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Professeur de Science Po à Lille 2

Défaite de la gauche : le 21 avril 2002 n'était pas un accident

La claire défaite de Ségolène Royal était largement prévisible au vu des résultats du premier tour. La joie des socialistes d'être qualifiés a occulté la contre-performance de la gauche. En pourcentage, les candidats de la gauche de gouvernement (feu la gauche plurielle) ont obtenu le 22 avril dernier trois points de moins qu'en 2002 (29,37% contre 32,45%). Au total, gauche et extrême gauche ont perdu sept points par rapport à 2002 (36,1% contre 42,89%) ! Le pire score depuis 1969.

Cette déroute est d'autant plus spectaculaire que nous sortons de cinq années de gouvernement de droite que les électeurs ont sévèrement sanctionné à au moins trois reprises (régionales et européennes de 2004, référendum de 2005) ! Comment l'expliquer ?

Les commentateurs, pris dans le feu de l'actualité, s'attacheront sans doute d'abord aux causes conjoncturelles et en particulier aux faiblesses de la candidate socialiste et à ses relations tumultueuses avec son parti. Le procès en incompétence qui lui a été intenté par l'entourage de Nicolas Sarkozy a été d'autant plus efficace qu'il faisait écho au préjugé ancestral qui fait de la politique une fonction masculine. Mais, par son incapacité à tendre la main à ses adversaires d'hier (Fabius et DSK), par ses revirements programmatiques, par sa posture compassionnelle, par son discours perçu comme trop général (parce que privilégiant les valeurs sur les propositions concrètes), Ségolène Royal a bel et bien contribué à alimenter cette image négative qui a pesé lourd dans le résultat final.

Mais, fondamentalement, la défaite de la gauche s'explique surtout par des tendances de fond : sociétales et politiques. Le virage à droite de la société française est indéniable et touche y compris les groupes sociaux qui ont longtemps constitué le cœur de l'électorat de gauche. L'inclination d'au moins un tiers des classes populaires en faveur de politiques très répressives à l'égard des délinquants et des immigrés est déjà ancienne. Plus récente est la séduction croissante des solutions économiques libérales. Une enquête du Cevipof révèle ainsi qu'en 2006, 61% des ouvriers et 68% des employés sont tout à fait ou plutôt d'accord avec l'idée qu'« il faudrait donner plus de liberté aux entreprises » et que 64% des premiers et 66% des seconds estiment que « les chômeurs pourraient trouver du travail s'ils le voulaient ». L'écho favorable qu'a reçu le discours de Nicolas Sarkozy sur la réhabilitation du travail et « la France qui se lève tôt », par opposition à la France « assistée » ou « protégée » (« les fonctionnaires insuffisamment productifs », « les bénéficiaires de régimes spéciaux », etc.), trouve ici ses racines.

Certes, les sondages effectués auprès des électeurs au soir du premier tour et les analyses spatiales du vote ont montré que la gauche recueillait toujours une part non négligeable des voix des ouvriers qualifiés, des employés de bureau, des petits fonctionnaires, mais aussi des populations issues de l'immigration résidant en habitat social. Globalement cependant c'est, selon le CSA, 40% des ouvriers et des employés qui ont voté soit Le Pen, soit Sarkozy, et 15% Bayrou.

Le succès de Nicolas Sarkozy manifeste donc avec éclat l'échec idéologique de la gauche. Celle-ci s'est révélée incapable de convaincre que le chômage ou la délinquance juvénile sont d'abord liés aux mutations socio-économiques (inadaptation de la main-d'œuvre aux nouveaux emplois) et aux insuffisances de notre système d'éducation et de recherche, ou encore aux discriminations dont sont victimes les jeunes issus de l'immigration. Cet étiolement des idées de gauche puise bien sûr sa source dans la déstructuration profonde qu'a connue le monde ouvrier au cours de ces trente dernières années. Le déclin du militantisme syndical et associatif a en quelque sorte laissé place nette à la télévision et à son sensationnalisme.

Les partis politiques n'en ont pas moins une lourde responsabilité. On ne s'apesantira pas ici sur la responsabilité des partis d'extrême gauche et des Verts. Les logiques d'appareil et les conflits sectaires qui les agitent en permanence sont apparus avec suffisamment d'éclat lors de la campagne. À la différence de l'Italie, de l'Espagne ou même de l'Allemagne, la gauche de la gauche semble incapable de s'unir et de contribuer ainsi à la reconquête idéologique des classes populaires.

