
Une illustration des périls de la loi sur l'autonomie des universités
Voici un courrier qui pourrait bien contribuer à jeter beaucoup d'huile sur le feu qui couve actuellement dans beaucoup d'universités françaises à propos de la loi sur l'autonomie des universités. Le 6 novembre dernier, le directeur de Sciences Po, Richard Descoings, a adressé une lettre aux anciens élèves du prestigieux établissement de la rue Saint-Guillaume. Elle mérite d'être ici reproduite dans son intégralité et se passe presque de commentaires :
Paris, le 6 novembre 2007
Cher X,
Révolution dans le monde de l'Université et des Grandes Ecoles : le Parlement a décidé cet été que c'est de plus en plus par des crédits d'impôts au bénéfice des particuliers et des entreprises que seront financés les établissements d'enseignement supérieur et de recherche.
Ainsi, 66 % des dons que vous accepteriez de faire à Sciences Po en 2007 seront déductibles du montant de l'impôt sur le revenu que vous paierez en 2008 (dans la limite de 20 % de votre imposition). Et si vous êtes redevable de l'ISF, vous pourrez verser à Sciences Po jusqu'à 50.000 euros au titre de cette imposition.
En somme, vous avez désormais le choix entre verser vos impôts à l'Etat ou bien vous en acquitter, à hauteur des 2/3, par une affectation dont vous décidez vous-même.
Cette révolution financière est aussi une révolution culturelle. Elle me conduit à vous demander de soutenir Sciences Po, à titre personnel, ce que, contrairement aux universités anglaises ou américaines, on n'a pas l'habitude de faire en France. Nous allons être sûrement nombreux à nous concurrencer pour tenter de vous convaincre. Saine émulation !
Alors pourquoi choisir Sciences Po plutôt que les autres ? Et, dans ce cas, à quoi servira votre argent ?
Choisir Sciences Po aujourd'hui, c'est nous juger sur des résultats : l'intégration internationale des études, la diversité sociale du recrutement de nos élèves, la professionnalisation de notre diplôme qui confère désormais le grade de master, la présence de nos chercheurs dans tous les grands débats de société.
Soutenir financièrement Sciences Po aujourd'hui, c'est nous permettre d'être un champion universitaire français dans la compétition internationale. Les idées, le sens de l'innovation, l'énergie, nous les avons, vous le savez. Avec vous, et seulement avec vous, nous réunirons les moyens de réaliser cette ambition.
Vous pouvez plus précisément vous informer sur notre campagne de levée de fonds sur le site : www.construire.sciences-po.fr
Avec toute ma gratitude et l'engagement personnel de mériter votre confiance,
Richard Descoings
Financé depuis 1946 par une Fondation de droit privé (la Fondation nationale des sciences politiques) et par l'Etat, Sciences Po dispose d'une longueur d'avance dans la compétition à laquelle vont désormais se livrer les universités françaises. Son directeur entend bien en profiter.
Malheureusement, les concurrents ne sont pas tous sur la même ligne de départ et l'Etat ne fait rien pour placer les universités en position d'égalité initiale.
Dans ces conditions, il y a fort à parier que l'argent ira à l'argent et que les universités dont les élèves sont pauvres et qui dispensent des enseignements n'intéressant pas les entreprises tombent en déshérence.
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De jojo1er
21H39 | 08/11/2007 |
Gueuler aussi fort pour ça…
Jojo1er, apprenez le silence aux fous.
De
19H25 | 08/11/2007 |
d'une université, qui n'a pas mis en place assez de TD pour ses étudiants, ceux-ci ayant pourtant payé leurs frais (en hausse) ?
Que dire d'une université qui supprime les filières à faible rendement, manque d'étudiants, donc peu importe l'intérêt de la filière ?
C'est tout cela l'autonomie des universités, des décisions fondées non sur l'intérêt universitaire, mais sur l'intérêt économique.
