
Ducasse à New York : une « french cuisine » endormie

Quand Alain Ducasse, il y a huit ans, avait ouvert son premier restaurant à New York, les critiques s'étaient offusqués. Dîner à cent soixante dollars, un choix d'une dizaine de stylos pour signer chèques et reçus de carte bleue, des plantes coupées devant vous pour les infusions… » A des Français, il n'aurait jamais osé faire ça… » Les critiques américains s'étaient sentis pris pour des Américains (et le service avait été revu à la baisse).
A présent, Ducasse fait une nouvelle tentative new-yorkaise, avec Benoit (sans accent circonflexe), restaurant de cuisine bistro, cette fois tellement faussement ordinaire que les mêmes critiques se demandent à nouveau si on ne se moque pas d'eux.
D'abord le thème brasserie déjà archi à la mode à New York. » Toutes les brasseries new-yorkaises sont, par nature, des contrefaçons. Mais étonnament, Benoit est encore plus artificiel » , note la critique de New York Magazine. » J'ai l'impression d'être à Paris, le casino de Las Vegas du même nom, dit un des grincheux à la table. »
La farandole des clichés
Escargots, cassoulet, soupe à l'oignon, tarte Tatin… » Un repas qui aurait pu être servi avec un béret en guise de set de table et des mini-Tour Eiffel en ronds de serviettes » , raille Frank Bruni, le célèbre chroniqueur du New York Times… Le dîner chez Benoit c'est une » expérience tellement familière que ça en est presque un cliché » .
Jusqu'au moment, où se dirigeant vers la porte du restaurant made in France, l'hôtesse lui lance un » ciao » , suivi d'un » grazie » … » C'est le genre de fausse note qu'un restaurant qui insiste aussi lourdement sur son classicisme régional ne peut pas se permettre » , s'amuse Frank Bruni.
Cassoulet et soupe à l'oignon, c'est bien le menu d'été… » Alors que trouve-t-on sur celui d'hiver ? un gaspacho glacé ? » se demande le New York Times.
La salade la plus ennuyeuse du monde
Et le contenu des assiettes n'est pas renversant non plus. Le cassoulet a l'air d'avoir été » préchauffé au micro-ondes » , les frites sont tièdes, le poulet rôti est trop cuit, selon New York Magazine. Le critique du New York Daily News salivait à l'idée de Ducasse s'attaquant à la cuisine bistro. Il s'imaginait » des saveurs vives, de la complexité, de l'histoire… » Au lieu de quoi, » je ne m'imaginais pas que je mangerais la salade la plus ennuyeuse du monde » . Son conseil : se contenter de l'œuf mayo à un dollar au bar.
La troisième fois que le critique du New York Post a goûté des quenelles, elles étaient brûlées, » Comment peut-on brûler des quenelles ? Y a t-il quelqu'un de réveillé à la cuisine ? » (enfin s'il en a pris trois fois, elles ne devaient pas être si mauvaises).
Même les desserts ne font rien pour » soulager le sentiment d'ennui qui imprègne la pièce » , déplore New York Magazine.
Que fait Ducasse dans cette affaire ?
« Est-ce qu'on peut détecter une touche de Ducasse dans toute cette cuisine ? “ se demande New York Magazine
” Bien sûr que non. Dans le contexte du large empire du chef (il a déjà vingt-et-un restaurants et continue à en ajouter), Benoit a l'air d'un triste campement, un endroit monté sans but ni passion pour faire voler le drapeau et peut-être gagner un dollar ou deux. »
Pour le New York Post, que Ducasse soit derrière ce restaurant tient du mystère :
« comment a t-il pu ouvrir un endroit aussi ennuyeux, ça n'attirerait pas un regard si ça venait de quelqu'un d'autre. »
New York Magazine finit sur une interrogation :
» Est-ce que Benoit diffère des autres pseudo-brasseries de la ville ? Probablement pas. Mais si le chef le plus célèbre de France ne peut pas se donner la peine faire mieux, alors peut-être que la cuisine française, telle que la nous la connaissions, est encore plus morte que ce que nous pensions. »
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De Bigseb
Blazé | 09H23 | 10/07/2008 |
Ouais… Au début de l'article, on a un peu peur…
Heureusement, a la fin, il est précisé que ce brave Ducasse (-toi de France) n'a probablement JAMAIS mis les pieds chez Benoit.
