Dorkbot Paris, une étrange bande de bidouilleurs de sons

Un atelier Dorkbot (DR).

« People doing strange things with electricity » (« des gens qui font des trucs bizarres avec de l’électricité »): c’est la marque de fabrique de Dorkbot, vaguelette d’ateliers protéiformes composés de gens de toutes sortes: artistes, ingénieurs, hackers, étudiants, designers et chercheurs.

La neuvième édition de la cellule parisienne a lieu ce vendredi à la Cantine à partir de 20h30, avec comme entrailles digitales à livrer au public: la création et le détournement de logiciels.

Depuis l’an 2000 se propage à travers le monde un virus dorkbotien qui réunit un groupuscule d’allumés passionnés de bidouillages en rapport avec l’électricité.

Le phénomène Dorkbot (« dork » pour pauvre type et « bot » pour automate) est né à New York sous l’impulsion de Douglas Repetto, directeur de recherche du centre de musique par ordinateur de l’université de Columbia, créateur entre autres de sculptures électroniques diablement fêlées.

Aujourd’hui, ces micro-organisations indépendantes et alternatives pullulent à travers 70 villes: de San Francisco à Melbourne, en passant par Pékin, Londres, Bombay ou encore Bahia.

Arts électroniques et détournements technologiques

C’est un refrain fredonné par le Dorkbot parisien depuis janvier 2007 sur une scène digitalement bizarroïde et éclectique. Au fil des éditions se sont multipliées les décortiquations d’oeuvres folles et inclassables, ainsi que les rencontres hybrides entre inventeurs excentriques. Même le public peut rapporter et présenter ses propres travaux.

D’un point de vue musical, vous avez pu découvrir le circuit bending, une étrangeté chérie par les enfants. Un fer à souder, des câbles crocodiles, une mini-perceuse, des jouets ou claviers électroniques des années 70-80 comme attirail de base: ces ingrédients intersidéraux leur et vous permettent de créer des sons électroniques tout chauds, tout cosmiques rien qu’en ouvrant le boitier de ces jouets ou instruments puis en connectant différents points de leurs circuits internes de manière non prévue à l’origine.

Un des membres actifs du Dorkbot Paris, Boring Machine aka David Steinberg, est un fou furieux en la matière.



« Boring Machine »

Ce soir, à la Cantine, le virtuel envahissant va continuer son épopée de façon ré-créative avec la collaboration de Dorkbot Second Life. Second Life, vous connaissez sans doute? Cet univers virtuel, persistant, en ligne où vous vous glissez et vivez dans la peau du personnage de votre choix, à juste titre dans une seconde vie.

Architectes, designers, illustrateurs, graphistes, scripteurs, animateurs, photographes, concepteurs de jeux, musiciens, machinimistes, DJ construisent l’histoire de Second Life, communauté créative qui préfigure le web de demain.

Des artistes dorkbotiens qui ont pris d’assaut les joies virtuelles de ce monde en 3D vont vous livrer ce soir moult performances en live comme des films digitaux créés à partir de moteurs de jeux.

Pour les plus largués d’entre-vous, qui voient Second Life comme une immense nébuleuse, l’univers virtuel sera défloré en long, en large et surtout en travers par Nicolas Barrial, consultant Second Life chez ExtraLab. A noter que cette neuvième édition de Dorkbot sera retransmise en direct au sein de Second Life et vice-et-versa!

Dorkbot sur Secondlife (DR).

Au rayon musiques non académiques, Maxime Marion est un inventeur drôlement surprenant, un génie de l’illusion virtuelle. Au gré de votre surfing sur la Toile, il vous arrive banalement de vous arrêter sur des pages d’artistes musicaux… tout est normal pour l’instant, mais le seul hic, c’est ce que ces artistes n’existent pas dans la vraie vie.

Ce n’est pas de la science-fiction, mais une invention estampillée Maxime Marion. Cet artiste numérique et musicien a créé un programme informatique qui génère automatiquement des noms de groupes, d’albums et de chansons, des styles musicaux ainsi que la musique elle-même. La nature de ces fruits musicaux est bien entendu expérimentale.



« Enslyon - Forint » de Maxime Marion

Dans la même veine « do it yourself » que Dorkbot Paris, en plus militantiste, la Générale (projet de recherche artistique) va prochainement abriter un espace de diffusion et de réflexion indépendantes sur le rapport art/science, art numérique/vulgarisation scientifique.

Face au conditionnement des citoyens à des utilisations pacifistes de nouveaux outils comme la vidéo surveillance, certains artistes contemporains interviennent pour détourner ces technologies et en toucher les points sensibles. Rien qu’avec votre pass Navigo par exemple, on a le pouvoir de reconstituer vos trajets au quotidien.

Le contre-pouvoir, plutôt que l’obstruction totale à la technologie, est une solution critique saine pour exprimer ce qu’il se passe pour de vrai dans notre société…

Dorkbot Paris ≠9 à la Cantine, 151, rue Montmartre, dans le Passage des Panoramas, Paris IIe - vendredi 21 à 20h30 - entrée libre - plan.


En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.

 
18H22 21/03/2008

Paradoxalement, cette musique a quelque chose de primitiviste.
Les musiques Banda, de Centre Afrique que j’écoutais voilà plus de trente ans ont des liens avec cette musique que je ne déteste pas. Il faudrait écouter divers morceaux. Intéressant!

 
20H09 21/03/2008

visitez http://larumeuru.free.fr et donnez votre sentiment.
là c’est plutôt naïf comme genre, mais ça cherche.

 
22H40 22/03/2008

Deux réactions pour Agnès Aokky
La cause à qui Aokky
Aux bidouilleurs de sons
Les Français ne sont pas curieux
Deux réactions pour Oakky ne comprend pas ce qui se passe
C’est comme pour Picasso Ykkao
C’est plus fort que moi
Mais les sonorités de ton nom
Pardon
Ne pouvaient qu’entrainer cela
Vive les bidouilleurs
Vive les chercheurs

 
Agnès Aokky | Soundwriter
23H04 22/03/2008

Aokky d’accord,
ça n’a point cassé la baraque cher pikasso,
ze next time j’aguicherai les internautes avec un lasso au parfum de scandale, un truc maso, pourquoi pas…
je vais trouver ça dans mon portefeuille de bizarreries

 
Network 23 | identité perdue dans mes papiers
02H21 24/03/2008

Comment écrire en écoutant?

Chut, je me tais:

http://www.lastfm.fr/music/Muslimgauze/+videos/+1-V_VBRgrDnzU

 
Agnès Aokky | Soundwriter
08H19 24/03/2008

Merci pour le lien.
Ca me fait penser à Nusrat Fateh Ali Khan…

 
13H43 28/03/2008

Un exemple de leur « bidouillage » que l’on peut voir dans cette video a été parallèlement codé par l’artiste japonais Toshio Iwai dans son jeu « Electroplankton ».
De même que la réutilisation du moteur d’un jeu pour faire des séquences vidéo sont aussi appelé des Machinimas. Si ça vous intéresse plus d’info dans ce billet.