMS et les vapeurs de mercure qu'elles contiennent sont hautement toxiques.
Mercure. Le taux de mercure présent dans ces lampes est limité à 5 mg par la réglementation. Présent sous forme de vapeur, ce mercure est libéré en cas de bris d'une lampe. « Mais les vapeurs qui sortent ne sont pas dangereuses à ces dosages », assène Sophie VC. Le lecteur attentif aura noté l'absence de source pour étayer cette énormité. Car le mercure est neurotoxique et reprotoxique « dès les premières vapeurs », pour paraphraser les commentaires d'internautes dont je salue ici la capacité d'investigation -une belle leçon de journalisme pour Sophie VC-, qui ont déniché, entre autres, le Guide de gestion du mercure de l'Institut national de santé publique du Québec où sont décrits en détails les effets de cette substance « très toxique pour la santé humaine », dont les vapeurs sont « très bien absorbées par voie respiratoire », qui « s'accumule au niveau du cerveau où il affecte les neurones sensitifs et moteurs » et « traverse facilement la barrière placentaire et présente donc des risques pour le fœtus ».
Ultraviolets. Il faut lire le rapport cité par Sophie VC, Sensibilité à la lumière, rédigé en anglais par le SCENIHR, Comité scientifique sur les risques sanitaires émergents, pour découvrir (p. 14) qu'il révèle la présence d'ultraviolets dans les LBC, dont Sophie VC ne dit mot. Or, chacun sait que les ultraviolets (UV) non seulement accélèrent le vieillissement de la peau mais également provoquent des cancers cutanés.
Saisie en 2004, l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) leur a consacré un rapport très explicite, Rayonnements ultraviolets et santé, que les internautes peuvent consulter sur le site www.santepublique-editions.fr (avec d'autres « perles » issues de mes récentes investigations, notamment sur le recyclage).
L'agence y affirme : « Les lampes basse consommation dites à lumière naturelle (…) sont manifestement des émetteurs d'UV artificiels non conformes à la réglementation française (…). Le risque est que les personnes qui les utilisent soient exposées de manière permanente (…) notamment en milieu professionnel puisque les promoteurs les recommandent dans les bureaux, les magasins et même les écoles ».
Cette dénonciation officielle s'applique désormais à l'ensemble des LBC, puisqu'il est aujourd'hui établi qu'elles émettent des UV.
Radiofréquences et champs électromagnétiques. Le rapport du SCENIHR confirme ce que montre ma vidéo : les champs électromagnétiques émis par les LBC sont « plus élevés » que ceux des ampoules à incandescence.
Mais un subtil amalgame est fait entre les fréquences (p. 22).
Ainsi la présence de radiofréquences (30-60 kilohertz) est reconnue en septembre 2008, mais sans que soient précisées leurs intensités, qui sont pourtant supérieures aux valeurs limites autorisées. Un phénomène révélé dès août 2007 par le CRIIREM, le Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques, qui a lancé toute l'affaire.
Sophie VC reste muette sur ce point. Or, il s'agit d'une caractéristique spécifique à ces lampes, qui n'est partagée par aucun autre appareil électrique. Même les tubes néons classiques, dont les LBC sont la version miniaturisée, en sont dépourvus : ces fréquences sont générées par les nouveaux ballasts électroniques. Sans cette technologie, pas de miniaturisation !
Ne citant aucun chiffre précis, le rapport du SCENIHR affirme que le champ magnétique de 50 hertz mesuré à 30 centimètres est « très faible ». Mais faut-il comparer le champ magnétique émis par ces lampes à celui d'autres appareils électriques ou à celui des ampoules à incandescence ? La nuance est de taille car tous les appareils électriques émettent un champ magnétique, alors qu'aucune ampoule à incandescence n'en émet !
Quant au fait que les intensités sont « de loin inférieures aux valeurs limites fixées par les recommandations des organisations internationales », ceux qui auront la curiosité de lire mon livre La fée électricité découvriront que ces recommandations sont… 250 fois supérieures aux intensités reconnues depuis 2001 comme « potentiellement cancérigènes pour l'Homme » par le Centre international de recherche sur le cancer, affilié à l'OMS (Organisation mondiale de la santé).