Quant au fait que les petites universités de province ne vont pas s'en sortir, c'est une certitude.
http://anthropia.blogg.org
De
19H33 | 08/11/2007 |
Le souci de cette démarche n'est pas l'entree des entreprises à l'université, c'est surtout, l'abandon de la jeunesse par ce président qui ne compte que 40 amis (cac 40) 15 milliards pour eux et rien pour les autres (ah si 750m€ pour l'immobilier, pour les pauvres quoi, ceux qui achetent les apparts un par un seulement)
Sarkozy se contrefout de la France et de sa jeunesse, il voulait etre acteur hollywoodien, c'st pour cela que son fils joue la comedie pour faire comme Papa…
Les étudiants sont des cons pour l'UMP, seuls comptent les enfants de mes amis, tu imagines un mec a qui on apprend a reflechir, a penser, a critiquer ! ! ! ! ! ! et puis quoi encore, il faut aider TF1, Direct 8 et ca suffira pour comprendre le monde ! pas besoin de l'université, des ecoles d'ingenieurs, de l'ENA, de sciences PO, pfiiitttt, a quoi ca sert a rien et Monsieur Sarkozy il va nous expliquer, comme au congres que ce qui est bien c'est dixit John Wayne, Charlton Heston (Mr vive les flingues, les finlandais lui disent merci)… Sartre, giraudoux… ils savaient même pas qui etait zidane pour te dire. Non, moi je dis on vend les locaux des universités et on les remplace par des ecrans de télés, c'est mieux et ca coute moins, merci Nicolas, on a compris.
De cogitons
19H48 | 08/11/2007 |
Les présidents des universités qui sont des universitaires élus s'expriment enfin publiquement. Il était temps !
Ils disent clairement que la loi d'autonomie est bonne pour les universités contrairement à ce qu'annoncent les syndicats d'enseignants et d'étudiants de gauche et d'extrême gauche. Alors…on va laisser faire ces irresponsables. Ce gauchisme « intellectuel » a déjà fait beaucoup de mal à notre pays au 20°siècle : rappelez-vous les Sartre et Cie avec une certaine intelligentsia qui prêchaient le communisme. Ce n'était qu'une monumentale erreur de jugement ? Le communisme a fait des MILLIONS de mort par le monde et appauvri tous les pays qui y ont adhéré…
à cogitons
De
19H59 | 08/11/2007 |
Cogitons ?
Passe qu'y s'mettent à plusieurs pour être aussi cons ?
Très forts.
De
19H55 | 08/11/2007 |
jeudi 8 novembre 2007 (18h23) :
L'AG de Nanterre vote la Grève, l'occupation et le blocage.
Compte rendu de l'assemblée générale de Nanterre du jeudi 8 novembre 2007 :
NANTERRE REJOINT LES FACS EN GREVE ! ! ! !
L'assemblée générale a réunit aujourd'hui autour de 1000 personnes.
Après un débat important sur le contenu de la loi, ses conséquences et les moyens a utiliser pour lutter contre son adoption,l'AG a voté à une écrasante majorité pour :
* La grève * Le blocage dés demain matin * L'occupation dés ce soir
La plate forme de Nanterre a été revotée et adoptée à une grande majorité :
· Abrogation de la loi « d'autonomie des universités ».
· Augmentation du budget de l'université, du nombre de bourses et de logements sociaux
· Inscription de tous les sans facs
· Carte d'étudiant= carte de séjour
· Abrogation de la loi Hortefeux : contre les rafles et les expulsions
· Démantèlement des mesures sécuritaires et Amnistie de tous les réprimés des mouvements sociaux.
· Réintégration de Naima à la fac et arrêt immédiat des poursuites à son encontre
· Arret des négotiations sur l'AGCS
Une délégation a aussi été élue pour la coordination nationale de ce week- end à Rennes.
La prochaine AG a lieu lundi prochain, le 12 novembre à 12h30 en D1.
Plus d'infos : http://agen-nanterre.over-blog.com
AGEN pour un syndicalisme de combat
De
23H38 | 08/11/2007 |
Ah oui, une AG !
Ne serais ce pas cette mascarade de démocratie qui utilise encore le vote à mains levés, et ne se soucie pas des questions trop techniques de l'émargement ?
