
Pas un dîner chez les gens mais un « resto underground »

Il fut un temps où, pour choisir un restaurant, on cherchait dans quel quartier il se situait et ce qu'on y mangeait. Oubliez. Pour trouver cette table, on a envoyé un e-mail pour dire qu'on voulait venir dîner à deux. Un e-mail de réponse nous a proposé une date. La semaine venue, disait encore le message, nous recevrions les coordonnées exactes de l'endroit. On a confirmé.
Le vendredi en question, rendez-vous à l'adresse en question. On dira juste que ça se passe dans le centre de Paris.
Il y a d'autres gens que nous en bas de l'ascenseur. Ils apportent une bouteille dans un sac plastique, comme si on allait chez des amis. Si on croise des voisins, a prévenu le mail, on doit dire qu'on va dîner chez Laura.
L'essor des restaurants underground
On appelle ça un underground restaurant. A Paris, on a testé celui-ci, Hidden Kitchen (cuisine cachée) découvert grâce à Chocolateandzucchini, le délicieux blog de Clotilde Dusoulier. On a entendu parler du Chien Lunatique (on n'a pas testé).
Aux Etats-Unis, le site theghet.com, d'un autoproclamé « restaurant pirate », en a dénombré 70, deux fois plus que l'an dernier.
Laura, une toute jeune femme, ouvre la porte. Nous voilà rapidement à huit, avec nos sacs et nos manteaux, dans l'entrée d'un appartement d'inconnus. Il y a un code social pour les dîners chez des amis (on se salue) et pour les dîners au restaurant (on ignore ses voisins de table). Là, un peu de flottement : on ne sait pas encore bien comment se comporter avec ses futurs voisins de table.
On aperçoit Braden en cuisine. Laura apporte des verres de champagne dans lesquels flottent des graines de grenade. C'est joli. Encore deux verres et on sera tous à l'aise.
Parce que Braden et Laura sont tous deux américains et que l'adresse circule par bouche à l'oreille, ce soir là, les invités sont tous anglophones, de toutes origines : Américains, Indien, Pakistanais, Irlandais et trois Français.
La loterie des voisins
Direction la salle à manger et c'est la vision d'effroi. Une seule grande table avec dix places. On va manger tous ensemble, oui, avec ceux à qui on n'avait déjà rien à dire dans l'ascenseur.
Braden émerge en tablier dans la salle à manger, explique ce qu'on va manger. « Tartelette aux figues et aux anchois avec grains de muscat et salade au radis. » Ça ne ressemble pas exactement à un fond de tarte :
« Si je l'ai appelé tartelette, c'est juste parce que Laura ne voulait pas que j'écrive pizza. »
Nos voisins américains sont enseignants en Russie. Au troisième plat (et donc troisième verre), on apprendra qu'ils ont déménagé à Moscou avec un container rempli de déguisements. Elle est prof d'histoire et aime se déguiser en Charlotte Corday. C'est magique le vin.
Dix petits plats se suivront. Braden a travaillé à Seattle avec Tom Douglas, un chef qui lui a appris la liberté. Par exemple cette savoureuse roulade de porc au café avec une crème de patate douce.
Comment rangent-ils leur cuisine ?
A voir les assiettes sortir dix par dix de la cuisine, on se demande comment ils rangent tout ça chez eux. Tout est soigné : la petite soupière de crème aux cèpes arrive sur une assiette décorée de coupures de magazine de cuisine, les petits fours sont cachés dans une boite de bois argenté…
Quand arrive le gâteau au chocolat et au bourbon avec la mousse au kaki, Laura dit qu'elle est désolée : « Je pensais que le kaki donnerait à la mousse une couleur plus orangée. »
Voilà la note. Comme ce n'est pas officiellement un restaurant, ce n'est pas une addition mais une « participation suggérée » de 70 euros par personne. C'est cher pour un dîner avec des amis qu'on n'a pas choisis, mais correct, ramené aux dix plats et plusieurs verres de vin.