La distance de mesure du champ magnétique de 50 hertz dans ma vidéo aurait dû être, selon Sophie VC, de 30 centimètres. Qu'elle relise le rapport de l'Afsset de février 2008 joint à son article. Les ingénieurs limitent « a priori » leur protocole (p. 21) aux fréquences comprises entre 10 000 hertz et 10 millions de hertz, éludant purement et simplement les fréquences inférieures à 10 000 hertz.
Et si la plupart des utilisateurs sont, dans la pratique, assez éloignés de ces lampes, il m'est arrivé de voir, lors de mesures à domicile, des situations de proximité immédiate : lampes de bureau, plafonniers de cuisine. De fait, aucune LBC n'est entourée d'une grille de protection pour empêcher les utilisateurs de s'approcher à moins de 30 cm…
Mercure, ultraviolets, radiofréquences, champs électromagnétiques : c'est beaucoup pour des ampoules à lumière blafarde soi-disant « écolos ».
Lobby. L'Association française de l'éclairage est présentée comme « indépendante ». Mais elle a la même adresse que le Syndicat de l'éclairage, dont Sophie VC reconnaît qu'il s'agit d'un lobby (voir sa réponse du 24 août à 12h57). Une brève enquête a suffi à une consœur journaliste pour s'apercevoir, début septembre, que le service de presse du syndicat et celui de l'association sont assurés par la même personne.
Le Syndicat de l'éclairage, l'Association française de l'éclairage, EDF et l'ADEME sont à ce point liés qu'il suffit de faire un rapide tour sur leurs sites pour y voir les logos des uns et des autres.
Entre les allégations de Sophie VC et les précisions objectives que j'apporte, les internautes ont la possibilité de choisir. Et de décider, tant que cela sera possible, de ne pas utiliser ces ampoules basse consommation.
Je les remercie de penser aussi aux personnes exposées au mercure au moment de la fabrication, de l'éventuelle collecte et de l'hypothétique recyclage de ces ampoules toxiques.
Non, la lumière au mercure n'est décidément pas acceptable !
Annie Lobé, journaliste scientifique.
- ► Le dossier de l'Ademe sur les lampes basse consommation
- ► Tout sur le recyclage des lampes
- ► L'avis de l'Ademe sur l'impact de ces lampes
- ► L'article de démonte-rumeur sur le site hoaxbuster
- ► La mise au point de l'Association Française de l’Eclairage (indépendante)
- ► Une étude indépendante sur les risques liés à la collecte
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12
De septentrion
_/) _/) _/) | 11H53 | 22/08/2009 |
J'avais un unique lampadaire à halogène qui éclairait vaillamment les 38 m2 de mon séjour.
Avec les nouvelles ampoules basse conso et malgré les 7 lampadaires et lampes de table que j'ai disséminés dans le séjour, on se croirait maintenant au fin fond d'une église. ON N'Y VOIT RIEN !
Les recycler ? Je vais les jeter oui, et aller en Belgique me racheter un bon vieux spot halogène 300w.
De Liger
liger.amsud.net | 12H08 | 22/08/2009 |
Non, les lampes basse conso ne sont pas dangereuses, du point de vue de la santé. D'un point de vue électromagnétique, elles polluent effectivement l'environnement, mais dans des limites officiellement acceptables. Ce n'est jamais qu'une petite alimentation à découpage, qui émet des ondes basse fréquence, et moins qu'un variateur d'halogène.
Oui, le recyclage va être un énorme problème, d'avantage à cause de la diversité des composants et la difficulté à les séparer que pour les composants polluants proprement dit. La seule manière, aujourd'hui, de limiter les dégâts est d'imposer une qualité de fabrication à travers une garantie d'au moins 10 ans.
Enfin, lampes fluos comme LEDs produisent une lumière perçue artificiellement comme blanche, mais donnant un éclairage blafard. Sans rentrer dans les détails (s'il y en a que ça intéresse, je développe), disons qu'on ne peut à la fois résoudre ce problème de mauvaise qualité de lumière et assurer le fait qu'elle consomme peu.
Aussi, pour les amateurs de lumières « chaudes » et proches du soleil, il ne reste que les halogènes, et la nécessité de peindre les intérieurs en clair pour limiter la consommation.