Par sa position centrale, c'est bien sûr le PS qui porte la plus lourde responsabilité dans la défaite. La plupart de ses élus et de ses dirigeants ont soutenu une candidate qui n'avait jusque-là joué qu'un rôle secondaire dans ses débats internes, sur la seule foi des sondages et en vertu de la croyance que le fait d'être une femme constituerait à soi seul un gage de renouveau. Le cynisme électoral a tout emporté sur son passage : le projet (pourtant longuement élaboré), le premier secrétaire, les éléphants, mais aussi nombre d'anciens militants déboussolés. Le choix d'investir Ségolène Royal est en cohérence avec ce que le PS est devenu au cours de ces vingt dernières années : un parti de notables à sa base et de hauts fonctionnaires à son sommet, sans guère plus de ramifications militantes dans la société et à la ligne floue. Non seulement la vague d'adhésion internet de l'année dernière a été trop tardive pour en changer les structures, mais en favorisant des adhérents sans expérience militante préalable, issus de milieux sociaux plutôt favorisés, elle a annihilé un peu plus ce qu'il restait d'une culture politique privilégiant la réflexion et le projet.

Le PS paie ainsi au prix fort l'absence de remise en cause de ses pratiques, son incapacité à diversifier son recrutement, et à ajuster son discours à ses pratiques. Finalement, tout se passe comme si le 21 avril 2002 n'avait pas eu lieu ! (1) Auteur (avec Rémi Lefebvre) de La Société des socialistes. Le PS aujourd'hui, Éditions du Croquant, 2006.

56 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Courageux anonyme

De

19H56 | 06/05/2007 | Permalien

C'est la chronique d'une défaite annoncée et elle est juste. Seulement j'aurais aimé que l'auteur pointe particulièrement la responsabilité de Lionel Jospin qui a laissé un parti orphelin après sa défaite électorale. Le refus de se mettre en cause vient en partie de là. Le parti fut repris par un volontaire (M. Hollande) car personne des gros calobres ne voulait faire la démarche de critique et de reconstruction. M. Hollande a géré le parti comme il pouvait et avec les moyens de bord, y compris de projeter sa compagne vers les présidentielles. Je veux ajouter aussi que les socialistes avaient encore une chance dans une alliance avec bayrou avant le premier tour et ils l'ont refusée. Il semble donc que la restructuration et la capacité de voir la défaite en face n'est pas pour demain…
Sophia au http://lespolitiques.blogspot.com

Portrait de jennyjp83

De jennyjp83

05H07 | 07/05/2007 | Permalien

pas de programme ajouté à une candidate qui ne maitrise en rien les sujets sensibles=un fiasco.
il faut que le ps tourne définitivement la page ROYAL-HOLLANDE et se remobilise en vue des législatives.
Il reste maintenant à voir Sarko en action mais il ne faur pas rêver la moitié des propositions démago ne pourra se faire qu'avec le feu vert de l'europe et l'autre moitié sera galère à mettre en oeuvre (régime spéciaux des retraites par exemple).
Ceux qui croyaient au changement vont en avoir pour leur argent.

Portrait de Courageux anonyme

De

10H10 | 07/05/2007 | Permalien

Je ne pense pas que le rapprochement Bayrou PS était faisable et souhaitable.
Bayrou n'avait aucun intérêt à joindre son programme à celui de Royal.
Le PS ne pouvait en aucun cas récupérer les voix de l'extrème gauche en étant d'entrée trop à droite.
Le PS n'est plus à gauche c'est certain mais cela c'est depuis l'élection de Miterrand, qui lui a fait le plus grand tort.
Si l'on doit passer à la social-démocratie il faut vous renseigner sur ce qu'en pense les Suédois par exemple. J'ai vécu dans ce pays, j'y ai encore des contacts et je peux vous dire que ce n'est pas un exemple à suivre.

Portrait de Courageux anonyme

De

13H53 | 14/05/2007 | Permalien

Pas trop d'accord : Jospin a bien fait de s'effacer. C'est bien comme ça que se passe ailleurs : les battus s'effacent et de nouveaux arrivent (Gore, Kerry aux US, Schroeder, les conservateurs battus par Blair, etc…) Même Blair s'efface alors qu'il n'est pas battu. C'est comme cela que la vie politique se renouvelle. Il n'y a que chez nous que les crabes continuent de s'agiter. D'ailleurs, Ségolène aussi ferait mieux de se retirer dans son Poitou. Si les battus se retiraient, la situation du PS serait meilleure. Chez nous, chaque battu se transforme en un nouveau crocodile dans le marigot. Cela ne peut plus durer.