Pour Braden et Laura, l'idée en tenant une table d'hôte (c'est le statut des lieux) était de « rencontrer des gens nouveaux », de tester des recettes, de bavarder entre gourmets…
Les dîners déraillent parfois. Il y a celui qui a mal tourné quand des invités américains se sont harponné sur le sujet Sarah Palin. Une invitée l'a défendue. « Tiens, je ne savais pas que les républicains voyageaient », ça a fusé à l'autre bout de la table.
Ils nous parlent de l'invitée qui a parlé non-stop pendant tout le dîner et a gâché le repas de la table, du type qui s'est cru enfermé et a pété les plombs. Personne n'arrive à se lever. Comme à la maison donc.
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De Hassan_nasrallah
Situationistes | 17H57 | 21/11/2008 |
'Savent plus quoi inventer les riches blancs …
à Hassan_nasrallah
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 19H08 | 21/11/2008 |
On vous dit qu » il y a de la diversité Benneton , à ces diners, voyons ..
De puresonic
Contempteur irascible | 17H59 | 21/11/2008 |
Pas de taxes, pas d'impots, pas de normes à respecter : c'est vraiment cool….
Si en plus on y rencontre des gens extra-ordinairement
pas banal, c'est vraiment tendance.
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, pierr... | 18H35 | 21/11/2008 |
ouais bof
ce genre de bouffe qui ne ressemble à rien ne me dis pas trop
c'est rien que de l'epat
enfin ça voudrait
pour rencontrer des gens peut etre
encore qu'en ce moment avec la retraite à 70ans et le travail le dimanche si je tombe sur un ump je risque d'avoir envie de cogner
j'ai seulement dit « envie »
De yan
loin | 18H55 | 21/11/2008 |
si vous voulez manger avec des gens que vous ne connaissez pas pour par chère : le flunch !
De TARPON
18H58 | 21/11/2008 |
Que les gens soient habillés me choque un peu,ça enleve de la convivialite,mais pour 70 euros si on n'a que la bouffe…
à TARPON
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 19H11 | 21/11/2008 |
Et à poil sur le balcon, en cette saison , hein . merci bien .
( running gag)
De eskimo
19H14 | 21/11/2008 |
c'est au noir ou y a une fiscalité, non parce que l'underground c'est sympa mais si c'est juste pour se soustraire à la solidarité nationale …
à eskimo
De Guillemette Faure
(auteur)
Eco89 | 19H21 | 21/11/2008 |
Comme dit dans l'article, ils ont un statut de table d'hôte.
à Guillemette Faure
De eskimo
19H57 | 21/11/2008 |
pardon j'ai honteusement trollé …
en revanche le statut de table d'hote me laisse songeur …
sur le site de la chambre de commerce et d'industrie de paris je trouve ceci
« Il n'existe pas de définition légale de la table d'hôtes mais il s'agit de servir, dans une salle à manger de caractère familial, un repas traditionnel à base de produits régionaux, issus autant que possible de produits soit d'exploitations agricoles, soit du terroir.
Pour distinguer l'activité de table d'hôtes de celle de restauration traditionnelle, quatre conditions cumulatives doivent être respectées :
- constituer un complément de l'activité d'hébergement ;
- proposer un seul menu (sans possibilité de choisir les entrées, plats ou desserts) et une cuisine de qualité composée d'ingrédients du terroir ;
- servir le repas à la table familiale (il n'est donc pas possible de disposer plusieurs tables dans une salle réservée à cet effet) ;
- offrir une capacité d'accueil limitée à celle de l'hébergement (six chambres ou six tentes pour du camping à la ferme, par exemple).
Aux termes d'une réponse ministérielle (publiée au Journal officiel de l'Assemblée nationale en date du 26 avril 1999, page 2547), si l'une des conditions n'est pas respectée, la table d'hôtes devient un restaurant (voir la fiche Ouverture et exploitation d'un restaurant). »
le statut pose alors probleme (je m'en fous hein mais dans l'absolu je suis curieux) ?