D'ailleurs, s'il le faisait, il y a fort a parier qu'il y aurait du ménage en cuisine comme en salle, et que la carte serait changée.
Ducasse reste un génie de la cuisine traditionnelle française, rien a voir avec les pseudos révolutionnaires qui gèlent des carottes a -180°C pour ensuite les servir avec une paille a se mettre dans le nez…
à Bigseb
De Deborah
10H54 | 10/07/2008 |
Vous avez tout dit : il n'y a JAMAIS mis les pieds. S'il fallait aller partout où il a ouvert un restsau à son nom ! ! Le brave homme fatigue et son rocher monégasque lui permet de s'endormir tranquille sur la plage en plaçant son nom au plus offrant, non culinairement s'entend, mais financièrement.
Personne n'est obligé d'adhérer !
à Deborah
De nemo3637
Déchoukeur | 23H14 | 11/07/2008 |
Les grands restaurants français ont mauvaise réputation à New-York. Cela ne date pas d'hier. La cause est à rechercher dans les défauts mêmes des Français : mépris et arrogance. Ils ont pris les Américains pour des cons en les considérant comme des bouffeurs de hamburgers incultes à qui l'on pouvait faire avaler n'importe quoi pour très cher. Or s'il y a bien quelque chose que les Américains détestent, c'est d'être abusé, de voir leur confiance trahie. Ils pardonnent difficilement, en restauration notamment. La pente était déjà difficile à remonter à New-York. Avec Ducasse c'est toute la profession qui devient Sysiphe !
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 09H29 | 10/07/2008 |
Qu'est-ce qu'on attendait de quelqu'un qui a choisi de se faire naturaliser monégasque ? ? ?
à Jaycib
De TARPON
12H44 | 10/07/2008 |
Qu'il se comporte « comme un ouragan » !
De ljos
photographe / géologue | 09H33 | 10/07/2008 |
rien à faire de toute façon … la bonne cuisine française traditionnelle ne sort pas des grands resto mais des cuisinières à la maison …
… le meilleur cassoulet vient des popotes du SudOuest …
… les meilleurs beignets savoyards c'étaient ceux de ma grand mère …
… le meilleur farcement … c'est le mien ? : )))
etc … les plats traditionnels n'ont plus leur place dans les grands resto … ils sont trop occupés à nous faire de la chimie et des innovations permanentes (ce que je ne critique pas … bien au contraire).
alors si ces grands critiques NewYorkais veulent retourner aux sources, qu'ils viennent goûter à la bonne bouffe de nos campagnes … suffit de frapper au hasard à qqes portes de ferme ou qqes bistrots de campagne qui font d'exceptionnels plats du jour. C'est là qu'on trouve les meilleurs blanquettes, cassoulets, choucroutes, bouillabaisse, galettes et j'en passe ….
à ljos
De Albufera
Observateur. | 10H03 | 10/07/2008 |
Ce commentaire semble être taillé à la manière d » Amélie Poulain. Non, les meilleures spécialités ne se cuisinent pas sur les fourneaux de nos campagnes de toujours : on ne peut pas comparer -par exemple- les graillons de mémé de Thônes avec les génieux matafans du « Clos des sens » sur les bords du lac d » Annecy (bientôt trois étoiles au Michelin). On ne peux pas non plus souhaiter envoyer les critiques du NYT dans nos campagnes pour leur donner une leçon : on mange beaucoup mieux (et même français) à NY qu » à Paris, généralement moins cher et avec le sourire de ceux qui nous accueillent.