L'AGEN à le même effet sur moi que les pruneaux.
SR.L.
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 20H02 | 08/11/2007 |
Tenez ! Prenez tous ce inutiles qui sont passés à la postérité. Aristote, Galilée, Hugo, Mozart. Et cette feignasse de Newton qui regardait tomber le pommes en roupillant dans l'herbe. Je pense qu'avec leur QI ils auraient quand même pu faire autre chose de plus utile. C'est pas les débouchés qui manquaient à ces époques troublées où on mourrait jeune. Y'avait déjà des banques, des forges pour les canons, un commerce qui ne demandait qu'à conquérir le monde, enfin la vraie vie, quoi. Virile, réaliste exaltante. La réussite, ça s'appelle.
Au lieu de ça. Non ! Et que je te fais que ce qui me plait. Et que je m'occupe que de ce qui m'intéresse. Et que je t'enmerde le pouvoir légitime de droit Divin en place qui sait quand même mieux que toi où est la vraie vérité. Et que je te me fous complètement des débouchés. Des mal embouchés quoi !
Heureusement. Ce temps est révolu et c'est tant mieux. On va enfin pouvoir réussir sans se prendre la tête avec toutes les circonvolutions intellectuelles débilitantes du passé. Et qui - faut-il le répéter - ne servent strictement à rien, si ce n'est à finir déprimé ou au mieux spécialiste d'un truc qui sert à rien ou quelque chose d« approchant. Inutile je vous dis et dangereux même pour notre belle jeunesse..
Bientôt, on sera débarrassés une fois pour toute de tous ces gugusses qu'on fait que retarder l'humanité dans sa victorieuse marche vers le progrès et le bonheur busho-sarkosiste.
Si. Souvenez-vous, j'en parlais au début : Aristote, Galilée, Hugo, Mozart.. Bref ! La liste est trop longue de ces déclassés sociaux graves dont il vaut mieux ne pas suivre l'exemple. Les débouchés. Y'a que ça de vrai.
à Jonas2
De
23H07 | 08/11/2007 |
Imaginons ces joyeux drilles (Aristote, Galilée, Hugo, Mozart), mais dans notre monde actuel, propulsé en DEUG 1 (pardon, LICENCE 1) dans leurs domaines respectifs à Nanterre ou Evry…
Tous ceux qui ont été à la fac française comprendrons.
SR.L.
De
20H15 | 08/11/2007 |
Deux questions concernant cet article, les commentaires en particulier.
1 - Je ne comprends pas bien ou est la danger dans le fait que des anciens eleves aident au financement de leur ancienne ecole, fac, etc,
2 - Il me semble que le but de l'universite devrait etre de permettre a chacun de trouver un travail meme en entreprise (oh le gros mot).
Etant actuellement (travaillant) en Amerique dans une universite, je peux constater que je systeme fonctionne assez bien avec des infrastructures merveilleuses, des services (librairies) ouverts 24/24. Ca change definitivement de ce que j'ai pu connaitre en France (bibliotheque fermee a 18h, un ordi hors d'age pour 20 etudiants). Je pense a partir d'un certain moment, il faut vraiment se poser la question de ce que l'on veut et arreter de continuellement crier au loup. Oui les universites sont payantes ici (les bourses/prets aident) mais ne sont pas toutes forcement ruineuses et puis les debouches sont au rendez-vous (meme pour des etudes pas forcement « adaptees » au monde de l'entreprise comme les lettres..).
De jojo1er
21H47 | 08/11/2007 |
des services (librairies) ouverts 24/24.
L'épicier entre chez moi et la fac aussi, et pourtant je suis en France.
Jojo1er, pour des sexshop ouverts 24/24 dans les amphis !
De Démocrate-13
22H42 | 08/11/2007 |
Je remet ce post ici et déjà posté en page 1
Tu as raison !