De Waldeck
Naufragé en Sarkoland | 19H24 | 21/11/2008 |
Question :
- « Est-ce qu'au bout de quelques coupes, les agapes prennent une tournure “tournante” ? »
Réponse :
- « Oui, mais sur le balcon ! »
De dijou
Esclave d'une SSII | 19H25 | 21/11/2008 |
Il y a comme un parfum d'initiation à participer à ce genre de repas, on peut avoir envie de se sentir priviligié un court instant. Personnellement je préfères aller au restau pour pouvoir partager un moment avec ma compagne et/ou mes amis et sortir du cadre habituel. Je dirais le plus souvent dans ce cas là parce que rien n'empêche en effet de tester une formule où on découvre à la fois la cuisine d'un chef et des personnes inconnues.
Il doit y avoir de bonnes surprises comme de mauvaises, cf les autres clients casse pied ou le menu passable.
A Toulouse j'ai entendu parler au moins d'un restaurant/table d'hôte dans le genre. Il y a aussi un restau officiel « la pelouse interdite » qui a toujours fonctionné uniquement par le bouche à oreille , sans pub, et même si c'est relativement connu maintenant ils restent encore à découvrir pour beaucoup. Pas d'enseigne depuis la rue, on sonne à une porte mal peinte et un peu déglingue. La devanture conserve depuis des lustres un store tout déchiré et le rideau est fermé le soir.
En tout cas un lieu agréable et pas trop bobo et convivial.
De Boo_N
stagiaire RH | 19H26 | 21/11/2008 |
Moi je trouve que ce type de resto font du tort aux vrais restos qui eux déclarent leurs chiffres d'affaire, payent des impôts sur les sociétés, des charges sociales, et participent à l'économie du pays en embauchant des serveurs, cuisiniers…
Si encore ce type de resto étaient peu cher, on pourrait y trouver un avantage mais là à 70€…
De plus, comment s'assurer de la qualité de la nourriture ? Aucun contrôle sur les dates de péremption, l'hygiène, la sécurité des lieux…
Est-ce que leur appartement est fait pour recevoir 10 personnes ou plus ? Y-a-t-il des sorties de secours ? Des extincteurs ? …
Contre qui se retourner en cas d'incendie ?
Franchement, ici à Toulouse pour 50€ on a un super menu dans de bons petits restos avec de bons vins !
Si ce genre de concept plaît, pourquoi ne pas créer ce concept de « resto-appart » mais légaux plutôt que de rester dans l'économie parallèle ?
Ces personnes préfèrent se mettre 700€ dans la poche (moins les coûts des matières premières) que de contribuer à la société dans laquelle elles vivent…
à Boo_N
De La framboise enragée
( kärcher fruitier ) | 21H16 | 21/11/2008 |
Exact Boo_N, c'est ce que j'ai pensé d'emblée, peut être parce que j'ai bossé en restauration. Les restaurateurs qui paient taxe professionnelle, URSSAF, TVA et se tapent des contrôles pointilleux à répétition et des horaires infernaux tous les jours (9h00-0h00) apprécieront !
Mais c'est le propre de la pensée bobo de réclamer du sociââââl avec l'argent des autres, de se faire arnaquer à donf tout en croyant au bon plan, de circuler doucement en te poussant du guidon sur le passage piéton. Des gens citoyens, comme ils disent…
J'attends avec impatience la première salmonellose underground qu'on se marre !
De unouveaucompte
19H41 | 21/11/2008 |
comme le chante grand corps malade
« underground »
« Et après chaque représentation, je mange du foie gras et des sushis »
« Et désormais je vais au marché de Saint-Denis en chaise à porteur
Je continue de slamer dans des bars mais je veux venir avec mes sponsors
Puis faut me fournir un costard et un manche de micro en or
Si j'ai changé c'est dans le regard des autres car moi je vous le répète
Je suis resté underground, parc'qu'underground c'est dans la tête »…..
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 19H59 | 21/11/2008 |
Les Thévenot viennent dîner chez les Sénéchal. Surprise : le repas était prévu pour le lendemain.
Une étude cynique et sans complaisance de l'hypocrisie bourgeoise qui épouse les chemins du rêve.