Portrait de Courageux anonyme

De

20H03 | 06/05/2007 | Permalien

Pour moi, le vrai problème, c'était ça :

« son discours perçu comme trop général (parce que privilégiant les valeurs sur les propositions concrètes) »

Donc, malheureusement, la défaite n'est pas une surprise.

Portrait de Courageux anonyme

De

20H10 | 06/05/2007 | Permalien

je suis d'accord mais la même chose peut être reprochée à Sarkozy et on ne le lui a jamais reproché. Les propositions CONCRETES n'ont pas vraiment alimenté la campagne

Portrait de Courageux anonyme

De

08H54 | 07/05/2007 | Permalien

C'est pire encore : valeur contre valeur, ce sont celles de M. Sarkozy qui se sont imposée, car elles flattent l'égoïsme et l'individualisme dans lequel chacun veut se réfugier face aux difficultés de ce monde…

Portrait de brunetol

De brunetol

20H15 | 06/05/2007 | Permalien

Le parti socialiste est fracturé en deux. Philippe Val avait pointé il y a longtemps déjà la scission entre « les crétins et les traitres », Michel Rocard avait enfoncé le clou sur les héritiers de Guesde opposés à ceux de Jaurès. On en est là ce soir, sur le plateau de France 2, avec les têtes d'enterrement de Fabius et DSK, dont il est difficile de déterminer si c'est le succès de Sarkozy ou l'incroyable sourire de Ségolène dans la défaite (on peut dire ce qu'on voudra, mais cette femme-là est d'une trempe peu commune) qui les met le plus dans cet état.
La rénovation du parti, c'est donc bien la clarification, donc une scission entre les tenants d'une gauche « décomplexée » (défendue par Fabius ce soir) et qui est aujourd'hui condamnée à une opposition très minoritaire dans un pays qui s'est déplacé vers la droite d'une manière probablement irréversible à court terme, et une gauche social-démocrate (et verte) qui pourra tenter des alliances avec un centre encore introuvable, mais incarné par François Bayrou. Il me semble que c'est cette stratégie-là qui est la seule susceptible de porter une possibilité d'alternance dans les prochaines années.

Portrait de Courageux anonyme

De

20H19 | 06/05/2007 | Permalien

Je pense plutôt qu'à force de « réalisme » qui n'est en réalité que de la paresse intellectuelle ou (au choix) de la lacheté politique, bon nombre de nos concitoyens ont intégré pas mal d'idées « de droite » (efficience du privé/inefficacité du public, chômeurs/fonctionnaires = profiteurs, patrons/actionnaires = créateurs d'emplois et de richesse etc.)

Nous aurons résistés plus que les anglais, les état-uniens ou les néo-zélandais …

A lire absolument : Le grand bon en arrière (Serge Halimi) qui explique très bien comment (par quels vecteurs) les idées ultra-libérales se sont imposées au monde.

De mon côté je vais relir le Père Ubu (A. Jarry) ; -)

