
DJ Mujava, sensation électro venue d'un township de Pretoria

Elvis Maswanganyi a passé ses vingt-et-une premières années à Attridgeville, un township proche de Pretoria. Un township tranquille, comme les autres. Un paradis qui sent bon l'avenir et l'espoir. D'ailleurs, en zulu, Attridgeville se dit « Phelindaba » ou « Pheli », « fin de l'histoire » en français.
Un sobriquet qui vient aussi de l'ancien site nucléaire du périmètre. Ciel bleu, air pur. Pour terminer le tableau, Attridgeville se distingue par ce dernier petit charme : depuis 1956, le township a engendré une demi-douzaine de serial killers. La plupart des victimes sont des femmes.
Mais Elvis grandit avec autre chose dans la tête. Des sons. Il est le seul dans la famille. Mais pas question d'aller étudier la musique à l'école. Pas les moyens.
Alors un jour, c'est un des grands frères qui décide de lui payer un ordinateur. Comme ça, il va pouvoir accoucher de ses idées de production. Enfin.
Les taxis assurent le buzz de ses premières compositions
Alors il compose, il produit. Assez vite il est relayé par les « community stations », ces radios qui font et défont le son du township.
Et ça démarre. Ça plait. A tel point que les taxis qui sillonnent la ville, attirés par le buzz, viennent lui réclamer ses titres devant chez lui. Et les jouent à longueur de journée, comme autant de DJs sur roues. Promo phénoménale.
Le son du township, c'est lui. Mais tout va un peu trop vite à son goût, et il veut garder le contrôle. Alors il s'initie au management musical, histoire d'avoir des notions contractuelles et de ne pas se faire « endormir » par l'industrie du disque, déjà sur le coup.
Il décide finalement de s'associer à CRY, un producteur de Gospel qu'il fréquente depuis qu'il chante à l'église et qui lui propose de démarrer un projet house. Ils fondent ensemble le label « House Therapy Productions ».
Un label anglais, crème de la crème électronique, le repère
Dès lors, les collaborations s'enchainent : Bujo Mujo, Casablanca (DJ Floit), DJ Cee, Ghetto Skwatt (Hip Group), Simon Makhatholele (Gospel), Tsala & Spoko. En parallèle, il sort ses premiers albums : « House Assignment 1 & 2 », « Bass & Drums 1 & 2 », « DJ Mujava presents Getto Skwatt », « House Rawkers » et dernièrement « DJ's by Nature ».
Puis vient l'heure, récente, de l'association avec Sheer Music, un gros label indépendant sud-africain qui lui ouvre les portes du reste du monde.
Le label anglais Warp, crème de la crème électronique, repère très vite « Township funk », une bombe minimale calibrée pour les dancefloors UK. Tout de suite plébiscité et rélayé par les blogs musicaux, le titre est cartonné par BBC 1, FM toute-puissante outre-Manche.
Le track est d'une pureté limpide. Une basse synthé qui n'est pas sans rappeler « Flashback » de Laurent Garnier, un beat ensorcelant entre broken et house, un clip « ghetto made », ce bijou est voué à retourner tous les dancefloors d'Europe et d'ailleurs.
La « township touch » débarque en force.
- 12981 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque






















27
(Pour réagir, connectez-vous)
De christlo
Graphiste en Info | 17H04 | 25/09/2008 |
Vive la Townshiptonik ^^
De kane85
17H25 | 25/09/2008 |
waouh ! du super ! j'adore ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
De dommarco
travailleur | 17H49 | 25/09/2008 |
L'Afrique du Sud est au top niveau de l'infos musicale et de la technologie. C'est pas un hasard si les Master At Work font le déplacement pour remixer de la House sud africaine ;
le mouvement actuel s'appelle le kwaito, qui veux dire dangereux, et qui regroupe le hip hop, le dancehall et la house music. la production est énorme.
En tanzanie il y a le bongo flava, et les masaïs sédentarisés se mettent au rap, et ça ne s'arrête pas là l'afrique produit de la musique en quantité cosmique.une musique moderne, polulaire et urbaine qui n'a rien à envier a la production américaine du genre et encore moins à celle d'Europe.
