
Non, Sarkozy n'a pas perçu son salaire de ministre à l'Elysée
La rumeur fait de nouveau le tour du Web deux ans après l'arrivée de Sarkozy à l'Elysée. Rue89 la démonte.

L'histoire est déjà ancienne, mais inonde toujours les commentaires des sites Internet et les boîtes e-mail des rédactions. Nicolas Sarkozy aurait cumulé son salaire de président de la République et celui de ministre de l'Intérieur plusieurs mois après son arrivée à l'Elysée. Voici « l'information » telle qu'elle circule sur le Web :
« Après la polémique sur l'augmentation de salaire du président de la République, voici que le Canard Enchaîné nous apprend que Nicolas Sarkozy cumule en ce moment son salaire de président de la République et de celui de ministre de l'Intérieur. L'information est sure puisqu'elle a été confirmée par l'Elysée. C'est du jamais vu. Décryptage. »
S'ensuit un lien vers le site Politique.net, qui reprenait le 12 décembre 2007 une « Marre aux canards » du Canard Enchaîné, intitulée « La double augmentation de Sarko ». L'hebdomadaire satirique écrivait :
« Entre le 6 mai -jour de son élection- et le 31 décembre 2007, Sarko aurait dû normalement percevoir 7 500 euros net mensuels. C'était le traitement de Chirac. Or, à peine élu, le nouveau président a demandé -et naturellement obtenu- de voir son salaire de ministre de l'Intérieur prolongé jusqu'à la fin de l'année. Soit 11 500 euros net mensuels. Une information qu'a confirmé l'Elysée au Canard… »
« Il n'a pas cumulé les deux »
Et à Politique.net de préciser dans quelles conditions cette augmentation a été effectuée. Explication de « la règle des six mois » à l'appui :
« Pour permettre à un ministre qui vient de quitter le gouvernement de retrouver un emploi, ce dernier perçoit son traitement intégral pendant les six mois qui suivent son départ du gouvernement. Nicolas Sarkozy a démissionné de son poste de ministre de l'Intérieur fin mars, pendant la campagne présidentielle.
“Il a donc perçu son salaire de ministre jusqu'en septembre dernier. Mais il a demandé que soit prolongé ce versement jusqu'en décembre 2007, avant l'entrée en vigueur de son augmentation de salaire au 1er janvier 2008.”
Or, les deux affirmations ne sont pas exactes. Nicolas Sarkozy n'a pas vu “son salaire de ministre de l'Intérieur prolongé jusqu'à la fin de l'année”, et encore moins par le biais d'un allongement de “la règle des six mois”.
Le site ArretSurImages.net avait pourtant rapidement levé une partie du voile, après avoir contacté Emmanuelle Mignon. Celle qui était alors directrice de cabinet du président de la République avait réfuté la révélation du Canard Enchaîné. ArretSurImages.net en avait justement déduit :
“Il est vrai qu'Emmanuelle Mignon a eu beau jeu de démentir. Car l'information relayée sur le Net n'est pas exacte. De mai à décembre, Sarkozy aura bien touché, à sa demande, le montant de son salaire antérieur de ministre (étrangement supérieur à celui du Président). Mais il n'a pas cumulé les deux.”
“C'est pas possible, il doit y avoir une erreur ! ”
Mais, depuis quelques semaines, la rumeur est repartie de plus belle sur Internet. Rue89 a donc enquêté, en espérant la faire taire définitivement. Et reconstitué l'histoire de l'augmentation du salaire du Président.
Selon nos informations, la scène se passe à l'Elysée, peu après l'arrivée de Nicolas Sarkozy. Le nouveau chef de l'Etat demande à sa directrice de cabinet quel va être son salaire. Emmanuel Mignon se renseigne auprès du service financier du Palais et revient l'en informer : 7 500 euros net mensuels. Réaction immédiate du Président : “C'est pas possible, il doit y avoir une erreur ! ”
Qui fixe son salaire ? Comment faire pour l'augmenter ? Nicolas Sarkozy continue d'interroger Emmanuelle Mignon, qui lui indique qu'il n'a qu'à dire un chiffre et ses émoluments seront augmentés d'autant, car le présidence de la République a un budget propre et en dispose discrétionnairement.
Le chef de l'Etat trouve sa rémunération d'autant plus basse que Jacques Chirac, son prédécesseur, empochait lui chaque mois environ 20 000 euros net, grâce à ses pensions de retraite. Surtout, 20 000 euros net mensuels, c'est également ce que gagne François Fillon. Hors de question pour l'omniprésident d'être moins payé que son Premier ministre.
Dans les clous autorisés
L'augmentation doit avoir lieu, mais sans créer la polémique. Nicolas Sarkozy décide alors d'agir en deux temps pour atténuer l'importance de la hausse : faire passer son salaire de Président au niveau de celui de ministre de l'Intérieur, puis faire fixer par la loi son salaire au niveau de celui du Premier ministre. Ce qui a été fait immédiatement pour la première augmentation, et par une loi promulgué le 28 décembre 2007 pour la seconde.
Nicolas Sarkozy n'a donc pas continué de toucher son salaire de ministre de l'Intérieur, mais a mis, de mai à décembre 2007, son salaire de Président au niveau de ce dernier. Ce qui ne changeait rien financièrement parlant, mais le faisait demeurer dans les clous autorisés.
Un respect des règles qui n'empêche toutefois pas les erreurs d'appréciation. Le nouveau chef de l'Etat pensait pouvoir éviter les accusations de despotisme, en agissant en deux temps et en décidant que ce n'est plus au Président de fixer lui-même le montant de son salaire, qui ne pourra plus en outre être cumulé avec d'éventuelles pensions de retraite. Raté. Près de deux ans plus tard, sa double augmentation sème toujours la confusion.
Photo : Nicolas Sarkozy à l'issue du Conseil européen le 1er mars (Francois Lenoir / Reuters)
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De jack-no
20H23 | 12/03/2009 |
bonjour,
je ne vois pas ce qu'il y aurait de scandaleux sur le fait que sarko 1° cumule les rénumérations de Président et autres.
en effet, cet homme remplit toutes les fonctions :
Président,
1° Ministre
Ministre (S)
Président UMP
etc…………..
sa grateuse a de gros appétit !
jacques
De hagalma
22H02 | 12/03/2009 |
L'article est plutôt anachronique : parler de cette déjà vieille histoire alors que les salariés de Continental vont tout simplement être virés au nom de l'exigence de rentabilité des actionnaires ! Oh certes, faire tomber une rumeur n'est peut-être pas inutile, s'agissant en plus de ce président qui, s'il ne cumule les salaires, cumule les erreurs de communication, d'image, d'anticipation politique, de représentativité de l'ensemble des Français. Quand il sera parti, on fera le tri, on distinguera l'actif du passif. Mais se rendra compte qu'il n'aura été que le fou du roi, un roi un peu nu en ce moment mais qui se refait déjà une santé : l'actionnaire ?
De Arnaud Aubron
Rue89 | 22H06 | 12/03/2009 |
Nous l'avons mis en tête car nous recevons plusieurs fois par jour cette rumeur de double salaire.
Et comme nous mettons beaucoup de coeur à dénoncer les travers de notre omniprésident (comme nous l'avons je crois montré hier), nous jugeons également important de ne pas lester la barque lorsqu'il n'y a pas lieu. On reproche toujours aux journalistes de ne pas parler des trains qui arrivent à l'heure.
De skalpa
actif et militant ? | 22H19 | 12/03/2009 |
Il n'a pas cumulé les deux, il n'en a pas besoin :
- il s'est augmenté