Portrait de Courageux anonyme

De

20H37 | 06/05/2007 | Permalien

Socialiste dans l'âme -je suis enseignante et le monde éducatif est en majorité rose- je me suis éloignée peu à peu et depuis longtemps (le second septennat de Mitterand) du PS et de ses pratiques. J'ai fait un petit tour de trois ans chez les centristes dont je suis revenue guère convaincue non plus pour aujourd'hui en être réduite à voter blanc, ne trouvant aucun candidat dont je me sente proche.
Le PS a eut le malheur de ne pas se remettre en question, de vivre ces cinq dernières années sans travailler, sans réfléchir sur un projet sérieux. Son résultat au premier tour était donc prévisible. Ségolène a eut la révélation un beau jour et a pondu (sous couvert d'un débat participatif de pacotille dont elle n'a guère tenu comte) un projet flou, irréaliste, avec et sans les éléphants qui déja lui tirent dans les pattes dès le soir des résultats du second tour. Quelle belle leçon d'union. DSK règle déja ses comptes et se voit déja reprendre les rênes et renvoyer Royal à la maison et à son chabichou.
Mme Royal a beau faire un tabac dans certaines couches sociales ; l'électorat de gauche notamment les fonctionnaires dont je fais partie ne s'est pas retrouvé dans sa candidature. C'est pourquoi nombre de collègues comme moi ont voté Bayrou au premier tour et se sont abstenu au second…Bon nombre de socialistes dans mon secteur ont avalé la couleuvre, votant Ségolène non par choix mais par dépit…Pourtant elle portait un espoir : une femme présidente pour la première fois, c'était beau…Je suis déçue pour les femmes mais oter pour Mme Royal parce que c'est une femme aurait été ridicule. Pourquoi faut-il toujours que les femmes pour réussir en politique se croient toujours obligées d'agir en hommes ? § San,s doute pour se blinder…mais en se blindant elle n'en sont que moins crédibles politiquement…Autoritarisme, combattivité outrancière, fermeté bornée, intolérance, mépris, sectarisme…Tous ces traits n'ont été que trop dévoilés par Mme Royal durant le débat d'entre deux tours. Les électeurs de Bayrou qui comme moi étaient attachés aux valeurs d'apaisement et d'humanisme ont été horrifiés par l'attitude de Mme Royal.

Portrait de Courageux anonyme

De

21H34 | 06/05/2007 | Permalien

Je suis étonné par le type de réponse que je viens de lire. Je suis moi aussi dans l'enseignement. Pour moi, j'avais le choix entre 2 modèles de socièté :
- le libéralisme total, le moins d'état, le marché, le pouvoir concentré dans quelques mains politico, médiatico industriel … à la Forgeard …
- le partage, la participation, la démocratie, l'état renforcé dans son rôle régalien, une meillaure prise en compte des personnes en difficultés et des classes moyennes …
C'est à eux que je pense ce soir, l'estomac retourné, quand dans des entretiens de recrutement je rencontre des familles qui sans revenus suffisants sont obligés de retourner vivre chez leurs parents compte tenu du prix des loyers actuels, imaginez quelle peut-être leur dignité, pendant que M. Sarkozy se paie des suites à 800euros la nuit pour lui et ses comparses lors d'un voyage électoral en corse …
Il n'y a pas plus de compétence à gérer l'économique à droite qu'à gauche, et réciproquement, l'évolution de la dette pendant ces 5 dernières années l'a montré, c'est le volet social qui devrait faire comprendre à tous les salariés du public comme du privé que l'amélioration concrète de leur situation personnelle ne peut passer que par une majorité de gauche en France.
Patrick M

Portrait de Courageux anonyme

De

06H19 | 07/05/2007 | Permalien

Enseignante moi-même, je suis totalement d'accord avec cette réponse. Mais je voudrais ajouter ceci : tandis que Nicolas Sarkozy employait un langage populiste et courant, et pour lequel les jeunes ou les moins cultivés n'avaient pas besoin de sauter sur un dictionnaire, Ségolène Royal utilisait un langage soutenu et un vocabulaire élaboré. Lors des recrutements que j'ai faits ces dernières semaines, combien de jeunes m'ont confié qu'ils ne « comprenaient rien » au discours de Ségolène alors qu'ils comprenaient parfaitement Nicolas Sarkosy !
Ce n'est pas Ségolène qu'il faut jeter. Il faut rectifier sa façon de discourir et de présenter son programme, lequel pour moi était excellent.

Portrait de Courageux anonyme

De

07H18 | 07/05/2007 | Permalien

En fait c'est une question de culture. Pour moi qui suis d'une génération ayant connu la TV en N. & Bl et pas chez tout le monde, le discourt de Sarkozy était aussi très limpide MAIS comme étant parfaitement fallacieu et haineux. Le discourt de Ségolène était franc et tout à fait lisible pour les gens éduqués à réfléchir. Son programme, bien timoré, n'était pas vraiment excellent mais bon, au moins était-il généreux !
La faute ne vient donc pas de Ségolène mais de nous, parents n'ayant pas pris garde que la TV éduquait les enfants à notre place et aussi aux enseignants (désolé d'être aussi dur ! ) pour la même raison.

Portrait de Courageux anonyme

De

09H59 | 07/05/2007 | Permalien

En somme vous avez retiré votre voix à Mme Royal pour la punir d'une faute dont vous vous accusez en tant que parent. Comprenne qui pourra.