Nous ne serons véritablement au courant que dans une vingtaine d'années, empêtrés que nous sommes dans la sclérose d'un nombrilisme culturel.
C'est triste mais c'est comme ça. Le boum des radio libre fait vraiment partie d'un passé lointain.
à dommarco
De Tyb
(par ici, par là) | 19H10 | 25/09/2008 |
bah en suivant un peu sur le net on peut se tenir facilement au courant quand même, entre la baile funk et le kwaito tout ça est virtuellement assez médiatisé par les passionnés
bon par contre les médias traditionnels dont clairement plus leur boulot, mais bon ça fait longtemps qu'on le sait et qu'on se passe d'eux non ? ; )
à Tyb
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 09H59 | 26/09/2008 |
En média mainstream, il y a quand même eu l'excellent emission « l'Afrique Enchantée » sur France inter qui parle régulièrement, et depuis plus de deux ans, des musiques urbaines du continent.
Evidement, c'est une emission d'une heure de la grille d'été, mais je peux vous dire qu'elle a eu un sacré succès. Beaucoup de gens (dont moi) n'ont allumé leur radio cet été que pour écouter cette émission.
à dommarco
De micke
utopiste | 19H35 | 25/09/2008 |
hey ! ca bouge enormement en asie et am du sud aussi
à dommarco
De fimboyantembe
architecte | 23H42 | 25/09/2008 |
super effectivement
à propos de bongo flava
rdv à
http://www.mediapart.fr/club/blog/tristan-guilloux/280708/intermede-du-s…
pour retrouver Professor Jay,
ou encore Kinshasa pour retrouver Bebson et son groupe Trionix
http://video.google.com/videosearch ? q=bebson&hl=fr&emb=0&aq=f#
que la chaine continue
à fimboyantembe
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 10H22 | 26/09/2008 |
Merci pour le lien sur Bebson ! ! !
serieux, ces types méritent qu'on investisse dans la production de leur musique. Je ne sais pas où en est Bebson, mais franchement, si il lançait une souscription pour s'autoproduire ou pour financer une tournée de concert, je participerais (à ma mesure) avec plaisir.
à Azza
De fimboyantembe
architecte | 23H32 | 26/09/2008 |
malheureusement( ? ) il est retourné au Congo. et il ne participe plus aux tournées . Mais ces tournées lui sont-elles vraiment profitables ? Il faudrait lui demander. Mais continuons de rester à Kin avec les Benda Bilili… sex machine
http://www.dailymotion.com/video/x1ir22_staff-benda-bilili-et-le-sex-mac…
merci pour eux,Kinshasa est vraiment un creuset de musiques.
à bientôt
De SUTURAMA
cicatrisé | 18H24 | 25/09/2008 |
Ouai, le Kwaito c'est d'la balle…
J'avais pris une claque en découvrant ce son grâce au film « Mon nom est Tsotsi » et sa bande son composé notamment par Zola, le boss du Kwaito…C'est aussi une danse impressionante, mélange de break et de danse Zulu locale…
Après, pour qui aime la musique et s'y intéresse vraiment, pas besoin d'attendre 20 ans pour découvrir ce qui émerge aujourd'hui dans le monde sonore…
à SUTURAMA
De fimboyantembe
architecte | 23H50 | 26/09/2008 |
oui bien évidemment le groove de Zola
http://video.google.com/videosearch ? q=doc+shebeleza&emb=0&aq=f#q=zola&em…
mais aussi Doc Shebeleza, plus rude dans sa chanson S'Kumfete
Mais quittons nous sur les fondamentaux avec Brenda Fassie
http://www.youtube.com/watch ? aq=f&emb=0&eurl=http%3A%2F%2Fvideo.google.c…
De indlulamithi
d'ici et d'ailleurs | 18H30 | 25/09/2008 |
on reconnait tout de suite au rythme que c'est une musique faite en Afrique du Sud
…et ca danse du feu de dieu !