De medoche71
Etudiant / Mcdonaldiste | 12H17 | 22/08/2009 |
Je ne vous comprends pas Mlle Verney-Caillat ; vous tentez de démonter les propos d'une journaliste en citant EDF et le syndicat de l'éclairage (qui sont comme chacun sait des sources extrèmement fiable : -( )
De plus vous dites : « les vapeurs qui sortent ne sont pas dangereuses à ces dosages, d'autant que le mercure s'incorpore dans le verre de la lampe au fur et à mesure de son utilisation et en fin de vie il y a encore moins de mercure dans la lampe. »
Ce que vous dites est totalement faux ; le mercure est toxique dès la première vapeur ; de plus il est bio-accumulable, donc une fois dans votre corps, il y restera toute votre vie ! !
Aussi, même si le mercure passe dans le verre, il reste présent, ce qui empêche par la suite à mettre en place des mesures de recyclage spécifiques ; ce qui a un cout (qui a n'en pas douter retombera sur le consommateur ! )
Pour finir « ces lampes ne sont pas faite pour être collées à la joue, dès qu'on s'éloigne, le champ magnétique diminue considérablement » ;
et que pensez vous des lampes de bureau qui utilisent une lampe basse consommation ? Devra t-on travailler dans le noir ?
De N.E.M.
Activité indéfinie | 12H40 | 22/08/2009 |
Pourquoi interdire les anciennes ampoules ? On est en train d'obliger à remplacer un produit dont les gens ne se plaignent pas, par un autre qui comporte des risques sanitaires et écologiques, et dont la qualité est finalement moindre (la qualité de la lumière). Pourquoi cette obligation ?
Quelle est la consommation réelle d'une ampoule basse consommation ? La puissance indiquée en gros sur l'emballage tient-elle compte du ballast ?
Il est interdit de jeter les ampoules dans les poubelles classiques, mais à part se déplacer dans une déchetterie (et sans casser l'ampoule ! ) je ne vois pas comment m'en débarasser. Plutôt que de tenir la date sur l'interdiction à la vente des ampoules classiques, il aurait mieux value attendre que la filiaire de recyclage soit prête. Au final, les gens jettent les ampoules dans les poubelles classiques. A propos du mercure dans les ampoules : pour chaque ampoule jeter, ça fait combien de m3 de terre polluer, et pour combien de temps ? Ou quand elle n'est pas recyclée mais incinérée à la place, ça donne quoi dans l'atmosphère ? Le retour des pluies acides ?
De Liger
liger.amsud.net | 12H46 | 22/08/2009 |
Je répète, vu les commentaires, qu'une ampoule basse conso n'émet d'onde électromagnétique que dans le domaine des basses fréquences, ce qui est totalement inoffensif pour l'organisme.
Une cellule vivante, ou plus généralement une molécule organique, ne « voit » pas ces ondes.
Pour une fois, on peut parler de plus d'un siècle de recul sur le sujet.
Je précise que je suis opposé au développement de cette production, mais pour d'autres raisons.
De balala
13H00 | 22/08/2009 |
Le problème des lampes basse consommation, ce n'est pas qu'elle sont cancérigènes, c'est :
1) qu'on n'y voit rien ! et que leur lumière est hideuse, comme celle des néons des années 50, mais sans éclairer vraiment
2) qu'on est obligé de laisser la lumière allumée tout le temps : vu le temps qu'elles mettent à chauffer et à éclairer un peu, on ne peut pas les éteindre : moyennant quoi, chez moi, dans l'escalier où il y avait avant une lampe à incandescence qu'on allumait en arrivant en bas de l'escalier et qu'on éteignait en arrivant en haut (et réciproquement) maintenant qu'on a changé la lampe, le premier qui monte quand le soir arrive l'allume, ensuite on ne l'éteint plus jusqu'à ce que le dernier aille se coucher…. je ne suis pas sûre que ça fasse des économies en électricité.
3) elles font du bruit : sur la table de nuit, elles émettent un grésillement continu parfaitement désagréable…
J'ai donc reconstitué un stock de lampe à incandescence qui devrait durer quelques années en attendant qu'on trouve (j'espère) autre chose !
De watashi_baka
... | 13H04 | 22/08/2009 |
Petite expérience,
Prenez de l'instrumentation de mesure radio, assez sensible, (Demandez a un technicien de TDF ou de France Télécom par exemple)
Mettez vous dans une piece en présence d'un ordinateur (Ce qui est assez normal pour un laboratoire ou l'on ferait ce genre de mesure)
Allumez l'ordinateur, Faites une mesure, éteignez l'ordinateur refaite une mesure.
J'ai pas testé avec une caméra de T.V. (mais devrait bientôt avoir l'occasion de le faire) mais je pense que le résultat sera le même.