Mieux vaut faire appel à l'argent des entreprises ou des labos ou des parents de gosses de riches qui souvent d'ailleurs sont les actionnaires de ces entreprises. Comme ça les entreprises concernées pourront mettre la main sur les universités, peut-être même rentrer dans leur capital (phase suivante) et ensuite faire payer ceux qui en ont les moyens (sélection par les revenus) pour suivre les cours préalablement sélectionner par ces entreprises.
Ainsi elles pourront « travailler » à la source la « culture d“entreprise”, laver le cerveau des jeunes issus de la base dont les parents se seront endettés pour 1/2 siècle pour leurs payer des études et le plutôt possible les employer avec des contrats “spécialement” étudiés pour eux et donc les payer moins cher et les faire travailler plus.
Quand aux fils de famille ils auront les meilleurs contrats et salaires.
Normal “Papa” est actionnaire de la fac et de l'entreprise.
à Démocrate-13
De
23H01 | 08/11/2007 |
Pas besoin de supposer la capitalisation des universités pour que votre science fiction se réalise…
Je déplore qu'a l'heure actuelle, la selection dans les masters les plus séléctifs est en partie biaisée par le relationnel que certains parents très bien placés font profiter à leurs enfants. Quant au supérieur privé, je n'en parle pas…
Cela étant dit, une séléction par concours à l'entrée des facs (je pense notamment à la reconversion d'un bac général devenu inutile) pourrait éviter ce genre d'injustice.
De plus, la limitation de certaines filières avec peu de débouchés permettrait à l'enseignement supérieur public de redéployer ses moyens pour reconquérir des terrains d'enseignements déjà privatisés depuis fort longtemps…
Votre science fiction semble, hélas, d'ores et déjà réalité…
SR.L.
De
14H13 | 09/11/2007 |
« Je déplore qu'a l'heure actuelle, la selection dans les masters les plus séléctifs est en partie biaisée par le relationnel que certains parents très bien placés font profiter à leurs enfants. Quant au supérieur privé, je n'en parle pas…
Cela étant dit, une séléction par concours à l'entrée des facs (je pense notamment à la reconversion d'un bac général devenu inutile) pourrait éviter ce genre d'injustice. »
D'accord avec ce que vous dites , si vous remettez en cause la politique de la ville , et la qualité de l'enseignement de la politique actuelle, selon vos revenus et votre provenance.
Ainsi que la sélection anonyme sur concours.
à Démocrate-13
De
05H11 | 09/11/2007 |
Re : Ecoutez vous me semblez avoir une vision un peu paranoiaque de la chose. Dans les facs autonomes ou les entreprises « participent » ca se resume le plupard du temps a financer la recherche qu'il serait difficile de faire ailleurs en general du fondamental et du long terme. Il n'est pas question de « laver » des cerveaux ou d'exploiter des « pauvres » etudiants. Ce ne sont pas les CEO qui ecrivent les cours que je saches. Si l'etat delabre des fac francaises vous fait plaisir, allez y continuez. Au risque de vous decevoir, la selection par l'argent existe deja. La on ne parle pas de « privatisation » mais de plus d'autonomie afin de pouvoir mieux gerer des ressources (qui oui esperons le viendrons de l'exterieur). Ne vous inquietez pas pour mon aveuglement. Je voyages et travaille a l'etranger, je compares et franchement je suis pas presse de rentrer quand j'entends ce genre de discours.
De Bakima Baliele
20H20 | 08/11/2007 |
L'argent est certes capital dans l'education et la recherche. Mais de la a tout ramener a l'argent, en copiant a la lettre le modele anglosaxon, n'est pas, a mon avis, une bonne panacee. Ou sont allees l'imagination et l'ingenieusite francaises d'autrefois ?
Le modele US dont la France s'apprete a copier a accouche d'un system a double vitesse : aux USA, les Universites qui sont dans les Etats riches sont bien entendues riches et ceux qui sont dans les Etats a la surface financiere limitee ont des moyens bien sur tres limites.
Les plus riches et non forcement les meilleurs dans telle ou telle autre discipline piquent les meilleurs enseignant/chercheur, etc.