Portrait de Courageux anonyme

De

10H33 | 07/05/2007 | Permalien

Négatif, c'est parce que le discourt de Monsieur Sarkozi est limpide que j'ai voté Royal.
Et tant pis pour ceux qui ne suivent pas car ce sera ma dernière intervention !

Croa

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De

09H59 | 07/05/2007 | Permalien

Je suis tout a fait d'accord avec les deux commentaires ci-dessus.
Le probleme est que Sarkozy a tres bien compris le niveau intellectuel du francais « moyen » abbreuve d'emissions idiotes en « prime time ».
Il faut lui parler un langage simple, donner une solution simple a un probleme « simple », repeter toujours la meme chose, ne donner que des reponses courtes…Cela ne vous rappelle pas un certain president outre-atlantique qui s'adresse a un peuple qui, il est connu, ne peut se concentrer que 15 minutes lors des debats et pas plus de 3 minutes par question-reponse ?
Par ailleurs, du fait des medias, les gens ne s'interessent plus qu'a la forme et a l'image, plus tellement au fond.
Pour moi, le discours de Segolene etait plus profond et interessant. Mais elle n'a pas su assez comprendre la mentalite du peuple francais d'aujourd'hui. Je pense qu'elle a ete pas assez bien conseillee pour cela.

Portrait de Courageux anonyme

De

12H56 | 07/05/2007 | Permalien

très étonné par l'illusion. Le language de Sarkosy est peut-être populiste : emploie des mots style « scandales de la situation des pensions ..de la situation des handicapés …etc…. » mais Ségolène traduisait les faits divers en mesures gouvernementales ex : les faits divers dramatique qui ont marqué la veille ….en « racompagnement des fonctionnaires au domicile »…..
les leitmotiv enervant n'ont pas manqué : gagnant-gagnant, donnant-donnant, ordre-juste ( même si ce dernier attractif au premier abord…devient vite pompeux à la répétition
La démocratie participative…faisant croire qu'on pouvait tous être des specialistes ….le vide vehiculée dans son language n'était que patent…..a finir par énerver plus d'un dont moi……..

Populiste je pense tous les deux le sont, si populiste consiste a s'adresser au peuple en faisant fi des instutions (définition de Umberto eco )…… s'adresser aux peuble…refuser les débats ou accepter pour juste remettre en cause le bilan de l'ancien gouvermnement (dans le cas de Ségoà etne pas aller au fond des choses..ou remettre en cause les tribunaux ( tribunal de Bobiny pour sarkosy)

Etant de gauche, je ne peux tolérer un type de discours populiste. Donc j'ai préferé m'abstenir.
Le changement de la facon de discourir ne changera rien quand c'est la cupidité qui en est le moteur. Il manque hélas une dimension qui faisait que la gauche etait la gauche….Visionnaire de grande mutation a venir contre le conservatisme de la droite a défendre et normaliser la situation.

Portrait de Courageux anonyme

De

10H42 | 11/06/2007 | Permalien

je suis entiérement d'accord
depuis le début de la campagne présidentielle j'ai également ce sentiment et je pense qu'il faut au PS un bon retour d'expérience lors d'une remise à plat.

Portrait de Courageux anonyme

De

12H07 | 07/05/2007 | Permalien

Merci ! Ca va mieux en le disant ! Déçue, désolée, envie d'agir, mais comment ? Je ne suis pas pressée de voir Sarko appliquer son « programme'. Aucune créativité, favoriser une fois de plus ceux qui ont déjà le pouvoir et l'argent. Son bilan était déjà catastrophique, pourquoi lui avoir donné encore plus de pouvoir ? Et que va-t-il advenir des jeunes qui grandissent dans un monde où seul l'argent domine ? Quelles valeurs, quels espoirs pouvons-nous leur transmettre ? Le tout-économie ? L'humanisme a encore fait un pas en arrière. Et ce n'est pas fini ! Il y a 12 ans, à propos de l'élection de Chirac, le Matin de Paris titrait “Putain ! 7 ans ! '… Notre pays, notre Europe, et notre monde ont besoin de toutes nos forces et nos convictions pour que l'Homme existe ! !
Françoise C.

Portrait de Courageux anonyme

De

23H38 | 06/05/2007 | Permalien

socialiste dans l'âme ? Tâchez déjà de l'être dans l'urne, cela suffira.

humanisme, ben voyons. En préférant voir Sarkozy s'installer plutôt que de voter Royal ?