Bref l'auteure de la vidéo a semble t'il un courage impressionnant de manipuler ces deux engins.
De Yvon le Zébulon
L'homme d'esprit n'est jamais seul ... | 13H31 | 22/08/2009 |
Les ampoules basse consommation ne sont pas, bien sur, plus dangereuses que les autres, mais la nécessité de les recycler en fin de vie pourrait les rendre dangereuses pour l'environnement…
…si les utlisateurs ne s'astreignent pas à la remise dans le circuit de recyclage ad hoc, une fois ces ampoules mortes, comme on le fait des piles au cadmium ou cadmium-nickel de nos montres (piles boutons) et de nos petits appareils électriques (radio-réveils, accessoires).
¤ Le danger ne viendra donc que de l'incurie des citoyens !
POUR CE QUI EST DE LEUR PRIX D'ACHAT, dissuasif…(trop cher)…
…c'est pour les avoir personnellement expérimentées depuis de nombreuses années que je puis affirmer ici qu'elles ne durent pas davantage que les ampoules à incandescence, et que :
1° - Leur prix constitue en fait une avance sur consommation en terme de budget, car il vous fait de fait payer l'énergie d'avance .
2° - Que leur durée n'excède pas la durée des lampes normales, vu qu'elles faiblissent au fur et à mesure de leur utilisation.
3° - Elles nécessitent un temps de chauffe pour l'obtention des lux supposés, et pour avoir 60 Watts, vous devez en acheter à 125.
4° - Leur lumière froide est désagréable (pour la lecture - et c'est mon avis) et elles fatiguent les yeux, car la lumière est blafarde.
° Il convient de noter que les lampes hallogènes, extrêmement consommatrices d'énergie, ne sont pas concernées par ce plan - et je me pose la question de savoir s'il ne s'agit pas davantage de l'ouverture de nouveaux marchés (et de niches industrielles)…
…et non d'un prétendu souci de préserver les ressources !
• N'oubliez pas non plus que les fournisseurs d'énergie, EDF en tête, cherchent tous les moyens de compenser le manque à gagner qui résulterait d'une sagesse salutaire des citoyens, en augmentant considérablement leurs tarifs…
…ce qui fait que dans tous les cas de figure, nous l'avons dans l'os !
a ) Une fois en achetant les ampoules - b) Une fois en compensant !
* NB = Pour l'augmentation des cas de cancer de la prostate en Guadeloupe et en Martinique, il serait plus judicieux d'en attribuer les méfaits (réels) à l'utilisation pendant plus de 20 ans, d'un produit chimique interdit partout ailleurs :
- La Chlordécone, autorisée jadis en ces lieux par les autorités françaises - via le Ministre de l'agriculture de l'époque.
* A titre personnel et ça n'engage que moi, je n'aime pas les ampoules basse consommation, car je flaire l'hypocrisie écologique.
¤ Contre la duperie, je me suis fait mon stock de lampes à incandescence !
De Liger
liger.amsud.net | 14H33 | 22/08/2009 |
Si je puis me permettre, cet article contient des approximations qui rendent la caution scientifique difficile :
»…scandales des ondes cancérigènes, vieux comme le micro-ondes… »
Les micro-ondes, contrairement aux ondes émises par les ampoules basse-conso, sont extrêmement dangereuses. Ce qui nécessite un blindage électromagnétique renforcé, absent de certains appareils de mauvaise qualité, aujourd'hui interdits de vente.
« Le ballast électronique inclus dans l'ampoule et qui permet de produire la lumière… »
Le ballast sert à alimenter le tube en haute tension. Il émet des ondes électromagnétiques, mais pas lumineuses. Cet élément existe depuis les tubes au néon, soit en gros un siècle. C'est l'argument essentiel pour éliminer tout doute à ce sujet.
« avec un autre appareil que un gaussmètre incapable de mesurer les ondes produites sous cette distance ».
Ce n'est pas la nature de l'appareil (gaussmètre en l'occurrence) qui détermine s'il est ou non capable de détecter un signal, mais sa sensibilité. Vous trouverez des appareils capables de détecter l'émission d'une ampoule à 50 mètres.
Mais je suis d'accord avec vous pour tordre le cou à cette rumeur. Et notamment le point 3 : les ondes émises ne peuvent (par les lois inviolables de la physique) être dangereuses.