Ainsi l'Uni de Caen ne pourra pas demain rivaliser l'Uni de la tres riche ville de Lyon, etc. Recourir aux contributions volontaires des anciens etudiants et stagiaires est une tres bonne chose. Mais en meme temps, il faut aussi reconnaitre que le marche de l'emploi en France n'a pas le meme dynamisme que celui des USA.
Les etudiants qui sortent des fac et ecoles lorsqu'ils trouvent du travail grace au piston de l'Alumini de leur Uni ressentent comme un devoir de renvoyer l'ascenceur a d'autres promotions. Mais dans un marche de l'emploi aussi etrique que celui de l'Hexagone, je ne vois pas comment la culture de found raising des Uni americaines va t-elle compenser le retrait des soubventions publiques. Let wait and see.
Bakima Baliele, Washington, DC
De
21H17 | 08/11/2007 |
bonsoir
mon fils, qui est en doctorat de recherche fondamentale, ma fait parvenir un article du Monde qui resume d'une façon eblouissante le problème du financement des universités.
je vous engage à le lire, tout est dit.
marc
De
21H25 | 08/11/2007 |
En réponse à tous les commentaires qui louent le financement privé des facs, je peux vous assurer qu'étant étudiante à Sciences Po, le système qui y est adopté est loin d'être l'idéal.
Ok, Sciences Po a des moyens pour mettre à notre disposition quantités de profs hyper réputés, d'ordinateurs ultra rapides, des locaux au luxe impressionnant…
Mais derrière cet affichage de moyen, qu'y a-t-il ?
Un matraquage des étudiants par les entreprises donnatrices (on ne compte plus les pubs et les interventions des responsables de Microsoft, Apple, Loréal, BNP Paribas, Total et j'en passe) ; des enseignements dont l'indépendance n'est pas garantie ; une volonté d'apprendre à « se vendre » qui passe par un maximum d'apprentissage -superficiel- en un minimum de temps ; des connaissances qu'il faut être capable de débiter de façon synthétique, mécanique et formatée…
Rentabilité et connaissance ne font pas bon ménage. Et même si le sponsonnariat de Sciences Po, l'étendue de ses réseaux dans le milieu privé comme public, les moyens qui lui sont alloués pour l'enseignement, permettent aux Sciences potards d'avoir un job plus tard, la vocation initiale de l'université de fournir à l'étudiant une culture générale, indépendante et désintéréssée, est baffouée.
Je ne dis pas que le fonctionnement actuel des facs est satisfaisant, mais qu'on ne se lance pas tête baissée dans cette direction.
De
22H47 | 08/11/2007 |
« un maximum d'apprentissage -superficiel- en un minimum de temps ; des connaissances qu'il faut être capable de débiter de façon synthétique, mécanique et formatée… »
Sauf votre respect, SPo à toujours fonctionné sur cette base.
« la vocation initiale de l'université de fournir à l'étudiant une culture générale, indépendante et désintéréssée »
Tel n'a jamais été la vocation des universités.
SR.L.
De
21H28 | 08/11/2007 |
La mobilisation le 20 novembre doit être totale !
Pus d'infos sur http://www.asf.2007.fr
De Riad
22H03 | 08/11/2007 |
Voici quelques ordres de grandeurs des dons des anciens eleves de l'Université de Columbia à New York (giving.columbia.edu/) :
-l'Université a lancé une campagne de « fund raising » visant à récolter 4 milliards de dollars en 5 ans,
-un ancien eleve a donné pour cette campagne 400 millions de dollars d'un seul coup !
Je ne pense pas qu'il soit raisonnable d'esperer que Science-Po recolte 3 milliards d'euros en 5 ans !
Il n'est pas non plus souhaitable que les etudiants payent 25000 euros leur année (prix aux USA.
On peut essayer d'augmenter les contrats avec les entreprises privées (à condition que cela ne pénalise pas les domaines plus fondamentaux), essayer d'ameliorer à la marge les revenus des universités (en faisant de la spéculation immobilière ou avec les dons), mais l'Etat doit rester tres présent, en financant une recherche fondamentale libre ainsi que les etudes.