Mille merci d'ouvrir une fenêtre sur l'excellente production musicale sud-africaine (je ne vais pas refaire le post de dommarco mais je m'y retrouve)
par contre, pas sure de la labellisation « township touch » …
parce que le mouvement musical sud-africain est bien plus large et complexe que ca. L'expression me semble réductrice et fait d'ailleurs écho à la manière dont on labellise certaines musiques dans les mass media (musique ghetto, banlieue, et j'en passe). L'expression a le mérite d'offrir un « point de comparaison » avec ce que l'on « connait » ici, mais elle n'a aucune valeur la-bas. Le clip n'a pas d'ailleurs pas lieu dans un township, ce qui pourtant aurait été facile, je ne le trouve absolument pas « ghetto made », ni revendiqué comme tel.
Peut-être aussi justement parce que ces artistes nous proposent autre chose…
De glafouk
19H22 | 25/09/2008 |
Baheu, j'suis pas fan de la réclame, mais j'me dit que là ça peut être utile. Donc je vous invite (pour les parisiens, enfin heu les autres aussi peuvent venir vu que « ceux qui l'aiment prendront le train ») à aller squatter les soirées Chocomix à l'occasion, et comme ça vos oreilles se rendront compte qu'effectivement il se passe des trucs dans l'ailleurs. L'infoline serait genre par là : http://www.myspace.com/chocomix
De péchou
Etudiant élève ingénieur | 19H51 | 25/09/2008 |
Eh les mecs …
C'est pas nouveau … Africanism vol1, vol2 … Ca vous dit quelque chose ?
De dommarco
travailleur | 21H42 | 25/09/2008 |
L'intérêt de la house africaine c'est qu'elle va travailler les beats et casser la rythmique binaire qui empoisonne la techno et la house européenne.
La créativité est là, mais elle est corrompue par l'idée que l'on se fait de la demande, c'est ainsi que le super titre de Fireball est remixé par Bob Sinclar en en une soupe finalement fade à coté de l'original.
C'est sur que pour qui veux s'informer, le net est parfait, mais cette info est dispatchée, elle ne permet pas forcément à un grand nombre de découvrir et d'affiner ses gouts, et finalement de créer un marché varié. La volonté de formater la demande par une offre édulcorée est insuportable pour quiconque à vécu des instants fabuleux de découverte.
Le sujet est vaste, mais finalement ce sont bien les médias traditionnels qui ne font plus leur boulot. la France en comparaison des autre pays européens est particilièrement touchée par cette malédiction.
à dommarco
De Benjamin_paris
11H02 | 26/09/2008 |
La base de la house est justement ce rythme binaire.
Si vous l'enlever ce n'est plus de la house, c'est autre chose : du breakbeat, de la Drum n'Bass, Nu dance, …
De Crr
22H02 | 25/09/2008 |
DJ Mujava sera aux Trans Musicales le samedi 3 décembre.
J'y serai !
De marie.sauvage
Apatoudi | 23H40 | 25/09/2008 |
La musique en Afrique du sud c'est aussi Busi Mhlongo, Thandiswa, Freshlyground, Tumi and The Volume. Que de la très bonne musique !
De gregos
voyageur | 00H00 | 26/09/2008 |
Bizarre ! Je vis la moitié du temps en Afrique du Sud, l'autre moitié en France. Le Kwaito est certes très connu mais cet artiste est purement inconnu. Les radios sud-af passent généralement des titres venant directement des radios d'universités américaines. Ici, on entend donc surtout du gros rock qui tache mais l'électo est assez confidentielle (à JHB…pour Cape Town, souvent plus « moderne », je n'ai pas d'avis objectif). Bref….ce phénomène n'en est pas un, sauf pour quelques médias.
à gregos
De keumar
Indé | 02H16 | 26/09/2008 |
Ouais… Y'a aussi des fans de Johnny qui ne connaissent pas NTM.
De Africaviking
Emigré | 09H01 | 26/09/2008 |
vous trouvez pas que le beat ressemble tres fortement a du coupé décalé ?
De temptfate
Ingénieur | 10H39 | 26/09/2008 |
Quatre notes qui se battent en duel sur une rythmique lassante, cela reste trop pauvre musicalement pour moi.