En revanche, la pollution (mercure) et le recyclage sont de vrais problèmes, et ne devraient pas être considérés comme des arguments à décharge (sans jeu de mots).
De Alec Sandre
20H51 | 22/08/2009 |
La question intéressante est de savoir combien le Syndicat de l'éclairage a versé de pots de vins auprès de la Commission européenne pour faire passer cette directive. Avec le soutien bénévole des écolos-gogos.
Le prix de vente six fois supérieur de ces ampoules blafardes à celui des ampoules à incandescence n'est pas du à un coût fabrication six fois supérieur mais à leur durée de vie attendue.
l'éclairage ne représente que 5% de la consommation électrique.
De quintus
10H35 | 24/08/2009 |
Les lampes à faibles consommation on été introduites il y a plus de 20 ans maintenant. A l'époque, il s'agissait de tube fluorescents miniatures, courbés et encapsulés dans une enveloppe plastique transparente. Utilisant un ballast magnétique traditionnel (le terme ballast peut être remplacé par le mot « stabilisateur », comme le ballast de la voie ferrée par exemple), ces lampes, dites CCFL (Cold Cathod Fluorescent Lamps), effectivement, émettaient une lumière blafarde et réclamaient un temps de chauffe certain. Plus tard, sont arrivées des lampes à ballast électronique, incluant un pré-chauffage lors de leur mise en route et une température de couleur plus élevée. Leur durée de vie s'en trouva alors grandement améliorée et certaines lampes achetées il y a plus de 10 ans fonctionnent toujours à la maison.
Les lampes fluos utilisent le principe de la décharge électrique dans une atmosphère chargée en vapeurs de mercure. Cette décharge donne naissance à un arc lumineux émettant dans l'ultra-violet (dangereux pour la peau). La conversion vers une lumière blanche s'effectue par le biais de poudres disposées sur les parois du tube. Ainsi, des lampes aux parois endommagées peuvent-elles, éventuellement, se révéler dangereuses. Mais le problème principal dont souffre ces lampes est la médiocre qualité de fabrication dont elle sont l'objet. Il y a dix ans, les leaders du marché Philips et Osram, fabriquaient des produits de qualité dont les composants électroniques garantissaient une durée de vie appréciable et supérieure à celle des ampoules à incandescence. Maintenant, les lampes que l'on trouve sur le marché sont de piètre qualité et ne dure pas : nous contribuons à fabriquer du déchet, tout simplement. Et si ce déchet s'écarte des circuits de recyclage, il y a un danger de pollution évident. Pourquoi ne pas imposer une consigne à ces lampes et récupérer sa consigne lors du dépôt dans un lieu de récupération ?
Concernant les rayonnements électromagnétiques, ils peuvent être de différentes natures : le champ magnétique produit par le ballast électronique (fréquence entre 20 et 40 kHz) et le rayonnement électromagnétique de l'arc électrique à l'intérieur de la lampe. Sur le premier, il serait ridicule d'accuser ces lampes de polluer davantage notre environnement : la puissance de ces lampes (5 - 20 W) est ridiculement basse par rapport à celle développée pour alimenter un PC (100-400 W), un téléviseur à écran plat (100-200 W) ou encore un récepteur satellite (20-40 W). Ainsi, il me semble sérieusement difficile d'accuser le rayonnement (faible et décroissant en 1/distance^2) d'un transformateur des maux dont il serait l'objet. Concernant la lumière émise et son impact sur le système nerveux, je ne sais pas.
Maintenant, il est légitime de s'interroger sur le choix des ces ampoules CCFL, bientôt remplacées, nous dit-on, par des ampoules à LED. Afin de comparer les solutions entre-elles, il est nécessaire d'évaluer l'énergie (et les dégâts environnementaux) utilisée de la fabrication de lampe, à son recyclage, en passant par sa consommation propre afin de délivrer le travail attendu (l'éclairage). A cette aune, je suis persuadé que le bilan des CCFL est négatif, du moins dans le cadre d'une utilisation domestique. En effet, comme souligné plus haut, les lampes fluocompactes incluent un maximum de composants électroniques (deux transistors, du cuivre pour le transformateur et le filtre, des condensateurs etc.) et des produits chimiques peu sympathiques. En plus, leur durée de vie, de par la médiocrité de fabrication, en fait des déchets polluants quasiment dès leur mise sur le marché ! Elles font cependant la joie des fabricants de composants électroniques actifs et passifs…
Et les ampoules à LED ? Elles ne valent pas mieux à mon sens. Un fabricant vient d'ailleurs de publier une étude comparant les bilans énergétiques complets (c'est à dire, incluant l'énergie pour la fabrication, l'utilisation puis le recyclage) de lampes à LED et de CCFL : idem !