Riad
PS : juste pour rappel : la majeure partie de la recherche fondamentale aux USA est financée par l'Etat (à travers la NSF, le DOI, la NASA etc.). Le financement privé de la recherche fondamentale s'il existe est tres indirect. Il ne faut donc pas imaginer que l'etat puisse se décharger sur les entreprises !
De
22H20 | 08/11/2007 |
L'arrivée du privé est un mot qui fait souvent peur en France.Pour autant, est-il à ce point dangereux qu'il entrainerait la fin de la recherche et la fin des universités ? Non, je ne pense pas et on peut se baser sur des exemples.
Il est vrai que certaines universités auront plus d'argent que d'autres. Est-ce réellement embetant ? Les gens sont capables de se déplacer, non ? Certaines universités sont trop petites à l'heure de la mondialisation pour rivaliser avec les immenses campus américain, indien ou chinois. Certaines disparaitront pour donner naissance à d'autres plus importantes ce qui facilitera la collecte des fonds…
D'autre part, dire que la recherche pure, les langues anciennes vont disparaitre est faux.
Les universités américaines qui fonctionnent déjà sur ce système ont ( il me semble, mais peut être je me trompe ) quelques chercheurs et quelques prix nobels. Certainement 10 fois plus que la France. Cela ne va pas tuer la recherche. Je pense que cela va la rendre plus efficace en lui imposant plus de résultats.
Il est vrai que certaines universités auront plus d'argent que d'autres… Mais cela existe déjà : Science Po, Assas, ont plus d'argent que d'autres universités française. L'égalité parfaite est illusoire. Il y aura toujours des classements !
De Fozzie
18H22 | 09/11/2007 |
Etudiants de France ! Tous dans de grosses facs inhumaines ! Comme par hasard, je suppose qu'elle se trouveront à Paris, ça fait prestigieux. Pauvres couillons de provinciaux, trouvez donc un logement étudiant dans la capitale. Vous avez pas les moyens ? Endettez-vous, y a des crédits pour tous : aquand les subprimes pour étudiants fauchés ?
Quant aux prix Nobel de Philo et d'Histoire…
De
22H40 | 08/11/2007 |
Oui, je le dis haut et fort, c'est un scandale ! !
Rendez-vous compte, faire dépendre une partie des revenus d'une université des donations de ses anciens élèves, c'est la faire dépendre de la situation future de ses élèves et de l'affect qu'ils ont gardés pour elle ! !
Bref, gros scandale : les universités vont devoir faire des efforts pour que les étudiants se sentent chez eux et aient une vraie formation avec un emploi à la clef ! !
SR.L.
p.s : Franchement et en toute connaissance de cause, comment peut on sérieusement défendre l'université française après y être passé ?
De facri
13H41 | 09/11/2007 |
C'est bien connu,pour se débarrasser de son chien on l'accuse de la rage.Depuis plusieurs années les gouvernements successifs laissent l'université s'enfoncer pour dire ensuite qu'elle est en mauvaise posture.C'est trop facile.Soutenons le mouvement étudiant !
De Flambeau
22H44 | 08/11/2007 |
On ne comprend l'étendue des méfaits de la la loi dite LRU (loi Pécresse) que si on la relie à la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances) votée en 2002 (je crois) à l'unanimité des députés.
Or il découle de la LOLF que désormais les universités, grandes écoles et écoles d'ingénieur, entre autres, disposent d'un budget global qui comprend la masse salariale de leurs agents, fussent-ils des agents de l'Etat relevant de le Fonction Publique d'Etat (et gérés comme tels, jusqu'ici, selon des mécanismes qui assuraient un minimum d'équité dans le déroulement de carrière desdits personnels). Le problème est qu'un agent chevronné, ayant passé la quarantaine et appartenant à un corps de catégorie A « coûte cher » (tout est relatif dans ce domaine), coûte plus cher en tout état de cause que s'il avait vingt-cinq ans et coûte plus cher qu'un agent de catégorie B « méritant » (très à la mode en ce moment le mérite) à qui on ferait l'insigne honneur de proposer d'occuper un poste naguère dévolu à un collègue de catégorie A (voir ce qui se passe dans cet ordre d'idées dans la Fonction Publique territoriale).