Portrait de Courageux anonyme

De

23H46 | 06/05/2007 | Permalien

d'accord et pas pas d'accord :
d'accord pour le désenchantement progressif par rapport à la gauche ;
d'accord pour trouver Bayrou intéressant
pas d'accord pour trouver ségolène royale agressive : vous vivez dans un monde professionnel hyper-féminisé et ségolène royale vit dans un monde où on progresse par cooptation dans un monde hyper-masculin. je ne crois pas qu'être véhémente c'est être agressive. Pour tout dire je trouve que ce sont des propos mysogynes. Je ne vois pas pourquoi une femme devrait toujours être lisse : sarko a été très agressif et personne ne l'a remis en question pour ça.

Portrait de Courageux anonyme

De

10H06 | 07/05/2007 | Permalien

D'accord avec votre commentaire sur S.R., sauf pour la dernière phrase : je crois que l'agressivité de N.S. a été assez largement dénoncée. Le malheur est qu'un tel comportement ait pu séduire autant d'électeurs !

Portrait de Courageux anonyme

De

20H41 | 06/05/2007 | Permalien

Segolene est la seule a pouvoir tirée le PS pour la legislative, si tous luttent avec et derriere elle.
ceux qui n'ont pas compris cela et qui a peine les urnes fumantes invoquent déjà une redistribution des pouvoirs style DSK, vont en etre pour leur frais.

La gauche a perdu la presidentielle, le PS va t il perdre les législatives ?

En tout cas le « peuple de gauche », pourra aussi bien voter bayrou ou voynet que besancenot si le PS ne sait pas faire taire ses divisions.

L'esprit de la campagne l'a bien montré, on attend plus qu'un programme socialiste fait par l'appareil, (projet pourtant longuement elaboré ? ? ), on attend une politique autrement, plus de débats participatifs, et tant pis si cela ne plait pas a Mr Sawicki !
>le PS qui porte la plus lourde responsabilité dans la défaite.
et ce n'est pas d'avoir choisi SR qui incarnait un renouveau c'est justement de ne l'avoir soutenu que du bout des levres.

Merci à SR pour sa camapgne, merci à Lang,
et aux autres merci pour vos idées mais sur le plan politique, peux mieux faire !

Portrait de aiko

De aiko

21H13 | 06/05/2007 | Permalien

Je ne crois pas que Ségolène Royal n'a pas été à la hauteur… Il faut comme même avouerque tout le monde lui a tiré dessus : « bécassine », « vous avez compris au discours de ségolène royal, vous ? moi non » (certains journalistes de France Culture), « oratrice nulle », « floue »… Or, me semble-t-il, Ségolène Royal a été sommée de respecter le programme du PS et certaines idées de Fabius et de DSK étaient même mises en avant… alors, de dire qu'elle a échoué, non… le PS oui… et au-delà, du deuxième tour, c'est la gauche qui est défaite… le PCF est mort (quoi qu'on dise), le LCR n'est pas un parti qu'il faut prendre au sérieux, LO n'en parlons pas… alors comment constituer une gauche forte avec des partis véhiculant des idées vieilles de 60 ans… reste pour le PS de se retrouver et de former un parti plus moderne…
maintenant, à droite… ne croyez pas que l'UMP s'est modernisé comme on l'écrit ça et là… que nenni… si l'on regarde bien (je suis très critique avec les deux partis, même si j'ai choisi un(e) candidat(e)), quel est le programme de N. Sarkozy : la sécurité, l'autorité, l'identité nationale… bon, avec ça nous irons loin ! ! … Il veut mettre la France au travail… Mais comment ? En mettant l'accent sur les emplois de proximité ? je doute que les diplômés acceptent de brader leurs diplômes pour s'occuper de nos anciens… heures supplémentaires payées. Mais si les entreprises le veulent bien… ça ne se passe pas comme ça… Si l'UMP échoue, il va faire fasse à une crise majeure avec règlements de compte à la clé… et sera obligé d'emboîter le pas de la modernisation du parti… en gros, la politique française qui mérite une modernisation… c'est sans doute ce que les Français ont voulu dire en votant « massivement » pour Sarkozy…

Portrait de Courageux anonyme

De

21H16 | 06/05/2007 | Permalien

et si on transformait cet échec et cette douloureuse déception en une reconstruction d'une gauche forte, pragmatique loin des querelles des égos et des souhaits de réussite personnelle de certains de ses dirigeants et « éléphants » ? une vraie gauche sociale et socialiste au sens large du terme.