Alors, ces nouvelles lampes, au panier ? Non, mais elles pourraient cohabiter avec les ampoules à incandescence qui, si elles faisaient l'objet de recherches, gagneraient en rendement lumineux et durée de vie. Par exemple, oui pour une CCFL dans la pièce principale qui reste allumée 4-5 heures par jour, non pour en mettre une dans le couloir ou les WC. Il semble cependant que ces critères purement techniques et rationnels n'aient pas trouvé d'oreilles parmi nos politiciens.
De Sophie Verney-Caillat (auteur)
Rue89 | 11H57 | 24/08/2009 |
Chers riverains en colère (ou pas),
Mon article ayant passionné les foules, mais aussi suscité de vives critiques, permettez moi de m'expliquer :
- D'abord, un petit mea culpa sur le fait que je n'ai pas réussi à joindre Annie Lobé et aurais du attendre d'y parvenir afin qu'elle puisse se défendre. J'aurais peut-être dû citer la mise en garde du Criirem, des experts indépendants assez sérieux sur le sujet mais d'une part je n'ai pas réussi à les joindre (encore en vacances), d'autre part j'ai sur par l'Ademe que leurs mesures étaient aussi peu fiables que celles d'Annie Lobé. D'ailleurs pour le démonte-rumeur sur l'étude du Criirem c'est fait par hoaxbuster, notre partenaire et c'est ici : http://www.hoaxbuster.com/hoaxliste/hoax.php ? idArticle=75897
- Ensuite, sur l'indépendance des sources, certes le Syndicat Français de l'Eclairage est le lobby de l'éclairage, mais sachez que le discours est exactement le même du coté de l'Association Française de l'Eclairage qui regroupe toutes les parties prenantes du secteur et n'est donc pas un « lobby », le résumé est ici : http://www.afe-eclairage.com.fr/uploads/documentation/10146-ext.pdf et la version complète ici : http://www.afe-eclairage.com.fr/uploads/documentation/10145-ext.pdf
- Pour préciser les différents points qui vous ont dérangés :
1/ La couleur de la lumière : on trouve actuellement des lampes fluo-compactes ayant la même « température de couleur » que les lampes à incandescence, de plus la température de couleur sera obligatoire selon une norme européenne bientôt. Toutes les qualités de lampes et donc les prix existent, il paraît que les lampes faites en Chine ou bon marché auraient cette caractéristique « blafarde » plus que les autres.
2/ Lampes de chevet et de bureau : la mise en garde du SCEHNIR que je cite dans mon article peut effectivement se lire de manière alarmiste si on le veut bien, mais elle concerne les personnes ultrasensibles à la lumière (une infime minorité), qui passeraient plus de 6 heures par jour à moins de 20 cm d'une lampe. De là à ce qu'il y ait des milliers de morts du cancer, permettez moi de penser qu'on en est loin…
3/ Sur l'obligation d'achat et les lobbies : je ne pense pas qu'il y ait un lobby qui ait cherché à imposer cette nouvelle technologie au détriment d'autres. Tout le monde dit bien que c'est une des solutions de substitution aux lampes énergivores et pas la seule et tout le monde attend le jour où les LED seront au point. Ce qui sera interdit de vente au 1er septembre, ce sont les lampes énergivores (notamment les lampes à incandescence classique non directionnelles très répandues), mais pas les lampes à halogène claires et il existe aussi les LED.
4/ Sur le mercure : je ne peux que répéter ce qui est dit dans l'article et insister : oui il y en a et oui cela pollue, mais n'est pas toxique dans les quantités contenues dans les lampes. Regardez le document de l'AFE, le bris d'une ampoule n'est pas dangereux même si bien sûr il est conseillé d'aérer la pièce si cela arrive.
5/ Je rappelle qu'il est impératif de recycler et qu'au final les lampes fluo-compactes restent moins émettrices de gaz à effet de serre (recyclage compris) que la plupart des lampes à incandescence.
J'espère avoir répondu à vos interrogations et suis à votre disposition si vous me proposez un texte publiable sur ce sujet ou d'autres. La Rue reste ouverte !
Sophie