Ces tripatouillages n'ont rien d'une construction fantasmatique, ils sont l'un des points clés de la loi Pécresse.
Les présidents et directeurs, en leur conseil, font ce qu'ils veulent et peuvent désormais refuser une demande de mutation sur un poste vacant sous trente-six prétextes qui dissimulent que l'agent demandeur serait devenu « trop cher ». Adieu donc le droit à mutation, qui fait pourtant partie des droits du fonctionnaire depuis qu'il y a un statut de la fonction publique. De même le déroulement de carrière des agents n'aura plus qu'une référence ténue à ce que les textes statutaires qui les régissent auront prévu.
Bref, la synergie entre LOLF et loi Pécresse aboutit peu ou prou à une sortie de facto de milliers d'agents de la fonction publique d'Etat où ils croyaient être entrés. Pratique. Indolore. Le mammouth ne se rend compte de rien et quand les agents concernés ont compris ce qui se tramait, il est déjà trop tard.
La modernisation de l'Etat revêt à bien des égards des airs de retour à l'Ancien Régime, on réinvente ni plus ni moins que l'affermage (comme pour les autoroutes). On réinvente une fonction pseudo-publique de proximité et donc de « dévouement », pour ne pas dire plus.
Bien joué, non ?
De
22H50 | 08/11/2007 |
« Adieu donc le droit à mutation, qui fait pourtant partie des droits du fonctionnaire depuis qu'il y a un statut de la fonction publique »
Allez dire ça à un jeune professeur agrégé, qu'il rigole un peu.
SR.L.
De Flambeau
23H22 | 08/11/2007 |
Bonsoir, je connais bien le problème. J'ai été prof agrégé aussi avant que le métier ne me devienne trop difficile. J'ai fui mais en passant des concours. Effectivement, le système marche mal, même lorsqu'il est régulé par des CAPN et les professseurs du secondaire peuvent attendre des années une « mut » dont ils espèrent, de façon souvent illusoire, une amélioration de leurs conditions d'exercice du métier. Je compâtis (et sans ironie) mais entre un système qui marche mal parce qu'il y a embouteillge pour accéde à des bahuts potables où des collègues, mieux lotis, deviennet inamovibles et un système qui raye d'un trait de plume jusqu'à l'espérance d'une mutation, il y a une marge.
Et il n'est pas dit qu'un jour, les EPLE (nom technocratique des lycées et des collèges) deviennent autonomes et responsables au même titre que les Etablissements publics d'enseignement supérieur, et là vous comprendrez votre douleur.
Cordialement.
à Flambeau
De
23H55 | 08/11/2007 |
je ne souhaite pas l'autonomie de EPLE, ne serais-ce pour une raison d'enseignement de proximité (acces au 2r pour tous). Dans le cas des facs, la proximité ne profite qu'aux citadins, notamment des centres villes, donc des plus aisés. (exemple : les facs parisiennes type Sorbonne/Assas/Dauphine/…)
Pour la question des mutations, je ne serais trop vous conseiller un article d'Helene Ray qui traite notamment du devenir des enseignants chercheurs.
http://www.princeton.edu/~hrey/HREY.pdf
La question est de savoir si dans le monde du supérieur elle doit être un droit ou un mérite. Pour le secondaire, je comprends que la problématique soit toute autre. (notamment, au vu de la rémunération et du métier, il me parait normal qu'un enseignant puisse obtenir un poste là ou il le désire. Quoi qu'ici encore les jeunes profs rient jaunes…).
SR.L.
De
22H57 | 08/11/2007 |
C'est sur qu'il vaut mieux un systeme égalitaire au raz des paquerettes et sans moyen…..mais avec tout le monde à égalité.
On voit ou en sont les facs française dans le classement mondial des universités (qui fonctionnent quasiment toutes avec AUSSI de l'argent privé).
En continuant comme cela, on ne fait que le bonheur des ecoles privés. Mais c'est mieux n'est-ce pas ?