- il a tant d'amis si bien placés

http://kprodukt.blogspot.com
De Quijote
22H53 | 12/03/2009 |
C'est le moment d'en remettre une couche.
Un site, parmi tant d'autres, décortiquant les revenus de Sarkozy :
http://www.lepost.fr/article/2009/02/18/1429252_prenez-connaissance-des-…
Rumeur ? Pas rumeur ?
De Julien Martin (auteur)
Rue89 | 00H11 | 13/03/2009 |
@ Quijote :
C'est justement pour démentir ce genre d'affirmations fausses et gratuites que nous faisons de tels démonte-rumeurs.
Et, oh incroyable, nous avions déjà fait un démonte-rumeur à propos de cette attaque infondée, reprise sur LePost dans votre lien, je vous invite donc à le lire : http://www.rue89.com/2008/01/25/non-sarkozy-ne-fraude-pas-le-fisc-depuis…
Si nous démontons ainsi des rumeurs, notamment ces deux-là sur Nicolas Sarkozy, ce n'est pas pour prendre sa défense avec zèle (on ne peut accuser Rue89 de cela, je crois). Mais simplement pour être juste. Et si, ensuite, on doit le critiquer négativement, cette critique aura d'autant plus de poids que l'on aura toujours été honnête auparavant.
De Hétérodoxe
00H18 | 13/03/2009 |
C'est pas son salaire qui me troue le c…
C'est plutôt le fait qu'à peine embauché en tant que Président, il se barre en vacances.
Qui connait une seule autre personne qui est parti en vacances dés la prise de poste au prétexte que « c'est vachement dur de trouver un boulot » ?
Kafka reviens, t'as oublié ton chien ! !
De erqzor
Détecteur de Greenwashing | 02H27 | 13/03/2009 |
Bon papier, même si on s'en fout un peu qu'il soit un peu honnête, on le déteste tellement cet homme là.
Vivement le 19.
De pixote
. | 23H41 | 13/03/2009 |
C'est toujours le même journaliste qui démonte les rumeurs sur Sarkozy…
Non, Sarkozy ne fraude pas le fisc depuis douze ans
Par Julien Martin | Rue89 | 25/01/2008
http://www.rue89.com/2008/01/25/non-sarkozy-ne-fraude-pas-le-fisc-depuis…
Sur cette histoire d'augmentation vous auriez pu relever le refus de l'Ump à l'époque où le député socialiste l'a proposé, Sarkozy s'est fait voter une loi de plus sur mesure votée par la droite, qui l'a, refusé en 2006 ….
http://www.bakchich.info/article548.html
L'Elysée à la diète ?
vendredi 1er décembre 2006
Xavier Monnier
La discussion budgétaire a pourtant donné lieu, pour la première fois, le 16 novembre (2006)dernier, à une étrange passe d'armes à l'Assemblée.
En général, les députés votent la dotation personnelle du Président sans rien dire. Cette fois-ci, le député René Dosière, élu socialiste de l'Aisne, qui va faire paraître en janvier un livre sur L'argent caché de l'Elysée (Seuil), est monté au créneau pour défendre un amendement surprenant.
Il visait à tripler le salaire du Président pour le caler sur celui du Premier ministre. Une première, censée briser les archaïsmes budgétaires et placer enfin ces dépenses sous le contrôle réel du Parlement. Coût estimé de l'augmentation : 200 000 euros, que le parlementaire suggérait de pomper sur l'enveloppe annuelle de la chaîne Public Sénat. Panique à droite ! Le ministre délégué aux relations avec le Parlement, Henri Cuq, est monté au créneau pour torpiller cet amendement sacrilège. Pas question que l'Assemblée touche au salaire du Président. C'est du domaine réservé. Mais patience : si Ségolène Royal est élue l'an prochain, les socialistes pourront reprendre l'amendement retoqué. Au nom du rééquilibrage des pouvoirs. Et de la hausse des salaires !