J'ai eu l'impression d'écouter les musiques accompagnant les jeux de bornes d'arcade d'autrefois.. en moins intéressant.
De Hector Elis
Voleur de plaques d'égoûts | 11H51 | 26/09/2008 |
Vous êtes sérieux quand vous criez au génie ?
Je veux pas être désagréable mais ce sont des vieux sons tout pourris remis en boucle. D'ailleurs on entend la boucle (entendu sur l'un de ses morceaux mis sur myspace).
Ou alors c'est le fait qu'il vienne d'Afrique du Sud qu'on trouve que c'est génial.. je reste perplexe devant tant d'éloges.
De dommarco
travailleur | 14H29 | 26/09/2008 |
Génial ou pas, c'est une musique comme le kuduro angolais(voir l'article de Jean Christophe Servant dans le monde diplomatique) qui est faite avec des bouts d'allumettes. Le Kwaito peut paraître pauvre, mais si l'on écoute la production clonée et effective à grand renfort de technologie de chez nous y'a pas photo. Et puis dans la sphère de la techno et de la house internationale, on a pu entendre des choses beaucoup plus pauvres musicalement.
Il serait peut être plus honnête de reconnaître que les musiciens africains se sont adaptés remarquablement à la modernité en moins de trente ans en sachant que des artistes comme P square ou 2Face du Nigéria ont un niveau quelquefois supérieur à leur homologues anglo saxons ou afro américains, je ne parle pas de ceux de chez nous.
Quant au coupé décalé, c'est une musique excessivement pauvre qui ne concerne qu'une partie de l'Afrique de l'ouest et de sa diaspora et qui aurait bien du mal à percer dans les charts internationaux. C'est d'ailleur moins une musique qu'une danse, et tout comme la sempiternelle rumba congolaise, elle est condamnée à disparaître à terme.
Ce qui est intéressant, c'est que des massaïs se mettent au Hip Hop, c'est que des rappeurs togolais chantent en français avec un flow qui défie toute concurence, c'est que le soca explose dans tous les pays anglophones, que des colombiens de la cote ouest du pays fassent une musique africaine à partir de la base des disques que leur ramènent les marins, et qui leur appartient complêtement. Ce qui est grave, c'est que nous pourrions aimer tout celà mais que celà nous est interdit par le manque de curiosité, le nombrilisme et l'autosatisfaction de notre propre production et le conformisme des responsables de l'industrie discographique.
à dommarco
De hood
Cordiste | 19H14 | 26/09/2008 |
J'aurais jamais pu dire mieux : )
Mais où fouiller ? Le net permet des choses, mais c'est dur de choisir une direction et de trouver des pistes…
De dommarco
travailleur | 21H33 | 26/09/2008 |
Pour répondre à hood et à ceux qui s'y intéressent voici quelques adresses :
Pour la musique du monde, populaire et urbaine et autres le site de référence est le suivant :
http://www.sternsmusic.com/search.php ?
taper stern music sur la page google
pour le spanish hip hop :
http://www.brownpride.com/reviews/review.asp ? a=53
pour le soca/jump up :
http://www.toronto-lime.com/
pour la salsa, reggaton, boogaloo, etc :
http://www.descarga.com/cgi-bin/db
pour la musique du nigeria :
http://www.onlinenigeria.com/music/
taper nigerian music
ensuite il suffit de prendre un artiste et de connaitre son distributeur ou son label et taper le nom, beaucoup de labels sont consultables en ligne avec la liste des artistes. je ne saurai dire quoi faire pour trouver la musique. Il est possible d'acheter en ligne pour rester dans la légalité.
Après posséder quelques piste ça va tout seul.
L'avantage de stern est que le site permet de connaitre tous les labels les pays etc ainsi que d'écouter pendant 1 mn certaines références.
Remercions Marc Linet et souhaitons lui bonne continuation. et à votre clavier les p'tits gars
De Vibrations
editeur | 09H32 | 30/09/2008 |
Pour information le magazine VIBRATIONS vient de sortir son noveau N° avec en couverture le celebre DJ MUJAVA à vos kiosques