à Albufera
De ljos
photographe / géologue | 10H19 | 10/07/2008 |
c'est très mal connaitre les fourneaux des mémés de Thônes … je te conseille vivement l'excellent bouquin « la cuisine paysanne de Savoie » aux éditions Siloé … rien à voir avec du graillons de mémés … l'origine de la cuisine savoyarde est là. Et crois moi, je soupçonne fortement les grands chefs de Savoie de tous l'avoir dans leur bibliothèque … vu qu'il existait avant eux … ce bouquin et que c'est le seul à vraiment aller loin dans les recherches de recette.
Les matafans du « clos des sens » ou la tartiflette de Veyrat … ne sont que des noms pour attirer le chalans. Mais ils n'ont plus grand chose à voir avec la cuisine traditionnelle …. c'est là que je voulais en venir. C'est de la cuisine moderne, de la recherche, de la chimie … le traditionnel se trouve encore chez Bocuse peut être … mais il n'y en a pas beaucoup d'autres.
à Albufera
De marabbeh
14H51 | 10/07/2008 |
Ah la la le prestige de la toque blanche et du tout-Paris ! Pourquoi la cuisinière du petit bistrot de campagne cuisinerait-elle moins bien qu'un Ducasse ? Parce que les journalistes télé ne viennent pas la voir tous les 2 jours ? Parce qu'elle n'a pas 10 restos à son nom ? Au contraire je lui ferais plus confiance qu'à Ducasse qui cherche autant à faire fortune qu'à cuisiner (pour être gentil).
à Albufera
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 04H38 | 11/07/2008 |
@Albufera : « On mange beaucoup mieux (et même français) à NY qu » à Paris, généralement moins cher et avec le sourire de ceux qui nous accueillent. »
FAUX. Avec un pseudo comme le vôtre, je vanterais plutôt le Levante… Plus crédible.
PJCA http://nouvellesociete.org/auteur.html
à ljos
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H59 | 10/07/2008 |
Les plats traditionnels version Bras, c'est le meilleur contre exemple à tes propos : )
De ecor1
sur le fil | 09H43 | 10/07/2008 |
Si vraiment ils pensent que la cuisine francaise est morte, ils peuvent toujours aller au Mac-Do pour savourer les trésors de la cuisine américaine.
Puis après ce qu'ils nous ont fait avec leur invasion Hambourger, on peut bien se venger mesquinement avec une petite brasserie de merde…ca fait pas de mal.
En plus je suis sur que c'est pas si mal que ca. Quant on va dans une braserie c'est pas pour bouffer sophistiqué, ce serait comme aller chez Levi's en espérant y trouver de la haute couture…il faut pas tout mélanger.
De TARPON
09H46 | 10/07/2008 |
Faudrait que rue 89 nous invite,c'est difficile de juger à distance .
à TARPON
De Alexad
10H39 | 10/07/2008 |
Quelle bonne idée ! Je suis partante ! !
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 09H47 | 10/07/2008 |
a new york camembert ou rock fort ?
De Pterois Volitans
(en plongee) | 10H09 | 10/07/2008 |
Donc. J'y ai curieusement mange. Une salle aveugle ouverte a la va-vite (pas de licence d'alcool a l'epoque, donc BYOB - bring your own bottle). Un service triste (ou peut etre stone par les fraiches vapeurs de peinture) qui amene soit de l'old school (sympa le carre d'agneau) soit du gadget (des mini profiterolles que l'on trempe dans un grand bol de chocolat), bref c'est malheureusement invite que j'en repars.
Meme si j'ai eu la grace d'une poignee de main du Ducasse lui meme, bel et bien plante a la sortie.
J'ai quitte l'endroit comme une funeraille.
Ou sont les hommes ?
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 10H12 | 10/07/2008 |
eux aussi ils voulaient justes aller bouffer chez ducasse
http://fr.yahoo.com/_ylt=Ars1lv_eD6NgU5SppnnZ1sShVM8F ; _ylv=9/SIG=130h09n…
De Marie SF
10H26 | 10/07/2008 |
Ils sont snobinards les critiques new-yorkais et ils ont la dent plutôt dure !
J'ai jetté un oeil sur le menu et cela ne m'a pas l'air si mal (pas si cliché que ça, un bon menu de brasserie quoi ! ).