Portrait de jpgpelu

De jpgpelu

08H38 | 07/05/2007 | Permalien

j'aime cette idée qui au-delà de la déception essaye de trouver une issue (mais ce ne sera pas facile ! ).
Pour reconstruire une gauche forte n'oublions pas les syndicats dont l'étiolement et le positionnement parfois ambigü jouent un rôle très important dans le glissement à droite de notre société :
- quelle cohérence dans la stratégie ( ? ) de M CHEREQUE pour la CFDT ?
- quels signes forts chez M THIBAULT pour convaincre ses adhérents qui ont choisi BAYROU ou LE PEN ?
- quelle meilleur gage de sérenité pour SARKOZY que ce 1er mai d'entre deux tours sans âme ?
Pour tenter de renverser la tendance, le syndicat doit retrouver une place noble dans l'entreprise et être au quotidien celui qui lutte, alerte, dénonce l'insupportable, l'inacceptable.
Selon moi, c'est par cet affichage permanent de l'opposition du monde qui travaille que la confiance pourra revenir chez l'électorat de gauche, et non pas par la récupération médiatique tous les 5 ans d'un mouvement type CPE, leurre visant à cultiver l'espoir que pour les moins favorisés aussi tout est possible …..

Portrait de Philolo93

De Philolo93

21H32 | 06/05/2007 | Permalien

Il me semblait que Ségolène Royal avait été désignée par le vote des militants. L'article de Frédéric Sawicki semble dire que certains au PS ont crû bon de la sortir du chapeau … Elle n'était peut-être pas le candidat naturel du PS : Manque de netteté dans la ligne politique, manque de pugnacité aussi dans le débat. A moins que le PS en soit bien là aujourd'hui !

Deux regrets pour moi : Que la gauche française n'ait pas tenté l'expérience d'une primaire à gauche avant les présidentielles (sur le modèle italien). Que l'élection présidentielle précède les législatives ; dans le cas contraire on serait peut-être sorti de l'étau contraignant du « vote utile » au premier tour de la présidentielle.

Portrait de Courageux anonyme

De

21H27 | 06/05/2007 | Permalien

Personnellement je pense que le 21 avril 2002 non seulement n'est pas un accident, mais qu'il n'est que l'acte I. Le 6 mai 2007 est l'acte II. La première fois Le Pen a passé le premier tour. A la deuxième tentative, il passe aussi le deuxième tour.
Il y a certainement de multiples raisons a cette victoire de la droite reac et raciste.
La mollesse ou l'incompétence de la gauche peut-être…
Mais aussi le vieillissement de la population…
La propagande de masse, le matraquage quotidien à la télévision et depuis des années…
La fin d'un monde, qui a peur et qui ne veut rien lacher…
Perso je ne peux pas m'empêcher de penser à tous ces hasbeen que je croyais morts et qui sont allés soutenir Sarko à Bercy : Sevran, Rika Zarai, Montagné, Glucksmann etc…
Comme si le vote pro-Sarko, ultra-conservateur et ringard (l'adhésion au bateau liberalisme qui montre qu'il prend l'eau de partout) cristalisait toutes les peurs (peur des pauvres, peur de la catastrophe ecologique vers laquelle on va…)
Mon seul espoir c'est les jeunes et les pauvres. Je compte sur eux pour ne pas se laisser museler et pour tout casser

Portrait de Courageux anonyme

De

09H11 | 07/05/2007 | Permalien

mo
Le vote Sarkozy est pour dix pour cent ou plus le vote de la peur de l'autre, de l'étranger et des pauvres aussi Les classes moyennes même font un choix liberticide pour elles - pour élire celui qui sera le mieux bouter les étrangers hors de France A ceux je crains qu'un candidat de gauche ne puisse rien proposer
Il faut espèrer en la jeunesse - et être sur le terrain - pour expliquer que l'autre n'est pas la cause de tous les maux Y a du boulot

Portrait de Courageux anonyme

De

21H58 | 06/05/2007 | Permalien

je suis scandalisée par le portrait de Ségolène Royal de la part de quelqu'un qui se réclame de la gauche.
C'est avec des propos pareils que la candidate a été continuellement obligée de lutter à la fois contre ses ennemis de l'intérieur qui n'ont pas admis sa légitimité et la droite qui a utilisé cette absence de soutien venu du PS.

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