Synopsis ( maintenant , on dit « pitch » ) du film de Bunuel « Le charme discret de la bourgoisie “ 1972
De TARPON
19H59 | 21/11/2008 |
LEGISLATION Tables d'hôtes.
http://www.inforeg.ccip.fr/L%27exploitation-d%27une-table-d%27hA%B4tes-f…
interessant ,ces tables d'hôtes ,si j'ai bien retenu les tarifs doivent etre affichés à l'entree du batiment,une note detaillee doit etre remise à chaque participant,des conditions d'hygiene precises.
J'insiste au cas où Guillemette essaierait de passer ça en note de frais ,que PIERRE puisse verifier que cela est RECEVABLE.
à TARPON
De eskimo
20H11 | 21/11/2008 |
et a priori il faut dormir sur place
« offrir une capacité d'accueil limitée à celle de l'hébergement (six chambres ou six tentes pour du camping à la ferme, par exemple). »
à eskimo
De TARPON
22H11 | 21/11/2008 |
« Non, mais sur le balcon, on peut. »
De Gina Grimont
20H00 | 21/11/2008 |
70 euros ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! Cher le resto clando pour bouffer entassés à 10 avec des gens que tu connais pas ! ! Y sont masos, les bobos ! ! Et ils sont entrain de nous faire un drôle de monde !
À Toulouse, y'à ça dés le printemps, dans les maisons avec jardin ou cour, c'est à dire partout, on peut y aller tout seul-e ou en bande, on sera dehors à l'air doux, on discute ou pas, on rencontrera les potes, on paiera 5/12 euros !
Tout les matins que je me réveille, je suis contente d'avoir quitté Paris !
à Gina Grimont
De mioumiou
23H19 | 21/11/2008 |
Des maisons avec jardin partout à Toulouse ? T'habites dans quel quartier de Toulouse ? Peut être chez les bobos de Toulouse alors, parceque franchement ce n'est pas donné, je le sais je suis Toulousain …
De chtekroipa
incrédule | 20H06 | 21/11/2008 |
Pas trop bobo ? ! .. à 70 boules le couvert, et vu la confidentialité et le coté « hype » du concept, ça a l'air vachement démocratique et populaire comme gastos..
De Chocho
salarié | 20H07 | 21/11/2008 |
Je sens que La DGCCRF, l'URSAFF et l'Hygiène risquent également de trouver le concept intéressant (même si le supposé statut des lieux est une table d'hotes)…
De wayakun
20H09 | 21/11/2008 |
Ce type d'endroit s'apparente plus à une cantine pour bobos friqués (pléonasme)qu'à un restau underground.
A 70€ le repas, ils ont apparemment trouvé des gugusses pour faire fonctionner leur petit commerce non déclaré.
Convivialité forcée, fumage de clopes sur le balcon, dérapages incontrôlables, moi je dis bof bof bof les bouffons…
à wayakun
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 20H28 | 21/11/2008 |
C'est parce ce que t'es pas un riche blasé de tout qui a tout essayé et qui est obligé de se trouver tout le temps de nouvelles conneries excitantes ! Tu peux pas comprendre , Wayakun ( moi non plus d » ailleurs..)
à wayakun
De TARPON
20H30 | 21/11/2008 |
sans doute ,mais certains peuvent apprecier ce type d'experience,ne leur gachons pas leur plaisir.C'est leur droit.
à TARPON
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 20H36 | 21/11/2008 |
Tant qu » ils ne s » amusent pas jeter des esclaves dans le bassin aux murènes, effectivement , ils font ce qu » ils veulent .
De mOsh
_ | 20H26 | 21/11/2008 |
Non mais quelle horreur ce genre de soirée ! plus ça va plus j'me complais dans ma misanthropie.
Supporter des gens que tu connais pas sans pouvoir tripoter les femelles attablées ? Mais d'un chiant j'vous jure, avis perso ! ! !
Franchement, les bobos c'est comme leur noms, ridicule. Avis perso oeuf corse.
à mOsh
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 20H38 | 21/11/2008 |
Ils ne sont pas tous comme ça , les bobos . il y a en a qui font des choses encore beaucoup plus ennuyeuses ..
à Numerosix
De TARPON
20H44 | 21/11/2008 |
racontes ….