Evidemment faudrait goûter mais les premières critiques sur yelp.com sont plutôt bonnes (mis à part le grincheux de service qui se plaint du mauvais anglais du personnel).
Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est Yelp.com, il s'agit d'un ouebsite US où vous et moi, quidams ordinaires, pouvons déposer nos opinions gastronomiques. Leur slogan est d'ailleurs « Real people. Real reviews »
Je ne me fie plus qu'à ce ouebsite depuis un certain temps maintenant.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 10H54 | 10/07/2008 |
Une cuisine française méprisante ?
C'est epouvantable . les New Yorkais ont bien raison de gueuler , j » ai l » impression ..
De A.V.
tamagotchi89 | 11H06 | 10/07/2008 |
Je t'émulsionnerais tout ça et je te boufferais ça par les narines, moi !
De Azrael
11H18 | 10/07/2008 |
C'est terrible ce qui leur arrive à ces américains : un bistrot quelconque de plus ! Où va le Monde , Monsieur ?
De Toby E
12H14 | 10/07/2008 |
DUCASSE à New-York ?
En voyant le titre, j'ai cru d'abord qu'il était question d'Isidore. J'étais content.
Il faut dire que je ne connais rien à la hiérarchie des vraies valeurs.
De Gosseyn
14H16 | 10/07/2008 |
« New York Magazine finit sur une interrogation :
“Est-ce que Benoit diffère des autres pseudo-brasseries de la ville ? Probablement pas. Mais si le chef le plus célèbre de France ne peut pas se donner la peine faire mieux, alors peut-être que la cuisine française, telle que la nous la connaissions, est encore plus morte que ce que nous pensions.” “
Rassurons le New York Magazine, Ducasse n'est plus français mais monégasque. Et pas pour la tradition culinaire de la principauté, mais bien pour sa tradition fiscale qui, bien assaisonnée, est bonne pour les affaires.
De hogan
actif | 15H59 | 10/07/2008 |
« alors peut-être que la cuisine française, telle que la nous la connaissions, est encore plus morte que ce que nous pensions. »
Pour pouvoir affirmer que la cuisine française est morte, encore faudrait-il que Ducasse soit encore un cuisinier, il sait peut-être juste encore faire les oeufs au plat…
Quant aux états-uniens, leur cuisine à eux n'est toujours pas née…
De BienvenueenZoneHumide
Grand Patron (1m95) | 16H26 | 10/07/2008 |
C'est pas de la cuisine Française, c'est de la cuisine Monégasque !
Le critique aurait du faire la différence…
De guiton
chargé d'enquête | 16H37 | 10/07/2008 |
Je viens lire l'article et franchement, cela ne m'étonne pas venant d'un monégasque qui essaye de faire de la cuisine française.
De Erasiel
Célibataire | 16H39 | 10/07/2008 |
Cela fait très longtemps qu'Alain Ducasse ne fait plus de cuisine, toutes les personnes qui l'ont approché ces dernières années vous diraient que sa prétention n'a d'égal que sa soif de pouvoir et d'argent.
A trop se faire encenser en son temps (et avec justesse), Ducasse a tourné, comme un vin qui serait resté au soleil, il est devenu imbuvable.
De DOMINIQUE ALVES
RESP IMP EXP | 17H25 | 10/07/2008 |
DANS LE PAYS DE LA VANITÉ QU'EST LES ÉTATS-UNIS, DE QUEL DROIT PEUVENT-ILS CRITIQUER LES FAUSSES APPARENCES ? ?
ILS SONT VRAIMENT VANITEUX CES ÉTATS-UNIENS ! !
à DOMINIQUE ALVES
De Guillemette Faure
(auteur)
Eco89 | 21H39 | 10/07/2008 |
Dominique,
Je vous invite à débloquer les majuscules pour votre prochaine intervention. Merci !
De sinclair
21H29 | 10/07/2008 |
1 Ducasse n'est plus Francais
2 Il n'est plus Chef Cuisinier mais Patron d'une marque de restauration internationale pour Dandy pret a se faire pigeonner